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	<title>Chelsea ZURFLÜH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Chelsea ZURFLÜH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BACH, Johannes Passion &#8211; Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-johannes-passion-bruxelles-bozar/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fondé en 2012 dans la lignée de bien d’autres attachés aux interprétations historiquement informées, l’ensemble <strong>il</strong> <strong>Pomo</strong> <strong>d’Oro</strong> s’est fait connaître par divers enregistrements où il accompagne des solistes de grand renom, comme Joyce DiDonato ou Jakub Joseph Orlinski et compte près d’une cinquantaine de parutions discographiques à son actif, principalement dans le domaine de l’opéra baroque, avec des incursions dans le répertoire de la seconde moitié du XVIIIe siècle et même au-delà. Il se présentait mercredi soir avec chœur, une solide phalange de vingt chanteurs, cinq par voix et un pupitre d’alto entièrement féminin.</p>
<p>Justifiée par l’ampleur de la partition, l’attente est toujours grande lorsqu’on se propose d’assister à une Passion de Bach au moment de Pâques. Pour que cette attente ne soit pas déçue, il faut pouvoir réunir bien des musiciens de talents, mais surtout leur insuffler une attitude d’humilité face au génie du compositeur, un authentique sens de la narration, et trouver le juste équilibre entre tension dramatique, bien présente dans le récit et dans la partition, et aspiration à la sérénité, sentiment qui anime toutes les pages religieuses de Bach dès lors qu’elles abordent la question de la mort, celle du Christ comme – plus modestement – la nôtre, l’une renvoyant immanquablement à l’autre.</p>
<p>Ces conditions étaient globalement réunies ce mercredi soir dans le cadre du Klara Festival, (l’événement annuel de la radio de service public néerlandophone) et pourtant quelque chose manquait pour faire de ce concert une soirée vraiment mémorable.</p>
<p>C’est sans doute la direction de <strong>Maxim</strong> <strong>Emelyanychev</strong> qui est en cause. Il a choisi de diriger depuis son clavecin, ce qui n’est pas un mauvais choix en soi, mais qui s’est révélé peu efficace en particulier dans les airs des solistes, où, tout à son clavier, le chef s’est montré insuffisamment présent, laissant chanteurs et orchestre se débrouiller pour trouver un tempo commun et donner un sens à ces longs <em>aria</em> <em>da</em> <em>capo</em> qui nécessitent une variété de ton et un peu d’imagination pour éviter l’ennui. Le continuo, chargé d’assurer la stabilité rythmique et de faire avancer le déroulement de l’œuvre s’est alors trouvé dépourvu d’inspiration, hésitant à prendre le relais. Le chef retrouva cependant toutes ses capacités et son habileté, en particulier vis-à-vis des chœurs, chaque fois qu’il put s’y consacrer entièrement.</p>
<p>La distribution pouvait compter sur la participation remarquable du ténor <strong>Thomas</strong> <strong>Hobbs</strong> dans le rôle de l’évangéliste, qu’il chante entièrement de mémoire, c’est une performance qu’il convient de souligner parce qu’elle ajoute de l’intensité dans la communication du chanteur avec le public, pleinement conscient qu’il est d’assumer le déroulement narratif du récit auquel il donne un caractère volontairement dramatique bienvenu. A ses côtés, le Christ de <strong>Marco</strong> <strong>Saccardin</strong> est remarquable de gravité et de profondeur. Il est dommage cependant qu’on lui ait également confié les airs de basse, ce qui nuit à la cohérence dramatique en l’obligeant par exemple à reprendre du service juste après être mort sur la croix, même s’il les chante très bien.</p>
<p>Le ténor <strong>Nicholas</strong> <strong>Scott</strong> souffrait un peu de la comparaison avec son compatriote Hobbs ; la voix moins timbrée et moins puissante fut plusieurs fois couverte par l’orchestre malgré de belles qualités musicales. La soprano <strong>Chelsea</strong> <strong>Zurflüh</strong> aborda son premier air <em>Ich</em> <em>folge</em> <em>dir</em> <em>gleichfalls</em> avec un tempo très rapide, créant quelques décalages avec les flûtes chargées de lui donner la réplique, mais la voix est très agréable, souple et pleine de fraîcheur et le second air fut parfait.</p>
<p>L’alto <strong>Luciana</strong> <strong>Mancini</strong>, voix un peu dure et monochrome, avait le privilège de chanter <em>Es</em> <em>ist</em> <em>vollbracht</em>, sans doute l’air le plus chargé d’émotion de tout l’œuvre de Bach, ce qu’elle fit honorablement mais sans plus, et un peu froidement, peut-être impressionnée par l’ampleur du défi. Issu du chœur, la basse <strong>Guglielmo</strong> <strong>Buonsanti</strong> incarna Pons Pilate avec tempérament, mais sans grands moyens techniques.</p>
<p>La partition fait évidemment la part belle aux chœurs : chargés d’ouvrir et de refermer l’œuvre par de grande pages très inspirées, ils ont aussi pour autres fonctions d’une part de ponctuer le récit par les interventions de la foule, très colorées mais manquant parfois un peu de précision dans les attaques et dans la diction, et d’autre part, ils en assurent le commentaire moral sous la forme de chorals, c’est l’élément de sérénité tellement nécessaire à l’équilibre de l’œuvre. Avec tout le recueillement voulu, de très belles nuances piano amenant un sentiment d’intimité très touchant qui s’adresse directement au spectateur, le chœur d’il Pomo d’Oro s’en acquitta brillamment.</p>
<p>Enfin, soulignons la qualité instrumentale des solistes de l’orchestre, apportant les couleurs spécifiques de chaque instrument à l’accompagnement des solistes du chant.</p>
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		<title>VIVALDI, La fida ninfa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vivaldi-la-fida-ninfa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La fida ninfa (1732) ouvre la dernière décennie active de Vivaldi, qui s’épanouira en une série de chefs-d’œuvre influencés par le style napolitain (L’Olimpiade, La Griselda, Catone in Utica), dans lesquels l’efflorescence des airs, très développés et ornementés, prime sur la densité théâtrale. Les circonstances de sa création n’ont pas été sans incidences sur sa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La fida ninfa</em> (1732) ouvre la dernière décennie active de Vivaldi, qui s’épanouira en une série de chefs-d’œuvre influencés par le style napolitain (<em>L’Olimpiade, La Griselda, Catone in Utica</em>), dans lesquels l’efflorescence des airs, très développés et ornementés, prime sur la densité théâtrale. Les circonstances de sa création n’ont pas été sans incidences sur sa forme : l’ouvrage devait inaugurer le vaste Teatro filarmonico de Vérone, dessiné par Francesco Galli da Bibbiena, dont la construction avait duré treize ans et dont le principal mécène était le marquis Scipione Maffei, académicien et auteur de la plus célèbre des tragédies italiennes, <em>Merope</em> (1713). Pour cette circonstance solennelle, Maffei imposa sa propre mise en scène et un texte de sa plume : un livret élaboré près de vingt ans plus tôt… qui ne témoigne guère de sa familiarité avec le genre !</p>
<p>Difficile de résumer ce salmigondis : des pirates ont enlevé deux jeunes bergers qu’ils élèvent dans l’île de Naxos sous de nouvelles identités – l’un porte désormais le prénom de l’autre : Osmino. Bien des années plus tard, les mêmes pirates traînent dans la même île deux nymphes, dont l’une, Licori, était promise à Osmino. Licori demeurera-t-elle fidèle à l’Osmino d’autrefois ou à celui qui s’appelle désormais ainsi ?&#8230;</p>
<p>Si <em>La fida ninfa</em> ne compte pas aujourd’hui parmi les opéras les plus connus du Prêtre roux (en partie à cause de son déficient livret), il fut pourtant le premier à être enregistré : dès 1958, par le précurseur Angelo Ephrikian, dans une version raisonnablement complète mais où les rôles de castrats avaient été transposés à l’octave. Il fallut attendre 2008 et la gravure de Jean-Christophe Spinosi (Naïve) pour disposer d’une intégrale digne de ce nom.</p>
<p>Le présent enregistrement ne peut s’y comparer, notamment en raison des nombreuses coupures : deux rôles épisodiques, une dizaine d’airs et plusieurs da capo passent ici à la trappe ! Mais ce n’est pas à l’aune d’une production de studio qu’il faut juger cet écho d’un spectacle donné au Festival d’Innsbruck de 2023 – capté sur le vif, mais en plusieurs soirées et sans public, ou avec un public réduit au silence, étant donné qu’aucun applaudissement intempestif n’est à déplorer. Cette production a été victime des restrictions budgétaires qui frappent le monde artistique : la scénographie semble avoir été minimale, les chanteurs peu connus, l’orchestre réduit. Cependant, économie ne rime pas toujours avec médiocrité et cette parution a le mérite de nous faire découvrir une équipe attachante.</p>
<p>Certes, cinq violons et un seul violoncelle (auxquels s’ajoutent deux cors, deux flûtes, trompette, percussions et un continuo limité à trois instruments), c’est peu, pour un ouvrage de ce prestige, qui s’achève sur une trépidante tempête. Mais <strong>Chiara Cattani</strong>, se prenant moins au sérieux que Spinosi, qui tendait à tout sur-dramatiser, opte pour une direction à la mesure de son excellent petit ensemble (scindé en <em>due cori</em> pour le Concerto en Fa tenant lieu d’ouverture) : souple, alerte, fine et claire dans ses intentions, très vivante dans les ensembles (les deux délicieux duos, le fameux trio et son contrepoint à plusieurs sujets), privilégiant l’esprit et la drôlerie sur le pathos – un choix qui se discute mais s’avère parfaitement assumé.</p>
<p>L’équipe vocale, à l’unisson, se caractérise d’abord par son excellente élocution. Le contre-ténor <strong>Nicolo Balducci</strong> qui, au disque, ne nous a pas toujours convaincu, a rarement paru aussi inspiré et se montre fort émouvant dans la sicilienne venue d’<em>Orlando</em> <em>furioso</em>. Sans pouvoir vraiment se mesurer à Sandrine Piau, la soprano <strong>Chelsea Zurflüh</strong> affronte crânement le pyrotechnique « Alma oppressa » et, tout comme le poignant sopraniste <strong>Vojtech Pelka</strong> (parfois mis en difficulté par des tempi frénétiques), campe un personnage juvénile, combatif et crédible. Le ténor <strong>Kieran White</strong> séduit par un timbre suave (de haute-contre à la française), mais paraît tétanisé par l’exigence de ses grands airs, tandis qu’au contraire la basse <strong>Yevhen Rakhmanin</strong> abuse de sa grosse voix un peu grinçante (mais, après tout, il s’agit d’un pirate) et que l’agréable mezzo <strong>Eline Welle</strong> n’a plus grand-chose à chanter.</p>
<p>L’ensemble n’offre donc pas à l’ouvrage une référence discographique : il constitue plutôt une jolie carte de visite pour des interprètes tout à fait prometteurs.</p>
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