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	<title>Jess DANDY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jess DANDY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VIVALDI, Orlando furioso — Boulogne-Billancourt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Oct 2021 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il revient de loin cet Orlando Furioso ! Initialement programmé en avril 2020, puis reprogrammé en version raccourcie en novembre 2020, pour finalement n’être donné que ce soir d’octobre 2021, sur 1h30, avec une demi-heure de retard, due à l’intervention des pompiers pour secourir une spectatrice tombée dans un escalier. Voilà un concert qui s’est fait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il revient de loin cet <em>Orlando Furioso</em> ! Initialement programmé en avril 2020, puis reprogrammé en version raccourcie en novembre 2020, pour finalement n’être donné que ce soir d’octobre 2021, sur 1h30, avec une demi-heure de retard, due à l’intervention des pompiers pour secourir une spectatrice tombée dans un escalier. Voilà un concert qui s’est fait attendre et on prendra donc soin de remercier la ténacité de ses producteurs.</p>
<p>D’autant que les occasions d’entendre le plus connu des opéras de Vivaldi sont très rares en France. Quelle chance du coup, de profiter du son opulent et soyeux de l’orchestre <strong>Armonia Atenea</strong> en grande forme. Cette formation fait partie de celles qui refusent de choisir entre harmonie et rythme, les deux sont portés au même degré d’incandescence. Surtout sous la direction à la fois minimaliste (peu de gestes, le chef croise même parfois les bras) et pourtant fougueuse de <strong>Markellos Chryssicos</strong>. Dans ce lieu qui valorise davantage les instruments que les voix, elle a en outre le grand avantage d’être attentive à ne pas les couvrir, sans s’interdire de briller pendant les ritournelles, notamment grâce à sa très fournie basse continue. Au début peut-être même trop : choisir le concerto <em>La Follia</em> de Vivaldi en ouverture était une fausse bonne idée. Le caractère délibérément excessif et original de cette partition détonne. Plutôt que d’introduire comme toute bonne <em>sinfonia</em> d’opera seria, elle grise et brûle l’attention. Après ces 8 minutes géniales, le spectateur réclamerait presque un entracte.</p>
<p>Heureusement, entre immédiatement en scène la grande triomphatrice de cette soirée. <strong>Sophie Junker</strong> nous épate toujours un peu plus à chacune de ses apparitions. La voix est saine, assez centrale avec de belles fulgurances dans l’aigu ample, mais un timbre un peu terne. Ce qui pourrait n’être qu’une solide soprano est transcendé par une attention maniaque à la musicalité du texte, un art de l’ornementation terriblement efficace, riche sans être surchargé et néanmoins plein de surprises, sans oublier un talent d’actrice époustouflant qui fait disparaitre toute trace d’effort. A coté de cette Angelica féerique, on aurait pas forcément pensé à un chanteur aussi délicat que <strong>Max Emmanuel Cenčić</strong> pour incarner ce rôle ogresque qu’est Orlando. Pourtant, dès le « Nel profondo », son intelligence musicale lui permet d’impressionner sans histrionisme : l’aigu est superbe et contraste magnifiquement avec des graves moins sonores mais pas esquivés pour autant. La vocalisation est sans reproche et le somptueux timbre intact. Certes « Sorge l’irato nembo » manque un peu d’envergure, plus précis que ravageur, crânement affronté cependant. Les scènes de folies elles, sont amenées par un fin glissement psychologique, de la blessure à l’égarement, en un délire véhément qui ne cesse jamais d’être belcantiste. Dommage que l’acteur ne veuille pas quitter des yeux plus souvent sa partition.</p>
<p>Le reste de la distribution est très bien chantant mais brûle insuffisamment les planches pour réellement marquer, n’étaient quelques cadences, souvent restreintes à la conclusion des parties B, et qui font regretter que la tension ne monte que pour ces points d’orgue. L’annulation de Philipp Mathmann, non remplacé, nous prive des airs de Medoro (pas les plus mémorables, entre nous. Rn lieu et place nous sommes gratifiés notamment d&rsquo;un « Costanza tu m’insegni » pris un peu trop lentement mais qui permet à <strong>Pavel Kudinov </strong>de faire valoir ses belles couleurs de basse avant d’entamer les airs plus virtuoses avec vigueur. <strong>Sonja Runje</strong> est une Alcina investie mais trop policée. Privée de son « Alza in quegl’occhi », elle incarne une émouvante femme blessée pour « Cosi potessi », mais ni le vénéneux « Amorose ai rai del sole », ni les imprécations finales ne signalent la magicienne. <strong>Nicholas Tamagna </strong>chante de façon angélique son « Sol da te » accompagné de la flûte virevoltante et gracile de <strong>Zacharias Tarpagkos</strong>, mais à force de douceur, patine un peu la mélancolie sous-jacente de ce tube vivaldien. Enfin <strong>Jess Dandy</strong> est une Bradamante à la voix très originale : contralto très engorgé, comme si la voix n’atteignait jamais les résonateurs du visage, l’ambitus est certes large mais l’émission inégale (des vocalises en sourdine notamment, et des variations décevantes) même si la chanteuse alterne habilement voix chantée et parlée pour certaines notes. </p>
<p> </p>
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		<title>Haendel, Rodelinda &#8211; Harry Bicket</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Aug 2021 04:24:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son beau texte d&#8217;introduction, Harry Bicket tente d&#8217;expliquer la vogue actuelle des opéras de Haendel, qui ont de son vivant été éclipsés par ses oratorios et ont traversé un long purgatoire jusqu&#8217;à la fin du vingtième siècle. Il donne trois raisons. D&#8217;abord, la soif du public repu de romantisme vers un nouveau répertoire. Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son beau texte d&rsquo;introduction, <strong>Harry Bicket</strong> tente d&rsquo;expliquer la vogue actuelle des opéras de Haendel, qui ont de son vivant été éclipsés par ses oratorios et ont traversé un long purgatoire jusqu&rsquo;à la fin du vingtième siècle. Il donne trois raisons. D&rsquo;abord, la soif du public repu de romantisme vers un nouveau répertoire. Il faut dire, qu&rsquo;avec près de 42 opéras, Haendel donne du grain à moudre. Ensuite, la créativité des metteurs en scène contemporains, qui sont parvenus à insuffler une force nouvelle à la structure traditionnelle de l&rsquo;aria da capo, et à donner un sens dramatique aux myriades de conventions qui truffent ces ouvrages. Enfin, Bicket souligne l&rsquo;efflorescence de chanteurs baroques de grands talents, qui fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, « une œuvre de Haendel est plus simple à distribuer qu&rsquo;un opéra de Verdi ».</p>
<p>Chacun pensera ce qu&rsquo;il veut de ces explications, mais le fait est incontestable : Haendel est désormais populaire au même titre que d&rsquo;autres piliers du répertoire. Chaque année, l&rsquo;English Concert donne en concert un de ses opéras à Carnegie Hall. La soirée fait figure d&rsquo;événement dans la vie musicale new-yorkaise, et toutes les places sont vendues des mois à l&rsquo;avance. 2020 fut bien sûr un millésime particulier, les mesures sanitaires ayant détruit tout embryon de vie musicale dans la ville. Mais le chef a voulu à tout prix laisser un témoignage du travail entamé, et est parvenu à convaincre Linn d&rsquo;enregistrer cette <em>Rodelinda,</em> où il dit trouver un arc émotionnel rare dans la production de l&rsquo;époque. Le livret est mieux structuré que le tout-venant du temps ; il offre de belles situations et un personnage particulièrement riche sous les traits de Grimoaldo.</p>
<p>Les conditions draconiennes de l&rsquo;époque  de l&rsquo;enregistrement (septembre 2020) ont pesé sur le résultat final. Obligés d&rsquo;observer la fameuse distanciation sociale, les instrumentistes de l&rsquo;<strong>English Concert</strong> n&rsquo;offrent pas tout-à-fait la même richesse de sonorités qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée. Si la mise en place est irréprochable, le son parait souvent émacié, rêche, avec des « trous d&rsquo;air » dans sa texture. Cela peut s&rsquo;avérer gênant dans certains airs, où Haendel a délaissé le noir et blanc pour la couleur instrumentale la plus vive, mais le critique doit prendre en compte les limitations techniques rencontrées par les interprètes, et la fougue insufflée par le chef compense largement cette relative pauvreté. Harry Bicket a, comme les metteurs en scène dont il parle, trouvé la clé de l&rsquo;aria da capo, et il parvient à varier les reprises avec tant de nuances que les vielles formules de l&rsquo;<em>opera seria</em> en sont comme transfigurées.</p>
<p>La distribution offre elle aussi un panorama un peu inégal. S&rsquo;il n&rsquo;y a rien à redire à la prestation de la jeune basse <strong>Brandon Cedel, </strong>dont l&rsquo;autorité et l&rsquo;intensité sont déjà celles d&rsquo;un artiste confirmé, et si <strong>Jess Dandy </strong>offre un chant solide et pulpeux, un rien « standard », les interprètes principaux semblent passer par des phases de forme très diverses. En Rodelinda,<strong> Lucy Crowe</strong> commence l&rsquo;opéra difficilement : la tessiture semble lui poser problème, et la tension est audible tout du long de « L&#8217;empio rigor del fato ». L&rsquo;acte II la voit plus à l&rsquo;aise, et « Ritorna o caro » lui permet de délivrer ses couleurs vocales très moelleuses avec plus d&rsquo;aisance. Mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;au III qu&rsquo;elle s&rsquo;installe définitivement dans le rôle, offrant dans les 15 dernières minutes de l&rsquo;œuvre un feu d&rsquo;artifice de ce qu&rsquo;elle peut en terme de couleurs, ce qui n&rsquo;est pas peu. De même, <strong>Joshua Ellicott</strong> délivre un chant bien scolaire au départ, et les vocalises de « Se per te giungo a godere » le voient au bord de l&rsquo;accident. Comme sa Rodelinda, il fait mieux au deuxième acte, mais la fin de l&rsquo;opéra le voit à nouveau en difficulté. Son « Pastorello » sonne bien pâle, et il reste dans une réserve qui ne rend pas justice aux multiples facettes du personnage. Le problème de <strong>Iestyn Davies</strong> est différent. Si aucun passage ne semble lui poser problème sur un plan purement technique, ce chant impavide, millimétré, débité à la mitraillette  peut avoir quelque chose de lassant. Où sont la fragilité, les doutes, les fêlures ?</p>
<p>Malgré la sympathie qu&rsquo;inspire l&rsquo;entreprise,  on est bien forcé d&rsquo;en souligner les limites. Petit conseil aux curieux : ne pas hésiter à jeter un coup d&rsquo;oeil à la version de Richard Bonynge, chez Decca. Si elle est peu orthodoxe au niveau musicologique, elle offre d&rsquo;autres satisfactions sur le plan vocal notamment grâce à une Joan Sutherland en lévitation, qui prouve que le chant haendélien peut aussi bien s&rsquo;accommoder (et comment !) de gosiers belcantistes.</p>
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		<title>BACH, La Passion selon saint Jean — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-johannes-passion-baden-baden-avec-un-leger-decalage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Mar 2019 07:03:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une Johannes-Passion dirigée par William Christie, ça ne se rate pas. Avec ce bijou de perfection et la ferveur absolue qui s’en dégage, nous sommes aux sommets de l’art de Bach : voilà une soirée mémorable et sublime qui s’annonce au Festspielhaus de Baden-Baden, se dit-on. Est-ce d’en attendre trop, est-ce l’immensité de la salle insuffisamment &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une <em>Johannes-Passion</em> dirigée par <strong>William Christie</strong>, ça ne se rate pas. Avec ce bijou de perfection et la ferveur absolue qui s’en dégage, nous sommes aux sommets de l’art de Bach : voilà une soirée mémorable et sublime qui s’annonce au Festspielhaus de Baden-Baden, se dit-on. Est-ce d’en attendre trop, est-ce l’immensité de la salle insuffisamment remplie et en comparaison l’effectif peut-être un peu trop raisonnable des Arts Florissants qui peine à imposer les déferlantes sonores escomptées, toujours est-il que l’impression générale reste mitigée, avec une pointe d’agacement pour ne pas avoir vibré en continu au cours de l’exécution de ce chef-d’œuvre pourtant servi avec savoir-faire et toute l’expérience de l’un des chefs les plus importants qui soient. En fait, il n’y a rien à redire ou presque à ce que nous avons pu entendre, d’une incontestable beauté et générosité, sauf peut-être une perfection un rien trop lisse. Dès le départ, c’est la surprise d’un continuo très imposant et des cordes envahissantes qui empêchent de s’extasier à loisir des sublimes variations sur le « Herr », cependant vite régulée en termes d’équilibre entre les instruments et les voix. La frustration initiale s’efface rapidement car tout se met heureusement en place pour une belle harmonie d’ensemble. Au clavier, le maestro officie lui-même à intervalles réguliers et peut compter sur l’entente parfaite de tous les effectifs. On retiendra au final une grande concentration et un bonheur manifeste d’officier ensemble.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="291" src="/sites/default/files/styles/large/public/les-arts-florissants-choeur-orchestre-d-rouvre.jpg?itok=ALvQ0HIu" title="Les Arts Florissants Chœur et orchestre © D. Rouvre" width="468" /><br />
	Les Arts Florissants Chœur et orchestre © D. Rouvre</p>
<p>Si la Passion selon saint Jean de Bach requiert avant tout un grand évangéliste, nous sommes ici gâtés : <strong>Reinoud Van Mechelen </strong>s’impose magistralement, avec toutes les qualités requises. Diction impeccable, puissance dramatique évidente, sens des effets remarquable, longueur de voix qui permet des vocalises particulièrement expressives et virtuoses, le ténor nous procure ravissement et toute une palette d’émotions intensément vécues. Son interprétation lui vaut une ovation bien méritée.</p>
<p><strong>Alex Rosen </strong>est un Jésus grave, mystérieux et dont l’essence divine l’emporte sur les faiblesses humaines, nous semble-t-il. <strong>Jess Dandy</strong> peine tout d’abord à sa faire entendre. Heureusement, la voix prend de l’assurance et se départit de la stricte confidentialité au fil du drame pour laisser émerger toute la beauté de l’alto. Ô combien angélique, <strong>Rachel Redmond </strong>est radieuse et lumineuse, sublimant une technique époustouflante. <strong>Anthony Gregory</strong> et <strong>Renato Dolcini </strong>complètent cette distribution de grande classe. Les chœurs, auxquels les solistes sont mêlés, sont à l’unisson. La musique de Bach fait le reste et le « Ruht wohl » réconcilie tout le monde. Après tout, ce n’était pas un rendez-vous manqué, simplement une rencontre où l’on arrive presque en retard, tout en peinant à se mettre au diapason, ce qui finit tout de même par arriver. Cela dit, cette Passion était présentée bien tôt, en plein carême. La tradition veut que le Festspielhaus donne plutôt ses Passions le Vendredi Saint : comme il serait gratifiant de pouvoir réentendre la même <em>Johannes-Passion </em>le 19 avril prochain, pour ne plus avoir les oreilles ou l’empathie en berne, avec les mêmes interprètes…</p>
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