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	<title>Clemente DALIOTTTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Clemente DALIOTTTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, Adelson e Salvini — Jesi</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/adelson-e-salvini-jesi-premices-exaltees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Nov 2016 18:32:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En février 1825, à une date encore sujette à controverse, fut présenté dans le petit théâtre du Collège Royal de Musique de Naples le travail de fin d’études du meilleur élève, Vincenzo Bellini, un opéra semi-seria intitulé Adelson e Salvini. Le livret, signé d’Andrea Leone Tottola et déjà utilisé en 1816 par le compositeur Fioravanti, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En février 1825, à une date encore sujette à controverse, fut présenté dans le petit théâtre du Collège Royal de Musique de Naples le travail de fin d’études du meilleur élève, Vincenzo Bellini, un opéra semi-seria intitulé <em>Adelson e Salvini</em>. Le livret, signé d’Andrea Leone Tottola et déjà utilisé en 1816 par le compositeur Fioravanti, était tiré d’un récit de Baculard d’Arnaud publié en 1772. Suivant le modèle né de la <em>Pamela </em>de Richardson on y voit une jeune fille sans défense – orpheline – aux portes de la sécurité – elle est fiancée à un aristocrate &#8211; être l’enjeu d’une vengeance qui menace son bonheur et sa vie. Il y a aussi un artiste italien écartelé entre la passion qu’il éprouve pour elle et sa loyauté envers son protecteur et ami, au point d’envisager le suicide. Ce tumulte sentimental fait de lui la dupe du méchant et le complice involontaire du rapt de la jeune fille au cours d’un incendie criminel. Désespéré car il la croit morte il va se tuer quand il est arrêté et passe en jugement, selon l’usage, devant le jeune seigneur. Pardonné et invité à regagner l’Italie, il assiste résigné à l’exultation générale autour du couple heureux.</p>
<p>Le succès fut si grand que l’œuvre fut redonnée chaque dimanche pendant près d’un an et valut à Bellini une invitation à composer pour le San Carlo. Dans cette version initiale elle se rattache au genre hybride dit « à la française », parce qu’à l’image de notre opéra-comique il mêle des dialogues parlés au chant et à la musique. Introduit en Italie pendant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, il ne survivait plus qu&rsquo;à Naples. Les discours informent le spectateur sur des événements, passés ou à venir, sur des personnages absents et donnent lieu à des échanges qui peuvent évoluer vers des formes musicales à deux ou davantage. De même, les monologues expriment des sentiments avant leur effusion en musique ou, dans le cas du valet Bonifacio, donnent libre-cours à une verve comique qui peut s’exercer à ses dépens mais aussi commenter vertement l’exaltation sentimentale de son maître Salvini ou sous-entendre que la paillardise est la cause de l’absence prolongée d’Adelson, tout cela en dialecte napolitain serti de métaphores d’un prosaïsme dévastateur.</p>
<p>Etablie après l’exploitation d’un fonds découvert à Milan en 2001, cette version d’<em>Adelson e Salvini </em>est un émouvant témoignage d’une étape importante de la formation de Bellini. Elle prouve qu’en dépit de l’influence prégnante de Rossini, directement perceptible dans le final du premier acte, ou telle pulsation rythmique, ou le développement d’un crescendo qui semblent sortir de son encrier, et peut-être quelque regard à l’énergie de Donizetti, le jeune homme avait déjà des idées musicales et de procédés que l’on retrouvera développés dans les grandes œuvres ultérieures, d’Il<em> Pirata</em> à <em>Capuletti e Montecchi</em> en passant par <em>Sonnambula </em>et <em>Norma</em>. Bellini n’est pas encore célèbre mais la grâce des mélodies, leur mélancolie délicate et la souplesse des futures cantilènes sont déjà présentes avec le charme enveloppant qui les rend irrésistibles, encore accentué par la légèreté du dispositif orchestral conçu pour des élèves du Conservatoire.</p>
<p>L’orchestre symphonique « G.Rossini » et ses trente-deux instrumentistes sont sous la direction de <strong>José Miguel Perez Sierra</strong>. Sa direction allie l’élégance consubstantielle au milieu aristocratique à la palpitation qui anime les émotions de Nelly, l’orpheline inquiète, jusqu’aux soubresauts des tourments de Salvini, l’artiste tourneboulé par sa passion amoureuse, et à l’éloquente fierté douloureuse d’Adelson, l’ami trahi. Il marque sans outrance les accents par lesquels le rythme et les timbres créent la progression dramatique, et c’est peut-être cette mesure qui dénonce subrepticement le caractère de « devoir de premier de la classe ». Peut-être le volume de la fosse met-il parfois à la peine les chanteurs ? C’est rare et on apprécie qu’ils ne forcent pas leur talent. Dans le rôle de Fanny, qui ouvre l’opéra mais n’existera ensuite que dans les ensembles <strong>Sara Rocchi </strong>fait un sort à son air unique. <strong>Giovanna Lanza </strong>incarne sa tante, l’intendante du château d’Adelson, elle est peut-être fatiguée car la projection est parfois modeste. Geronio, redevable au colonel Struley, est dévolu à <strong>Enrico Marchesini</strong> qui parvient à exprimer le malaise du personnage contraint à faire l’espion. Le domestique impertinent est animé de toute l’énergie scénique de <strong>Clemente Antonio Daliotti</strong>, un peu moins convaincant vocalement mais dont l’engagement emporte les réserves. Dans le rôle du proscrit affamé de vengeance, <strong>Baurzhan Anderzhanov</strong> porte beau, et oublie peut-être pour cela de nuancer son jeu dramatique autant que souhaitable, mais la voix impressionne par sa fermeté et la qualité de la diction est à saluer. L’enjeu involontaire de la rivalité entre Adelson et Salvini est incarné avec une ardeur gracieuse par <strong>Cecilia Molinari</strong>, qui dans une tessiture adaptée à sa voix se confirme une interprète de qualité doublée d’une actrice convaincante. Bien que rôle-titre, Adelson est moins bien servi que son rival, puisqu’il n’apparaît qu’à la fin du premier acte. Le baryton d’origine russe <strong>Rodion Pogossov</strong> en exprime toute la noblesse, chaleureuse dans l’amitié, douloureuse quand il découvre la trahison. A une voix bien timbrée et à une diction de l’italien très soignée il joint un engagement scénique convaincant car éloigné de toute emphase. L’emphase, c’est justement ce qui caractérise Salvini, le peintre qui s’est épris de son modèle. Prisonnier de lui-même, incapable de la moindre lucidité, il passe par des alternances d’exaltation et d’abattement que le ténor d’origine turque <strong>Merto Sungu</strong> traduit plutôt bien. Il interprète avec beaucoup de sensibilité le dernier air de Salvini au troisième acte. Il nous convaincrait tout à fait si l’intrépidité avec laquelle il s’élance ne semblait tenir parfois du risque-tout : les chats retombent sur leurs pattes, mais le bel canto ne peut pas donner l’impression d’une entreprise hasardeuse. C’est quand il donne l’impression – fausse – de couler de source qu’il mérite ce nom. Mentionnons enfin, même s&rsquo;il est cantonné à un rôle de témoin, la participation impeccable du choeur.</p>
<p>Au plaisir de la découverte de cette version s’ajoute celui de la réalisation, particulièrement raffinée. Peut-être <strong>Roberto Recchia </strong>se complaît-il un peu trop souvent dans les arrêts sur images qui figent les personnages pour créer des compositions qui sont autant de tableaux, mais à dire vrai le procédé n’est jamais étiré en longueur et peut au moins se justifier dans la mesure où il prolonge l’activité créatrice de Salvini. Ce dernier a le pinceau en main au début de l’ouvrage et il finira de même, témoin extérieur de la liesse des autres et agent du tableau qui en conservera la trace. Les décors de <strong>Benito Leonori </strong>sont composés de tentures coulissantes qui dévoilent des espaces différents, qu’il s’agisse de l’atelier où Salvini semble diriger une escouade à son service et peut ainsi se consacrer entièrement à sa passion, où d’extérieurs suggérés par un élément mi-naturel mi artificiel, fausse ruine ou vrai rocher, où le colonel Struley attend son informateur et où Salvini trouve refuge dans son désarroi. De nombreuses toiles représentant des paysages pourraient évoquer la nature irlandaise si l’intention était réaliste, mais elles suggèrent bien plus qu’elles ne montrent. De l’une d’elles, grâce à l’éclairage savant d’<strong>Alessandro Carletti</strong>, la fiancée inquiète semble émerger, apparition particulièrement en phase avec l’atmosphère romantique. De façon générale les lumières contribuent fortement à la beauté du spectacle, même si le rouge de l’incendie nous a semblé too much. Si l’on y ajoute celle des costumes conçus par <strong>Catherine Buyse Dian, </strong>qui supervisait il y a peu ceux de la série télévisée <em>The young pope</em>, globalement conformes au souvenir que l’on peut avoir des costumes à l’époque de la création de l’opéra sans pour autant se soucier d’authenticité, et d’un raffinement dans la conception – les accessoires, tels boutons ou colliers, sont peints sur les vêtements ou sur la peau – qui n’est pas bafoué par la réalisation, est-il utile d’ajouter que les yeux ont été comblés autant que les oreilles ? On pourra retrouver ou découvrir cette délectable production au Théâtre Bellini de Catane au printemps prochain, et à défaut s’en faire une idée grâce au DVD dont l’enregistrement et la publication ont été confiés à la firme Bongiovanni.</p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola — Ferrare</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bapteme-du-feu-pour-lorenzo-regazzo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Feb 2014 10:20:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  A Ferrare, la disparition de Claudio Abbado est vécue par beaucoup comme celle du Dieu tutélaire qui avait rendu à la vie musicale locale un éclat endormi depuis longtemps. Sa photographie assortie d’un message exprimant cette reconnaissance accueille les spectateurs dans le hall du Teatro Comunale, qui devrait bientôt porter son nom. Ils sont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			A Ferrare, la disparition de Claudio Abbado est vécue par beaucoup comme celle du Dieu tutélaire qui avait rendu à la vie musicale locale un éclat endormi depuis longtemps. Sa photographie assortie d’un message exprimant cette reconnaissance accueille les spectateurs dans le hall du Teatro Comunale, qui devrait bientôt porter son nom. Ils sont venus en foule pour cette <em>Cenerentola </em>dont il avait été des premiers à diriger l’édition critique et dont la dernière production in loco remonte à 1991. Dans la crise actuelle du théâtre lyrique italien, il serait vain d’espérer en retrouver les fastes, visibles sur les photographies d’époque. Alors, nécessité faisant loi, les artisans du spectacle ont pallié la pénurie par l’ingéniosité et l’imagination, qui sont après tout les fondamentaux du spectacle. Les décors de <strong>Guia Buzzi</strong> &#8211; une salle de séjour dépourvue aussi bien de cheminée que de charme, à l’image de Don Magnifico et ses filles, et un escalier descendant noblement d’une balustrade pour le palais du prince &#8211; vont à l’essentiel. Les accessoires sont assortis dans le minimalisme, divan où se vautre Tisbe, planche à repasser de Cenerentola et étagères métalliques à monter soi-même. Cette sobriété rend compte en tout cas de la peu brillante situation financière qui est celle du beau-père d’Angelina. Les costumes, eux aussi de Guia Buzzi, sont souvent tapageurs jusqu’au ridicule, notamment ceux des deux sœurs ; peut-être celui du prince, qu’endosse Dandini, aurait-il pu l’être moins ? Mais le parti-pris est ironique, peut-être à l’instigation de<strong> Lorenzo Regazzo</strong> qui signe officiellement la mise en scène, après en avoir tâté depuis des années à titre officieux. Ces tentatives passées et son indiscutable curriculum de chanteur rossinien lui permettent aujourd’hui de proposer une vision tout ensemble personnelle et respectueuse de l’œuvre. Personnelle, son approche des personnages. La frénésie des deux sœurs à l’idée d’épouser le prince ne dérive pas seulement de leur ambition : Tisbe est absorbée dans le magazine Playgirl et passerait bien en revue les mâles de l’escorte du prince. Dandini est aussi porte-flingue, ou garde du corps, ce n’est pas clair, mais le prince, pour endosser la tenue de celui-là, se charge d’un holster et d’une arme, et de nos jours la Campanie ne passe pas pour être une terre de tout repos. Alidoro, lui, sollicite des dons pour une ONG. Quant à Don Magnifico, qui possède l’effigie en pied d’Elvis Presley, il arbore toujours banane, chemise à volants et complet en satin et se « remonte » fréquemment à l’aide d’une fiasque. Il n’est jusqu’à un majordome muet (psychorigide, ultraconservateur ou fétichiste ? les trois ne s’excluent pas, dans son insistance obsessionnelle à proposer inlassablement sur un coussin l’escarpin du conte, remplacé dans l’opéra par un bracelet) ajouté aux personnages. Dans ce rôle qu’il s’est taillé sur mesure, Lorenzo Regazzo semble sorti de <em>The Artist</em> et éveille une foule d’images cocasses, du butler inexpressif de la Famille Adams au maître d’hôtel gourmé à la Anthony Hopkins. Cette invention a priori importune car étrangère aux auteurs ne pèse heureusement jamais car ses apparitions sont brèves, plutôt drôles et insérées finement dans l’action. Elle scelle la réussite de cette approche, qui allie sans couac relecture et fidélité.<br />
			  </p>
<p>			Des échos de la création à Treviso l’aspect musical et vocal ne sortait pas indemne. Les interprètes ont-ils fait leur miel des critiques ? Pour cette dernière représentation de la série, dans leur ville, les musiciens ont-ils redoublé d’efforts ? Sans être irréprochable l’ensemble ne manquait pas de qualités. Ainsi, la direction de <em>Sergio Alapont </em>n’est pas exempte d’imprécision, ce qui occasionne par exemple un décalage sensible dans le final de l’acte I, elle se cherche parfois entre lyrisme dilaté et emportement dynamique, mais l’équilibre sonore et les couleurs témoignent d’une sensibilité réelle à la relation fosse-plateau et à la musique de Rossini. Les choristes séduisent par un engagement plein et entier, non seulement vocal mais théâtral, comme par exemple dans les mouvements d’ensemble où ils accompagnent la gestuelle de Ramiro. Chez les solistes, beaucoup de choses intéressantes, que ce soit au point de vue du timbre et de la profondeur, en particulier pour l’Alidoro de <strong>Fabrizio Beggi</strong> ou le Dandini de <strong>Clemente Daliotti</strong>, ou l’étendue et le souffle, pour l’audacieux ténor<strong> Ly Yuan</strong> qui prend beaucoup de risques dans le rôle de Ramiro. Mais ces jeunes interprètes, si prometteurs soient-ils, doivent encore travailler pour atteindre à la maîtrise du discours rossinien. Les sœurs dénaturées, qui semblent échappées de <em>Affreux, bêtes et méchants</em> font la paire grâce à la verve de <strong>Caterina Di Tonno</strong> et <strong>Elisa Barbero</strong>. <strong>Umberto Chiummo</strong> est leur rocker de père ; cet interprète élégant et chevronné respire cependant plus l’excentricité que l’avidité, la cupidité et la fatuité du personnage. Déjà distinguée par le Festival de Pesaro, <strong> Chiara Amarù</strong> confirme qu’elle a les qualités techniques et vocales pour incarner brillamment Angelina ; sa Cenerentola est peut-être moins fragile que d’autres mais son allure résolue ne nuit jamais à la justesse expressive. Le rondo final lui vaut une belle ovation, elle et Lorenzo Regazzo l’emportant largement aux saluts. On imagine la satisfaction que cet Alidoro réputé a dû éprouver d’être applaudi alors qu’il n’avait pas ouvert la bouche ! Cela fait des années, à la différence de ses confrères qui se sont tournés vers la mise en scène quand leur voix les lâchait, que ce futur Don Magnifico à Vienne rêve d’imposer sa volonté organisatrice aux spectacles auxquels il participe. Ainsi, des velléités aux incursions anonymes puis aux mises en espaces, le voici enfin parvenu à ses fins. Alors, le metteur en scène deviendra-t-il aussi notoire que le chanteur ? Cette <em>Cenerentola</em> pourrait bien l’annoncer !</p>
<p>			 </p>
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