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	<title>Lieselot DE WILDE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:24:37 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Lieselot DE WILDE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Cupid and Death — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cupid-and-death-rennes-eros-et-thanatos-a-la-foire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Oct 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son spectacle de rentrée, l&#8217;Opéra de Rennes propose une réjouissante rareté qui a déjà fait ses preuves sur de nombreuses scènes de l&#8217;hexagone, de Caen à l&#8217;Athénée en passant par Rouen, Compiègne, Hardelot ou encore Versailles. La musique de Mattew Locke s&#8217;avère plaisante sans être inoubliable mais servie avec talent par l&#8217;Ensemble Correspondances qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour son spectacle de rentrée, l&rsquo;Opéra de Rennes propose une réjouissante rareté qui a déjà fait ses preuves sur de nombreuses scènes de l&rsquo;hexagone, de Caen à l&rsquo;Athénée en passant par Rouen, Compiègne, Hardelot ou encore Versailles.</p>
<p>La musique de Mattew Locke s&rsquo;avère plaisante sans être inoubliable mais servie avec talent par l&rsquo;<strong>Ensemble Correspondances</strong> qui travaille merveilleusement couleurs, nuances, reliefs. La phalange dirigée par <strong>Sébastien Daucé</strong> se prête à toutes les facéties, participant à l&rsquo;action, se joignant au chœur à l&rsquo;occasion et changeant même de place sur scène à cinq ou six reprises – tout en continuant à jouer !</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/cupid_and_death_taverne_r_alban_van_wassenhove.jpg?itok=fszgDzrH" title=" © Alban Van Wassenhove" width="468" /><br />
	 © Alban Van Wassenhove</p>
<p>L&rsquo;argument est diablement séduisant, nourrit d&rsquo;une bonne dose de « wit » britannique : Cupidon et la Mort font halte dans la même auberge. Leurs flèches sont échangées par le majordome, incarné par le remarquable <strong>Nicholas Merryweather</strong> que l&rsquo;on aimerait plus entendre chanter. Désormais les victimes d&rsquo;Amour ne s&rsquo;en relèvent plus, tandis que la Mort entraîne des vieillards, des guerriers et montreurs de singes dans des parades amoureuses contre nature.</p>
<p>Nature, précisément, est effondrée de cette inversion des valeurs et c&rsquo;est finalement Mercure qui obtient le retour de chacun à ses fonctions en remettant la bonne flèche dans le bon carquois. Les deux personnages éponymes ne prennent pas la parole directement, Folie, Démence et Désespoir s&rsquo;en chargent pour eux.</p>
<p><strong>Soufiane Guerraoui</strong> campe un Monsieur Loyal dégingandé qui nous initie aux arcanes du <em>Mask</em> anglais avec un aplomb sans faille et une formidable liberté physique. Qu&rsquo;il braille les didascalies dans son porte-voix, se chamaille avec la répétitrice d&rsquo;anglais ou se grime en singe&#8230; il est parfait !</p>
<p><strong>Fiamma Bennett</strong> lui donne la réplique avec talent, hilarante elle aussi, lorsqu&rsquo;elle incarne le Désespoir aspirant au suicide mais se consolant d&rsquo;une bouteille de vin.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/cupid_and_death_f._bennett-l._de_wilde_r_alban_van_wassenhove.jpg?itok=AWcWr6th" title=" © Alban Van Wassenhove" width="312" /><br />
	 © Alban Van Wassenhove</p>
<p>Le plateau vocal, d&rsquo;excellente tenue, dégage une énergie joyeuse et un abattage scénique épatant mais n&rsquo;a pas tant d&rsquo;occasions de briller de manière individuelle. Mention particulière néanmoins pour la magnifique <strong>Lucile Richardot</strong> dont l&rsquo;alto sensuel et plein fait merveille en Dame Nature.</p>
<p><strong>Perrine Devilliers, Antonin Rondepierre</strong> ainsi que <strong>Lieselot de Wilde</strong> et son chewing gum collé derriere l&rsquo;oreille sont au diapason.</p>
<p><strong>Yannis François </strong>accuse malheureusement la fatigue en fin de soirée avec des aigus qui cassent mais prête à Mercure la belle prestance, le timbre chaud qui avaient déjà séduits le public de l&rsquo;ouest dans <em>le</em> <em>Malade Imaginaire</em> à Nantes ou encore dans<em> la Dame Blanche</em> en tournée avec la co[opéra]tive.</p>
<p> </p>
<p>Les qualités scéniques exemplaires des interprètes s&rsquo;avèrent indispensables car, comme dans le concept du jeu « transparent », ils sont ici présents sur scène en tant qu&rsquo;eux-mêmes tout en incarnant différents personnages. Le décor d&rsquo;<strong>Oria Puppo</strong> rend ce choix palpable. Il est composé de container, de boites en bois et de grands plastiques, sans cesse déplacés et réagencés ; autant d&rsquo;éléments qui protègent habituellement la scénographie au lieu de la constituer.</p>
<p>Cette esthétique de tréteaux, carnavalesque, pleine de fantaisie, de liberté, infuse également le kaléidoscope de costumes – qui habille également tout l&rsquo;orchestre – et régale par son unité fantasque.</p>
<p>Jeu de projection, d&rsquo;ombres chinoises, clins d’œil picturaux aux scènes de genre hollandaises ou à Botticelli, masques et accessoires de carton ou de polystyrène, pancartes pour commenter l&rsquo;action ou biaiser la traduction du texte&#8230;<strong> Jos Houben </strong>et<strong> Emily Wilson</strong> ne manquent pas de créativité pour servir la brillante dramaturgie de <strong>Katherina Lindekens. </strong>Ils rendent accessible et rieuse cette pochade pleine d&rsquo;esprit vieille de près de quatre cent ans.</p>
<p>Un spectacle-friandise à déguster encore à Quimper, Dinan, Besançon, Schwetzingen et Herblay.</p>
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		<title>L&#8217;Opéra de Rennes à l&#8217;heure du baroque anglais</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-rennes-a-lheure-du-baroque-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2022 14:38:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Opéra de Rennes affichera à partir de la fin de ce mois et pour quatre représentations un rare exemple de « masque », ce divertissement précurseur du spectacle total, contenant chant, danse,  poésie, déclamation et grand spectacle, avec « Cupid and Death » (Cupidon et la Mort, 1653) de James Shirley sur une musique de Matthew Locke et Christopher Gibbons. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Opéra de Rennes affichera à partir de la fin de ce mois et pour quatre représentations un rare exemple de « masque », ce divertissement précurseur du spectacle total, contenant chant, danse,  poésie, déclamation et grand spectacle, avec « <em>Cupid and Death</em> » (<em>Cupidon et la Mor</em>t, 1653) de James Shirley sur une musique de Matthew Locke et Christopher Gibbons. Il s’agit d’une coproduction avec le Centre international de création théâtrale de Paris, le théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet et le Théâtre de Caen.</p>
<p>Un spectacle rare et particulièrement réjouissant car il ne reste guère de traces originales de ces pièces anglaises antérieures à Purcell et qui témoignent de la tendance en vogue outre-Manche au temps de Frescobaldi, Cavalli, Schütz, Froberger ou du jeune Lully&#8230; C’est dire l’intérêt de ce spectacle, qui sera proposé aux scolaires le 30 septembre, et qui sera interprété par l’<strong>Ensemble Correspondances</strong> dirigé par <strong>Sébastien Daucé</strong> avec une mise en scène de <strong>Jos Houben</strong> et <strong>Emily Wilson </strong>ainsi que, dans la distribution, entre autres artistes, <strong>Lucile Richardot, Perrine Devillers ou encore Lieselot De Wilde.</strong></p>
<p>Tous les détails sur le <a href="https://opera-rennes.fr/fr/opera/cupid-death" rel="nofollow">site de l&rsquo;Opéra de Rennes</a>.</p>
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		<item>
		<title>LOCKE, Cupid and Death — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/locke-cupid-and-death-versailles-amour-et-amour-du-theatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sébastien Daucé a déjà présenté en 2019 une œuvre du compositeur anglais plutôt méconnu Matthew Locke, composée en 1675 et intitulée Psyche, qui se voulait une réponse au tout nouveau genre de la tragédie lyrique française. Il est communément admis qu’il s’agit là du premier opéra anglais à proprement parler. On sait cependant que des formes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sébastien Daucé</strong> a déjà présenté en 2019 une œuvre du compositeur anglais plutôt méconnu Matthew Locke, composée en 1675 et intitulée <em>Psyche</em>, qui se voulait une réponse au tout nouveau genre de la tragédie lyrique française. Il est communément admis qu’il s’agit là du premier opéra anglais à proprement parler. On sait cependant que des formes scéniques mêlant danse et chant existaient auparavant, sous la forme de ce qu’on appelait le <em>masque</em>, ancêtre du<em> semi-opera</em>, genre où Purcell et Blow devaient s’illustrer quelques années plus tard. L’ouvrage qui nous intéresse ici, <em>Cupid and Death</em>, est le seul <em>masque</em> dont la partition est parvenue jusqu’à nous dans sa quasi intégralité. </p>
<p>Le livret de <em>Cupid and Death</em>, signé James Shirley, met en scène l’arrivée de l’Amour et de la Mort dans une auberge. Leurs flèches sont échangées pendant la nuit par un chambellan, ce qui conduit l’Amour à tuer et la Mort à répandre la tendresse. Cette inversion des valeurs, typiquement baroque et carnavalesque, fait naître des situations tour à tour grotesques et poétiques : des vieillards tombent sous le charme les uns des autres, des ennemis mortels s’étreignent plutôt que de s’éreinter et de jeunes gens sont tués alors qu’Amour voulait les réunir. La Nature s’offensant face à ce tohu-bohu, Mercure lui-même descend des cieux pour remettre de l’ordre sur la terre, après que le chambellan a été puni en se consumant d&rsquo;amour pour ses singes&#8230;</p>
<p>Le manuscrit autographe de l’œuvre est de Matthew Locke, mais on suppose que Christopher Gibbons a également participé à sa composition. Comme plus tard dans le <em>semi-opera</em>, mais selon une logique dramatique beaucoup plus erratique, on voit s’alterner dans ce <em>masque</em> des passages parlés, comme une saynète où l’incarnation du Désespoir guérit son envie de suicide par la boisson, des scènes de danse, des morceaux d’ensemble chantés et des airs brefs. La musique n’en est pas vraiment inoubliable, mais elle a ses charmes, et l’ensemble – texte et musique – constitue une matière première particulièrement riche pour les interprètes, qui s’en emparent avec panache.</p>
<p>Déjà en itinérance depuis un moment sur différentes scènes (celle du Théâtre de Caen tout d’abord, puis celle de l’Athénée, de Rouen, etc.), la mise en scène de <strong>Jos Houben</strong> et <strong>Emily Wilson</strong> déploie une esthétique de tréteaux : le plateau est occupé par des caisses de différentes tailles, comme si le décor était constitué de ce qui sert d’ordinaires à contenir et transporter objets et costumes de scène. Cette méta-théâtralité se retrouve dans des adresses directement faites au public par un bonimenteur, des projections ou des pancartes reproduisant (ou tordant) des éléments du livret, des annonces ou des commentaires faits par les musiciens de l’orchestre, les chanteurs ou les deux comédiens, tous réunis sur scène dans le même espace. La fantaisie toute britannique des costumes (gilet en tricot à motifs, kilt à carreaux, collants rayés multicolores) répond à l’utilisation imaginative d’accessoires ou d’objets communs (cartons, farces et attrapes, bâches) qui prennent une dimension merveilleuse sur scène et permettent de rapides métamorphoses de personnages ou des changements de décors à vue. Toutes les ressources de l&rsquo;art scénique sont convoquées – le théâtre d&rsquo;ombre, le masque ou le théâtre d&rsquo;objet – dans un tourbillon visuel sans temps mort.</p>
<p>La joyeuse troupe d’artistes, animée d’une énergie constante durant tout le spectacle, est menée par <strong>Soufiane Guerraoui</strong>, acteur polymorphe qui interprète l’aubergiste et le bonimenteur s’adressant au public, ainsi que la Mort et d’autres rôles où sa souplesse physique et sa vigueur font merveille. L’actrice britannique <strong>Fiamma Bennett</strong> est particulièrement marquante dans la scène du Désespoir, embobelinée dans la corde avec laquelle le personnage aimerait se pendre, mais elle endosse bien d’autres rôles avec le même brio. </p>
<p>Tous les chanteurs n’ont pas forcément l’occasion de briller chacun individuellement pendant un long moment, mais ils sont totalement engagés, allant jusqu&rsquo;à prendre en charge avec fougue les parties dansées. <strong>Perrine Devilliers</strong> séduit particulièrement, grâce à un timbre fruité et une présence scénique évidente. Désopilante dans un numéro de pancartes qui viennent resserrer et actualiser le discours final de Mercure, <strong>Lieselot de Wilde</strong> fait mouche en usant adroitement des soupçons d’acidités de son timbre. La miraculeuse <strong>Lucile Richardot</strong> offre à Nature sa voix profonde, aux reflets ardents, et convoque ses ressources de tragédienne pour faire résonner les mots avec majesté.</p>
<p>On le croirait d’abord qu’acteur, puisqu’il ne se met à chanter seul qu’assez tardivement dans le spectacle : <strong>Nicholas Merryweather </strong>est saisissant dans son rôle de chambellan, plein d’ironie et de densité. <strong>Yannis François</strong> est un Mercure qui manque peut-être un peu d’autorité vocale pour remplir sa fonction, mais le musicien est adroit et sensible. Enfin, <strong>Antonin Rondepierre</strong> est celui qui a le moins de passages solistes, mais sa voix de ténor claire se fait remarquer par sa qualité d’émission.</p>
<p><strong>Sébastien Daucé</strong> dirige d&rsquo;un regard alerte les instrumentistes de son <strong>Ensemble Correspondances </strong>depuis son virginal, sur la plateau. Costumés, ils se déplacent plus d&rsquo;une fois avec leurs instruments, comme des artistes itinérants. Ils poussent même la chansonnette. Le tissu instrumental n&rsquo;est pas très dense, car les instrumentistes sont peu nombreux, mais les couleurs sont malgré tout différenciées et le discours est expressif. On sent affleurer un bonheur communicatif à jouer ensemble, qui irrigue tout le spectacle. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>LOCKE, Psyché — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/psyche-versailles-psyche-ressuscitee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jan 2020 00:04:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un passage par Hardelot en juin dernier, la Psyché de Matthew Locke, longtemps restée dans l’oubli, se donne de nouveau à entendre au milieu des dorures de l’Opéra royal de Versailles. Premier semi-opéra de l’Histoire – et socle à partir duquel les grandes œuvres lyriques anglaises vont pouvoir se développer –, cette Psyché mêlait &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un passage par <a href="https://www.forumopera.com/psyche-hardelot-semi-opera-mais-reussite-totale?fbclid=IwAR3u6ybml0avL7qKDcQJAk_2fbhs_TV6O82F2N9SLGRgqYbDAdPLefxaXlY">Hardelot en juin dernier</a>, la <em>Psyché</em> de Matthew Locke, longtemps restée dans l’oubli, se donne de nouveau à entendre au milieu des dorures de l’Opéra royal de Versailles.</p>
<p>Premier semi-opéra de l’Histoire – et socle à partir duquel les grandes œuvres lyriques anglaises vont pouvoir se développer –, cette Psyché mêlait à l’origine des passages parlés, la musique de Locke et des danses composées par Draghi, malheureusement perdues ; mais pour cette version de concert, pas de dialogues, et des danses puisées dans le répertoire de l’époque afin de reconstituer au mieux une partition incomplète.</p>
<p>Il va sans dire que l’on adorerait voir cette <em>Psyché</em> enrichie par la présence d’acteurs, ne serait-ce que pour voir sur scène l’héroïne, absente ici parce qu’elle ne chante pas, et que l’on aimerait la voir mise en scène, tant l’action alambiquée, les changements de décor et autres dii ex machina promettent du grand spectacle. Mais <strong>Sébastien Daucé</strong> et l’ensemble <strong>Correspondances</strong> nous offrent malgré tout une bien belle porte d’entrée dans une œuvre qui mérite qu’on la redécouvre.</p>
<p>Elle bénéficie en effet d’une distribution d’une grande homogénéité, où treize chanteurs incarnent un ou plusieurs rôles et interprètent les chœurs. <strong>Marc Mauillon</strong>, qu’on ne présente plus dans le répertoire baroque, possède ainsi une excellente projection et une diction extrêmement claire qui en font un Mars de choix. De son côté, <strong>Lucile Richardot</strong> a une autorité incontestable et s’empare avec énergie du texte qu’elle énonce dans chacun de ses rôles, qualités qu’elle partage avec <strong>Etienne Bazola</strong> en Vulcain et Bacchus et <strong>Yannis François</strong> – malgré des graves assez peu sonores.</p>
<p>Il convient également de souligner les performances de <strong>William Shelton</strong> et <strong>Antonin Rondepierre</strong>, deux jeunes chanteurs extrêmement prometteurs qui parviennent à tirer leur épingle du jeu au milieu d’une distribution unanimement rompue à ce répertoire, mais que l’œuvre ne met pas forcément en avant en tant que solistes. Toutes ces qualités individuelles donnent en tout cas un très beau son au chœur, qui affiche en plus un dynamisme bienvenu.</p>
<p>Le dynamisme est décidément un mot d’ordre de cette production, puisque l’orchestre permet que l’œuvre ne s’appesantisse pas malgré l’absence de dialogues parlés pour faire avance l’action. On aurait certes pu espérer une direction qui accorde davantage de place aux détails et distingue mieux les différents plans sonores ; mais les musiciens nous offrent une interprétation cohérente et vivante de cette musique et participent pour beaucoup à la réussite d’un concert qui, on l’espère, ouvrira la voie à d’autres représentations de cette <em>Psyché</em> que l&rsquo;on est heureux de voir ressuscitée, à l’instar de son héroïne.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>PAUWELS, L&#039;Autre Hiver — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lautre-hiver-luxembourg-brillante-virtuosite-de-mise-en-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2016 23:02:57 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/brillante-virtuosit-de-mise-en-scne/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Œuvre éminemment internationale, canadienne par son livret (bilingue français anglais), flamande par sa musique, française par son sujet, cet opéra du XXIe siècle, résolument tourné vers la modernité par sa conception même, place dans une situation artificielle (et totalement imaginaire) deux personnages phares de la littérature française, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine, dont il présente &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Œuvre éminemment internationale, canadienne par son livret (bilingue français anglais), flamande par sa musique, française par son sujet, cet opéra du XXI<sup>e</sup> siècle, résolument tourné vers la modernité par sa conception même, place dans une situation artificielle (et totalement imaginaire) deux personnages phares de la littérature française, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine, dont il présente la rencontre fortuite sur le pont d’un bateau immobilisé par les glaces du grand nord. L’opéra fut créé l’an dernier à Mons, la ville où Verlaine purgea la peine de prison dont il avait écopé suite à la dispute des deux amants un soir de beuverie (le 9 juillet 1873, à Bruxelles) et au malheureux coup de révolver qui avait blessé Rimbaud au poignet gauche. Sous-titré <em>un rêve de Verlaine</em>, le livret postule que la rencontre initiale des deux poètes s’est faite sous la forme d’un malentendu, Verlaine pensant retrouver en Rimbaud la trace d’un ami d’enfance perdu de vue.</p>
<p>Le dispositif scénique unique de ce spectacle d’un seul tenant (85 minutes sans entracte) présente 24 mannequins – 11 enfants et 13 adultes – aux visages hermétiquement fermés sur la face desquels le metteur en scène va projeter l’image de choristes bien réels, créant ainsi une illusion stupéfiante et hautement poétique, onirique, de personnages hallucinés, un peu extraterrestres comme on en voit dans les rêves, tenant à la fois du monde d&rsquo;ici-bas et de l’au-delà, du réel et de l’imaginaire. Ce chœur impressionnant figure les passagers d’un bateau non pas ivre mais pris par les glaces, immobile, complètement figé. Sur la coursive supérieure, deux chanteuses incarneront les deux poètes en différentes scènes de leur vie commune, leur rencontre, leur dispute, leur séparation. Un mannequin supplémentaire figurera l’enfant perdu, l’enfant mythique qui fera chavirer la raison du poète. A l’arrière-plan, un grand écran accueille des images vidéo, la mer, des visages en gros plan.</p>
<p>Passée la première impression très forte que dégagent les 24 personnages du chœur et l’effet de mystère qui découle de leur étrangeté, le spectacle s’épuise rapidement faute de renouvellement visuel, de mouvement et d’action ; les côtés obscurs du livret laissent le spectateur perplexe face à une narration terriblement statique malgré certains aspects dramatiques. En filigrane, le plus touchant est sans doute l’incursion, à la fin du spectacle, dans le monde des enfances meurtries, évoqué avec pudeur en quelques phrases seulement.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="280" src="/sites/default/files/styles/large/public/unspecified_0_0.jpg?itok=dLT8v1Yx" title="© Kurt Van Der Elst" width="424" /><br />
	© Kurt Van Der Elst</p>
<p>Sept musiciens et leur chef, placés derrière le chœur des mannequins, assurent toute la partie vive du spectacle avec beaucoup de précision, sous la direction de <strong>Filip Rathé</strong> également responsable des synthétiseurs.</p>
<p>La partition de <strong>Dominique Pauwels</strong> mélange joyeusement la grammaire kaléidoscopique habituelle de la musique contemporaine avec tout un univers de passages préenregistrés, mais très subtilement intégré au point qu’on n’en distingue pas facilement les sources. Il y a donc une grande cohérence entre le langage musical et la mise en scène, tous deux mélangeant subtilement et avec beaucoup de virtuosité ce qui est déjà fait (enregistré) et ce qui se fait sur scène au moment même. Sur le plan musical aussi, parallèlement à la mise en scène, le spectacle connaît des redites, se perd un peu dans la narration, souffre d’un manque de ligne directrice, malgré une grande richesse sonore. <strong>Lieselot De Wilde</strong> incarne un Rimbaud plutôt nonchalant ou désabusé, avec une voix claire parfois un peu tendue à laquelle est mixée, par moments, une voix masculine. L’ensemble parfaitement synchrone produit un effet halluciné qui renforce encore le sentiment d’étrangeté.  Sa complice <strong>Marion Tassou</strong>, très belle voix et diction exemplaire, donne au personnage de Verlaine, présenté ici aux limites de la folie, à la fois beaucoup de substance et d’humanité, et surtout beaucoup de poésie, signant une très belle performance tant scénique que vocale.</p>
<p>Le spectateur ressort impressionné par l’expérience visuelle qu’il vient de vivre, bluffé par la virtuosité technique de la mise en scène, mais pas totalement convaincu par le contenu du propos.</p>
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