<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Susan CHILCOTT - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/chilcott-susan/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/chilcott-susan/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 08 Mar 2023 08:02:47 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Susan CHILCOTT - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/chilcott-susan/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>The Shining River, Susan Chilcott</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/elle-savait-tout-faire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2013 09:31:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/elle-savait-tout-faire/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Susan Chilcott est morte à 40 ans le 4 septembre 2003. Le présent disque vient rendre hommage, dix ans après son décès, à une personnalité extrêmement attachante, que le public parisien avait eu l’occasion d’entendre dans plusieurs rôles : Fiordiligi à la création en 1996 de la production de Così récemment repris à Garnier, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/elle-savait-tout-faire/"> <span class="screen-reader-text">The Shining River, Susan Chilcott</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/elle-savait-tout-faire/">The Shining River, Susan Chilcott</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			<strong>Susan Chilcott</strong> est morte à 40 ans le 4 septembre 2003. Le présent disque vient rendre hommage, dix ans après son décès, à une personnalité extrêmement attachante, que le public parisien avait eu l’occasion d’entendre dans plusieurs rôles : Fiordiligi à la création en 1996 de la production de <em>Così </em>récemment repris à Garnier, elle fut Tatiana d’<em>Eugène Onéguine</em> puis Ellen Orford aux côtés de Ben Heppner dans l’impressionnant <em>Peter Grimes</em> de Graham Vick à Bastille ; on put aussi l’entendre dans <em>Wintermärchen </em>de Philippe Boesmans au Châtelet. De cette carrière brutalement fauchée par le cancer, il reste somme toute assez peu de témoignages : l’heure n’était pas encore à la captation régulière des spectacles en vue de leur diffusion en DVD, ni à l’enregistrement systématique de récitals destinés à lancer les jeunes chanteurs. Susan Chilcott n’a guère participé qu’à quelques enregistrements de studio : <em>The World of the Spirit</em>, de Britten, dirigé par Richard Hickox (Chandos), <em>Pepita Jiménez</em> d’Albeniz (Harmonia Mundi), un disque de musique religieuse de Schubert dirigé par Peter Schreier, et c’est à peu près tout. Heureusement, le live a permis de lui rendre justice et, cinq ans après sa mort, le label Cyprès rendait hommage à la soprano britannique en publiant des extraits d’œuvres qu’elle avait chantées sur la scène bruxelloise, du Britten (<em>The Turn of the Screw, Peter Grimes</em>), du Verdi (<em>Otello</em>), le Boesmans mentionné plus haut – dont l’intégrale a été également diffusée, comme celle du Tour d’écrou – et, un peu plus inattendu, le Compositeur dans <em>Ariane à Naxos</em>, rôle désormais souvent réservé aux mezzos mais créé par une soprano, Lotte Lehman pour ne pas la nommer, et que son aisance dans le grave lui permettait d’aborder.</p>
<p>
			Dans sa série de récitals vocaux, Opus Arte n’a pas toujours eu la main heureuse (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=5776&amp;cntnt01returnid=55">compte rendu</a>), mais en revenant sur une artiste disparue, la firme remporte cette fois un beau succès. Le disque associe live inédit et studio déjà publié. D’un album Copland paru chez Black Box en 2004 ont été conservées les 25 plages chantées (en écartant les <em>Four Piano Blues</em> qui y figuraient également). Cela a permis d’adjoindre à ces prises de studio la captation en direct d’un concert donné à La Monnaie deux ans auparavant, pour un minutage total particulièrement généreux. L’inédit reflète un de ces programmes poético-musicaux que Susan Chilcott aimait à élaborer avec la complicité de l’actrice Fiona Shaw et du toujours fidèle pianiste<strong> Iain Burnside</strong>. On y trouve une sélection de mélodies inspirées par l’œuvre de William Shakespeare, représentatives d’écoles, de styles et d’époques diverses, où le bien connu côtoie le plus rare. Le premier des <em>Lieder der Ophelia</em> de Strauss côtoie la <em>Mort d’Ophélie</em> de Berlioz, mais on découvre aussi une pièce du compositeur américain contemporain Dominick Argento. Le livret d’accompagnement, riche notamment de photographies montrant Susan Chilcott en scène, surtout à Bruxelles, ne nous apprend à peu près rien sur les œuvres ; « Orpheus with his Lute », extrait de la pièce historique Henry VIII dont le texte n’est sans pas de la seule main de Shakespeare, a inspiré bien d’autres compositeurs anglophones que Vaughan Williams, et les <em>Six Elizabethan Songs</em> (1958) sont une des toutes premières œuvres d’Argento (né en 1927), où sont mis en musique des textes qui ont également inspiré Britten. De Britten justement, Susan Chilcott offrait au public bruxellois une des quatre <em>Cabaret Songs</em> écrites à la fin des années 1930 sur des poèmes de W.H. Auden : ce parcours éclectique lui ayant permis de présenter toute la diversité de son talent, la chanteuse concluait sur un bis tiré des <em>Old American Songs</em> de Copland.</p>
<p>			Et c’est justement Copland qui occupe toute la première moitié de ce disque. Il y avait un certain courage, de la part d’une Anglaise, à s’approprier des mélodies que les chanteurs américains sont à peu près les seuls à interpréter. Thomas Hampson a beaucoup contribué à populariser « I bought me a cat », dernier numéro du premier groupe de cinq <em>Vieilles</em> <em>Chansons américaines</em>, et l’on entend parfois en Europe le n°4 du même cycle, « Simple Gifts » (voir le disque de Kyle Bielfield <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=5897&amp;cntnt01returnid=55">récemment chroniqué</a>), mais il y a presque tout à découvrir dans ces deux séries d’arrangements conçues par Copland au tout début des années 1950. Susan Chilcott les chante avec le naturel qui convient, mais aussi avec une sorte de dignité très British qui rappelle un peu la noblesse de ton d’une Felicity Lott ; du reste, cela n’a rien d’absurde puisque le <em>Set 1</em> fut créé à Aldeburgh par deux artistes qui n’avaient rien de yankee, Peter Pears et Benjamin Britten. Les <em>12 Poèmes d’Emily Dickinson</em>, de 1950 aussi, échappent encore plus complètement au folklore étatsunien puisqu’ils mettent en musique les textes mystérieux d’une des plus grandes voix poétiques de l’Occident. Copland a su trouver le juste dosage entre étrangeté et simplicité, et Susan Chilcott leur prête son timbre chaleureux et dénué de toute affectation. Les trois autres mélodies qui complètent ce beau programme datent en revanche des années 1920 ; elles aussi confirment l’impression que cette artiste savait tout faire, et qu’à la vingtaine de rôles qu’elle eut le temps d’incarner en quinze ans auraient dû s’en adjoindre bien d’autres.<br />
			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/elle-savait-tout-faire/">The Shining River, Susan Chilcott</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Susan Chilcott in Brussels</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brava/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Roughol]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2009 23:52:38 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brava/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  C’est par une soirée consacrée à Shakespeare en compagnie de l’actrice Fiona Shaw que Susan Chilcott fit ses adieux à la Monnaie, en 2002, après une carrière démarrée sur les mêmes lieux en 1994 en remplaçant au pied levé la titulaire du rôle d’Ellen Orford dans Peter Grimes. Cette scène avec laquelle elle fut &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brava/"> <span class="screen-reader-text">Susan Chilcott in Brussels</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brava/">Susan Chilcott in Brussels</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>C’est par une soirée consacrée à Shakespeare en compagnie de l’actrice Fiona Shaw que Susan Chilcott fit ses adieux à la Monnaie, en 2002, après une carrière démarrée sur les mêmes lieux en 1994 en remplaçant au pied levé la titulaire du rôle d’Ellen Orford dans <em>Peter Grimes</em>. Cette scène avec laquelle elle fut en compagnonnage constant, au-delà de la simple relation classique entre artiste occasionnelle et équipe de production, devait marquer par un geste particulier son hommage à la chanteuse disparue en 2003. Le label Cypres s’y associe et rassemble quelques extraits de prestations bruxelloises, se tirant assez bien de ce que l’exercice a de périlleux, car à vouloir tout dire, tout montrer d’un talent tel que celui-là, on doit trancher dans le vif et forcément regretter les compromis nécessaires, au risque de la frustration. On aurait peut-être aimé, la durée du disque (57’) le permettait, un peu plus du <em>Wintermärchen</em> de Boesmans, ou même du <em>Peter Grimes</em>. Pour autant le choix du live en hommage est l’évidence même : quel meilleur contexte que la scène, même si l’image manque ici cruellement, pour juger de la présence, de la magie d’une femme comme Susan Chilcott ?</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Susan Chilcott, c’était d’abord une attitude, faite d’harmonie, d’une rencontre de contraires parfaitement maîtrisée. Une sensualité radieuse, et un contrôle total ; une fêlure mélancolique, et une force positive ; une voix capable de – presque – tout endosser du répertoire, et un choix draconien des rôles abordés : une vingtaine quand même en quinze ans de carrière, de Musette au Scottish-Opera-Go-Round en 1987, à Jenufa au Welsh National Opera, le dernier. Et quand le choix était fait, une volonté inébranlable de s’y tenir sans barguigner, jusqu’au dernier, hélas symbolique, celui de Blanche de La Force s’avançant vers la mort, à Amsterdam, en 2003. Il n’y eut ainsi qu’une Comtesse, et d’ailleurs bien peu de Mozart, et du bel canto avec des pincettes… Mais pour ce qui n’eut pas lieu, combien de trésors légués !</p>
<p> </p>
<p>Les premier de ces trésors, ce sont les rôles puisés chez Britten : Ellen de <em>Peter Grimes</em>, et pas seulement parce que ce fut le sésame international, et la Gouvernante du <em>Tour d’Ecrou</em>. De la fameuse production de <em>Peter Grimes</em> en 1994, mise en scène par Willy Decker, sont extraits l’aria “Embroidery…” et le duo avec Grimes dans l’Acte I, « TheTruth, the Pity and the Truth »: la belle ampleur de registre donne des graves chaleureux dont l’émission limpide n’a rien à envier aux aigus, une diction superlative, une ligne de chant fermement tenue, une ferveur dans le duo qui pose l’interlude dans du velours. Quant au <em>Tour d’Ecrou</em>, il faut avoir entendu ce legato transcendant dans “How beautiful it is”.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Actrice accomplie, Susan Chilcott ne pouvait être qu’un verdienne convaincante. Les extraits d’<em>Otello</em> proposés ici sont pourtant inégaux. Chilcott-Desdémone seule, dans la Chanson du Saule, offre quatorze minutes d’acuité dramatique qui jamais ne perturbe une ligne vocale souveraine. Elle inspire non seulement le public, que même au disque on sent suspendu, interdit, mais aussi un Pappano éloquent, amoureux, et les porte littéralement vers un Amen déchirant. Le duo avec Vladimir Galouzine oblige hélas à redescendre un peu… sur terre, notamment dans le finale « A terra ! », l’effervescence de tous obligeant Chilcott à lancer des aigus triomphants mais vides de sens. En même temps, qu’y faire d’autre ?&#8230; La démonstration vaut alors pour autre chose, la direction de Pappano, nerveuse et exigeante. Dans le duo « Già nella notte densa », bien plus satisfaisant, Galouzine, pourtant valeureux vocalement, peine à se hisser au niveau d’une partenaire bien plus subtile dans son incarnation. Il chante, elle vit.</p>
<p>  </p>
<p> </p>
<p>Les deux courts extraits du Compositeur de l’<em>Ariane à Naxos</em> de Richard Strauss, malgré un enregistrement défaillant qui restitue tous les jeux de scène, manifestement nombreux, montrent une chanteuse plus fiévreuse et désunie. Ceci expliquant peut-être cela. Les aigus de « Seien wir Wieder gut ! » sont pourtant toujours aussi sûrs. Enfin, retour à l’ineffable, avec l’opéra de Boesmans, <em>Wintermärchen</em>, lors de sa création à La Monnaie. Trois minutes bien courtes mais qui devraient suffire à donner envie de découvrir la totalité de l’œuvre, et qui offrent à nouveau ce qui faisait de Susan Chilcott une personne inoubliable : la générosité, de caractère comme de chant, la sérénité que donne un travail abouti et une nature positive, et qui lui permettait d’investir les personnages offerts sans demi-mesure, d’une voix lumineuse, d’un ton noble, jamais forcé.</p>
<p> </p>
<p><strong>Sophie Roughol</strong></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brava/">Susan Chilcott in Brussels</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Susan Chilcott, a friendly angel</title>
		<link>https://www.forumopera.com/susan-chilcott-a-friendly-angel/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/susan-chilcott-a-friendly-angel/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Peter de Caluwe]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2008 17:43:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/susan-chilcott-a-friendly-angel/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Voilà cinq ans disparaissait Susan Chilcott, à l&#8217;âge de 40 ans. Sa carrière qui débuta dix ans plus tôt à La Monnaie, alors qu&#8217;elle remplaça au pied levé une collègue malade dans le rôle d&#8217;Ellen de Peter Grimes (elle qui devait chanter la première nièce), la mena sur les plus grandes scènes du monde. Son ami Peter de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/susan-chilcott-a-friendly-angel/"> <span class="screen-reader-text">Susan Chilcott, a friendly angel</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/susan-chilcott-a-friendly-angel/">Susan Chilcott, a friendly angel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>
	<em>Voilà cinq ans disparaissait Susan Chilcott, à l&rsquo;âge de 40 ans. Sa carrière qui débuta dix ans plus tôt à La Monnaie, alors qu&rsquo;elle remplaça au pied levé une collègue malade dans le rôle d&rsquo;Ellen de </em>Peter Grimes<em> (elle qui devait chanter la première nièce), la mena sur les plus grandes scènes du monde. Son ami Peter de Caluwé, actuel directeur général de La Monnaie, nous offre un portrait touchant de cette artiste fabuleuse qui demeure dans la mémoire de beaucoup comme l&rsquo;un des talents les plus éclatants de ce début de siècle.</em></p>
<p>
	_______________________________________________________</p>
<p>	« Où je suis, rien ne peut m’atteindre »<br />
	Blanche, Dialogues des Carmélites, Acte 2, tableau 3</p>
<p>
	 </p>
<p>
	Susan Chilcott n’était pas une chanteuse d’opéra ordinaire. Elle était, à vrai dire, un être humain, une mère, une amie et une artiste unique.</p>
<p>	Elle est née le 8 juillet 1963 à Bath dans le Somerset (Royaume-Uni) et décédée au même endroit, le 4 septembre 2003, dans son whitewashed cottage typique de Blagdon. Comme elle le rappelait elle-même, Susan resta, sa vie durant, fidèle au souvenir d’une jeunesse idéale qu’elle devait à ses parents adoptifs. Elle était une campagnarde par excellence, élevée dans le calme et la sérénité d’une nature apaisante, sur les bords des Mendip Hills. Cette communion avec ses racines lui permit d’asseoir son existence sur le socle de la sérénité ; concentrée, ignorant le stress et, toujours, les deux pieds sur terre.</p>
<p>	C’est son collègue, le ténor Alexander Olivier, qui me permit de faire sa connaissance. Il n’était pas rare qu’il m’appelle, mais ce jour là il me persuada de venir à Bruxelles à l’occasion de la nouvelle production de Peter Grimes, pour entendre une jeune soprano qui allait, en remplacement, sauter du rôle de la seconde nièce à celui d’Ellen Orford. Les débuts de Susan Chilcott, à La Monnaie, furent effectivement tonitruants. Une star était née, là, sous nos yeux, et n’importe qui – connaisseur ou amateur – pouvait s’en rendre compte comme d’une évidence. Non seulement fut-elle cette chanteuse-actrice idéale dont rêvent tous les metteurs en scène, mais elle fondit son être tout entier dans le rôle d’Ellen, don unique qui marqua toutes ses prises de rôle.</p>
<p>	Ses débuts à La Monnaie en 1994 marquèrent également le point de départ de sa carrière internationale. Cette production de Peter Grimes lui permit de rencontrer des collègues qui allaient l’accompagner tout au long de sa carrière : l’institution « La Monnaie », le chef Antonio Pappano, le metteur en scène Willy Decker et –aussi- le compositeur Benjamin Britten, lui-même. Il resta, au fil des ans, l’un de ses compositeurs fétiches, avec Mozart (Fiordiligi, la Comtesse, Donna Elvira), Janacek (Kat’ Kabanova, Jenufa) et Tchaïkovsky (Lisa et Tatiana).</p>
<p>	À La Monnaie, nous eûmes le plaisir de l’entendre dans deux importantes prises de rôles Verdiennes : Desdémone d’Otello et Alice Ford de Falstaff ainsi qu’en Gouvernante du Tour d’écrou de Britten et dans Wintermärchen, la création mondiale de Philippe Boesmans. Mémorable, aussi, furent son récital de 2002 avec Iain Burnside, son pianiste et frère d’âme, ainsi que -quelques mois plus tard- la soirée Musique et Poésie consacrée à Shakespeare qu’elle donna avec l’actrice Fiona Shaw et qui marqua ses adieux à la scène.</p>
<p class="rtecenter">
	<img decoding="async" alt="" src="http://www.forumopera.com/uploads/images/photos/Actualites/Necro/chilcott3.jpg" style="cursor:default;height:554px;width:400px" /></p>
<p>	<em>dans le </em>Wintermärchen <em>de Luc Bondy (c) Johan Jacobs</em></p>
<p>
	Longtemps, nos relations ne dépassèrent pas les simples cordialités d’après spectacles aux réceptions de La Monnaie ; c’est son excellente amie, la mezzo américaine Susan Graham qui me permit de mieux la connaître. Alors que j’étais casting director à l’Opéra d’Amsterdam, nous avons planifié ses débuts en Kat’ Kabanova. Une Katia idéale : juvénile et pourtant déjà mûre, charmante et distante, chaleureuse et réservée, forte et vulnérable. Une voix à son zénith, une intensité dramatique rare – elle avait des aigus puissants d’une facilité déconcertante, la voix fleurissait merveilleusement dans les aigus – elle avait le don de parer les émotions les plus crues de sonorités diaphanes.</p>
<p>	J’ai découvert en Sue une femme fidèle, à la personnalité avenante, un caractère complexe, empathique et introspectif. Elle était une artiste fragile et sensuelle, belle et solide, sensible et pleine d’humour, compassionnelle et simple. C’est ce dernier qualificatif que je retiens avant tout : Sue était en harmonie avec elle-même, tant sur les planches que dans la vie privée. Elle avait le talent unique de faire positiver les gens qu’elle côtoyait.</p>
<p>	Sa Fiordiligi à l’Opéra de Paris, aux côtés de la Dorabella de Susan Graham, fut un coup de maître – la fille des campagnes se mua en meneuse du monde de l’opéra. La voix de Susan Chilcott est difficilement comparable ; elle est indéniablement « classique » dans le sens où sa texture rappelle certaines grandes voix du passé, sans que jamais l’ombre d’un soupçon d’imitation n’apparaisse ; elle est pourtant porteuse d’une mélancolie toute contemporaine qui n’a rien de larmoyante ; elle fut une artiste qui aurait pu porter sur ses épaules de larges pans du répertoire opératique et qui préféra pourtant en extraire quelques rôles finement choisis. Le rôle de la Comtesse dans les Noces de Figaro, par exemple : après des débuts à Garsington et une reprise au Welsh National Opera, Sue décida de ne plus jamais y toucher. Le belcanto n’était pas non plus sa tasse de thé. Elle était très déterminée dans ses choix artistiques ; certains rôles lui semblaient absolument exclus et quand elle craignait de manquer de temps pour préparer un rôle, pour l’apprendre et le pénétrer, personne n’aurait pu la convaincre. Ses décisions, elle les prenait en concertation avec son professeur, Mollie Petrie, qui la conseilla et la coacha depuis sa 12e année. Elle aménageait son emploi du temps avec une sagesse infinie et quand elle arrêtait une décision, elle le faisait pour les meilleures raisons – comme elle choisissait ses amis, elle sélectionnait ses rôles et leur donnait absolument tout ce qu’elle pouvait.</p>
<p>	Quand elle me fit savoir, par l’intermédiaire de son ex-agent et futur mari, David Sigall, après d’innombrables tergiversations, remises en question et après avoir examiné soigneusement tous les paramètres de ma proposition, qu’elle accepterait de chanter sa première Maréchale du Chevalier à la Rose à Amsterdam, je fus persuadé qu’il s’agirait là d’une prise de rôle majeure dont l’univers lyrique tout entier allait parler pendant longtemps. La Maréchale idéale ; l’impénétrabilité dévoilée, l’universalité et le doute, la femme mûrissante et passionnée … l’incarnation scénique de tout ce que représentait cette artiste.</p>
<p>	Mais la prise de rôle n’eut jamais lieu. Á peine éclose, sa carrière était déjà menacée. Sue fut confrontée au cancer du sein qui l’emporta dès 2001. Comme le dit à l’époque Opera Magazine, « soudain, l’interprète de personnages fragiles devint elle-même, aux yeux de tous, un personnage vulnérable ». Elle devint une icône pour ses camarades d’infortune et sut, par son positivisme forcené, inspirer la confiance et l’espoir à tous.</p>
<p>	Elle était déterminée à s’en sortir. Et elle y parvint, provisoirement : en 2002, la voilà, incarnant au Metropolitan, une fragile Helena du Songe d’une nuit d’été et, tout de suite après, à Covent Garden pour ses grands débuts aux côtés de Placido Domingo dans La Dame de Pique. Alors que son corps subissait l’épreuve de multiples chimiothérapies, elle parvint à nouveau à dessiner des personnages saisissant de profondeur. Tendres, chaleureux, absolus ; comme sa personnalité. Pour Sue, il n’y avait pas de demi mesure, elle se donnait toute entière, encore et encore.</p>
<p>	La production du Chevalier à la Rose de janvier 2004, mise en scène par Willy Decker avec Susan Graham en Octavian ne la vit pas. Susan Chilcott disparut dans sa quarantième année. Les adieux que lui firent d’innombrables collègues, amis, professionnels, sa famille et –surtout – son petit garçon, Hugh par un jour radieux de septembre en la Cathédrale de Wells restera –pour tous- un souvenir impérissable. Le chœur du Welsh National Opera et de nombreux chanteurs entonnèrent un In Paradisum dont les notes d’ombres résonnent encore.</p>
<p>	Voici la demeure de Susan Chilcott. Sa dernière prise de rôle, Blanche dans Dialogues des Carmélites, eut lieu à Amsterdam au printemps 2003. Alors que ses coreligionnaires tombèrent, l’une après l’autre, sur l’échafaud et, avant de les y rejoindre, Sue resta un instant sur scène, fière, droite, le regard vers le ciel, les bras écartés comme les ailes d’un ange. Ainsi m’apparaîtra-t-elle, éternellement.</p>
<p>
	 </p>
<p>
	<strong>Peter de Caluwe</strong><br />
	Directeur Général de La Monnaie</p>
<p>
	 </p>
<p>
	_______________________________________________________</p>
<p>
	 </p>
<p>
	<strong>Discographie</strong></p>
<p>
	<img decoding="async" alt="" src="http://www.forumopera.com/uploads/images/photos/Actualites/Necro/chilcottCD.jpg" style="cursor:default;height:197px;width:220px" /></p>
<p>
	Le label Cypres consacre un disque aux « années Chilcott » à La Monnaie avec des extraits d&rsquo;Otello, Wintermärchen, Ariadne auf Naxos, Peter Grimes et The turn of the Screw, sous la direction d&rsquo;Antonio Pappano.  </p>
<p>
	<a href="http://www.cypres-records.com/index.php?page=shop.product_details&amp;flypage=shop.flypage&amp;product_id=185&amp;lang=fr&amp;option=com_phpshop&amp;Itemid=6" style="text-decoration: none" target="_blank" rel="noopener">&gt; en savoir plus</a></p>
<p>
	 </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/susan-chilcott-a-friendly-angel/">Susan Chilcott, a friendly angel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.forumopera.com/susan-chilcott-a-friendly-angel/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
