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	<title>David CURRY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>David CURRY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, The Turn of the Screw — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-tour-de-vis-dans-le-bon-sens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Feb 2013 12:16:25 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Étrange œuvre hitchcockienne que ce <em>Tour d&rsquo;écrou</em>, où l’on se demande jusqu’à la fin qui est le plus criminel : la gouvernante versatile et fascinante, tout le contraire d’une Mary Poppins, qui s’approprie les enfants pour mieux les contrôler ? Mrs Grose, la femme de chambre engoncée dans une stricte robe noire et dans ses convictions ? Miles, le garçon manipulateur subjugué par Peter Quint puis par son fantôme ? Flora, la fille innocente et diabolique qui ne pense qu’à Miss Jessel, la précédente nurse qui hante également le manoir ? Ou encore Peter Quint, le fantôme qui entretient une relation si trouble avec Miles avant que celui-ci ne le rejette ?</p>
<p>			Agatha Christie n’est pas loin, Georges Simenon non plus, au point que l’on s’attendrait à voir l’action se dérouler dans un cadre hyper réaliste à la manière de Roberto Plate (<em>Comédie policière</em> par le groupe TSE). Néanmoins, le magnifique décor onirique d’<strong>Alain Lagarde</strong> évoque parfaitement – sans vraiment la montrer – la sinistre bâtisse hantée dans les esprits sinon dans la réalité (fenêtre éclairées dans la brume, superposition des arbres du parc au papier peint victorien, meubles en lévitation), et traduit admirablement l’atmosphère malsaine de l’œuvre. En revanche, son efficacité est moindre concernant les moments clé nécessitant un support particulier pour être compris (par exemple la fenêtre, ou le lac) : l’ensemble est efficace et oppressant sans être toujours explicite ni vraiment angoissant.</p>
<p>			Le spectacle tourne en France depuis 2011, avec la même distribution (sauf les enfants), mais des orchestres différents. Si on le compare avec les représentations parisiennes de l’an dernier à l’Athénée (voir le <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3035&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">compte rendu</a> de Christophe Rizoud), il a beaucoup gagné en profondeur d’expression. Il faut dire une fois de plus qu’une grande salle contemporaine aide à la distanciation propice à ce genre d’œuvre. Les treize musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Massy montrent ici des qualités qui ne sont pas toujours aussi évidentes : certainement la présence de <strong>Jean-Luc Tingaud</strong>, qui a dû donner un bon tour de vis pour leur permettre de défendre de manière convaincante cette partition difficile, y est-elle pour beaucoup.</p>
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<p>			L’ensemble de la distribution est toujours aussi remarquable, dominée par <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> qui assume avec une éblouissante santé vocale toutes les facettes du rôle complexe de la gouvernante. A ses côtés, <strong>David Curry</strong> a beaucoup gagné en Peter Quint : vocalement très convaincant, il a accentué le côté trouble et même ambivalent du personnage. Les enfant (<strong>Théophile Baquet-Gonin</strong> et <strong>Juliette Maes</strong>) sont excellents dans la justesse musicale – ce qui est rare – autant que dans l’interprétation scénique. Enfin, le reste de la distribution est tout aussi parfait, <strong>Rachel Calloway </strong>en Mrs Grose paraît intimement concernée, et <strong>Liisa Viinan</strong> en Miss Jessel mêle son port altier à une conception du rôle tout en finesse.</p>
<p>			Existe-t-il une représentation idéale de cette œuvre étrange et complexe ? Oui, certainement : celle que chaque spectateur construit en son for intérieur, en décidant de la part de rêve et de réalité qui se mêle dans cette trouble histoire de fantôme. L’Opéra de Massy montre une fois de plus, en programmant cette belle production, l’éclectisme et la qualité de sa programmation.</p>
<p>			Voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=531&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=49">le dossier</a> <em>The Turn of the Screw</em> par Mathilde Bouhon<br />
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		<title>BRITTEN, The Turn of the Screw — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vertigo-sans-vertige/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 10:10:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  On ne s’ennuie jamais à une représentation du Tour d’écrou. La nouvelle d’Henry James, dont on connaît pourtant l’issue fatale (depuis le temps !), continue de fasciner par les multiples interrogations qu’elle suscite. Et quand bien même le livret de Myfanwy Piper, trop explicite, réduirait le champ des possibles, la partition de Britten, énigmatique, se &#8230;</p>
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					On ne s’ennuie jamais à une représentation du <em>Tour d’écrou</em>. La nouvelle d’Henry James, dont on connaît pourtant l’issue fatale (depuis le temps !), continue de fasciner par les multiples interrogations qu’elle suscite. Et quand bien même le livret de Myfanwy Piper, trop explicite, réduirait le champ des possibles, la partition de Britten, énigmatique, se montre plus conforme à l’esprit du texte. Les fantômes sont-ils une réalité ou le fruit de l’imagination malade de la Gouvernante ? Faut-il prendre l’histoire au premier degré, y voir la métaphore du passage de l’enfance à l’âge adulte ou le procès allégorique d’une morale normalisatrice ? « <em>Nous ne sommes pas en face d’un roman-feuilleton fantastique</em> » affirme à raison <strong>Olivier Bénézech</strong> tandis que sa mise en scène s’acharne tout au long de la soirée à prouver le contraire : limpide, narrative dans un décor nu que de multiples accessoires – lits, piano, bureau,… – se chargent de rendre concret. Un suspens hitchcockien ainsi que le promet l’affiche du spectacle ? Oui mais sans mystère aucun, avec des fantômes trop présents qui jouent cartes sur table. Une interprétation finalement beaucoup plus cartésienne que « jamesienne ».</p>
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					Il faut alors tout le talent de <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> pour apporter à l’œuvre sa part d’ambigüité. De la lumière qui baigne les premiers tableaux jusqu&rsquo;au « malo » final chanté à pleine voix, on suit avec intérêt le chemin de croix de ce soprano intense à la sensualité révélée le temps d’une seule scène, quand la Gouvernante surgit dans la chambre de Miles en déshabillé blanc. Charnelle mais avec cette rigidité toute victorienne que parvient à traduire le chant, sans donner pour autant une impression de sécheresse. A côté, le <strong>Peter Quint</strong> de David Curry, beaucoup plus plausible en narrateur qu’en spectre malfaisant, fait pale figure. Trop sain, trop net, trop raide dans des circonvolutions vocales qui devraient évoquer le serpent s’enroulant autour de sa proie pour l’étouffer. Ce malaise que le ténor ne parvient pas à faire naître, les deux enfants, interprétés le soir de la première par <strong>Matthieu Haering</strong> et <strong>Agathe Becquart</strong>, arrivent mieux à l’exprimer. Les voix, comme souvent, pèchent par manque de volume et de justesse mais les personnages sont là, sincèrement dessinés dans leur innocente perversité. Bien que moins prégnantes, <strong>Rachel Calloway</strong> en Mrs Grose et <strong>Liisa Viinan</strong> en Miss Jessel offrent également une caractérisation de leur personnage en cohérence avec la vision d’Oliver Bénézech, la première d’une simplicité toute rustique, la seconde égarée entre enfer et rédemption. Le chant parait trop robuste, le timbre trop incarné pour que ce fantôme soit éternellement damné.</p>
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					Privilégiant la tension au détriment des contrastes, <strong>Jean-Luc Tingaud</strong> serre peu à peu la vis ainsi que le veut la partition. De l’Orchestre-Atelier OstinatO, on oublie les quelques écarts pour mieux retenir la clarinette veloutée de <strong>Charline Bonneville</strong>. On lui doit l’un des rares frissons d’une soirée qui aurait dû en compter davantage.</p>
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					&gt; A lire aussi <a href="http://www.forumopera.com/index.php?page=Oeuvres&amp;sousmenu=254">notre dossier sur Le tour d’écrou</a></p>
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