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	<title>Cristian SAITTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Cristian SAITTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Luisa Miller &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-luisa-miller-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les ors de l&#8217;Opéra de Rennes résonnent rarement d&#8217;accents verdiens, aussi les spectateurs découvrent-ils avec gourmandise le quinzième ouvrage du compositeur qui vibre déjà des problématiques qui feront le succès de ses œuvres postérieures : drame de l&#8217;amour impossible, conflit social doublé d&#8217;un affrontement générationnel où père et fils s&#8217;opposent, Luisa Miller est portée par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="LEFT"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small"><span style="color: #000000">Les ors de l&rsquo;Opéra de Rennes résonnent rarement d&rsquo;accents verdiens, aussi les spectateurs découvrent-ils avec gourmandise le quinzième ouvrage du compositeur qui vibre déjà des problématiques qui feront le succès de ses œuvres postérieures : drame de l&rsquo;amour impossible, conflit social doublé d&rsquo;un affrontement générationnel où père et fils s&rsquo;opposent, </span><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=Bs-Ikdvpn_w"><span style="color: #000000"><i>Luisa Miller</i></span></a><span style="color: #000000"> est portée par l&rsquo;</span><span style="color: #000000"><b>Orchestre National des Pays de la Loire </b></span><span style="color: #000000">et le </span><span style="color: #000000"><b>Chœur d’Angers Nantes Opéra </b></span><span style="color: #000000">sous la d</span>irection intense <span style="color: #000000"><b>Pietro Mianiti</b></span><b> </b>qui déploient une palette onctueuse, depuis les soli délicats proposés par les vents, jusqu&rsquo;au déferlement sonore des tutti. </span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small"><b>Guy Montavon </b>renonce au folklore tyrolien pour camper l&rsquo;histoire dans un univers de noblesse décatie et de faux semblants à l&rsquo;image des panneaux mobiles semi transparents où Wurm apparaît et disparaît comme un cauchemar pour dicter à Luisa la lettre qui sauvera son père mais signera la perte de l&rsquo;homme qu&rsquo;elle aime.</span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Le scénographe <b>Éric Chevalier </b>est également en charge des costumes qui se trouvent investis d&rsquo;une grande importance dans le propos. L&rsquo;évolution psychologique de Luisa, par exemple, est perceptible dans les changements de sa mise, depuis une robe à panier à un ensemble imprimé tournesol et des baskets assez peu seyants mais indéniablement modernes. </span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Les tenues XIXe sont celles des aristocrates et des tenants du passé. Empoussiérées – au sens propres – elles donnent immédiatement à voir l&rsquo;anachronisme d&rsquo;une pensée sclérosée. La métaphore est filée avec humour par l&rsquo;intervention de serviteurs perclus d&rsquo;arthrite ou encore de la Duchesse Federica qui se déplace sur deux cannes, telle une araignée.</span></span></span></p>
<figure id="attachment_127527" aria-describedby="caption-attachment-127527" style="width: 7728px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-127527 size-full" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LuisaMiller-PG_3434_DPERRIN.jpg" alt="" width="7728" height="5152" /><figcaption id="caption-attachment-127527" class="wp-caption-text">© Delphine Perrin</figcaption></figure>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Les couleurs font également sens : au rouge des passions malsaines s&rsquo;oppose le jaune solaire de l&rsquo;amour vrai. L&rsquo;amour sacrifié est représenté par un cerf mort sur lequel s&rsquo;appuie l’héroïne&#8230; Bref, les signifiants limpides – voire démonstratifs – ne manquent pas. Ils sont malheureusement battus en brèche par de troublantes maladresses : Rodolfo s&#8217;empare des béquilles de la duchesse et refuse de les lui rendre. Se jouer d&rsquo;une personne en situation de handicap, voilà qui n&rsquo;est pas à son honneur.</span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">De même, installer Walter et Wurm autour d&rsquo;un plateau d&rsquo;échec pour signifier leur machiavélisme est une image parlante. En revanche, pourquoi contredire le livret de manière si inutile en faisant de Luisa celle qui donne le poison ? Il était déjà limpide que la jeune femme n&rsquo;est pas qu&rsquo;une victime passive mais une personnalité forte et noble qui choisit son destin.</span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small"><b>Marta Torbidoni</b> lui prête son soprano opulent qui attaque les sons au centre de la voix. Sa justesse, jamais prise en défaut, est la colonne vertébrale du quatuor a cappella si difficile du second acte qui met en difficulté les autres participants. Le soutien, impeccable, lui permet des vocalises piquées tout en légèreté au premier acte autant qu&rsquo;un legato et des graves poitrinés à l&rsquo;autorité souveraine dans la seconde partie de la soirée. Elle allie ces superbes qualités à une présence scénique sans afféteries, toute de noblesse retenue qui rend crédible jusqu&rsquo;à son aspiration à la mort-délivrance dans une extase quasi mystique.</span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Rodolfo, son promis, est incarné par <b>Gianluca Terranova, </b>ténor au timbre idéalement italien, aux beaux médiums mais qui s&rsquo;avère lourdement handicapé par des aigus déficients, cassant à répétition.</span></span></span></p>
<p style="text-align: center" align="LEFT"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Generale-Luisa-Miller-Opera-dErfurt-%C2%A9-Lutz-Edelhoff-1024x683.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Generale-Luisa-Miller-Opera-dErfurt-%C2%A9-Lutz-Edelhoff-1024x683.jpg." />© Lutz Edelhoff</p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">La narration penche du coté de la noirceur avec le Wurm méphistophélique d&rsquo;<b>Alessio Cacciamani </b>dont la voix sensuelle longue en souffle jouit d&rsquo;une projection puissante, d&rsquo;une diction impeccable.</span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Deux contraltos sont également prévues dans la distribution. En réalité <b>Lucie Roche</b>, Federica toute en dignité, est mezzo ; son timbre un peu nasal s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;une émission souple aux graves ciselés et sonores. Plus surprenant, <b>Marie-Bénédicte Souquet, </b>artiste en résidence à Angers-Nantes Opéra, interprète le personnage de Laura. A défaut de dramatisme, son soprano délicat apporte une pureté compatissante tout à fait touchante au rôle.</span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Originalité de la pièce, ici, la figure paternelle est double : Miller, est le bon père, incarné par <b>Federico Longhi</b>, seul artiste issu de la production crée à Erfurt la saison passée. Son baryton clair mais bien campé offre une lumière aimante qui contraste de manière très pertinente avec la basse sombre et mate de l&rsquo;excellent <b>Cristian Saitta, </b>implacable comte Walter au phrasé tout en musicalité et aux <em>messa di voce</em> vénéneux.</span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">L&rsquo;un comme l&rsquo;autre assistent impuissants à la fin de leurs enfants qui passent de vie à trépas, debout, extatiques, sous une pluie de pétales. </span></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Prochaines représentations à l&rsquo;Opéra de Rennes les 23 et 25 mars ainsi qu&rsquo;</span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">au </span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Théâtre Graslin de Nantes les 7, 9, 11 et 13 avril.</span></span></span></p>
<figure id="attachment_127526" aria-describedby="caption-attachment-127526" style="width: 2560px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="wp-image-127526 size-full" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LuisaMiller-PG_3485_DPERRIN-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /><figcaption id="caption-attachment-127526" class="wp-caption-text">© Delphine Perrin</figcaption></figure>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-venise-si-peu-de-japon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Sep 2019 04:00:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les technologies modernes nous offrent une connaissance directe de tous les recoins de la planète, qui a encore envie de s’infliger le spectacle pitoyable de chanteurs européens affublés de costumes pseudo-japonais qui leur vont comme un gant à un ours ? Sans tomber dans les extrêmes absurdes de l’ethniquement correct, et sans aller jusqu’à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que les technologies modernes nous offrent une connaissance directe de tous les recoins de la planète, qui a encore envie de s’infliger le spectacle pitoyable de chanteurs européens affublés de costumes pseudo-japonais qui leur vont comme un gant à un ours ? Sans tomber dans les extrêmes absurdes de l’ethniquement correct, et sans aller jusqu’à transposer l’action sur la planète Mars, n’est-il pas souhaitable de trouver des solutions permettant d’échapper à ce genre de ridicule ? Malgré la surprise qu’elle peut provoquer, la production montée à La Fenice en 2013 par <strong>Àlex Rigola</strong> a donc de sérieux atouts : bien que l’identité visuelle soit signée <strong>Mariko Mori</strong>, on a rarement vu <em>Madame Butterfly</em> aussi peu japonaise, et ce n’est pas plus mal. Comme l’explique l’artiste nippone, son intention était de dépasser l’opposition Orient/Occident pour montrer les exploités et les exploiteurs. Si le dépouillement du spectacle peut rappeler la <em>Butterfly</em> de Bob Wilson, le résultat est pourtant bien moins japonisant : avec leurs cheveux en macarons, les amies de Butterfly ressemblent un peu à des Indiens Hopi, ou à la princesse Leia. Surtout, il ne prive en rien les personnages de leur humanité, bien au contraire. Le plateau est d’abord nu, à peine occupé par trois grands galets plats, surplombé par un gigantesque anneau de Möbius qui devient au deuxième acte le principal élément de décor (la chose est censée symboliser le cycle infini de la vie et de la mort, ce qui pourrait s’appliquer à pas mal d’autres opéras, mais passons). A quelques scories près, dont la projection pendant l’Intermezzo d’un voyage intersidéral mieux fait pour illustrer <em>Les Planètes</em> de Holst, cette production fonctionne parfaitement et prouve une fois encore, comme avait pu jadis le faire Robert Carsen avec le cycle entrepris pour l’Opéra des Flandres, que Puccini n’impose nullement le naturalisme. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="298" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc4239.jpg?itok=QJNBQBJL" title="Manuela Custer, Vittoria Yeo © Michele Crosera" width="468" /><br />
	Manuela Custer, Vittoria Yeo © Michele Crosera</p>
<p>La réussite du spectacle repose aussi sur de solides atouts musicaux, à commencer par la direction enveloppante de <strong>Daniele Callegari</strong>, qui traduit à merveille la poésie et la sensualité de la musique de Puccini. Après une ouverture plus martiale et pétaradante que nerveuse, on est aussitôt pris dans un flux sonore très habilement organisé, qui soutient les moments les plus intenses tout en ménageant d’admirables pauses, comme la valse – ici plus que lente – qui accompagne le thé au deuxième acte. L’orchestre de la Fenice sonne fort bien dans ce répertoire qui lui est familier, et le Chœur maison réussit la noce du premier acte, dont les diverses interventions semblent fuser des quatre coins du plateau au lieu de former le magma qu’on entend parfois ailleurs. A la fin du deuxième acte, le public est étonné quand ces mêmes artistes (rhabillés en tenue de concert) entrent par le fond du parterre pour interpréter le chœur bouche fermée qui accompagne l’attente de Butterfly.</p>
<p>Dans la distribution, si les <em>comprimari</em> sont assez oubliables, si le Goro de <strong>Cristiano Olivieri</strong> déconcerte par sa totale placidité scénique, sans parler d’un timbre assez ingrat, on admire le solide Yamadori de <strong>William Corr</strong><strong>ò</strong>, plus sans doute que le Bonze grommelant de <strong>Cristian Saitta</strong>. Des quatre rôles principaux, <strong>Manuela Custer</strong> est la seule à donner une impression de fragilité : même si la mise en scène impose sa présence davantage que d’ordinaire, on a connu des Suzuki plus véhémentes dans leur indignation, plus maternelles auprès de leur maîtresse. <strong>Luca Grassi</strong> parvient sans peine à faire de Sharpless un personnage de premier plan, malgré la jeunesse inhabituelle de son consul, vêtu d’un uniforme identique à celui de Pinkerton, à tel point que les deux hommes semblent camarades comment le sont Frédéric et Gérald dans <em>Lakmé</em>. Habitué de Cavaradossi ou de Calaf, <strong>Stefano La Colla</strong> est un Pinkerton à la voix de stentor, ce qui n’empêche heureusement pas de bien belles nuances, avec toute la douceur nécessaire pour séduire Butterfly le soir de leurs noces, et assez de soleil dans la voix pour que le lieutenant américain soit davantage qu’une brute antipathique. Même si la présence d’une soprano asiatique semble presque antinomique avec le concept de la mise en scène, <strong>Vittoria Yeo</strong> est une admirable Cio-Cio-San, à qui ne manque ni la grâce d’aigus piano suspendus ni la conviction des passages les plus vigoureux. On mesure ici tout le chemin parcouru par la soprano coréenne depuis sa <em>Giovanna d’Arco </em>à Parme en 2016 : si l’artiste avait alors pu paraître un peu froide, ce reproche ne tient plus du tout aujourd’hui. Heureux les mélomanes de la péninsule italienne, où se déroule presque entièrement la carrière de cette belle artiste.</p>
<p> </p>
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