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	<title>Bianca CHILLEMI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bianca CHILLEMI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Cendrillon de Pauline Viardot : chronique d&#8217;un succès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cendrillon-de-pauline-viardot-chronique-dun-succes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 06:32:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bianca Chemilli, directrice musicale, cheffe de chant et principale interprète au piano de la Cendrillon de Pauline Viardot, évoque cette production dans un entretien croisé avec Delphine Ingigliardi, coordinatrice des actions culturelles pour Angers-Nantes Opéra. On ne pourra bientôt plus parler de rareté en ce qui concerne la Cendrillon de Pauline Viardot : le nombre de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Bianca Chemilli, directrice musicale, cheffe de chant et principale interprète au piano de la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-angers/"><em>Cendrillon </em>de Pauline Viardot</a>, évoque cette production dans un entretien croisé avec Delphine Ingigliardi, coordinatrice des actions culturelles pour Angers-Nantes Opéra.</p>
<p><strong>On ne pourra bientôt plus parler de rareté en ce qui concerne la <em>Cendrillon</em> de Pauline Viardot : le nombre de représentations prévues pour cette production de La Co[opéra]tive est impressionnant…</strong></p>
<p>Delphine Ingigliardi : Une cinquantaine, déjà, depuis le mois de décembre et d&rsquo;autres dates vont être rajoutées pour la saison 2026-27. Cette œuvre peu jouée est l’occasion de s’intéresser à une compositrice qui a traversé tout le XIX<sup>e</sup> siècle et le thème de l’œuvre était foisonnant : le conte de fées, le rapport au réel, le travestissement, l’identité, l’émancipation féminine, mais également le travail opéré par l&rsquo;équipe de David Lescot, metteur en scène, avec Bianca Chillemi, directrice musicale, et l&rsquo;arrangeur Jérémy Arcache. Ils ont à eux trois revisité complètement l&rsquo;opéra.</p>
<p><strong>Qu&rsquo;a-t-on retiré ou ajouté ? </strong></p>
<p>Bianca Chillemi : Au départ, cet opéra a été écrit pour piano seul, avec quelques espaces de liberté voulus par Pauline Viardot et indiqués sur la partition ; pour la scène de bal, notamment, les sœurs et Cendrillon sont invitées à chanter ce qu&rsquo;elles veulent. Mais toutes les autres parties chantées ont été gardées intactes ; cela dit, David Lescot a réécrit le livret, qui était tout de même très désuet, avec de nouveaux dialogues. Il s’agissait de rendre l’œuvre plus intelligible, en particulier pour les motivations des personnages, car certains passages avaient visiblement été écrits un peu sommairement. La réécriture des parties parlées à permis de donner un rythme nouveau, plus moderne. Pauline Viardot écrit cette <em>Cendrillon</em> sur la fin de sa vie, pour ses amis et ses élèves, dans son salon et, avec beaucoup d&rsquo;humilité, nous voulions en quelque sorte terminer son travail. Nous voulions combler les trous dans l’histoire et enrichir la partition, un peu courte. Pour donner encore davantage de féerie, nous avons introduit de nouveaux instruments, ce qui enrichit la palette. Quatre musiciens sur scène vivent ainsi leurs émotions en parallèle aux chanteurs. Cela a ouvert des portes, des couleurs musicales, des jeux et des interactions. Par ailleurs, la durée de l’œuvre a été une contrainte imposée par la Co[opéra]tive, à l’origine du spectacle, ce qui nous a obligé à limiter les ajouts dans une durée raisonnable d’un peu plus d’une heure.</p>
<p><strong>Vous en avez profité pour y ajouter la création d’une autre compositrice…</strong></p>
<p>Bianca Chillemi : Nous avons beaucoup réfléchi à trois, avec également Jérémie Arcache pour les arrangements, et nous sommes amusés à mettre notre patte, par amour de la musique du xx<sup>e</sup> siècle, en y introduisant des éléments contemporains, comme le célèbre et délirant <em>Stripsody</em> créé par Cathy Berberian en 1966. Il était aussi important pour nous de glisser une pièce d&rsquo;une autre musicienne. Les deux artistes ont en commun d&rsquo;être cantatrices et compositrices, ce qui est rare.</p>
<p><strong>Comment avez-vous collaboré avec David Lescot ?</strong></p>
<p>Bianca Chillemi : Nous avons travaillé chacun de notre côté puis tout mis en commun. David et moi nous étions rencontrés sur une création de Gérard Pesson, <em>Les Trois Contes</em>, à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/trois-contes-lille-le-beau-est-toujours-bizarre/">Lille</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/trois-contes-rennes-le-petit-pois-de-proust-au-village/">Rennes</a>. Nous sommes restés amis. Ici, David a tout imaginé pour sa mise en scène, a beaucoup dirigé les chanteurs et m&rsquo;a vraiment laissé carte blanche pour les instrumentistes. Cela a bien circulé car nous avons ensuite interverti les rôles : je parlais aux chanteurs et lui aux instrumentistes. Il a une vraie oreille musicale et moi, une vraie oreille pour la scène.</p>
<p><strong>Vous vouliez créer un spectacle tout publics et qui toucherait en particulier les enfants ?</strong></p>
<p>Bianca Chillemi : Absolument. Là-dessus, on se rejoint totalement. Pour nous, un bon jeune public, c&rsquo;est l’ensemble du public, en fait. C’est-à-dire qu&rsquo;il faut que ça plaise autant aux adultes qu&rsquo;aux enfants. On ne va pas forcément rire aux mêmes endroits, ce qui n&rsquo;est pas grave.</p>
<p><strong>Le <em>Stripsody</em> choisi par Cendrillon dans son exercice d’improvisation plaît tout particulièrement aux enfants, qu’on entend rire aux éclats…</strong></p>
<p>Delphine Ingigliardi : À l’action culturelle, nous avons très vite compris l’intérêt de cette <em>Cendrillon</em> pour un public scolaire allant des tous petits aux lycéens. Nous touchons toute la région, avec près de 1000 élèves qui se déplacent avec leurs professeurs. Nous leur avons concocté un dossier pédagogique de quelque 50 pages en libre accès, disponible sur notre page dédiée, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.angers-nantes-opera.com/kit-cendrillon">kit-cendrillon</a>, et nous organisons également des rencontres avec ce que nous appelons les visites inversées. On entre vraiment dans les coulisses, à la découverte de tout ce qui est de l&rsquo;ordre technique, les accessoires, les effets, les jeux d&rsquo;échelle, etc., enfin tout ce qui permet de créer cette magie visible dans le spectacle. On présente également la salle, mais on l’appréhende en passant par les coulisses, par le plateau, les loges, les espaces d&rsquo;accessoiristes, etc. Cela permet une découverte de l’expérience concrète des métiers, des savoir-faire, dans une vraie proximité grâce aux discussions avec les techniciens et les artistes. Nous accueillons beaucoup de jeunes qui n’ont jamais mis les pieds à l’opéra et suivent, par exemple, des formations de métiers de l’accueil, de la sécurité ou encore de chaudronnerie. Autant de métiers qui ont leur place dans nos maisons. Nos actions se font dans le théâtre d’Angers ou le théâtre Graslin de Nantes, mais également dans les écoles où nous travaillons sur des maquettes équipées de tiroirs et d’équipements miniature de consoles pour créer des poursuites, du mapping, etc. Pour donner un exemple, certains de ces élèves venus voir nos ateliers décors à Nantes, en novembre dernier, vont fabriquer eux-mêmes un petit décor qu&rsquo;on va exposer en mai prochain.</p>
<p><strong>La production est en soi pédagogique, puisque Pauline Viardot avait écrit son opéra de salon pour ses élèves…</strong></p>
<p>Delphine Ingigliardi : Repris ici avec de nombreuses additions, dont celles de Jérémy Arcache, l’arrangeur, qui nous a montré la cuisine tout à fait interne de reprise et d’habillage de la partition mâtinée de musique ancienne, baroque, mais aussi de fantaisies plus contemporaines, incluant la chanson réaliste ou le gospel, avec l’appui de percussions en plus du piano initial. On a voulu, avec notre dossier pédagogique, aller loin dans l&rsquo;ouverture des portes et des possibles parce que l&rsquo;idée de cette équipe, c&rsquo;est qu&rsquo;une musique en amène une autre, qui permet de relier la dimension populaire et émotionnelle de tous types de musiques avec l&rsquo;opéra, que d&rsquo;ailleurs David Lescot appelle plutôt une comédie musicale lyrique. On est vraiment face à quelque chose d&rsquo;un peu hybride, tout en respectant la structure. David Lescot a clarifié certains rapports de relations familiales avec entre les personnages. Mais le tout reste très dynamique, très drôle, tout en appréhendant aussi des sujets très actuels. Ces sujets d’ailleurs touchent particulièrement les jeunes, notamment à travers la question des rapports sociaux qui lient Cendrillon et les autres protagonistes ou la manière dont on joue de ces identités multiples : Il y a plusieurs personnages qui se travestissent. L’opéra défend l&rsquo;émancipation d&rsquo;une jeune fille qui décide de son destin. David Lescot a largement adapté le matériau originel pour le nourrir du contexte actuel. Bianca et David ont été à la fois dans une démarche de respect et de bonification. Notre dossier pédagogique, quant à lui, explore les thématiques liées à Cendrillon, à travers le conte et ses quelques 345 versions répertoriées (opéra, danse, théâtre, etc.), aborde la vie et la carrière de la fascinante Pauline Viardot et présente des analyses détaillées de quelques-uns des ajouts de la partition.</p>
<p><strong>En plus des ajouts directs dans la partition, y a-t-il une part d’improvisation ? Le spectateur peut avoir cette impression, ne serait-ce que parce que vous, Bianca, êtes au piano en fond de scène, derrière les interprètes.</strong></p>
<p>Bianca Chillemi : Certaines transitions sont improvisées, tout en étant très cadrées ; nous savons où nous allons, mais le résultat n’est jamais identique et chaque représentation est ainsi différente. J’imagine qu’on m’a choisie comme directrice musicale sur ce spectacle parce que j’aime bien être sur le plateau, en dépassant la condition de musicienne de fosse invisible du public. J’aime l’idée de lier le geste musical au geste théâtral. Dans ces conditions, diriger les chanteurs devient difficile, puisque tous les repères sont changés puisque je ne vois pas ce qu’ils chantent. Il me faut ainsi travailler à l’oreille. Mais nous avons énormément travaillé en amont, pendant les répétitions. Cela nous oblige tous à être parfaitement autonomes et à nous concerter et retravailler ensemble après chaque spectacle, pour maintenant la stabilité et l’unité de l’œuvre. Mais cette responsabilité de chacun nous dynamise tous. C’est très agréable, en réalité ! De plus, nous nous entendons très bien. La cohésion humaine peut intervenir s’il y a une cohésion artistique. La Co[opéra]tive, tout en étant présente au moment du casting, nous a laissé le choix pour les sélections des voix, ce qui est rare dans le monde de l&rsquo;opéra.</p>
<p><strong>Comment concevez-vous la direction d’orchestre ?</strong></p>
<p>Bianca Chillemi : Pour moi, la direction, c&rsquo;est un outil qui est au service de la musique. Je me compare à un capitaine de navire, mais il ne s’agit pas d’exercer le pouvoir pour le pouvoir, il faut mener le bateau à bon port. En ce qui concerne David Lescot, malgré ses idées très précises quant à sa mise en scène, il écoute les avis de tous, puis tranche et décide. Je fais de même. Nous avons de la chance avec ce spectacle : comme le nombre de représentations est exceptionnellement élevé, nous pouvons intégrer de nouvelles idées au fur et à mesure et ce ne sont pas les idées qui manquent !</p>
<p><strong>Et les projets à venir ?</strong></p>
<p>Bianca Chillemi : J&rsquo;en ai quelques-uns. Je fais la passation à une autre pianiste pour <em>Cendrillon</em> parce que je m&rsquo;en vais à l&rsquo;Opéra d&rsquo;Avignon. J’assure la direction musicale d&rsquo;un opéra de Matteo Franceschini, un compositeur italien, à partir du <em>Décaméron</em> de Boccace. Il s’agit d’une création mondiale les 7 et 8 mars à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operagrandavignon.fr/decameron">Avignon</a>, donnée ensuite dans le cadre de Manifeste, le festival de l&rsquo;IRCAM à Paris les 12 et 13 juin au Théâtre de l&rsquo;Athénée. Je me sens très chanceuse. Et après ça, je serai chef assistante sur l&rsquo;<em>Étoile</em> de Chabrier à Maastricht.</p>
<p>Delphine Ingigliardi : De notre côté, nous ciblons des œuvres qui ont un potentiel à différents niveaux (musical, vocal…) mais aussi intellectuellement et en termes de découverte des métiers. Nous aimons bien les projets à tiroirs qui permettent aux professeurs, quand on fait des projets en établissements scolaires, de mettre en place un travail pluridisciplinaire en résonance avec les sujets d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les questions, les programmes. Prochain rendez-vous : <em>Robinson Crusoé </em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.angers-nantes-opera.com/accueil/robinson-crusoe">à partir du 10 mai prochain</a> à Angers puis à Nantes.</p>
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		<title>VIARDOT, Cendrillon – Angers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-angers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel plaisir que ce spectacle bien rodé, déjà chroniqué avec délectation par Tania Bracq à Rennes, qui est programmé pour une vaste tournée dont on sait d’avance qu’elle va rencontrer un beau succès ! Voici un bien bel hommage à Pauline Viardot qui, du haut de ses quatre-vingt-trois ans, écrivait au tournant du siècle ce &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel plaisir que ce spectacle bien rodé, déjà chroniqué avec délectation par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-rennes/">Tania Bracq</a> à Rennes, qui est programmé pour une vaste tournée dont on sait d’avance qu’elle va rencontrer un beau succès ! Voici un bien bel hommage à Pauline Viardot qui, du haut de ses quatre-vingt-trois ans, écrivait au tournant du siècle ce conte de fées destiné à ses élèves, un cadeau pédagogique idéal et réjouissant pour les interprètes. Petit bijou d’une grande heure ponctuée d’airs libres pour les solistes, accompagnée au seul piano, l’œuvre est conçue pour les salons, en mignardise intimiste. Il y aurait tant à écrire sur Pauline Viardot, sœur de la Malibran et fille de Manuel Garcia, terrifiant pédagogue et génial interprète, qui a traversé tout le XIX<sup>e</sup> siècle en côtoyant des Liszt, Musset, Sand, Clara Schumann et on en passe. De quoi en tirer films, opéras et biopics sous toutes les formes. Mais revenons-en à cette <em>Cendrillon</em> dont la trame doit beaucoup à la version de Rossini, réduite ici à sa substantifique moelle.</p>
<p>On ne peut que se réjouir que <strong>La Co[opéra]tive</strong> se soit emparée de cette fantaisie légère pour en faire un coquet spectacle pour tous publics, de ceux qui sont de nature à enthousiasmer tout un chacun, à commencer par les néophytes. Jugeant le texte de la Viardot trop désuet pour notre époque, le metteur en scène<strong> David Lescot</strong> a totalement réécrit le livret, le rendant particulièrement dynamique, drôle et percutant, avec une Cendrillon volontaire et féministe. Bons mots, déclamations en rafale très inspirées du rap ou des dictions actuelles, saillies drolatiques…, on s’amuse énormément à écouter ce bagou exubérant. Quant à l’accompagnement au piano, il a été enrichi par <strong>Jérémie Arcache</strong> avec l’ajout de percussions, d’un violoncelle et d’une clarinette, produisant des sonorités en extensions contemporaines, pimentées notamment de jazz et autres improvisations. La scénographie d’<strong>Alwyne de Dardel</strong> fonctionne dans le même esprit, entre intérieur nouveau riche clinquant et intemporel et escalier de music-hall à l’américaine, dispositif très efficace qui culmine avec l’arrivée de la citrouille mobile désopilante, que n’aurait pas reniée Batman un soir de Halloween… Pour les costumes, <strong>Mariane Delayre</strong> a concocté des vêtements m’as-tu vu très chics et des robes pour les sœurs tout droit inspirées de Disney. Cendrillon porte une robe de bal proche de celle portée par Marilyn sur les bouches de métro new-yorkaises, aux paillettes dorées qui se contentent de mettre la jeune femme en valeur juste ce qu’il faut.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-06-®Christophe-Raynaud-De-Lage-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-207685"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Christophe Raynaud De Lage</sup></figcaption></figure>


<p>Les chanteurs sont manifestement très à l’aise dans cet univers où ils ont tout le loisir de s’en donner à cœur joie et se délecter des éclats de rires des enfants et de ceux des adultes, pas forcément aux mêmes moments, ce qui est réjouissant. Les deux méchantes sœurs, insupportables à souhait, tirent néanmoins leur épingle du jeu dans un concours d’airs improvisés où elles excellent. Cela aurait pu être l’air des chats, c’est Elvira de <em>Don Giovanni</em> qui est choisie, permettant à <strong>Clarisse Dalles</strong> tout comme à <strong>Romie Estèves</strong> de montrer l’étendue et la justesse de leur voix. En père dépressif au passé pas très net, à l’autorité en berne mais au capital de sympathie intact, <strong>Olivier Naveau</strong> est particulièrement convaincant, voix faussement fatiguée et énergie intacte. Il est concurrencé par les mimiques et déhanchés acrobatiques du chambellan faux prince campé par un <strong>Benoît Rameau</strong> survitaminé. Le prince, par contraste, est bien plus discret, mais décidément charmant, grâce au rayonnement délicat de <strong>Tsanta Ratia</strong>. Impayable en cape de super-héroïne et sac fourre-tout où l’on a du mal à retrouver ce que l’on cherche, la pétulante <strong>Lila Dufy</strong> (elle nous avait épatée en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-nantes/">Reine de la Nuit</a> à Nantes) est une formidable fée aussi familière que magicienne, vocalises décontractées à l’appui. Très à son aise également, la délicieuse <strong>Apolline Raï-Westphal</strong> est une Cendrillon à laquelle on adhère sans réserve, y compris dans ses hésitations d’amoureuse intimidée par l’enjeu et sa prestation détonante en improvisation déjantée lors du bal. Au lieu d’un air périlleux, nous avons droit à un festival d’onomatopées en tous genres, le <em>Stripsody</em> créé par Cathy Berberian, originellement esquissé en bande dessinée. La transposition sur scène déclenche l’hilarité du public, mis de bonne humeur jusqu’à la fin qui sera triomphale.</p>
<p>D’abord cachés derrière les tableaux qui les représentent figés dans une attitude, les trois musiciens dirigés par la pianiste <strong>Bianca Chillemi</strong> s’agitent et se donnent sans compter tout au long du spectacle, parfaitement fidèles à l’œuvre de Pauline Viardot qu’ils agrémentent d’improvisations échevelées et humoristiques, guidés en cela par le travail d’adaptation de Jérémie Arcache. On pourrait les croire en roue libre, mais on sent une unité et une cohésion qui font plaisir à voir. Décidément, toutes les fées semblent s’être penchées pour contribuer à la réussite de cette œuvre dont le premier mérite est de se mettre à portée de n’importe quel auditeur et, si c’est son premier contact avec l’opéra, de le rendre instantanément fan, on en prend le pari…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-angers/">VIARDOT, Cendrillon – Angers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>LIGETI / DAVIES, Birds &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-davies-birds-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bianca Chillemi, pianiste et directrice artistique de l&#8217;Ensemble Maja, adore le jeu des associations musicales quasi surréalistes, fondées donc sur le principe de l&#8217;analogie. C&#8217;est ainsi qu&#8217;elle a souhaité proposer une hybridation qui n&#8217;est pas évidente sur le papier : réunir sur la scène deux œuvres de compositeurs très différents, le hongrois György Ligeti et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bianca Chillemi</strong>, pianiste et directrice artistique de l&rsquo;<strong>Ensemble Maja</strong>, adore le jeu des associations musicales quasi surréalistes, fondées donc sur le principe de l&rsquo;analogie. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle a souhaité proposer une hybridation qui n&rsquo;est pas évidente sur le papier : réunir sur la scène deux œuvres de compositeurs très différents, le hongrois György Ligeti et l&rsquo;anglais Peter Maxwell Davies, créées il est vrai toutes les deux dans les années soixante. Esthétiquement ces deux œuvres insolites sont bien de leur temps, typiques de ces années où la déconstruction fait rage et les prouesses de composition encouragées dans des courants d&rsquo;avant-gardes aussi radicaux que volatiles : le Groupe de Manchester pour Davies (avec Birtwistle et Goehr), diverses évolutions pour Ligeti, de Vienne à Cologne. Et justement des volatiles on en parle, on les voit, on les entend dans le spectacle <em>Birds</em>. C&rsquo;est même le principal point d&rsquo;achoppement, malicieusement trouvé par <strong>Bianca Chillemi</strong> entre les <em>Aventures</em> et les <em>Nouvelles aventures</em> de Ligeti, sorte d&rsquo;happening absurde dans lequel trois chanteurs et sept musiciens jouent ici avec les limites du dialogue et des grands morceaux de bravoure opératiques et les <em>Huit chants pour un Roi fou, </em>un monodrame satirique et tragique pour baryton mettant en scène la démence du roi George III et ses oiseaux. Pour la création de cette pièce en 1969, les six musiciens sur scène étaient d&rsquo;ailleurs placés dans des cages d&rsquo;oiseaux.</p>
<p>Dans la première partie du spectacle, la mezzo <strong>Romie Estèves</strong>, la soprano <strong>Anne-Laure Hulin</strong>, divas hilarantes ou pathétiques et le baryton <strong>Pierre Barret-Mémy</strong> se lancent dans un tourbillon parfois désopilant, parfois poétique, parfois inquiétant tissé de cris, halètements, hoquets, de débuts de grands airs façon Bel Canto vite contrariés ; bref se joue une variété assez formidable d&rsquo;un parler qui n&rsquo;est plus un langage identifiable tout en sauvant les apparences du dialogue et de la conversation musicale. Ces artistes merveilleux jouent les péripéties d&rsquo;une histoire qui nous échappe, faite de rivalité, de prise de pouvoir de la scène, de sentiments aussi divers que fugaces, terriblement humaine. Les instrumentistes prennent leur part dans ce théâtre musical qui évoque Beckett (pour le nombre exponentiel de didascalies remplaçant les mots sur la partition) ou un Jarry pour l&rsquo;irrévérence farcesque, la richesse de la musique en plus. Ils sont tous dirigés par un chef et pianiste fou en mal d&rsquo;ordre, que persécute un claveciniste non moins étrange. Parmi les musiciens, le percussionniste <strong>Valentin Dubois</strong> prend une part remarquable dans ce chaos primal et gestuel, souvent irrésistible.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023_BIRDS_63-1-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1707519077823" />© DR</pre>
<p>Après un finale dévastateur et spectaculaire, la scène se vide pour accueillir le monodrame de Davies et le baryton <strong>Vincent Bouchot</strong>, absolument incroyable dans une performance presque impossible, qui nous parle aussi de (perte de) pouvoir et de provocation. Outre les techniques variées de chant, engageant la voix sur cinq octaves, le chanteur doit incarner en huit stations le cheminement erratique du monarque anglais du dix-huitième siècle, qui s&rsquo;occupe d&rsquo;oiseaux pour tenter d&rsquo;échapper à la démence. Une énorme araignée-couronne lui sert successivement de prison, de cage à oiseaux et de sceptre géant dont le poids accablant l&rsquo;a conduit aux frontières de la vie. Le baryton français, par ailleurs compositeur, impressionnant de virtuosité, distille à travers son personnage ridicule et pathétique un fort sentiment de dépossession mais aussi d&rsquo;étonnement voire d&rsquo;émerveillement par sa capacité à enchanter son propre univers : les six musiciens, le chef et les serviteurs (joués par les chanteurs du premier spectacle) sont naturellement ici des créatures échappées de son imagination. Le bord de leur costumes est ourlé d&rsquo;un ruban de la même couleur que l&rsquo;intérieur du piano.</p>
<p>Nous nous retrouverons finalement plutôt proches de tous ces personnages en quête de sens et que ne peuvent sauver que la musique. Les quatre chanteurs comme l&rsquo;<strong>Ensemble Maja</strong>, lauréat 2023 du tremplin Jean-Claude Malgoire porté par l&rsquo;Atelier Lyrique de Tourcoing, nous régalent décidément avec ces deux œuvres, dont ils redéfinissent avec brio et passion l&rsquo;intérêt et les enjeux.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Birds - Teaser | Ensemble Maja &amp; Bianca Chillemi" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/bjW9YBoPcks?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-davies-birds-paris/">LIGETI / DAVIES, Birds &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Du nouveau salle Cortot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/du-nouveau-salle-cortot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Feb 2017 07:53:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Assisterait-on au réveil de la Salle Cortot à Paris ? Isolée rue Cardinet, dans un recoin du 17e arrondissement, cette salle de concert Art Déco d’une jauge modeste – 400 places –donnait ces dernières années l’impression de vivoter. Lieu d’accueil depuis la saison dernière du Centre de Musique de Chambre de Paris, elle connaît une nouvelle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Assisterait-on au réveil de la Salle Cortot à Paris ? Isolée rue Cardinet, dans un recoin du 17e arrondissement, cette salle de concert Art Déco d’une jauge modeste – 400 places –donnait ces dernières années l’impression de vivoter. Lieu d’accueil depuis la saison dernière du Centre de Musique de Chambre de Paris, elle connaît une nouvelle jeunesse à travers une approche novatrice. Des concerts-spectacles courts, «<em> sous forme de récits en musique</em> » sont présentés trois semaines consécutives chaque jeudi, vendredi et samedi, à 20 h et 21 h 30, formant des cycles auxquels le principe de « cartes illimitées », à l’exemple de celles proposées par les cinémas, donne accés librement. L’amateur de musique vocale n’est pas laissé sur le pas de la porte puisque la mélodie occupe une place de choix au sein de la programmation avec par exemple  du 9 mars au 1er avril, <em>Winterreise </em>de Schubert, interprété en deux parties par le baryton <strong>Florian Hille</strong>, accompagné au piano par <strong>Bianca Chillemi</strong>. Plus d’informations sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.centredemusiquedechambre.paris/">www.centredemusiquedechambre.paris</a>.</p>
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