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	<title>Stefan CIFOLELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stefan CIFOLELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ADAM, Si j&#039;étais roi — Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/si-jetais-roi-toulon-le-pecheur-de-perles-ephemere-roi-de-goa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Nov 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est déjà l’Océan Indien, avant même Les Pêcheurs de perles (Bizet, 1863), Le roi de Lahore (Massenet, 1877), Lakmé (Delibes, 1883), avec une imagerie très traditionnelle de l’Inde, mais une indéniable inspiration musicale et dramatique. Mort épuisé par le travail, Adolphe Adam, le compositeur du Postillon de Longjumeau, du Chalet, de Giselle et de dizaine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est déjà l’Océan Indien, avant même <em>Le</em>s <em>Pêcheurs de perles</em> (Bizet, 1863), <em>Le roi de Lahore</em> (Massenet, 1877), <em>Lakmé</em> (Delibes, 1883), avec une imagerie très traditionnelle de l’Inde, mais une indéniable inspiration musicale et dramatique. Mort épuisé par le travail, Adolphe Adam, le compositeur du <em>Postillon de Longjumeau</em>, du <em>Chalet</em>, de <em>Giselle</em> et de dizaine d’ouvrages qui connurent le succès, passait pour fécond, ce qui paraît évident, et facile (1). Ce dernier qualificatif, qu’il faudrait nuancer, suffit à reléguer son œuvre au bureau des objets perdus. Par chance, et surtout par la volonté de quelques directeurs et chanteurs, nous avons redécouvert <em>Le Chalet</em> (Toulon, 2017, avec le spectacle et un CD), puis <em>Le Postillon de Longjumeau</em> (Rouen et l’Opéra Comique en 2019), qui ont initié la réhabilitation de cette belle figure lyrique. L’Opéra de Toulon poursuit dans cette voie en nous offrant une nouvelle production de <em>Si j’étais roi</em>, différée à cause du Covid, et d’autant plus attendue.</p>
<p>Le sujet est un peu désuet, fabuleux, voire niais : La princesse Néméa a été sauvée de la noyade par un jeune et beau pêcheur, Zéphoris, qui ignore la condition de la belle dont il s’est épris et dont il a conservé un anneau. Celle-ci refuse d’épouser Kadoor, le premier ministre. Le pêcheur rêve d’être roi, écrit-il sur le sable avant de s’endormir. Le monarque, débonnaire et quelque peu oisif, le découvre et se distrait, lui faisant croire à son rêve, en lui prêtant ses attributions et pouvoirs durant vingt-quatre heures. Elles suffiront à Zéphoris pour retrouver Néméa, qui l’aime, et déjouer le complot ourdi par Kadoor, qui veut livrer le royaume aux Portugais. Aussi, le roi récompensera notre pêcheur en lui accordant la main de sa fille. Tout ça est charmant, aimable. Les qualités de verve, la caractérisation des personnages et des situations, une certaine vérité du théâtre séduisent (2).</p>
<p>Plus encore, la mise en scène de <strong>Marc Adam</strong>, les décors, costumes et éclairages, nous valent de splendides tableaux, animés par une vidéo inventive. Signé <strong>Roy Spahn</strong>, un ingénieux dispositif de cadres emboîtés permet de moduler les espaces, de l’avant-scène, devant la marine, à la perspective qu’offre la salle du trône du deuxième acte. Durant l’ouverture, la surprise prévaut : une artiste peintre, côté jardin du proscenium, copie un immense tableau. Un technicien de surface, chargé de l’entretien du musée, délaisse son travail pour s’éprendre de la belle… Nous découvrirons ensuite qu’il s’agit de Néméa, et de Zéphoris, personnages centraux de notre histoire. Evidemment, le tableau s’anime, le chœur des pêcheurs nous introduit dans cette communauté. Les costumes de <strong>Magali Gerberon</strong>, mêlant jeans et baskets (Zéphoris) et des parures sorties des gravures du temps, humbles comme fastueuses, s’accordent idéalement à la mise en scène, servie par des éclairages appropriés.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="309" src="/sites/default/files/styles/large/public/0185.jpg?itok=4fX3Jp8d" title="Néméa (Armelle Khourdoïan) et Zéphoris (Stefan Cifolelli) © Jean-Michel Elophe - Opéra de Toulon" width="468" /><br />
	Néméa (Armelle Khourdoïan) et Zéphoris (Stefan Cifolelli) © Jean-Michel Elophe &#8211; Opéra de Toulon</p>
<p>La distribution, jeune, se signale par son engagement et son homogénéité. Les qualités musicales sont au rendez-vous, même si l’investissement dramatique est inégal, malgré une direction d’acteurs inventive. <strong>Armelle Khourdoïan</strong>, recueille les acclamations les plus vives lors des saluts, et ce n’est que justice. La partie de Néméa est la plus brillante, avec des traits virtuoses dont notre soliste se joue. Voix sûre, égale dans tous les registres, son grand air du II (« Des souverains du rivage ») fait forte impression. Mais, par-delà sa technique éprouvée, elle donne à son personnage la richesse et l’ambiguïté attendues. Zélide , la sœur de Zéphoris, n’a qu’un air … « hindou », au dernier acte. Mais, dès le premier, on avait pu apprécier la voix d’<strong>Eleonora Deveze</strong><strong>, </strong>riche, chaleureuse et bien conduite.</p>
<p>Zéphoris, pêcheur devenu roi d’un jour, est confié à <strong>Stefan Cifolelli</strong>, beau ténor léger dont la voix correspond idéalement aux exigences du rôle. « J’ignore son nom », se signale par une diction exemplaire et une émission lumineuse. Sa cavatine « un regard de ses yeux » nous touche à la fin du I. Les nombreux ensembles auxquels il participe nous ravissent, d’autant que notre ténor est un excellent comédien. <strong>Jean-Kristof Bouton</strong> nous vaut un sympathique Roi Moussol, bon enfant, versatile, mais sincèrement attaché à son royaume et à ses sujets. La voix a les qualités de l&#8217;emploi, avec les couleurs attendues. Ses couplets du I « Dans le sommeil, l’amour… », sa chanson bacchique du II, mais surtout sa participation fréquente aux ensembles sont convaincants. La prestance et l’autorité vocale de<strong> Nabil Suliman </strong>lui permettent de camper un premier ministre retors, séducteur frustré. <strong>Valentin Thill</strong> compose un beau Piféar, le pêcheur ami de Zéphoris, naïf et couard. La voix est ample, bien conduite et le jeu convaincant. <strong>Mikhael Piccone</strong>, Zizel, le corrompu qui exploite sans vergogne les pauvres pêcheurs, semble quelque peu en retrait.  Assumés par cinq artistes du chœur, aussi valeureux que les solistes, il faut signaler les petits rôles. A travers ses nombreuses interventions, dans des formations variées, le chœur de l&rsquo;Opéra de Toulon vaut par la clarté de son émission comme par son engagement dramatique.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/0348.jpg?itok=eEOMIuil" title="Si j'étais  roi © Jean-Michel Elophe - Opéra de Toulon" width="468" /><br />
	Si j&rsquo;étais  roi © Jean-Michel Elophe &#8211; Opéra de Toulon</p>
<p>La direction de <strong>Robert Tuohy</strong>, animée dans l’ouverture et dans les passages purement orchestraux, se montre un peu timorée, raide ou tendue, et insuffisamment soucieuse des solistes. Le placement des percussionnistes dans les loges de scène et dans une loge contiguë paraît malvenue : leur jeu est amplifié et de menues imprécisions sont perceptibles (pourquoi n’avoir pas privilégié la harpe, et/ou les clarinettes, les cors ?). Cependant, le plaisir est bien là dès l’ouverture, aux belles couleurs. Si on n&rsquo;échappe pas toujours aux flons-flons caractéristiques du temps, l’écriture vocale et instrumentale est remarquable. La première se signale par une très belle prosodie (malgré la contrainte d’un livret versifié) et des lignes très françaises, héritées du XVIIIe siècle et de Boieldieu. L’orchestration, légère, fait la part belle aux vents (cors et bois en particulier), avec quelques citations, clins d’œil discrets, qui font sourire.</p>
<p>Un beau conte, joliment troussé, à rebondissements, sans autre prétention que de divertir et de plaire, ce qu’il réussit fort bien, servi par une équipe motivée. Sachons gré à l’opéra de Toulon d’avoir osé cette sympathique résurrection.</p>
<p>(1) Les qualités d’invention mélodique d’Adam ont séduit ses contemporains comme la critique. Pour autant ses facilités ne l’ont jamais dispensé d’un soin méticuleux à écrire et à instrumenter ses nombreux opéras-comiques. Il consacre quelques lignes à l’ouvrage dans ses souvenirs : « Je me suis mis au travail le 28 mai, le 9 juin, le premier acte était terminé. On répétait le 15 juin, et le 31 juillet, toute ma partition était écrite et orchestrée ».</p>
<p>(2) Mentionnons le respect absolu du livret, pratique devenue rare.</p>
<p> </p>
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		<title>La Gazza ladra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-gazza-ladra-a-pleins-tubes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 04:00:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On se demande pourquoi la Pie voleuse figure parmi les opéras relativement peu joués de Rossini, et même peu enregistrés. Seule sa fameuse ouverture fait très régulièrement les beaux jours des concerts et des disques. On y trouve tout, pourtant, de la créativité foisonnante du compositeur et même beaucoup de promesses d’avenir, dans les ensembles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On se demande pourquoi la <em>Pie voleuse</em> figure parmi les opéras relativement peu joués de Rossini, et même peu enregistrés. Seule sa fameuse ouverture fait très régulièrement les beaux jours des concerts et des disques. On y trouve tout, pourtant, de la créativité foisonnante du compositeur et même beaucoup de promesses d’avenir, dans les ensembles en particulier. C’est peut-être parce que cette œuvre n’est pas si facile à distribuer. Les personnages sont nombreux et plusieurs doivent rivaliser de virtuosité. C’est peut-être parce mettre en scène cette <em>Pie</em> n’est pas non plus si évident. Ou alors est-ce le livret, long et rebondissant ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, la musique est du meilleur Rossini, qui en avait sans doute suffisamment conscience pour ne pas avoir à recourir à des morceaux déjà écrits pour d’autres opéras, comme il le faisait bien souvent, pressuré par la cadence des commandes à honorer.</p>
<p>Le label Dymamic réédite la captation réalisée en 2007 lors du Festival de Pesaro, déjà parue peu après en DVD. C’est le deuxième spectacle proposé dans le coffret « Rossini serio », qui rassemble 7 opéras seri ou semiseri du cygne de Pesaro.</p>
<p>Près de 20 ans après la production très classique de Michael Hampe à Pesaro sous la direction de Gianluigi Gelmetti, c’est à <strong>Damiano Michieletto</strong> qu’échoit la tâche de moderniser l’approche de ce chef-d’œuvre trop rare. Pour le décor, presque rien : un lit au début et à la fin, des tables et des chaises, une passerelle descendue des cintres sur laquelle se jucheront les nombreux juges et, surtout, d’énormes tubes qui s’empileront à la manière des tuyaux de béton d’un chantier, se redresseront tantôt comme des cierges, tantôt comme des barreaux ou encore se coucheront façon canons de marine… tout au long du rêve de la petite fille. Car en effet, l’idée bien commode pour contourner le casse-tête des apparitions intempestives de la pie, c’est d’imaginer que toute cette affreuse histoire de condamnation à mort pour le vol d’une cuillère et d’une fourchette ( !) n’est que le mauvais rêve d’une enfant qui, ne trouvant pas le sommeil, joue encore un peu avec de petits cylindres d’un jeu de construction, puis s’endort enfin. Cette enfant, sous les traits de l’excellente mime <strong>Sandhya Nagaraya, </strong>jouera donc le rôle de la pie avec de grands yeux fixes et beaucoup de grâce. </p>
<p>Autre effet de mise en scène assez saisissant, bien qu’on le discerne sans doute moins bien à l’écran que dans la salle, l’impressionnant rideau de pluie au deuxième acte, qui laissera la scène inondée jusqu’à la fin. Le bruit des barbotages devait alors sans doute indisposer davantage <em>in situ</em> que dans cette captation, où on ne le remarque pas non plus. Les jeux de lumière sont intéressants et même franchement poétiques à la fin du second acte.</p>
<p>On passera en revanche sur les inévitables gros bras à longs imperméables gestapistes avec kalachnikovs intégrées, alors très à la mode sur les scènes lyriques.<br />
	Si ce dispositif scénique à la fois ingénieux et sommaire n’appelle pas d’autres commentaires, la direction d’acteurs, relativement rudimentaire, n’en appelle pas davantage. Chacun joue son rôle comme il l’entend, et heureusement, certains s’y entendent mieux que d’autres. Car l’intérêt n’est pas là. Il est d’abord dans la réussite des ensembles, importants dans cette œuvre, dans lesquels le <strong>C</strong><strong>hœur de chambre de Prague</strong> n’est pas toujours d’une parfaite homogénéité (la voix des ténors, peut-être plus proche des micros, ressort par trop), mais qui n’en restent pas moins irrésistibles grâce au sens du théâtre qui sort de la fosse. Le chef sino-italien <strong>Lü Jia</strong> ne laisse en effet pas le moindre temps mort à un orchestre qui répond fort bien à ce rythme.</p>
<p>L’intérêt de ce spectacle est par ailleurs dans l’équilibre du plateau. Tous les protagonistes vont du bon à l’excellent. Il faut dire qu’ils sont fort bien captés et qu’ils ne se ménagent pas. Le plus impressionnant, jusque dans son jeu – que d’aucuns trouveront un peu outré tout de même – est sans conteste le baryton <strong>Alex Esposito</strong> dans le rôle de Fernando. Quelle puissance et quelle endurance ! Peut-être décèle-t-on ici ou là plus de difficultés dans le registre bas, mais c’est bien peu de choses au regard du feu d’artifice vocal qu’il nous offre. Même appréciation pour le Podestat de l’incontournable <strong>Michele Pertusi</strong>, qui joue au plus méchant avec force grimaces de méchant très méchant, mais qui nous ravit dès qu’il chante. Plus discret, mais pas moins bien chantant, le ténor <strong>Dmitry Korchak </strong>campe un Giannetto amoureux très délicat parfaitement en place. Tous les comprimarii masculins sont d’ailleurs de très bon niveau, avec une mention spéciale pour <strong>Paolo Bordogna</strong> et <strong>Stefan Cifolelli.</strong></p>
<p>Côté dames, on n’est pas en reste. L’infortunée Ninetta pourra paraître bien ingénue dans le jeu de <strong>Mariola Cantarero</strong>, mais elle ne passe pas inaperçue sur le plan vocal, avec une voix parfaitement ajustée aux exigences du rôle et beaucoup d’engagement. Même chose pour le rôle travesti de Pippo, interprété par <strong>Manuela Custer</strong>, touchante et parfaite. La voix de mezzo de la Lucia, la mère de Giannetto, de <strong>Kleopatra Papatheologou</strong> est également d’un velours fort agréable et sans reproche, en particulier dans le second acte.</p>
<p>Voici donc un fort beau spectacle, très bien capté et qui rend globalement justice à cette œuvre maîtresse.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>GLASS, Satyagraha — Berlin (Komische Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/satyagraha-berlin-komische-oper-quand-le-corps-se-fait-chant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Oct 2017 00:55:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Berlin comme à Bâle en mai dernier, la nouvelle production de Satyagraha de Phlip Glass rencontre un vif succès. Le public éclectique de l’institution berlinoise s’est précipité sur la billetterie et quasi toutes les représentations affichent complet. Est-ce parce que pour la première fois un opéra du compositeur américain y occupe l’affiche ? Pourtant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A Berlin comme<a href="https://www.forumopera.com/satyagraha-bale-bale-danse-sur-glass"> à Bâle en mai dernier</a>, la nouvelle production de <em>Satyagraha</em> de Phlip Glass rencontre un vif succès. Le public éclectique de l’institution berlinoise s’est précipité sur la billetterie et quasi toutes les représentations affichent complet. Est-ce parce que pour la première fois un opéra du compositeur américain y occupe l’affiche ?</p>
<p>	Pourtant l’oeuvre composée en 1979 pose un certain nombre de difficultés. Oratorio pour chœur et solistes, il s’agit davantage d’une succession de mantras déclamés sur des gammes et des chromatismes entêtants que d’un opéra avec des situations et des personnages mus par un but. Seul le livret délivre les lieux et époques qui évoquent les épisodes de la vie de Gandhi tout en fuyant toute idée de reconstitution. Le choix du sanskrit (langue fluide et musicale), un livret réduit à quelques maximes reprises par tous et une partition roborative laissent un champ immense au metteur en scène. Le travail de <strong>Sidi Larbi Cherkaoui </strong>sur les corps et la plastique de la scénographie réussit la gageure de faire comprendre et les situations et de faire passer le sens de cette « étreinte de la vérité ». La violence et la haine exultent à travers les corps et des panneaux noirs que l’on recouvre de peinture rouge ; la figure morale et non violente de Gandhi s’incarne dans un corps de chanteur que l’on jette à droite et à gauche, que l’on porte, que l’on retourne. Le plus bel exploit de cette proposition tient justement dans cette cohabitation entre le chant, difficile notamment pour ce qu’il exige de maîtrise du souffle, et l’engagement physique d’une chorégraphie éprouvante pour les danseurs, les solistes et le choeurs. Tous s’y jettent à corps perdus, symbiose entre deux formes d’expression que tout peut pourtant opposer.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="309" src="/sites/default/files/styles/large/public/satyagraha3.png?itok=muajBS_o" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>L’excellent niveau technique de l’Eastman Dance Company saute aux yeux, de même que la grâce et la douceur de ses danseurs et danseuses, surtout quand il s’agit d’accompagner, de porter le corps fragile de chanteurs concentrés sur leur colonne d’air. Le choeur de la Komische Oper fait montre d’une aisance scénique qui n’a d’égale que la qualité de chacun de ses pupitres. <strong>Stefan Cifolelli</strong> domine largement la distribution. Ténor à la voix claire et au souffle inébranlable, il compose un Gandhi opiniâtre et bienveillant, capable de maintenir la ligne et la l’expression en même temps qu’il suit les mouvements du ballet. <strong>Cathrin Lange</strong> (Miss Schlesen) expose les mêmes aigus aériens qu’à Bâle. La voix puissante de <strong>Tom Erik Lie</strong> installe Mr Kallenbach dans sa position de bienfaiteur. <strong>Samuli Taskinen</strong> (Krishna) et <strong>Timothy Oliver</strong> (Arjuna) mettent à profit leurs courtes interventions dans le premier tableau pour se faire remarquer. Chez les dames <strong>Mirka Wagner</strong> (Mrs Naidoo) et <strong>Katarzyna Wlodarczyk</strong> (Mrs Alexander) complètent un ensemble de haute tenue.</p>
<p>	A Bâle comme à Berlin, <strong>Jonathan Stockhammer</strong> dirige avec toute la précision rythmique et la concentration nécessaire. Il peut compter sur un orchestre virtuose et infatigable malgré la longueur et le caractère répétitif de l’écriture musicale.</p>
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