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	<title>Grace DAVIDSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Grace DAVIDSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Une nuit à la Fondation Louis Vuitton avec Max Richter</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/une-nuit-a-la-fondation-louis-vuitton-avec-max-richter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Passer une nuit entière à écouter de la musique, entre rêve et éveil : c’est l’expérience inédite que propose Max Richter à la Fondation Louis Vuitton les 14 et 15 novembre 2025. Pour le 10e anniversaire de SLEEP, œuvre fleuve de huit heures conçue avec Yulia Mahr, le compositeur britannique convie le public à s’allonger &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="153" data-end="608">Passer une nuit entière à écouter de la musique, entre rêve et éveil : c’est l’expérience inédite que propose <strong>Max Richter</strong> à la Fondation Louis Vuitton les 14 et 15 novembre 2025. Pour le 10e anniversaire de <em data-start="360" data-end="367">SLEEP</em>, œuvre fleuve de huit heures conçue avec <strong>Yulia Mahr</strong>, le compositeur britannique convie le public à s’allonger sur des matelas installés dans l’Auditorium, bercé par un quintette à cordes, une soprano (<strong>Grace Davidso</strong>n) et ses claviers, de 23h à 7h du matin.</p>
<p data-start="610" data-end="1118">Les plus curieux pourront aussi opter pour un parcours nocturne dans l’exposition « Gerhard Richter », accompagné en direct par les deux premières heures de la partition. Créé en 2015, <em data-start="795" data-end="802">SLEEP</em> a depuis voyagé de Sydney à la Grande Muraille de Chine, imposant son rituel musical comme une expérience sensorielle unique, brouillant les frontières entre concert et installation. À Paris, Max Richter promet une nouvelle immersion collective dans ce « rêve éveillé » qui défie notre façon d’écouter la musique.</p>
<pre><strong>SLEEP – Parcours musical dans l’exposition « Gerhard Richter »
</strong>
Vendredi 14 novembre et Samedi 15 novembre 2025 de 23h à 7h
Max Richter, piano et composition
Grace Davidson, soprano
Ben Russell, violon
Natalia Bonner, violon
Nick Barr, alto
Ian Burdge, violoncelle
Chris Worsey, violoncelle
∙  20h : Accueil des spectateurs
∙  20h – 22h : Accès à l’exposition « Gerhard Richter » et aux espaces de restauration
∙  22h : Ouverture des portes de l’Auditorium
∙  23h – 7h : SLEEP - 75 couchages seront disposés dans l’Auditorium. (Pour chaque spectateur, un matelas, un drap housse, un oreiller, une couverture et un masque de nuit sont mis à disposition.)
∙  7h – 8h : Un petit-déjeuner est servi aux spectateurs au restaurant Le Frank
Tarif : 200€

Vendredi 14 novembre et Samedi 15 novembre de 23h à 1h
À l’occasion du concert de Max Richter dans l’Auditorium, la Fondation propose une visite nocturne et musicale de l’exposition « Gerhard Richter ». De 23h à 1h du matin, les visiteurs parcourent librement l’exposition tout en profitant de la retransmission en direct des deux premières heures de « SLEEP ».
∙  21h30 : accueil des visiteurs pour une introduction à l’exposition en présence des médiateurs culturels et accès aux espaces de restauration sur place.
∙  23h – 1h : en direct de l’Auditorium, diffusion vidéo dans le Hall et diffusion audio dans les Galeries.
Tarif : 20€


</pre>
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		<item>
		<title>BACH, Cantates BWV 138, 8 &#038; 75 &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-cantates-bwv-138-8-75-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Philippe Herreweghe et les cantates de Bach, c’est une longue histoire d’amour qui a commencé il y a près de 50 ans, et qui visiblement n’est pas près de s’arrêter. Répertoire inépuisable, propice à toujours plus de recherche et d’approfondissement, d’une immense richesse à la fois musicale et philosophique, ce corpus parmi les plus impressionnants &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Philippe Herreweghe et les cantates de Bach, c’est une longue histoire d’amour qui a commencé il y a près de 50 ans, et qui visiblement n’est pas près de s’arrêter. Répertoire inépuisable, propice à toujours plus de recherche et d’approfondissement, d’une immense richesse à la fois musicale et philosophique, ce corpus parmi les plus impressionnants de l’histoire de la musique conserve, plus de deux siècles après sa création, sa capacité à nous émouvoir malgré les évolutions radicales de la société, et en particulier notre attitude résolument différente face à la religion et à la mort.</p>
<p>Car c’est bien de l’homme face à la mort qu’il est question ici, question universelle s’il en est, mais dont le moins qu’on puisse dire est que les réponses du XVIIIe siècle luthérien sont bien loin de notre vision d’aujourd’hui. Il faut donc un peu de recul, un peu de culture et une part d’imagination pour comprendre les textes de ces cantates et leur mise en musique, qui expriment la joie du pécheur à l’idée de rejoindre son seigneur, la soumission docile aux épreuves, et les interrogations face au destin, l’image douce et rassurante d’une mort acceptée. La musique quant à elle nous touche directement ; c’est presqu’un paradoxe mais c’est sa force, indépendamment de toute croyance personnelle, sans doute en raison de son élévation spirituelle, sa géniale élaboration architecturale, mais aussi sa très sincère modestie, sa quotidienneté, qui la rendent accessible à tous.</p>
<p>Cette musique-là, bien sûr, n’a jamais été conçue pour le concert, mais simplement pour servir d’illustration, d’extension ou de commentaire au culte dominical, et pourtant, son efficacité dramatique s’impose dans toutes les circonstances.</p>
<p>Et c’est tout le talent de <strong>Philippe Herreweghe</strong> de faire vivre cette musique sans rien trahir de ses origines, tout en l’inscrivant résolument dans notre époque. Son interprétation, à force de perpétuelle remise en question, s’est affinée au cours du temps, de nombreux enregistrements en témoignent. Sa quête de l’effectif idéal, des voix idéales, sa recherche du tempo juste, de la place à laisser aux solistes et aux instruments avec lesquels ils dialoguent, du ton à adopter, sa façon de s’effacer, lui – le chef –&nbsp;devant la partition, tout cela a fini par aboutir après cinquante ans de pratique, à un équilibre idéal dont le concert bruxellois est en quelque sorte le témoin.</p>
<p>Il entre en scène à petits pas, un peu voûté et l’air modeste mais l’œil malicieux. Il sait qu’il a réuni un quatuor vocal de très haut niveau, en grande partie renouvelé au cours des dernières années, un chœur resserré (trois voix par pupitre solistes inclus) rompu à l’exercice, largement rajeuni lui aussi, et que l’atmosphère très chaleureuse de la salle fera le reste.</p>
<p>Toutes ces qualités sont présentes dès le chœur d’ouverture de la première cantate, (Pourquoi t’attristes-tu mon cœur ?) qui comporte pas moins de cinq récitatifs mais un seul aria. L’occasion pour la basse croate <strong>Krešimir Stražanac</strong>, exceptionnel de présence et d’attention au texte, voix somptueuse, idéale pour l’expression de la confiance en Dieu, de faire valoir son talent.</p>
<p>Dans la deuxième cantate, (Dieu très bon, quand vais-je mourir&nbsp;?) on remarquera surtout le rôle de la flûte, dont la partie tout en notes répétées sonne dès le chœur d’ouverture comme un glas funèbre, à la fois doux et persistant, inéluctable. L’air de ténor qui suit donne à <strong>Guy Cutting</strong>, jeune ténor anglais au raffinement musical exceptionnel l’opportunité d’un dialogue avec hautbois d’amour, qu’il mène avec élégance et conviction et qui prend le ton rassurant d’une berceuse. Le ravissement se poursuit avec l’air de basse qui n’exprime que la joie, à l’évocation de la rencontre avec le Seigneur. La disposition du chœur en arc de cercle derrière l’ensemble instrumental permet à chaque pupitre un contact visuel avec les autres ce qui entraîne une circulation très libre d’une voix à l’autre, discrètement conduite par le chef. De bout en bout, la prestation du choeur sera remarquable : attention active, enthousiasme communicatif, rigueur et parfait équilibre des voix.</p>
<p>Les deux autres solistes, <strong>Alex Porter</strong>, alto à la voix bien posée mais au style parfois un peu affecté, et la soprano <strong>Grace Davidson</strong> britannique elle aussi, voix quasi sans vibrato mais pas sans couleur, au timbre jeune et frais, parfaitement adéquat, font preuve l’un et l’autre du même dévouement à la partition.</p>
<p>Après la pause, la cantate BWV 75 (Les pauvres mangeront) en deux parties complètera le programme avec le même raffinement, ponctuée des interventions de la trompette qui reprend et souligne le thème de choral.</p>
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		<item>
		<title>BACH, Passion selon saint Matthieu &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-matthieu-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2024 06:35:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est presqu’un rituel : chaque année, à la fin du Carême, le Mélomane qui a depuis longtemps déserté les églises se rend dans une salle de concert pour y entendre le récit de la Passion. Si le drame ne le touche peut-être pas pour les mêmes raisons que le Chrétien, il n’empêche que, immanquablement, il est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est presqu’un rituel : chaque année, à la fin du Carême, le Mélomane qui a depuis longtemps déserté les églises se rend dans une salle de concert pour y entendre le récit de la Passion. Si le drame ne le touche peut-être pas pour les mêmes raisons que le Chrétien, il n’empêche que, immanquablement, il est touché physiquement par une musique d’une expressivité inouïe. Sans doute parce qu’elle exprime une blessure faite à l’humanité toute entière et, dès lors, touche une forme d’universel. Peut-être aussi parce qu’elle évoque des thèmes qui vont au-delà du religieux : trahison, vindicte populaire, (in)justice, souffrance, mort, deuil, espoir. A-t-on jamais mieux résumé ce qui inquiète toute humanité<a href="applewebdata://9BB34933-8C2D-4A8D-9A49-00E70DD20C47#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> ?</p>
<p>À ce rituel se greffent des traditions. Musicalement, les interprétations proposées depuis plusieurs dizaines d’années par <strong>Philippe Herreweghe </strong>et le <strong>Collegium Vocale Gent</strong> font autorité et, précisément, ont largement contribué à forger ce qu’est la <em>Passion selon saint Matthieu</em> aujourd’hui. C’est donc à une exécution sûre que nous assistons. Chaque changement de <em>tempo</em>, chaque <em>rallentando</em>, chaque enchaînement, chaque manière d’amener la fin d’une séquence, en un mot, chaque note et chaque respiration, ont été murement réfléchis et éprouvés. C’est presqu’un exercice de style, l’aboutissement de la méditation et du travail d’une vie, au risque de ne plus questionner certains parti-pris désormais bien ancrés : faut-il absolument conclure chaque choral par un ralenti à certains égards caricatural (certains écriraient : lourd) ? Faut-il terminer un chœur plein d’animation par une retenue qui n’en finit pas (« das mördrische Blut ! », dans le n° 27) ? Faut-il nécessairement respirer par phrase musicale quand le texte commande autre chose (dans le n° 10 par exemple : « an Händen und an Füßen/gebunden in der Höll ») ? Ne faudrait-il pas, à certains moments, admettre que la partition verse dans la théâtralité et l’assumer plus franchement (on pense à nouveau au n° 27) ? Il s’agit là de choix d’interprétation très clairement posés. Et s’il nous revient de poser des questions, c’est bien à Herreweghe d’y répondre : il connaît assurément infiniment mieux la partition et les nuances de l’œuvre.</p>
<p>Monumentale à bien des égards, l’œuvre s’appuie sur un double orchestre – chacun ayant son propre continuo – et un double chœur. Si, lors de la création de l’œuvre à l’église Saint-Thomas de Leipzig, il est très probable que le chœur 2 était significativement plus petit que le chœur 1 (les deux tribunes qui existaient alors ne permettaient en effet pas d’accueillir un nombre égal de chanteurs), accentuant ainsi les effets de réponse qui parcourent la partition, le choix est ici porté sur des effectifs égaux. Il en résulte un équilibre remarquable, sans doute adapté aux conditions contemporaines d’exécution de l’œuvre – c’est-à-dire, dans une salle de concert. D’emblée, le chœur d’ouverture impose une maîtrise absolue et un sens dramatique assuré. La musique avance pas à pas, comme un chemin de croix. Les effets de réponse sont clairs et s’enchaînent fluidement, soutenus par un choral aérien mais présent. Du côté de l’orchestre, la lecture est analytique. Chaque phrase et ligne mélodique fait l’objet d’une attention particulière qui la fait exister et qui, en même temps, assure une densité sonore exceptionnelle à l’ensemble. C’est certainement le génie de l’écriture de Bach qui le permet, mais c’est assurément une lecture d’une très grande finesse qui actualise cette potentialité.</p>
<p>D’une manière générale, les chœurs sont parfaits. Tantôt inquiets, voire déchaînés – même si on aurait parfois aimé encore plus d’investissement dans le n° 27 –, ils sont aussi capables du plus grand apaisement. Les chorals offrent à cet égard une belle variété d’intentions – allant de l’inquiétude sincère dans le n° 3 à l’affliction la mieux incarnée dans le n° 37 –, tandis que certaines réponses cristallisent en un seul mot deux millénaires de souffrance (« Barrabam ! » dans le n° 45 ou « Lass ihn kreuzigen ! » dans le n° 50).</p>
<p><strong>Julian Prégardien</strong> est un Évangéliste qui peine d’abord à sortir du rôle d’un narrateur neutre (mais peut-être est-ce un parti-pris stylistique). Là où la partition laisse une grande liberté dans les récitatifs, offrant parfois la possibilité de s’affranchir de toute mesure ou contrainte rythmique rigide, il offre une lecture sage, très récitée. Rapidement, néanmoins, le personnage s’anime, offrant quelques moments très théâtraux (dans le n° 36, son « speiten » [« crachèrent »] est terriblement violent – ce que les consonnes du mot et l’écriture de Bach appellent évidemment). Il gagne en épaisseur dramatique et resserre la tension qui devient extrême au moment de la crucifixion, car c’est lors d’une intervention de l’Évangéliste – donc dans un récitatif – que Jésus est crucifié (n° 58 : « L’ayant goûté, il [Jésus] ne voulut pas le boire. Quand ils l’eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements […] »). La voix est claire et bien projetée, les aigus lumineux. Il passe en toutes circonstances et offre aussi quelques moments plus chantés où il déploie une ligne sûre et un sens de la phrase irréprochable.</p>
<p>Le Jésus de <strong>Florian Boesch </strong>est certainement un élément central de la dramaturgie de l’œuvre. D’emblée, il incarne son personnage avec une présence affirmée. Confiant face à un destin que son personnage connaît déjà, Florian Boesch offre une interprétation qui traduit l’angoisse, la peur même, mais qui ne verse jamais dans le pathétique. C’est bien ce que le texte et la partition exigent : Jésus est humain, mais il accepte un sort qui relève du divin. Les phrases sont menées à leur terme avec un sens du phrasé irréprochable (le dialogue reproduit dans le n° 11 offre, à cet égard, de magnifiques moments). Les graves sont pleins, nourris, très noirs quand le texte l’exige (dans le n° 18 par exemple : « Meine Seele ist betrübt bis an den Tod, bleibet hier und wachet mit mir »).</p>
<p><strong>Grace Davidson </strong>livre un « Blute nur » (n° 8) qui reste un peu léger, au regard du texte (« Saigne, ô tendre cœur ! Ah ! Un enfant que tu as élevé, qui a sucé ton sein, menace de tuer ton protecteur, car il est devenu perfide comme le serpent »). Les aigus sont légèrement voilés et certains appuis arrivent en retard. Les vocalises sont en revanche menées avec finesse et élégance. <strong>Dorothee Mields </strong>a le timbre qui convient au « Wiewohl mein Herz in Tränen schwimmt » et à l’air qui suit (n° 12 et 13). Le son est rond, ample, chaleureux. L’interprétation un peu retenue dans un air qu’on entendrait volontiers exalté. Dans le « So ist mein Jesus nun gefangen » (n° 27), elle mène un dialogue parfait avec les <em>traverso</em> et <strong>Hugh Cutting</strong>, contre-ténor qui avait déjà gratifié le « Buß und Reu » et l’arioso qui le précède (n° 5 et 6) de son timbre doux et rond. L’interprétation du contre-ténor aurait néanmoins pu être plus inquiète encore dans cet air (n° 6). Dans l’air d’ouverture de la seconde partie (n° 30), en revanche, le dosage entre affliction et inquiétude est parfait et la progression idéale. Le « Erbarme dich » (n° 39) est un moment suspendu, où le moindre détail est abouti (un crescendo léger donne par exemple au « dich » un relief particulier). <strong>William Shelton </strong>– contre-ténor à la voix enveloppante – surprend par le contraste entre un arioso (n° 51) très saccadé et un air (n° 51) qui révèle un sens du phrasé particulièrement abouti. Dans le « O Schmerz » (n° 19) et l’air qui suit (n° 20), <strong>Hugo Hymas </strong>livre une lecture engagée et inquiète, offrant de beaux contrastes. Si le timbre manque parfois d’éclat, la projection est idéale et les vocalises souples. <strong>Benedict Hymas </strong>est idéal dans le « Geduld ! » et l’arioso qui le précède (n° 34 et 35). Son timbre englobe tout et apporte de l’unité à une orchestration dont le caractère saccadé est ici volontairement souligné. <strong>Dingle Yandell </strong>sert adéquatement le « Gerne will ich mich bequemen » (n° 23), mais c’est dans le « Gebt mir meinem Jesum wieder ! » (n° 42) qu’il se révèle réellement. Le ton est ici vindicatif et il parvient à adopter le caractère intransigeant que le texte demande. Les vocalises sont parfaitement conduites, en bonne intelligence avec les cordes qui mènent l’air. Enfin, <strong>Konstantin Krimmel </strong>est un Pierre au timbre clair et tranchant et à la projection efficace, tandis que le Pilate de <strong>Philipp Kaven </strong>et le Judas de <strong>Julian Millán </strong>complètent idéalement une distribution globalement excellente.</p>
<p>« Höchst vergnügt schlummern da die Augen ein » (« Pleinement heureux, les yeux s’endorment paisiblement »).</p>
<pre><a href="applewebdata://9BB34933-8C2D-4A8D-9A49-00E70DD20C47#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> À propos de l’autre Passion de Bach, Annie Ernaux écrit quelques lignes qui suffisent à prouver le caractère universel de pièces dont la portée dépasse de loin la religion. Elle vient d’avorter : « J’écoutais dans ma chambre <em>La passion selon saint Jean </em>de Bach. Quand s’élevait la voix solitaire de l’Évangéliste récitant, en allemand, la passion du Christ, il me semblait que c’était mon épreuve d’octobre à janvier qui était racontée dans une langue inconnue. Puis venaient les chœurs. <em>Wohin ! Wohin !</em> Un horizon immense s’ouvrait, la cuisine du passage Cardinet, la sonde et le sang se fondaient dans la souffrance du monde et la mort éternelle. Je me sentais sauvée » (A. Ernaux, <em>L’événement</em>, Paris, Gallimard, 2000, p. 118).</pre>
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			</item>
		<item>
		<title>Haydn &#8211; Mass in Time of War, Nelson Mass</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haydn-mass-in-time-of-war-nelson-mass-messes-amatrices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Mar 2017 14:23:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Estampillé des prestigieuses armoiries du Royal Philharmonic Orchestra, cet album Haydn a tout pour attirer l’œil du mélomane dans les rayons d’un disquaire. Le design est soigné, la facture anglaise (et donc mieux renseignée que quiconque sur la musique du compositeur), et le couplage Mass in Time of War et Nelson Mass réunit deux monuments &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Estampillé des prestigieuses armoiries du Royal Philharmonic Orchestra, cet album Haydn a tout pour attirer l’œil du mélomane dans les rayons d’un disquaire. Le design est soigné, la facture anglaise (et donc mieux renseignée que quiconque sur la musique du compositeur), et le couplage <em>Mass in Time of War</em> et <em>Nelson Mass</em> réunit deux monuments du répertoire sacré. C&rsquo;est pourtant la sensation de trop peu qui prédomine une fois l’écoute terminée. Analysons les causes de cette occasion manquée.</p>
<p class="rtejustify">C’est avant tout le quintette de solistes qui peine sérieusement à nous convaincre. <strong>Grace Davidson</strong>, soprano dans la <em>Paukenmesse</em> (autre nom de la <em>Mass in Time of War</em>), n’offre rien de particulier. La voix est belle et fraîche, mais l’interprétation est réduite au strict minimum, soulignant un manque de projection des consonnes déjà latent. C’est <strong>Rachel Nicholls </strong>qui prend son relais dans la <em>Nelson Mass</em>, dans une interprétation déjà plus vivante et investie, mais où un manque de justesse vient gâcher un beau timbre, et où les consonnes manquent toujours à l’appel. Les interventions discrètes du mezzo d’<strong>Anna Harvey</strong> sont honorables, même si on sent que la voix a des difficultés à se mouvoir dans les passages rapides. Le ténor <strong>Mark Wilde</strong> est quant à lui mis en difficulté par son registre aigu, sensation de malaise hélas partagée par l’auditeur. <strong>Ashley Riches</strong> se voit déjà chanter le <em>Requiem</em> de Verdi, tant le pathos est poussé jusqu’à l’extrême. Dans les solos de basse du « Qui tollis » des deux messes, l’atmosphère de recueillement est abandonnée au profit d’expansions ampoulées vers un registre aigu pourtant fragile.</p>
<p class="rtejustify">A ces ensembles disparates se greffe un <strong>Royal Philharmonic Orchestra</strong> déjà bien au-dessus, mais qui ne gagne pas pour autant notre satisfaction pleine et entière. Irréprochable techniquement, doté d’un solide son de groupe comme d’une balance des pupitres équilibrée, c’est du côté de l’investissement que le bât blesse. La direction de <strong>Hilary Davan Wetton</strong> (un homme, comme son nom ne le laisse pas deviner) ne manque pas de clairvoyance, mais elle conserve une froideur routinière, passant à côté des nombreuses curiosités orchestrales et langagières des deux partitions. Enfin, soulignons des choix de registres pour le moins curieux des solos d’orgues. </p>
<p class="rtejustify">Le <strong>City of London Choir</strong> est peut être le seul élément de cet enregistrement ne décevant pas ses auditeurs. Il peut être vu comme un équivalent britannique au Chœur de Paris : un ensemble fait d’amateurs chevronnés se produisant régulièrement avec des formations professionnelles. Le résultat est celui que l’on pourrait attendre d’un chœur non-professionnel se confrontant à ces deux messes faisant la part belle aux interventions chorales. Malgré certaines voyelles très ouvertes (les « è » ou « a ») et des intonations parfois approximatives (surtout dans la <em>Nelson Mass</em>, bien plus exigeante techniquement), on sent que les choristes sont suffisamment à l’aise dans leur partie pour en communiquer l’enthousiasme à l’auditeur, qualité qui n’était pourtant pas donnée à tous les interprètes de cet album.</p>
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		<title>Déjà un avant goût de Pâques à Bruxelles avec Couperin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/deja-un-avant-gout-de-paques-a-bruxelles-avec-couperin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Feb 2016 06:43:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les circonstances étaient un peu adverses, ce jeudi soir à Bruxelles, pour goûter à la magie de Couperin. Le froid et l’humidité régnaient dans l’Eglise de Minimes, le clavecin était mal accordé, l’une des deux chanteuse en petite forme. Mais le public était venu fervent et nombreux, en attente d’une expérience mystique qui pût marquer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les circonstances étaient un peu adverses, ce jeudi soir à Bruxelles, pour goûter à la magie de Couperin. Le froid et l’humidité régnaient dans l’Eglise de Minimes, le clavecin était mal accordé, l’une des deux chanteuse en petite forme. Mais le public était venu fervent et nombreux, en attente d’une expérience mystique qui pût marquer le début du carême. Le programme était allé puiser dans les trois <em>Leçons de Ténèbres</em> de François Couperin qu’on donnait par tranches, complétées par son <em>Magnificat</em> et entrecoupées de pièces pour viole extraites des trois premiers livres de Marin Marais. A la tête du Ricercar Consort en très petit effectif, <strong>Philippe Pierlot</strong> a cependant sauvé la mise en insufflant à ces pièces d’une grande austérité la juste part de virtuosité contenue, de simplicité et de sincérité d’expression qui permettent à la musique de jaillir avec force, de s’imposer quelles que soient les circonstances, et de susciter la méditation, puisque de toute évidence c’est ici son rôle. <strong>Céline Scheen</strong> et <strong>Grace Davidson</strong> ont des voix qui s’accordent facilement, même si la première met à ses interprétations plus de relief et de style. Dès lors, ce sont les pièces à deux voix, le Magnificat et la Troisième Leçon qui, plus élaborées et d’un style mieux affirmé, furent sur ce plan les plus efficaces, et portèrent au plus haut l’émotion du pauvre Jérémie se lamentant devant Jérusalem ruinée.</p>
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