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	<title>Dominique COTÉ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Dominique COTÉ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>La Société Anonyme des Messieurs Prudents</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-societe-anonyme-des-messieurs-prudents-sourire-aux-levres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jul 2017 05:26:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Poursuivant son exploration des œuvres musicales sur des textes de Sacha Guitry, après L’Amour masqué paru en 2014, l’Orchestre région Avignon-Provence propose cette fois La S.A.D.M.P. Après un livre-disque édité chez Actes Sud, c’est le label Klarthe qui publie ce nouvel enregistrement. Et si le premier enregistrement pouvait souffrir de la comparaison avec les extraits &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Poursuivant son exploration des œuvres musicales sur des textes de Sacha Guitry, après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/cest-pas-degoutant-mais-tres-necessaire"><em>L’Amour masqué </em>paru en 2014</a>, l’Orchestre région Avignon-Provence propose cette fois <em>La S.A.D.M.P.</em> Après un livre-disque édité chez Actes Sud, c’est le label Klarthe qui publie ce nouvel enregistrement. Et si le premier enregistrement pouvait souffrir de la comparaison avec les extraits gravés par les artistes de la création, le grand Sacha en personne et son épouse d’alors, Yvonne Printemps, le danger de ce genre est moindre avec <em>La Socité Anonyme des Messieurs Prudents</em> : « Sourire aux lèvres » et « l’air des cartes de visite » ont été gravés par sa créatrice, mais sont nettement moins populaires. Et si la réputation de Messager n’est plus à faire, Louis Beydts mérite d’être défendu et tiré du relatif oubli dont il pâtit encore.</p>
<p>Après une première opérette créée en mars 1931, <em>Moineau</em>, sur un livret de Wolff et Duvernois, le Bordelais Beydts livrait six mois plus tard sa deuxième œuvre scénique avec <em>La S.A.D.M.P.</em> Fidèle à ses principes, Sacha Guitry y tenait un rôle parlé (mais chantable si l’on dispose d’un interprète ayant la voix nécessaire), alors que l’œuvre est chantée d’un bout à l’autre, ce qui fait qu’elle n’est ni une opérette, ni un opéra-comique, mais une véritable comédie en musique, un opéra-bouffe selon ce qui figurait sur l’affiche de la création. Après ce premier succès, le tandem Guitry-Beydts ne s’arrêtera pas là, mais aucune de leurs autres collaborations ne connaîtra plus le même succès. Même s’il reste compositeur, Louis Beydts s’illustre aussi dans l’ombre, comme adaptateur pour le film réalisé par Abel Gance d’après <em>Louis</em>e de Gustave Charpentier, ou comme directeur artistique du fameux <em>Pelléas et Mélisande</em> enregistré par Roger Désormière. Heureusement, les sopranos coloratures interprètent encore parfois ses <em>Chansons pour les oiseaux</em>, créés par Janine Micheau en 1948.</p>
<p>Ces derniers temps, on a pu voir <em>La S.A.D.M.P. </em>à Paris, fin 2006, associée par Les Brigands à <em>Chonchette </em>de Claude Terrasse, ou à Tours en mars 2016, couplée avec l’excellent <em>Trouble in Tahiti</em> de Leonard Bernstein. Après la version de concert donnée à Avignon le 27 mars 2015, il aura fallu attendre deux ans pour que le disque sorte enfin (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/soutenez-la-sadmp">le projet de livre-disque</a> semble entre-temps être passé à la trappe). L’absence de dialogues parlés est ici un avantage pour les chanteurs, et la réussite de cet enregistrement mérite d’être saluée.</p>
<p>Plus canaille que coquette,<strong> Isabelle Druet </strong>est « Elle », alias Germaine, sans chercher le moins du monde à être Yvonne Printemps. Son excellente diction et les couleurs sensuelles de son timbre de mezzo contribuent grandement à cette incarnation. Et pour ce rôle-là, contrairement à celui de l’héroïne de <em>L’Amour masqué</em>, le chant compte au moins autant que le théâtre. Assez inattendu dans ce répertoire, <strong>Mathias Vidal </strong>s’amuse à camper le « gros commerçant », avec notamment l’air où il répète à l’envi qu’il a dit « Je m’en fous ». <strong>Jérôme Billy</strong> reprend le rôle que Guitry s’était destiné, et même si sa voix semble fort légère, on ne se plaindra pas qu’il chante au lieu de déclamer. <strong>Dominique Coté</strong>, dont on avait pu apprécier la <em>vis comica</em> dans les quatre opéras de Germaine Tailleferre à Limoges, est un amusant « grand industriel ». Peut-être aurait-il fallu, pour que les voix graves se distinguent mieux, dans le rôle du baron une basse plus profonde que <strong>Thomas Dolié</strong>, dont on se réjouit néanmoins qu’il n’ait pas les 80 ans du personnage : à l’écoute, il n’est pas toujours facile de déterminer qui chante quoi (mais le livret de l’œuvre est accessible sur le site de Klarthe ou sur celui de l’orchestre).</p>
<p>En 2006, Les Brigands avaient proposé une réduction de la partition pour cinq instruments : <strong>Samuel Jean</strong>, à la tête de l’Orchestre d’Avignon, rend à cette musique la variété de ses couleurs, ce qui est fort heureux. Et le disque propose même en bonus <em>Hue !</em>, 2 minutes et 40 secondes pour orchestre seul que Louis Beydts a tirées du prologue et de l’épilogue écrits pour <em>Sur le siège</em>, la première des <em>Six Pièces</em> données le 3 novembre 1931 (<em>La S.A.D.M.P. </em>était la dernière des six). Et l&rsquo;on attend maintenant avec impatience <em>Oh mon bel inconnu</em>, troisième volet prévu pour cette trilogie, que l&rsquo;on espère pouvoir également écouter sourire aux lèvres&#8230;</p>
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		<title>L&#039;Affaire Tailleferre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/laffaire-tailleferre-pour-un-jugement-plus-clair/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Jan 2016 06:17:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Visionner le DVD d’un spectacle après l’avoir vu sur scène est toujours une expérience curieuse. Cette Affaire Tailleferre avait été, sur le plan de l’originalité, le couronnement de la saison lyrique 2014-15 à Limoges. Un an après, Germaine Tailleferre fait son entrée dans le monde du DVD grâce à la captation de la production limousine, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Visionner le DVD d’un spectacle après l’avoir vu sur scène est toujours une expérience curieuse. Cette <em>Affaire Tailleferre</em> avait été, sur le plan de l’originalité, le couronnement de la saison lyrique 2014-15 <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/laffaire-tailleferre-limoges-bon-accord-mauvais-proces">à Limoges</a>. Un an après, Germaine Tailleferre fait son entrée dans le monde du DVD grâce à la captation de la production limousine, d’autant plus inattendue que sa <em>Petite histoire lyrique de l’art français, du style galant au style méchant</em> était à l’origine une commande de la RTF, exclusivement destinée à être entendue par les auditeurs de la radio. C&rsquo;est avant tout l&rsquo;occasion de porter sur ce spectacle en forme de quadruple procès un jugement plus clair.</p>
<p>Premier atout du DVD : tous sont désormais parfaitement audibles, quelles qu’aient pu être les déficiences des uns ou des autres en termes de volume sonore. Deuxième atout : par des gros plans qui se fixent sur les principaux protagonistes, la caméra rend plus facile à suivre un spectacle dont la première partie prenait le risque de franchement dérouter par l’agitation régnant sur le plateau grâce à une troupe de dix figurants-danseurs censés représenter tout le personnel d’un tribunal déjanté. <strong>Marie-Eve Signeyrole</strong> avait en effet pris le parti, pour unifier ces quatre mini-opéras, d’en faire quatre drames judiciaires, avec juge suspendue dans les airs, avocats, greffiers et jurés grimés comme des clowns, la salle d’audience se transformant en même temps en cirque un peu foutraque. On reste impressionné par le décor virevoltant et très « Pierre-André-Weitzien » de <strong>Fabien Teigné</strong>, dont l’utilisation rappelle un peu la magie d’<em>Owen Wingrave </em>à Nancy, et l’on peut admirer de plus près les costumes inventifs signés de la metteuse en scène elle-même.</p>
<p>Nouvelle et surprenante étape dans le parcours de<strong> Christophe Rousset</strong>, cette production montre que le chef et claveciniste est décidément à l’aise dans les esthétiques les plus diverses : aussi bien dans ce qu’il appelle un « XVIII<sup>e</sup> siècle de fantaisie, un peu fourre-tout » de <em>La Fille d’opéra</em> que dans un faux Offenbach plus vrai que nature, ces pastiches relevant toujours du clin d’œil.</p>
<p>A la distribution vocale, le Québec a largement contribué. La soprano <strong>Kimy McLaren </strong>est bien connue en France, où se déroule une grande partie de sa carrière ; un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/amours-vecues-la-melodie-en-formule-1">disque récent</a> a contribué à nous rendre son art plus familier encore. Elle hérite ici de deux grands rôles, où son opulence vocale fait merveille. Parmi ses compatriotes, on dénombre le ténor <strong>Jean-Michel Richer</strong>, au timbre délicat, le baryton <strong>Dominique Côté</strong>, dont le talent d’acteur rappelle qu’il fut d’abord comédien avant de devenir chanteur. Canadien anglophone, <strong>Aaron Ferguson</strong> est un collaborateur régulier de la troupe Opera Atelier de Marshall Pynkoski.</p>
<p>De France viennent <strong>Magali Arnault-Stanczak</strong>, qui brille dans quatre rôles bien différenciés, <strong>Antoinette Dennefeld</strong>, scéniquement pleine d’abattage mais qu’on regrette de voir un peu sous-employée vocalement, la basse <strong>Luc Bertin-Hugault</strong>, qu’on a pu applaudir dans de nombreux petits rôles en région ou à Paris (il sera le docteur Grenvil lors de la prochaine reprise de <em>La Traviata</em> à Bastille), et le ténor <strong>Henri Pauliat</strong>, du chœur de l’Opéra de Limoges.</p>
<p>Les cinq courts-métrages ajoutés en bonus sont un petit miracle de pédagogie, comme il sied pour un documentaire avant tout destiné à un public scolaire : outre les interventions des membres de l’équipe artistique (chef, metteuse en scène, chorégraphe, décorateur, dramaturge) et des chanteurs, la parole est donnée au directeur de l’Opéra de Limoges, au directeur technique et à la régisseur général, mais aussi à des responsables des éditions Billaudot, chez qui la partition a été éditée. S’y joignent deux voix bien connues des auditeurs de France Musique, Karine Le Bail et Benoît Duteurtre, ainsi que d’émouvantes images et enregistrements d’archives de la compositrice, et une interview récente de Claudine Collart, qui participa à la création radiophonique en 1955. Le tout complété par une riche iconographie et des comparaisons musicales (Kimy McLaren chante les premières mesures « Depuis le jour » accompagnée au piano, Magali Arnault-Stanczak, la chanson de Fortunio).</p>
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		<title>L’Affaire Tailleferre — Limoges</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-tailleferre-limoges-bon-accord-mauvais-proces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2014 07:07:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bien que née en banlieue parisienne, Germaine Tailleferre est régulièrement honorée dans le Limousin. En effet, en novembre 2009, l’Opéra de Limoges présentait La Fille d’opéra et autres « pasticheries », spectacle mis en scène Jean-François Vinciguerra. Les quatre « Opéras bouffes » par lesquels la compositrice proposait une « petite histoire lyrique de l’art français, du style galant au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Bien que née en banlieue parisienne, Germaine Tailleferre est régulièrement honorée dans le Limousin. En effet, en novembre 2009, l’Opéra de Limoges présentait <em>La Fille d’opéra et autres « pasticheries »</em>, spectacle mis en scène Jean-François Vinciguerra. Les quatre « Opéras bouffes » par lesquels la compositrice proposait une « petite histoire lyrique de l’art français, du style galant au style méchant » (c’est le sous-titre figurant sur la partition) étaient réunis pour une visite guidée du « musée de l’opéra ». Cinq ans après, on ne prend surtout pas les mêmes mais on recommence, et cette fois avec l’appui de l’Education nationale, qui a décidé d’inscrire ces œuvrettes au programme du baccalauréat 2016. On pourrait se demander pourquoi, en ces temps de disette et d’austérité, l’on ne s’est pas contenté de reprendre un spectacle pas si ancien, à moins que décors et costumes aient déjà été détruits.</p>
<p>Créés le 28 décembre 1955 par l’ORTF, avec une équipe incluant Claudine Collart et Lucien Lovano, ces quatre opéras de poche – ils durent entre 15 et 20 minutes chacun – ont été redonnés en septembre 1962, toujours par l’ORTF, avec les piliers de ce genre de concert (Lina Dachary, Michel Hamel, Aimé Doniat, Bertrand Demigny…), puis ce fut le silence. Ces dernières années pourtant, la partition a été redécouverte et fait le bonheur des jeunes chanteurs (à l’Ecole de musique de Bobigny en 2009) et des troupes amateurs (l’ensemble Vocalya en 2010). De fait, il s’agit d’une musique tout à fait réjouissante, aux exigences vocales relativement limitées. Des quatre pastiches, les deux premiers sont sans doute les moins convaincants : <em>La Fille d’opéra</em> se veut « dans le style de Rameau » et <em>Le Bel ambitieux</em> « dans le style de Rossini », soit deux compositeurs dont on avait en 1950 une vision assez différente de celle que plusieurs décennies de redécouverte nous offrent aujourd’hui. La musique imitant Rameau évoque plutôt Massenet pastichant le Dijonnais dans <em>Manon </em>(l’allusion à Rameau est sans doute liée à la popularité des <em>Indes galantes</em> reprises à Garnier en 1952, bien plus qu’à une relle connaissance de sa musique) ; quant à Rossini, on ne voit pas trop ce qui devrait faire penser à lui dans une partition évoquant plutôt l’opéra romantique de manière générale. Les livrets, en revanche, sont plus que savoureux, Denise Centore (nièce de Germaine Tailleferre) se livrant sans retenue à une parodie assez cocasse, avec un décalque de « Tristes apprêts » ou un Faubourg Saint-Germain digne du Labiche d’<em>Un chapeau de paille d’Italie</em>.</p>
<p>Face à des textes aussi truffés de références culturelles qui ne parlent plus guère au grand public, quel spectacle offrir ? Marie-Eve Signeyrole s’est posé la question et a choisi de réunir les quatre intrigues en une, en imaginant un tribunal où l’on jugerait les crimes et délits commis par les divers protagonistes. Cette idée permet un spectacle foisonnant et déjanté, avec un décor à transformation comme les aime Fabien Teigné, des danseurs et figurants assez envahissants, un récitant – comme à la radio – et une juge-acrobate un peu caractérielle. Malgré tout, on peine à adhérer vraiment à cette proposition, qui fonctionne toutefois beaucoup mieux dans la deuxième partie. Il faut dire aussi que <em>La</em> <em>Pauvre Eugénie </em>et <em>M. Petitpois achète un château</em> sont musicalement bien plus inspirés, peut-être parce que la musique pastichée en était plus familière dans les années 1950. La parodie de Gustave Charpentier est un régal absolu, musical et textuel : outre des dialogues dignes de <em>L’Assommoir</em>, on y trouve une réécriture du grand air de Louise, devenu ici « Après l’instant où je me suis livrée », et le final reprend la mélodie de la marchande d’oublies, sur les paroles « Où y a Gégène, mesdames, y a le plaisir »… Quant au faux Offenbach, on croirait du vrai, et du meilleur, y compris dans sa veine « opéra-comique », avec le charmant duo réunissant Héloïse Petitpois et Adelestan de la Bombardière. Curieusement peu audible dans les premières mesures de Pouponne, <strong>Magali Arnault-Stanczak</strong> brille dans les vocalises concluant <em>La Fille d’opéra</em> et nous ravit en demoiselle Petitpois. Avec un timbre riche et des graves nourris, <strong>Kimy McLaren</strong> est excellente, tant en comtesse qu’en lingère, peut-être les deux rôles les plus lourds du spectacle. <strong>Jean-Michel Richer</strong> a une voix de ténor extrêmement légère, dont on espère qu’elle prendra plus d’ampleur avec les années. <strong>Dominique Coté</strong> fait preuve d’une remarquable aisance scénique dans ses quatre rôles : dommage qu’il ne fasse pas toujours passer dans son chant la truculence dont il est capable comme acteur. <strong>Luc Bertin-Hugault </strong>prête une belle voix de basse à quatre personnages on ne peut plus différents, paysan, mondain, souteneur ou aristocrate. La grande surprise est de découvrir <strong>Christophe Rousset</strong> à la tête de <strong>l’Orchestre de Limoges et du Limousin</strong> : les échos ramistes de <em>La Fille d’opéra</em> (où Tailleferre semble plutôt imiter <em>Le Devin du village</em>) trouvent bien sûr un chef plus que compétent, mais l’art avec lequel le fondateur des Talens lyriques dirige les autres pastiches nous rappelle qu’il s’est brillamment aventuré jusqu’à la fin du XIXe siècle dans <em>Tragédiennes 3</em>, par exemple. La réussite est complète sur le plan musical ; on aimerait que ce spectacle soit repris dans d’autres maisons d’opéra, ce qui permettrait d’élaguer un peu certains excès d’agitation scénique. Et qui sait, maintenant que la redécouverte est en marche, peut-être entendrons-nous un jour d’autres opéras de Germaine Tailleferre, sa <em>Petite Sirène</em> sur un livret de Philippe Soupault, ou <em>Le Maître</em>, sur un texte d’Eugène Ionesco.</p>
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