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	<title>Dario SOLARI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211;  Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 04:00:37 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">Toulouse</a>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/">Dijon</a> et<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-montpellier/"> Montpellier</a> c&rsquo;est au tour de l&rsquo;opéra de Marseille d&rsquo;accueillir ce <em>Don Giovanni </em>mis en scène par Agnès Jaoui.</p>
<p>Avec le remplacement de Nicolas Courjal dans le rôle titre, cette nouvelle reprise bénéficie d&rsquo;une distribution quasi intégralement renouvelée et d&rsquo;excellente tenue. <strong>Dario Solari </strong>reprend son incarnation dijonnaise pour camper un Don Juan grand seigneur, plein de morgue et de hauteur. Jouisseur, manipulateur, il use de son charme insolent pour subvertir le monde à ses « barbares appétits ». Le charisme de l&rsquo;artiste n&rsquo;a d&rsquo;égal que son intense présence vocale. Stable, toujours intelligible, il s&rsquo;épanouit dans chaque registres avec une aisance confondante.</p>
<p>L&rsquo;autre baryton de la troupe, <strong>Marc Barrard</strong>, dessine un Leporello tout aussi réjouissant. Outre une technique impeccable – naturelle, à l&rsquo;émission claire – il est également un merveilleux diseur, sur l&rsquo;humour duquel reposent les rires qui se multiplient dans l&rsquo;assistance. D&rsquo;un geste, d&rsquo;une inflexion, il rend perceptible l&rsquo;ineptie de son maître. Outre les costumes qui tendent nettement vers le XVIIᵉ siècle, c&rsquo;est par son truchement que la patte de Molière est la plus perceptible ce soir.</p>
<p>Troisième homme de la distribution, mais non des moindres, <strong>Cyrille Dubois</strong> brille en Don Ottavio. Le rôle lui va comme un gant, mettant en valeur la somptuosité du timbre, l&rsquo;art de la ligne et cette pureté juvénile qui fait merveille dans chacun de ses trois airs. Avec lui, l&rsquo;aura <em>Sturm und Drang</em> d&rsquo;un héros romantiques colore la palette déjà large de la représentation.</p>
<p>De leur côté, les trois femmes dessinent autant de silhouettes parfaitement caractérisées, aussi différentes dans leurs affects que dans leurs couleurs vocales. La Donna Anna de <strong>Salomé Jicia</strong>, aux harmoniques sombres, aux aigus bien couverts, régale du velours épais de sa voix large au focus précis.</p>
<p><strong>Margaux Poguet</strong>  fait mouche dès son premier air. En dépit d&rsquo;un vibrato un peu serré, avec d&rsquo;impeccables vocalises et une belle conduite du son, elle compose une Donna Elvira qui oscille entre grandeur et un léger ridicule ; une femme qui aime envers et contre tout, jusqu&rsquo;à l&rsquo;aveuglement.</p>
<p><strong>Floriane Hasler</strong>, pour sa part, est une Zerlina au soprano ductile, scéniquement moins à l&rsquo;aise dans les scènes de séduction que l&rsquo;on pourrait l&rsquo;espérer. Toute de charme et d&rsquo;expressivité, elle donne délicieusement la réplique au magnifique Masetto de <strong>Louis Morvan </strong>: timbre rond et opulent, projection riche et percussive, il apporte une étoffe singulière au personnage, tandis que <strong>Mischa</strong> <strong>Schelomianski</strong> complète avantageusement la distribution en Commendatore de grand style.</p>
<p>Agnès Jaoui et <strong>Eric Ruf</strong> choisissent de donner un cadre urbain atemporel au récit avec des façades moyenâgeuses qui pourraient se dresser aussi bien à Venise qu&rsquo;à Séville. Les éléments pivotants permettent d&rsquo;animer l&rsquo;espace sans cesse, l&rsquo;ouvrant et le fermant à plaisir, selon que les héros se trouvent eux-mêmes pris en étau dans une situation apparemment inextricable ou qu&rsquo;une échappatoire s&rsquo;offre à eux. Les lumières de <strong>Bertrand Couderc</strong> subliment l&rsquo;ensemble bien que quelques réglages soient encore nécessaires. Le choix de baigner le plateau dans des tons chauds chaque fois que Don Juan joue de sa séduction et de basculer dans des tons froids chaque fois qu&rsquo;il risque d&rsquo;être démasqué, pour fort simple, n&rsquo;en est pas moins efficace.</p>
<p><strong>Pierre-Jean Larroque</strong> complète cette évocation avec de somptueux costumes. La recherche de matières, textures, offre quelques clins d’œil à la peinture classique, portraits de Raphaël ou de Tintoret, ou encore charrette et liesse villageoises qui ont tout d&rsquo;un Goya.</p>
<p><span lang="fr-FR">De leur côté, l&rsquo;orchestre et le chœur de l&rsquo;Opéra de Marseille œuvrent avec grande compétence à la réussite de la soirée. Il y a beaucoup de velouté, d&rsquo;intelligence dans le travail des pupitres sous la direction de <strong>Lawrence Foster</strong> qui les dirige de longue date et propose une version classique, assez assise de « l&rsquo;opéra des opéras ». Le chef pourrait néanmoins mieux soutenir ses chanteurs et ainsi éviter qu&rsquo;un trop grand nombre de décalages n&rsquo;émaillent la soirée.</span></p>
<p>Comme tout mythe, <em>Don Giovanni </em>se prête à moult interprétations. Le choix qui est fait ici n&rsquo;est pas celui du libertinage métaphysique, qui pousse un homme à défier la mort face aux abîmes pascaliens de son inanité, mais plutôt celui des bas instincts de prédations.</p>
<p><span lang="fr-FR">Comme elle l&rsquo;affirme elle-même,<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/agnes-jaoui-on-connait-tous-des-don-giovanni/"> Agnès Jaoui</a> décrit un abuseur, son emprise sur les femmes de son entourage, ses manipulations perverses. Il n&rsquo;y a pas grand chose à sauver chez son Don Juan. Le trait est d&rsquo;autant plus pessimiste que le damné réapparaît au baissé de rideau alors que ceux qu&rsquo;il a persécuté se réjouissent de sa disparition, figure inexpugnable et éternelle. Ce regard éminemment contemporain était précisément le sujet du dernier film d&rsquo;Agnès Jaoui, l&rsquo;objet du délit, sorti </span><span lang="fr-FR">en mai dernier et qui ancrait le questionnement soulevé par les mouvements #MeToo dans le contexte d&rsquo;un autre chef-d&rsquo;œuvre de la trilogie Da Ponte, </span><span lang="fr-FR"><em>Le Nozze di Figaro</em>.</span></p>
<p>Le spectacle est à découvrir à Marseille jusqu&rsquo;au 11 octobre avant une ultime reprise en mars prochain au Grand Théâtre de Tours.</p>
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