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	<title>Gustave CLOËZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Gustave CLOËZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Grisélidis / La Navarraise</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Feb 2018 05:41:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Décidément, Massenet savait tout faire, ou presque. C’est ce que montre bien le rapprochement, un peu inattendu, opéra par le label Malibran, qui réunit dans un même coffret <em>Grisélidis</em>, féerie médiévale, à mi-chemin entre <em>Cendrillon</em> et <em>Le</em> <em>Jongleur de Notre-Dame</em>, et <em>La Navarraise</em>, téméraire incursion en terres véristes, que l’on ne peut guère rapprocher que de <em>Sapho</em> par son côté naturaliste. Deux œuvres que l’on n’a guère l’occasion de voir sur scène : pour <em>Grisélidis</em>, la dernière exécution française – en concert – remonte à 1992), mais <em>La Navarraise</em>, peut-être aidée par sa fulgurante brièveté (40 minutes à peine), a eu la chance d’être mise en scène en 2011 à Saint-Etienne, et donnée en concert à Paris en 2012.</p>
<p>Ce déséquilibre est d’ailleurs reflété par la discographie. <em>La Navarraise</em> a bénéficié de deux versions de studio parue presque en même temps : l’une, dirigée par Antonio de Almeida (Columbia/CBS, 1975), présentée comme « First Complete Recording », avec une distribution francophone où s’égare Lucia Popp, dans un rôle dont elle n’avait pas tout à fait les graves et dans une langue qu’elle ne maîtrisait pas suffisamment ;  l’autre, conçue autour de Marilyn Horne et dirigée par son époux Henry Lewis (RCA, 1975), où Placido Domingo et Sherrill Milnes s’expriment dans un français assez châtié. Un <em>live </em>a préservé l’écho des représentations données au Teatro Verdi de Sassari en 2001, avec Dania Mazzola dans le rôle-titre. Sur YouTube, on trouve l’écho d’une version de 1963, où Rita Gorr campait l’héroïne, mais assez curieusement entourée, et bien sûr le concert de 2012 avec Karine Deshayes et Roberto Alagna (dont on se demande un peu pourquoi il n’a jamais fait l’objet d’une parution discographique). La version que propose Malibran avait jadis été diffusée par Le Chant du Monde, couplée avec <em>Le Jongleur de Notre-Dame</em>, essentiellement parce qu’<strong>Alain Vanzo</strong> était le protagoniste des deux œuvres : le ténor français force admirablement sa nature et trouve pour Araquil la véhémence qu’exige le personnage. On entend autour de lui tous les piliers des concerts « Radio-Lyrique », un somptueux <strong>Jacques Mars</strong>, un majestueux <strong>Lucien Lovano </strong>et même un <strong>Joseph Peyron </strong>très à sa place. Quant à <strong>Geneviève Moizan</strong>, sa voix la situe idéalement au carrefour des deux tendances observées au disque comme dans les théâtres, où Anita a pu être confiée aussi bien à des contraltos qu’à des sopranos. Cette version se place donc très haut dans la discographie.</p>
<p><em>Grisélidis</em> n’offrait pas jusqu’ici un tel embarras de richesses. Il fallait se contenter de la captation du spectacle donné au festival de Wexford en 1987 (Gala), avec une distribution assez improbable réunissant notamment Sergeï Leiferkus et Günther von Kannen, et d’un écho des concerts donnés à Saint-Etienne lors de la deuxième édition de la Biennale Massenet, avec une distribution entièrement francophone. On pouvait donc espérer que le concert donné en 1959 par la radiodiffusion française viendrait modifier la donne. Hélas, ce n’est pas tout à fait le cas. D’abord, la qualité de la bande laisse un peu à désirer, malgré le travail sans doute accompli dessus : au début, les voix paraissent souvent un peu lointaines, comme nimbées de coton (pour <em>La Navarraise</em>, le son est très clair). L’orchestre pâtit un peu moins de ce problème, et <strong>Gustave Cloëz</strong> avait assez de métier pour ne pas le laisser s’endormir dans une partition qu’il sait diriger avec vivacité ; voir le fameux air du Diable, « Loin de sa femme ». Encore faudrait-il que ladite partition ne soit pas coupée, comme on pouvait s’y attendre : il manque la scène 5 du deuxième acte, et le troisième acte est réduit à trois fois rien, amputé notamment de ses quatre premières scènes, soit au total près d&rsquo;une demi-heure de musique en moins. Enfin, il semble que l’œuvre ait laissé les interprètes un peu perplexe, comme si l’on avait – déjà – perdu, un demi-siècle après sa création, les clefs de ce « conte lyrique » où Massenet s’amuse à entrelacer franc comique, avec le personnage du Diable, et merveilleux chrétien, avec le miracle final. Quant à la distribution, Geneviève Moizan reprend très dignement un rôle créé par Lucienne Bréval, avec toute l&rsquo;ampleur nécessaire, et rend crédible cette héroïne presque trop surhumaine pour nous toucher. La succession de Lucien Fugère paraît en revanche plus difficile à assumer pour <strong>Michel Roux</strong>, qui manque un peu de truculence, et de noirceur dans la voix, même pour un diable bon enfant. <strong>Jean Mollien</strong> n’est guère à son aise dans le rôle d’Alain, qui exige un minimum de vaillance. <strong>Janine </strong>– ou Jean(n)ine – <strong>Collard</strong> est une Fiamina opulente mais peu intelligible, et <strong>Nadine Sautereau</strong> une lumineuse Bertrade. <strong>Claude Genty</strong> est un Marquis sans grande personnalité. Autrement dit, un témoignage, oui, mais pas forcément de quoi écraser la version dirigée par Patrick Fournillier (Koch Schwann).</p>
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		<title>La Lépreuse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-lepreuse-wagnerie-bretonnante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Apr 2017 05:01:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Natif du Tyrol, de père napolitain et de mère autrichienne, Sylvio Lazzari (1857-1944) fut pourtant bien un compositeur français, d’abord parce que ce, installé à Paris à l’âge de 25 ans obtint la nationalité française en 1896, et parce qu’encouragé par Gounod et Chausson, il fit ses études auprès de César Franck et de Guiraud. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Natif du Tyrol, de père napolitain et de mère autrichienne, Sylvio Lazzari (1857-1944) fut pourtant bien un compositeur français, d’abord parce que ce, installé à Paris à l’âge de 25 ans obtint la nationalité française en 1896, et parce qu’encouragé par Gounod et Chausson, il fit ses études auprès de César Franck et de Guiraud. Trois de ses cinq opéras, composés entre 1889 et 1925, sont situés en Bretagne, et son style est typique du wagnérisme français de son temps. Celui qui est considéré comme son chef-d’œuvre, <em>La Lépreuse</em>, terminé en 1901 (et donc avant la création de <em>Pelléas</em>), fut aussitôt « reçu » par Albert Carré, mais le directeur de l’Opéra-Comique exigea d’abord un changement de titre, puis invoqua ensuite divers prétextes pour en différer la création, si bien que l’œuvre ne fut finalement montée qu’en 1912.</p>
<p>Du wagnérisme, oui, mais sans tout l’attirail chevaleresque cher à Vincent d’Indy, veine à laquelle Lazzari avait déjà sacrifié avec <em>Armor</em>, son tout premier opéra. Par son intrigue située dans une vague Bretagne médiévale, qui mêle symbolisme et mysticisme, <em>La Lépreuse</em> serait plus proche de Maeterlinck. Le livret est une œuvre de jeunesse d’Henry Bataille (1872-1922), dramaturge à succès dans les deux premières décennies du XX<sup>e</sup> siècle (Lazzari a également mis en musique plusieurs de ses poèmes, qu’il y aurait urgence à redécouvrir, tant ses qualités de mélodiste ont été vantées par d’éminents musicologues).</p>
<p>Quand <em>La Lépreuse</em> vit enfin le jour en scène, l’Opéra-Comique avait réuni quelques-uns de ses meilleurs chanteurs : Marguerite Carré en Aliette, Léon Beyle en Ervoanik et Marie Delna en Vieille Tilli. Qu’en est-il du concert proposé par la RTF en 1957 ? <strong>Jean Giraudeau</strong>, qu’on a connu ailleurs entaché d’une gouaille parigote un peu trop marquée, se montre ici assez exemplaire : par l’importance du rôle d’Ervoanik, le titre <em>L’Ensorcelé</em>, un temps envisagé, aurait été assez justifié. Même si son nom ne nous dit aujourd’hui plus grand-chose, <strong>Jeanne Ségala</strong> se produisit à l’Opéra de Paris de 1940 à 1960, où elle fut notamment Desdémone aux côtés de l’Othello de Georges Thill ; à Garnier, où on lui confia aussi Aïda, Eva des <em>Maîtres chanteurs</em> ou Thaïs, entre autres. Le rôle d’Aliette est néanmoins assez bref : l’héroïne n’apparaît qu’au milieu du premier acte et, au dernier, on entend seulement sa voix venant des coulisses. Quant à la Vieille Tilli, sa mère, elle n’est présente qu’au deuxième acte. Dans les années 1940,<strong> Suzanne Darbans </strong>fut également membre de la troupe de l’Opéra de Paris et de l’Opéra-Comique, où elle chanta tous les grands rôles de mezzo (des enregistrements nous conservent son interprétation de Taven aux côtés de Martha Angelici ou d’Andrée Esposito). Le reste de la distribution se compose d’autres piliers de la Salle Favart : <strong>Solange Michel</strong>, régulièrement Carmen avant que le chef-d’œuvre de Bizet ne soit « confisqué » par Garnier, ou <strong>Lucien Lovano</strong>, très souvent présent dans ces concerts radiodiffusés.</p>
<p><em>La Lépreuse</em> manque peut-être un peu d’action : le rythme en est lent, les passions ne se déchaînent guère que vers la fin du deuxième acte, et le personnage de la vieille lépreuse qui cherche à communiquer sa maladie au maximum d’individus autour d’elle paraît un peu mélodramatique. On s’avouera donc bien plus séduit par le dramatisme irrésistible de <em>La Tour de feu</em>, ultime opéra de Lazzari, dont est offert en bonus un extrait, hélas coupé de manière particulièrement abrupte, mais d’une qualité de prise de son bien supérieure à la version de 1944 diffusée en intégrale par Malibran. L’orchestre rend ici parfaitement justice aux talents d’orchestrateur du compositeur, et la voix somptueuse de <strong>Micheline Grancher</strong> donne envie d’écouter tous les témoignages laissés par cette artiste. Jean Giraudeau est égal à lui-même, et l’on apprécie surtout l’intervention, hélas plus brève, de <strong>Jean Mollien</strong>. Il doit bien exister quelque part une bande conservant l’intégralité du concert et, s’il la détient, l’INA serait bien inspiré de la rendre accessible…</p>
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