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	<title>Bérénice COLLET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bérénice COLLET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>CAMPO, La Petite Sirène &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/campo-la-petite-sirene-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2025 03:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Perdre sa voix, c&#8217;est perdre son identité. Régis Campo aurait pu centrer sa version de la Petite Sirène autour de l&#8217;injustice, de la trahison, de la quête métaphysique*. Il choisit de resserrer l&#8217;action autour d&#8217;une problématique ontologique que l&#8217;opéra de Toulon accueille après une large tournée en région Paca. Dans son compte-rendu de la Première &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Perdre sa voix, c&rsquo;est perdre son identité. <strong>Régis Campo</strong> aurait pu centrer sa version de <em>la Petite Sirène</em> autour de l&rsquo;injustice, de la trahison, de la quête métaphysique*. Il choisit de resserrer l&rsquo;action autour d&rsquo;une problématique ontologique que <strong>l&rsquo;opéra de Toulon</strong> accueille après une large tournée en région Paca.</p>
<p>Dans son compte-rendu de la Première niçoise, en mars 2024,<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/campo-la-petite-sirene-nice"> Julian Lembke</a> soulignait combien, au fil de ses créations, sous la diversité des esthétiques, le compositeur revenait toujours à un même « malaise face au monde&#8230; un huis clos [récurrent] où l’homme lutte avec (ou contre) ce qu’il est. ».<br />
Lauréat des Victoires de la Musique Classique 2025 pour <em>Dancefloor With Pulsing</em>, l&rsquo;artiste marseillais commet ici à la fois livret et partition. Sa réécriture du conte s&rsquo;avère d&rsquo;une remarquable justesse et Bérénice Collet l&rsquo;a encore enrichi de deux courtes scènes contemporaines qui encadrent le récit d&rsquo;Hans Christian Andersen en une parfaite mise en abyme : une adolescente d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, par le biais du rêve, expérimente le risque d&rsquo;un choix délétère. Il s&rsquo;agit de suivre un potentiel prédateur, certes, mais surtout de s&rsquo;exposer au danger de tout sacrifier, de s&rsquo;oublier dans l&rsquo;espoir d&rsquo;une vie meilleure.</p>
<p>Outre la modernisation du propos, l&rsquo;actualisation partielle de l&rsquo;action présente également l&rsquo;avantage de teinter d&rsquo;espoir une fable fort sombre. Aspirant à l&rsquo;Ailleurs, se sentant incomprises, les deux jeunes filles s&rsquo;apprêtent à commettre l&rsquo;irréparable au prix d&rsquo;une mutilation irréversible, réelle ou symbolique. L&rsquo;éclairage du conte rêvé permet finalement à notre moderne Ondine d&rsquo;arbitrer différemment et d&rsquo;échapper au pire. Vertu pédagogique du mythe, accentuée par l&rsquo;omniprésence de l&rsquo;eau, élément idéal pour dire l&rsquo;accès à l&rsquo;inconscient.</p>
<p><strong>Bérénice Collet</strong> et <strong>Christophe Ouvrard</strong> transforment habilement la chambre de l&rsquo;adolescente en monde sous-marin par des truchements variés : Les lampes sont autant de bulles d&rsquo;air, l&rsquo;armoire centrale se fait conque ; elle s&rsquo;ouvre pour laisser passage aux figures d&rsquo;autorité. Elle devient tableau animé lorsqu&rsquo;elle se pare de coraux en papiers découpés et d&rsquo;une maquette de bateau pour simuler un naufrage. Les vidéos de <strong>Christophe Waksmann</strong> participent naturellement à l&rsquo;effet aquatique tout comme la gestuelle ondulante adoptée par les interprètes féminines. Corsages blancs ajourés et longues jupes aux teintes irisées, les costumes de Christophe Ouvrard &#8211; sublimes &#8211; flattent les silhouettes Belle Epoque.</p>
<p>Avec la même créativité que dans le matériau visuel, tant dans le livret que la musique, Régis Campo exploite tous les possibles de la voix parlée jusqu&rsquo;au chanté, utilise avec créativité l&rsquo;instrumentarium à sa disposition. Cordes, flûte, clarinette, percussion, harpe et synthétiseur convoquent autant<em> le Vaisseau Fantôme</em> que la pop musique, sans oublier « l&rsquo;aquarium » du <em>Carnaval des animaux</em>.<br />
L&rsquo;aquatique transparaît naturellement de manière inventive depuis les glissando, jusqu&rsquo;au diapré des arpèges en passant par les thèmes récurrents accompagnant les émotions des personnages.</p>
<p>Le rythme général du spectacle &#8211; français non surtitré &#8211; est d&rsquo;une formidable fluidité. Sans peser jamais, chaque situation est parfaitement dessinée. Voilà qui s&rsquo;avère idéal dans le cadre d&rsquo;un spectacle jeune public, ce que prouve d&rsquo;ailleurs la qualité d&rsquo;écoute remarquable des jeunes spectateurs.</p>
<p><strong>Jane Latron</strong> à la tête de l&rsquo;<strong>orchestre de l’Opéra de Toulon</strong> installe les atmosphères en quelques coups de pinceaux avec de jolis contrastes, des couleurs variées aux incandescences gourmandes.</p>
<p>Comme dans la version de l&rsquo;écrivain danois, ici se mêlent tragique et grotesque : la langue de la petite sirène est si longue qu&rsquo;il est bien difficile de la couper, la sorcière est un crabe retors&#8230; Le personnage du prince est bien falot, assez vulgaire même dans sa gloutonnerie. La petite sirène devrait s&rsquo;horrifier de le voir dévorer goulûment un plateau de fruit de mer, mais, asservie à sa passion, s&rsquo;obstine dans son amour aveugle et non-réciproque. <strong>Sebastian Monti</strong> porte fort bien le rôle assez court qui lui est dévolu, tout comme <strong>Marion Vergez-Pascal</strong> &#8211; timbre fruité et une belle présence – en sœur aînée compatissante.</p>
<p><strong>Marion Lebègue</strong> prend en charge deux rôles clefs où s&rsquo;imposent pareillement son autorité vocale, ses graves larges et pleins, sa diction précise. Elle s&rsquo;amuse à nuancer ses couleurs entre une grand-mère plus ronde et les accents grinçants de la sorcière, machiavélique à souhait.</p>
<p>Enfin, <strong>Clara Barbier-Serrano</strong> campe une merveilleuse petite sirène à l&rsquo;émission naturelle, au timbre ductile du parlando jusqu&rsquo;aux vocalises et sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ambitus. Comédienne délicate et sensible, elle se révèle bouleversante lorsqu&rsquo;elle tente d&rsquo;apprendre à marcher ou accepte de se dissoudre, simple écume sur la mer.</p>
<p>Vous pourrez encore applaudir ce très beau spectacle à Charleroi en décembre puis à Aix-en-Provence au printemps prochain.</p>
<pre>*dans le conte d'Andersen, la Petite Sirène aspire avant tout à une âme immortelle</pre>
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		<item>
		<title>MENOTTI, The Consul — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-consul-paris-athenee-sharpless-et-lhirondelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2014 07:20:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que Gian Carlo Menotti ait pu plaire dans l’immédiat après-guerre, cela peut se comprendre, et il est indéniable qu’il avait trouvé, pour Le Consul, un sujet d’une actualité brûlante, et qui n’a hélas jamais cessé de l’être. En dehors de cette excellente idée d’une tragédie ordinaire en pays totalitaire, quelles qualités cet opéra peut-il mettre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Que Gian Carlo Menotti ait pu plaire dans l’immédiat après-guerre, cela peut se comprendre, et il est indéniable qu’il avait trouvé, pour <em>Le Consul</em>, un sujet d’une actualité brûlante, et qui n’a hélas jamais cessé de l’être. En dehors de cette excellente idée d’une tragédie ordinaire en pays totalitaire, quelles qualités cet opéra peut-il mettre en avant pour justifier son maintien au répertoire ? Le livret est répétitif, bavard, hésitant entre caricature, grandiloquence et banalité, et la partition se contente de réchauffer – de tiédir ? – les vieilles recettes héritées tout droit de Puccini. L’héroïne s’appelle Magda, comme dans <em>La Rondine</em>, et elle a des démêlés avec un consul qui, contrairement au Sharpless de <em>Madame Butterfly</em>, reste obstinément invisible. Et bien sûr, quand la « Femme étrangère » intervient, elle qui ne parle qu’italien, ses interventions semblent tout droit sorties de <em>La Bohème</em> ou de <em>Turandot</em>, à cela près que l’orchestration de Menotti est d’une insigne pauvreté. Quel manque d’imagination dans l’alliance des instruments ! Quelle timidité dans les rythmes, à une époque où Bernstein se montrait tellement plus novateur ! Tout cela est terriblement prévisible, avec des couleurs rendues familières par la musique de cinéma depuis les années 1930. Enfin, peut-être faudrait-il pour mieux en juger, l’entendre interpréter par une autre formation que <strong>l’orchestre Pasdeloup</strong> qui ne semblait pas être au mieux de sa forme pour cette première représentation parisienne d’un spectacle créé ce printemps à Herblay (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/les-frontieres-de-la-mort">voir compte rendu</a>). Le chef <strong>Iñaki Encina Oyón</strong> croit en cette partition qu’il juge envoûtante dans ses meilleurs moments, non sans avouer que l’orchestration « se fait des plus sommaires » lorsque Menotti se montre avant tout soucieux de faire avancer l’action. Les vents écrasent complètement les cordes qui sont, elles, un peu fâchées avec la justesse, et tout ce beau monde joue fort, trop fort, obligeant les chanteurs à forcer à leur tour.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="310" src="/sites/default/files/styles/large/public/p149507_13.jpg?itok=iXHvON-s" title="© TRBH Herblay" width="468" /><br />
	© TRBH Herblay</p>
<p>Les voix sont donc mises à l’épreuve par la nécessité de franchir le barrage sonore se dressant entre la salle et elles, ce qui ne contribue guère à conférer à cette musique le raffinement dont elle n’est déjà que trop avare. La Franco-américaine <strong>Valérie MacCarthy</strong> possède une belle voix de soprano dramatique qu’on attendra de réentendre dans des conditions plus favorables. A ses côtés, on applaudit surtout la délicieuse Secrétaire de <strong>Béatrice Dupuy</strong>, très en voix et scéniquement irréprochable, capable de rendre humain et presque sympathique son personnage de robot au service d’une administration implacable. On a peine à croire que <strong>Joëlle Fleury </strong>ait pu un jour chanter Violetta ou Pamina, tant son timbre paraît surtout s’épanouir dans le registre le plus grave. Curieusement, on a confié à la Canadienne anglophone <strong>Andrea Hill </strong>le soin d&rsquo;interpréter la chanson en français sur laquelle s&rsquo;ouvre l&rsquo;opéra, alors que le reste de la distribution, majoritairement francophone, chante en anglais. Leurs partenaires masculins marquent moins le spectateur : <strong>Artavazd Sargsyan</strong> est un aimable Magicien (mais quelle idée saugrenue d’avoir donné un rôle aussi développé à un personnage qui n’est là que pour détendre l’atmosphère !). Heureusement, les ensembles, où Menotti se montre un peu plus inspiré, permettent aux voix de s’unir de façon convaincante et sans toujours avoir à se battre contre l’orchestre.</p>
<p>Quant à la mise en scène de <strong>Bérénice Collet</strong>, on comprend au bout de quelques instants qu’elle a choisi de ne pas situer l’action à une époque précise : si les meubles, chez les Sorel, s’inscrivent clairement dans les années 1950 – ah, la table en formica jaune ! –, les costumes sont plus proches de nous et insistent plutôt sur le caractère toujours d’actualité du sujet. Pour éviter une trop grande monotonie, la disposition de la salle de réception du consulat change à chaque nouvelle apparition, et des projections vidéo assez réussies viennent animer le fond du décor, notamment lors des scènes oniriques (on aurait aimé qu’elles soient même présentes dès le début de la soirée). Le spectacle oscille entre désespoir et humour, comme l’œuvre de Menotti, et lorsqu’on assiste à la grande scène du magicien ou au bal final, on se demande s’il n’aurait pas dû se satisfaire du titre de compositeur d’opéra-bouffe que lui avaient valu ses premières créations lyriques.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>MENOTTI, The Consul — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-frontieres-de-la-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2014 07:55:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1950, Menotti  a déjà composé des opéras de poche, comme Le Médium (1946), ou Le Téléphone (1947), mais pas encore de « grand » opéra. Le Consul va donc assurer sa notoriété, d’autant que l’œuvre est couronnée aussitôt du New York Drama Circle Critics’ Award et surtout du prix Pulitzer. L’attribution de ce dernier, alors que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1950, Menotti  a déjà composé des opéras de poche, comme <em>Le Médium</em> (1946), ou <em>Le Téléphone</em> (1947), mais pas encore de « grand » opéra. <em>Le Consul</em> va donc assurer sa notoriété, d’autant que l’œuvre est couronnée aussitôt du New York Drama Circle Critics’ Award et surtout du prix Pulitzer. L’attribution de ce dernier, alors que le <em>Herald Tribune</em> souligne l’actualité du propos, n’est certes pas innocente. Car si Menotti semble participer, en cette période de guerre froide et de maccarthysme, de la paranoïa qui s’empare alors de la société américaine face au communisme, il voulait surtout condamner par son opéra toute négation de la liberté, pour soutenir les malheureux opprimés symbolisés par le couple Sorel : Magda Sorel, dont le mari est un dissident politique en fuite, cherche à quitter le pays mais se heurte à une bureaucratie parfaitement organisée pour bloquer toute velléité libertaire ; elle perd successivement son fils, sa belle-mère, et finit par se suicider pour essayer de sauver son mari.</p>
<p>C’est à partir d’événements de l’actualité que Menotti écrit le livret du <em>Consul</em>. Il avait été frappé par l’histoire d’un groupe de 25 réfugiés coincés sans passeports pendant une semaine sur un pont entre l’Autriche et la Hongrie, aucun des deux pays ne voulant d’eux. Il en avait même tiré un scénario cinématographique que la MGM refusa, le trouvant trop pénible. Un peu plus tard, ce fut le suicide sur Ellis Island d’une émigrante polonaise à qui les États-Unis avaient refusé un visa ; les raisons en étaient familiales, mais c’est le moment où les États-Unis interdisent l’entrée à quiconque aurait eu des convictions politiques allant à l’encontre de l’ordre américain établi. Menotti rencontra aussi lors d’un voyage une émigrante italienne fort agitée qu’il intégra dans <em>Le Consul</em>…</p>
<p>Le poids politique et humain de la bureaucratie, la puissance des « petits chefs », la déshumanisation des grandes administrations, l’impuissance des petites gens à y faire face, ainsi que toutes les résistances, tout cela n’est guère nouveau : <em>Le Revizor</em> (1836) et <em>Le Manteau</em> (1843) de Gogol, <em>Le Procès</em> de Kafka (1925), <em>La Peste</em> de Camus (1947) et l’œuvre de Sartre, alors conforme aux pensées de la gauche anti-bureaucratique, en constituent quelques unes des illustrations. Et ce thème est certes toujours d’actualité aujourd’hui. Au point de passionner nos contemporains ? Peut-être pas, car il nous est difficile de comprendre nettement les intentions de la metteuse en scène qui voulait, en transposant l’œuvre dans un avenir incertain, condamner « <em>notre aliénation à un fonctionnement du monde qui nous contraint et nous conditionne</em> ».</p>
<p>Mais la qualité du spectacle est telle que chacun ne peut que se sentir concerné. Cette réussite est due à une équipe artistique parfaitement rodée, la même qui avait triomphé à Herblay dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/vanessa-herblay-cris-et-chuchotements">Vanessa</a> de Samuel Barber en 2012. La metteuse en scène <strong>Bérénice Collet</strong> aurait pu privilégier le style du film noir des années 50. Elle lui a préféré une réalisation onirique et torturée dont le climat oppressant  s’adapte parfaitement aux situations, même si ses intentions louables et généreuses, qu’elle a souvent du mal à synthétiser, demeurent obscures au plus grand nombre. En revanche, elle a de très grandes qualités de direction d’acteurs et de mise en espace de l’action, qui font qu’il n’est pas une scène qui ne soit parfaitement construite et équilibrée, et qui ne parvienne ainsi à toucher le public.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/consul_herblay_fo_3.jpg?itok=A9I6qW-f" style="height:293px;width:468px" title="© TRBH Herblay" /><br />
	© TRBH Herblay</p>
<p>La scénographie de <strong>Christophe Ouvrard</strong>, savamment éclairée par <strong>Alexandre Ursini</strong>, montre une fois de plus son efficacité, mais ce sont les compléments de décors-vidéo de <strong>Christophe Waksmann</strong> qui lui apportent un important poids de rêve supplémentaire. Car l’exceptionnelle qualité de ces vidéos, projetées sur un immense pan de mur – si besoin transparent –, est tout particulièrement à souligner. Bancs de brume, effets nuageux, feuilles de papier qui volent au vent, éclatement sanguin, chutes de pierres et de branches, tables et chaises volantes, ronde des pendules affolées, démultiplication de Magda, tout se met au service de cette chronique d’une folie annoncée. A l’opposé d’un Bill Viola qui, dans le <em>Tristan</em> de Bastille, faisait œuvre hyper-personnelle, Christophe Waksmann reste beaucoup plus modeste, et crée des éléments qui, sans jamais paraphraser l’action, viennent la sous-tendre ou l’illustrer de manière impressionnante : une grande réussite.</p>
<p><strong>Iñaki Encina Oyón</strong>, chef talentueux, fait merveille à la tête de l’orchestre Pasdeloup ; non seulement il maîtrise les grandes envolées lyriques quasi cinématographiques où Puccini, Moussorgski, Poulenc ou Herrmann ne sont jamais loin, mais il sait aussi respecter les rares moments d’humour et de calme, assurant aux chanteurs une sécurité rassurante. Comme il le précise, ceux-ci doivent assurer « <em>de grands airs, comme celui de Magda, qui conclut le deuxième acte de manière magistrale, ou la douce berceuse que la Mère chante à son petit-fils, et des ensembles maîtrisés comme le magnifique trio des protagonistes du premier acte ou le quintette des hommes et des femmes qui attendent au consulat.</em> »</p>
<p>Le plateau est à la hauteur de cette réussite scénique et musicale. S’y distinguent tout particulièrement <strong>Valérie MacCarthy</strong>, impressionnante Magda Sorel, déchirante et torturée, dont les accents tragiques culminent dans l’air « To this we’ve come » ; <strong>Joëlle Fleury</strong>, qui donne à la mère l’expression douloureuse de ceux qui ont déjà compris par avance la marche inexorable du destin ; et <strong>Béatrice Dupuy</strong> qui interprète parfaitement cette secrétaire consulaire modèle dont la rigueur artificielle finit néanmoins par connaître quelques failles passagères. Les autres personnages, fuyard poursuivi, police omniprésente et inexorable, Italienne volubile, prestidigitateur décalé, sont tous campés avec art et justesse.</p>
<p>Ne pas manquer de consulter <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.herblay.fr/fileadmin/herblay/MEDIA/Publications/Dossiers_de_Presse/Dossier_p%C3%A9dagogique_Le_Consul.pdf">le remarquable dossier pédagogique</a> réalisé à l’occasion de cette production.<br />
Prochaines représentations au théâtre Roger Barat d’Herblay le 5 juin 2014, et au théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet les 8, 10, 11 et 12 octobre 2014.</p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>MASCAGNI, Zanetto — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perle-et-les-malfrats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2013 21:47:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Le rideau s’entrouvre, la diva vient saluer sous les vivats. On lui apporte un bouquet de fleurs qu’elle accepte placidement – l’habitude… On la retrouve aussitôt dans sa loge : que pensez-vous qu’elle fasse en premier ? Elle retire ses chaussures et se masse les pieds. Et puis c’est la solitude, pesante. Toutes les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Le rideau s’entrouvre, la diva vient saluer sous les vivats. On lui apporte un bouquet de fleurs qu’elle accepte placidement – l’habitude… On la retrouve aussitôt dans sa loge : que pensez-vous qu’elle fasse en premier ? Elle retire ses chaussures et se masse les pieds. Et puis c’est la solitude, pesante. Toutes les conditions sont remplies pour une bluette douce-amère, aussitôt avortée. La transposition de<em> Zanetto</em>, perle rare amoureusement concoctée par Mascagni en 1896 d’après <em>Le Passant</em> de François Coppée, est habile : on passe de la demi mondaine richissime qui rencontre un musicien vagabond à cette cantatrice adulée qu’un guitariste des rues croise dans les coulisses d’un théâtre. Le côté nostalgique et l’évolution des sentiments sont parfaitement rendus par deux jeunes cantatrices, fort bien dirigées par <strong>Bérénice Collet</strong>. La belle voix chaude, la musicalité et l’expressivité de <strong>Mariam Sarkissian</strong> font merveille dans le rôle de Zanetto, tandis que le métier et les qualités vocales de <strong>Maria Virginia Savastano</strong> rendent totalement plausible le personnage de Silvia, la cantatrice hésitante et torturée qu’elle incarne. L’<strong>orchestre OstinatO</strong>, aux riches sonorités, et un excellent petit chœur de solistes trouvent sous la baguette inspirée de<strong> Iñaki Encina Oyón </strong>les tonalités les plus justes pour rendre l’atmosphère tout en finesse du « <em>baume suave et inconnu</em> » de cette brève rencontre.</p>
<p>			Malheureusement, avec <em>Abu Hassan</em>, on n’est pas au même niveau, peut-être parce que l’œuvre est mieux connue et que des repères sont plus présents à l’esprit : la turquerie, l’exotisme et la démesure comique, le plus souvent réjouissants. L’idée de départ de Bérénice Collet paraît pourtant intéressante : elle consiste à transposer l’action aujourd’hui, devant une petite maison particulière américaine, sur fond de crises financières à répétition et de malfrats en tous genres. Le décor de <strong>Christophe Ouvrard</strong>, réaliste à souhait, transporte le spectateur dans un monde proche du sien et pourtant décalé. Le pacha (alias le président You know Who) et son épouse, ainsi qu’un reporter TV, commentent l’action. L’œuvre est chantée, comme <em>Zanetto</em>, en version originale, mais les dialogues parlés sont en français, et le résultat paraît globalement brouillon. Car malgré les efforts méritoires et appréciables des chanteurs, et quelques moment divertissants, ce n’est pas du très bon théâtre, c’est un peu enfantin, trop long, trop lent, ça manque de rythme, et surtout c’est trop en décalage avec la musique pétillante de Weber. Quant au retournement final (Omar tue à la kalachnikov Abu Hassan et Fatime), c’est tout simplement un contresens.<br />
			  <br />
			Mais le domaine parlé n’est pas seul en cause. Les qualités vocales et scéniques des interprètes sont souvent également inabouties, encore en devenir. <strong>Sami Victor Dahhani </strong>a le physique, la voix et l’abattage du personnage principal, mais semble avoir du mal à le construire, avec de plus quelques notes hasardeuses et un souffle parfois court. <strong>Nika Guliashvili </strong>campe un Omar particulièrement plausible, mais encore insuffisamment assuré vocalement. <strong>Claudia Galli </strong>(Fatime) tire mieux son épingle du jeu, malgré des poses stéréotypées et un jeu sans nuances : elle chante bien dans le style de Weber, et nous offre quelques beaux moments. L’orchestre, quant à lui, est soudain devenu – avec le même chef – plus lourd, comme s’il peinait à suivre un rythme scénique incertain. Bref, une production encore en grande partie inaboutie, qui aurait mérité d’être plus longuement rodée.</p>
<p>			 </p>
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		<title>BARBER, Vanessa — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vanessa-herblay-cris-et-chuchotements/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 May 2012 12:03:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Vanessa va-t-il sortir du purgatoire ? Il est étonnant d’avoir attendu aussi longtemps pour créer en Île de France – pour ne pas dire à Paris où cette production devrait absolument être présentée – un opéra déjà si rarement donné (création française à l’opéra de Metz en 2000, et joué à l’opéra national du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
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<p>			<em>Vanessa</em> va-t-il sortir du purgatoire ? Il est étonnant d’avoir attendu aussi longtemps pour créer en Île de France – pour ne pas dire à Paris où cette production devrait absolument être présentée – un opéra déjà si rarement donné (création française à l’opéra de Metz en 2000, et joué à l’opéra national du Rhin en 2003).<br />
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<p>			« <em>C&rsquo;est l&rsquo;histoire de deux femmes, Vanessa et Erika, prises dans le dilemme central qui se pose a chaque être humain : se battre pour ses idéaux au point de se couper de la réalité ou trouver un compromis avec ce que la vie a à offrir, même en se mentant a soi-même par simple amour de la vie. Comme un morose chœur grec, une troisième femme (la grand-mère) condamne par son silence obstiné le premier refus de Vanessa, puis celui d&rsquo;Erika, a accepter l&rsquo;amère vérité que la vie n&rsquo;offre pas d&rsquo;autre solution que sa propre lutte intérieure. Lorsque Vanessa, dans son empressement final à embrasser la vie, réalise cette vérité, il est peut-être trop tard.</em> » Ainsi Menotti présente-t-il sa propre vision de l’œuvre dans la préface de l’opéra. On se rend compte en lisant ce texte du poids fondamental de ces trois femmes qui, comme la mère, la tante et la servante qui entouraient Barber dans son enfance, remplaçant un père médecin trop absent, coulent sur toute la maisonnée une chape dont elles-mêmes ont bien du mal à s’extraire.</p>
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<p>			Les hommes, face à elles, n’ont pas un rôle très valorisant : un jeune homme qui hésite à se déterminer, un médecin qui se demande pourquoi il a embrassé cette carrière, un pasteur et des domestiques peu impliqués. Et tout ce petit monde s’agite dans un univers clos où les échanges verbaux alternent avec les silences criant des non dits. La maison étouffante, le froid extérieur, le lac tout proche, l’égoïsme et l’inconscience des uns, l’incommunicabilité et le mutisme des autres, on ne peut s’empêcher de penser au film d’Ingmar Bergman, <em>Cris et chuchotements</em> (1972), qui fut tourné dans un manoir de Mariefred donnant sur le lac Mälar (Suède). La nature, belle mais froide et sévère, y est tout aussi prégnante que l’intérieur étouffant de la maison, entièrement repeint en rouge sombre, où quatre femmes – dont une est en train de mourir – abordent les thèmes essentiels de la vie, espacés des visites sporadiques du médecin. Mais il y a Ingrid Thulin et Liv Ullmann…<br />
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<p>			C’est peut-être là que se situe le seul déséquilibre de cette belle représentation : alors que vocalement, on ne peut rien reprocher à <strong>Yun Jung Choi</strong> (Vanessa), on ne peut pas dire qu’elle soit le personnage : elle a de la présence, mais elle reste trop monolithique, et n’exprime guère les contradictions du rôle. Il eut fallu plus de distanciation. Il est vrai qu’à sa décharge, le rôle a été tellement marqué par Eleanor Steber qu’on a encore du mal, cinquante ans après, à imaginer Vanessa autrement qu’en femme d’une bonne quarantaine d’années. Face à elle, l’Erika de <strong>Diana Axentii</strong> est plus convaincante tant vocalement qu’au niveau de son expression. Quant à <strong>Hélène Delavault</strong>, elle est tout simplement magnifique de présence aussi bien vocale que muette. Son retour dans le mutisme, au dernier acte, est un grand moment de théâtre. <strong>Thorbjorn Gulbrandsoy</strong> (Anatol), a une jolie voix entre ténor et baryton Martin, dont il use très musicalement, avec retenue. <strong>Jacques Bona</strong> donne une interprétation très humaine du docteur et de ses interrogations existentielles, tout en le chantant fort joliment. <strong>Aurélien Pernay</strong> (Nicholas), a également une belle présence vocale et scénique. Tous les acteurs et figurants qui complètent la distribution sont parfaits.<br />
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<p>			Après le plateau, le deuxième point fort de la soirée est l’Orchestre-Atelier OstinatO que, l’on n’avait jamais entendu dans une forme aussi éblouissante. Il faut dire que la direction du jeune chef <strong>Iñaki Encina Oyón </strong>est d’une rare qualité, qui mêle précision de la battue à une constante attention tournée vers les chanteurs et vers l’équilibre entre la fosse, les solistes et les chœurs, dont le meilleur exemple est le beau quintette avec ses entrées successives. Enfin, troisième point fort, le travail scénique, qui repose sur les magnifiques décors et costumes de <strong>Christophe Ouvrard</strong>, les lumières particulièrement soignées d’<strong>Alexandre Ursini</strong>, et bien sûr la mise en scène inventive et parfaitement en situation de <strong>Bérénice Collet</strong>, dont on apprécie tout particulièrement la direction d’acteurs. Et l’on retiendra notamment la scène finale qui voit la maison tout entière se refermer sur Erika. Du bien beau théâtre.</p>
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<p>			Note : ne manquez pas de consulter le remarquable dossier pédagogique PDF préparé par le service de l’action culturelle de la Ville d’Herblay avec l’aide de plusieurs musicologues et spécialistes, et qui ne s’adresse pas qu’aux élèves, en tapant sur votre moteur de recherche « Vanessa dossier pédagogique ».</p>
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