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	<title>Kirsten DEHLHOLM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Kirsten DEHLHOLM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly —</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2017 15:34:49 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est sur le dédoublement du rôle titre qu’est basée l&rsquo;étrange mise en scène de <em>Madama Butterfly</em> à Bruxelles, due à l’inventivité originale et un peu décalée de <strong>Kirsten Dehlholm </strong>: d’une part, un chanteuse de chair et d’os incarnant une Butterfly vieillissante, le cheveu gris épars, placée le plus souvent hors champ, à l’avant scène, et d’autre part une poupée grandeur nature, fragile, inexpressive, encombrée de ses trois marionnettistes, placée au cœur de l’action, mais à qui jamais personne ne s’adresse, sorte de jouet manipulé, inutile, impersonnelle et vaine.</p>
<p>Ce parti pris s’avère vite fort contraignant : la plupart des scènes importantes de l’œuvre – sur le plan musical ou dramatique &#8211;  ne parviennent pas à s’y plier. Par exemple, le duo d’amour de la fin de l’acte I, le duo entre Cio-Cio-San et Suzuki sous les cerisiers ou la relation entre la mère et l’enfant, et jusqu’à la mort de l’héroïne sont autant de moments ratés ou simplement éludés, faute de trouver une solution adéquate. Les chœurs quant à eux sont tout bonnement renvoyés en coulisse, on n’a que faire de tous ces encombrants chanteurs sur la scène !</p>
<p>Toute l’esthétique du spectacle va chercher ses références au Japon, comme par surenchère avec l’Orient de salon – mais sans aucune prétention, lui &#8211; qui tient lieu d’exotisme à la partition de Puccini. A travers divers éléments de décor (une jolie toiture de pagode en est l’élément principal) des projections vidéo et des costumes de papier plié aux limites de l’abstraction, par la gestuelle très codifiée des personnages, c’est le Japon ancestral qui est ici convoqué, dans une atmosphère de froideur extrême, en complète contradiction avec la sensualité à fleur de peau de la partition. Sourde aux appels pressant de la musique, c’est cette sensualité, précisément, que la mise en scène refuse catégoriquement, préférant l’esquive, le contresens ou le grand écart esthétique.</p>
<p>L’émotion visuelle est ainsi quasi absente et le regard du spectateur, sans cesse partagé entre la chanteuse, excellente et émouvante, et la marionnette, sans âme malgré la virtuosité de ceux qui la manipulent, finit assez vite par faire son choix, de sorte qu’il est guidé hors du champ de l’action vers l’avant scène, délaissant ce que la metteur en scène avait voulu placer au centre. Restent par moment quelques beaux tableaux où dominent le vide, l’abstraction et la raideur. Le ridicule n’est souvent pas loin, comme lorsque Pinkerton revient à bord d’un paquebot façon croisière pour retraités de la classe moyenne, ou que, dans la scène finale, l’enfant devient un énorme bibendum gonflable du plus mauvais goût.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="234" src="/sites/default/files/styles/large/public/madama_butterfly_n._liang_suzuki_a._heo_il_principe_yamadori_r._botta_goro_a._argiris_sharpless_a.voulgaridou_cio-cio-san_c_baus.jpg?itok=voQlqSDe" title="Ning Liang, Suzuki, la marionette, Aldo Heo, Yamadori, Riccardo Botta, Goro, Aris Argiris, Sharpless, Alexia Voulgaridou, Cio-Cio-San© Baus" width="468" /><br />
	© Baus</p>
<p>Heureusement, il y a la musique, suave, envoûtante et délicieusement efficace de Puccini pour redonner un peu de baume au cœur du spectateur qui, sinon, s’ennuierait fort. La direction de <strong>Roberto Rizzi Brignoli</strong> est précise et très attentive aux chanteurs, avec une évidente connaissance de la partition, de ses ressorts émotionnels et dramatiques dont il joue avec beaucoup de maîtrise. L’orchestre sous sa baguette donne le meilleur de lui même, avec des très belles couleurs aux vents, un belle souplesse des cordes et beaucoup d’homogénéité tout au long du spectacle. Et les voix ne sont pas en reste : la Cio-Cio-San d’<strong>Alexia Voulgaridou </strong>est absolument magistrale, à la fois puissante sans excès, émouvante avec justesse, jouant sans cesse sur plusieurs registres à la fois et extrêmement convaincante sur le plan dramatique, alors que la mise en scène la place sans cesse en dehors de l’action. Quel dommage de se priver de la contribution théâtrale d’une aussi bonne recrue ! Dans le rôle de Pinkerton, <strong>Marcelo Puente</strong> fait preuve de peu de raffinement musical, mais la voix puissante et bien timbrée convient tout à fait bien au rôle. <strong>Aris Argiris</strong> en Sharpless, affublé d’une étrange coiffure à l’orientale, est fort bien distribué également ; la Suzuki de <strong>Ning Liang</strong> est très émouvante, vocalement très solide et pleine d’une douce humanité qui ravit l’âme et le cœur. Parmi les plus petits rôles, soulignons encore les excellentes performances de <strong>Aldo Heo</strong> en Prince Yamadori ou de <strong>Riccardo Botta</strong> en Goro.</p>
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		<title>Rachmaninov Troika</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rachmaninov-troika-tableaux-dune-exposition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jul 2016 06:49:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Exhumés d’obscurs tiroirs, les rarissimes opéras de Rachmaninov avaient été donnés en 2015 à l’Opéra national de Lorraine avec Aleko et Francesca da Rimini, puis au théâtre national de Bruxelles quelques mois plus tard, sous le titre « Rachmaninov Troika », ajoutant aux deux œuvres précitées Le chevalier avare, toutes trois opéras achevés de la prime jeunesse &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Exhumés d’obscurs tiroirs, les rarissimes opéras de <strong style="line-height: 1.5;">Rachmaninov</strong> avaient été donnés en 2015 à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/aleko-francesca-da-rimini-nancy-le-temps-de-dante-et-le-temps-des-gitans">l’Opéra national de Lorraine</a> avec <em style="line-height: 1.5;">Aleko</em> et <em style="line-height: 1.5;">Francesca da Rimini</em>, puis au <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/aleko-le-chevalier-avare-francesca-da-rimini-bruxelles-la-monnaie-sur-lescalier-du-valhalla">théâtre national de Bruxelles</a> quelques mois plus tard, sous le titre « Rachmaninov Troika », ajoutant aux deux œuvres précitées <em style="line-height: 1.5;">Le chevalier avare</em>, toutes trois opéras achevés de la prime jeunesse du compositeur. Inexplicable rareté cependant, tant la musique, d’une exceptionnelle maturité, possède de lyrisme, de couleurs et d’onirisme, teintée d’une force dramatique qui ne se retrouve d’ailleurs peut-être pas avec autant de génie dans des livrets à la dramaturgie assez linéaire et dépouillée.</p>
<p class="rtejustify">Une des difficultés réside alors dans la mise en scène de ces histoires monochromes. <strong style="line-height: 1.5;">Kirsten Dehlholm</strong> et <strong style="line-height: 1.5;">Jon R. Skulberg</strong>, avec la collaboration de la compagnie <strong style="line-height: 1.5;">Hotel Pro Forma</strong>, en proposent ici une illustration, au sens littéral du terme. Chaque opéra est un tableau où les superbes costumes dessinés par <strong style="line-height: 1.5;">Manon Kündig</strong> constellent l’espace de couleurs vives et de courbes graphiques. Et dans cette épure, les personnages sont comme les conteurs nostalgiques d’un passé dont ils demeurent les tristes rebuts. Mais leur expressivité primitive, leurs gestes minimalistes et figés, dictés par le fantôme d’un Robert Wilson peut-être, donnent une impression de froideur et de profonde lassitude. Et malgré la réussite de certains effets, comme ce nuage de brume inquiétant au début de <em style="line-height: 1.5;">Francesca da Rimini</em> plongeant l’orchestre dans un Enfer tarkovskien, ce théâtre figuratif et hiératique prend souvent l’aspect d’un tableau mort plus que vivant.</p>
<p class="rtejustify">Musicalement, pourtant, c&rsquo;est un véritable feu d&rsquo;artifice. Avec une direction aussi vivace que précise, le chef russe <strong style="line-height: 1.5;">Mikhaïl Tatarnikov</strong> déploie des ailes de géant pour rendre palpable et sublimer la texture orchestrale extrêmement riche de ces oeuvres en ondes sonores, en particulier dans le flamboyant <em style="line-height: 1.5;">Francesca da Rimini</em>, où les sonorités de l’orchestre symphonique de La Monnaie sont tout simplement étourdissantes. Cet envoûtement, d’aucun pourra le ressentir à l’écoute des chœurs, notamment dans <em style="line-height: 1.5;">Aleko</em>, qui s’élèvent tel un chant des Sirènes irrésistible et angoissant, et ce, malgré le manque de justesse et de rondeur des pupitres féminins des Chœurs de La Monnaie.</p>
<p class="rtejustify">Loin d’exprimer par le corps la théâtralité musicale de ces trois opéras, c’est essentiellement par le verbe que les chanteurs la révèlent. La soprano <strong style="line-height: 1.5;">Anna Nechaeva</strong>, dont la carrière se déroule essentiellement en Russie, est une superbe Zemfira et Francesca, au timbre rond et à la voix puissante, dotée d’une tessiture centrale particulièrement solide. Très impressionnant, l’Aleko du baryton-basse <strong style="line-height: 1.5;">Kostas Smoriginas</strong> est d’une éloquente noblesse et sa voix feutrée résonne moins avec autorité qu’avec un charme assez irrésistible, en particulier face au jeune gitan de <strong style="line-height: 1.5;">Sergey Semishkur</strong> qui lui oppose l’innocence et la fraîche verdeur. Dans <em style="line-height: 1.5;">Le chevalier avare</em>, où règne un plateau exclusivement masculin au jeu tout à fait convainquant, il faut souligner la très grande présence scénique de <strong style="line-height: 1.5;">Sergei Leiferkus</strong> qui interprète le personnage du Baron, héritier d’un long monologue, ainsi que le Duc du baryton <strong style="line-height: 1.5;">Ilya Silchukov</strong> d’une remarquable prestance. Qu’il se glisse dans la peau du Vieux gitan ou de l’Ombre de Virgile, <strong style="line-height: 1.5;">Alexander Vassiliev</strong> possède la voix idéale du vieux conteur, observateur tapi dans l’ombre et plein de sagesse. <strong style="line-height: 1.5;">Dmitry Golovnin </strong>est tout à fait honorable dans les rôles d&rsquo;Albert et de Dante, et bien que le timbre particulier de <strong style="line-height: 1.5;">Dimitris Tiliakos</strong> ne nous séduise pas beaucoup, la brutalité jalouse de son Lanceotto Malatesta inspire étrangement autant de répulsion qu&rsquo;une tendresse compatissante.</p>
<p class="rtejustify">Ainsi, malgré un choix artistique audacieux pour lequel une maison telle que La Monnaie mérite d&rsquo;infinies louanges, la mise en scène ne nous semble pas à la hauteur de la partition. C’était sans doute là un risque à prendre que de suivre la logique d’un livret à la tension dramatique quasi inexistante plutôt que celle d’une musique si éloquente, et dont le romantisme prend parfois même des accents wagnériens.</p>
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		<title>RACHMANINOV, Aleko&#124;Le Chevalier avare&#124;Francesca da Rimini — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aleko-le-chevalier-avare-francesca-da-rimini-bruxelles-la-monnaie-sur-lescalier-du-valhalla/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Melanie Defize]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2015 06:18:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Prélude à sa saison extra-muros, la Monnaie vibre au succès de sa nouvelle production, Rachmaninov Troïka, actuellement au Théâtre National de Bruxelles. Triptyque des opéras achevés du compositeur russe que sont Aleko, Le Chevalier avare et Francesca da Rimini, Rachmaninov Troïka transcende en scène d&#8217;opéra, de ses couleurs enchanteresses, ce lieu dédié aux arts de la parole originellement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Prélude à sa saison extra-muros, la Monnaie vibre au succès de sa nouvelle production, <em>Rachmaninov</em> <em>Troïka</em>, actuellement au Théâtre National de Bruxelles. Triptyque des opéras achevés du compositeur russe que sont <em>Aleko, Le Chevalier avare </em>et <em>Francesca da Rimini</em>, <em>Rachmaninov Troïka</em> transcende en scène d&rsquo;opéra, de ses couleurs enchanteresses, ce lieu dédié aux arts de la parole originellement tout de noir vêtu. </p>
<p>Le premier coup d&rsquo;oeil du spectateur se pose naturellement sur cet endroit atypique accueillant une mise en scène propice à un grand nombre d&rsquo;effectifs, orchestre symphonique inclu (en raison de l&rsquo;absence de fosse d&rsquo;orchestre). Dès la levée de rideau, les musiciens règnent à l&rsquo;avant-scène, aux pieds d&rsquo;un monumental escalier englobant l&rsquo;ensemble du plateau. De là, née d&rsquo;une riche palette musico-dramatique puisée dans l&rsquo;antre de cette trilogie de haut vol, la mise en scène de <em>Troïka</em> – extraordinaire fantasmagorie de <strong>Kirsten Dehlholm</strong> – ressemble à s&rsquo;y méprendre aux ailes chamarrées d’un papillon vivant autant de jour que de nuit. Le spectateur s&rsquo;engouffre alors dans le ventre de cette envolée d’escaliers dantesques menant au sommet de l’Enfer des passions.</p>
<p><em>Rachmaninov</em> <em>Troïka </em>débute avec <em>Aleko</em> – œuvre-diplôme du compositeur âgé de dix-neuf ans – faisant planer dans un camp tzigane l’ombre de la mort et la silhouette errante de <em>Peer Gynt</em> de Grieg. Place ensuite au <em>Chevalier avare</em> où les voix solistes et isolées retentissent dans le tréfonds de caves emplies de coffres forts invisibles, ces caves insalubres de cupidité (presque « lacustres » tant elles sont inondées de solitude) avec pour seule issue une lampe allumée, des graffitis et un cœur perdu, rutilant et assoiffé. Finalement, <em>Francesca da Rimini</em> rejoint le sommet du triptyque depuis la densité nébuleuse de l’Enfer de Dante jusque dans l’harmonie mystique des chœurs de la Monnaie. Les couleurs lyriques de <em>Troïka</em> transparaissent dans les costumes chatoyants que l&rsquo;on croirait venus tout droit de Laponie, défiant dans les moindres détails l’omniscience du très haut <em>Valhalla</em>. Viennent alors se greffer l’art vidéo de <strong>Magnus Pind Bjerre</strong> et les lumières de <strong>Jesper Kongshaug </strong>plongeant dans l’univers multidimensionnel des jeux vidéos (<em>Le chevalier avare</em>) et focalisant <em>Troïka</em> sous l’instabilité de néons infernaux aux mouvances frénétiques et ondoyantes (<em>Francesca da Rimini</em>).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/francesca_da_rimini_2_c_sebastien_forthomme.jpg?itok=UN22MBy_" title="Francesca da Rimini © Sébastien Forthomme" width="468" /><br /><em>Rachmaninov Troïka </em>&#8211; Francesca da Rimini (La Monnaie) © Sébastien Forthomme</p>
<p><em>Troïka </em>n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;occasion inespérée de découvrir les opéras de Rachmaninov. Elle est aussi ce triptyque exaltant la verve d&rsquo;une kyrielle de voix slaves à la fois puissantes, intimes et toutes très équilibrées les unes par rapport aux autres. De cette harmonie parfaite entre chanteurs et Orchestre de la Monnaie, émerge la main de Rachmaninov soucieuse des couleurs lyriques. Les mélodies sont sensationnelles et naviguent entre voix et instruments tandis que les duos sont souvent dotés de choeurs vertigineux tels ceux de Francesca et Paolo (<em>Francesca da Rimini</em>). Fondre et faire fusionner les écritures vocales et orchestrales dans une texture dérivée de l&rsquo;équilibre d&rsquo;arpèges luxuriants de consonances sous lesquelles se cachent de subtiles pépites harmoniques caractérise les opéras de Rachmaninov et provoque une sensation d&rsquo;unicité irréductible. Grâce à cette distribution de voix toujours homogènes et savamment amplifiées afin de surpasser l&rsquo;orchestre placé à l&rsquo;avant-scène, <em>Troïka </em>est une performance opératique brillante. Parmi les voix saisissantes, <strong>Sergey Semishkur </strong>(Le Jeune tzigane, Paolo) possède le timbre le plus chaud de tous ainsi qu&rsquo;une agilité intrépide lui assurant sa présence d&rsquo;amoureux transi particulièrement attachante. Dans le rôle du Baron, le magnanime <strong>Sergei Leiferkus</strong> chante, de sa profonde voix de baryton semblable au faste d&rsquo;une étoffe impériale, la fureur de l&rsquo;avarice faite de chair et d&rsquo;os dans un ambitus ample et généreux. <strong>Ilya Silchukov </strong>(Le Duc), <strong>Alexander Kravets </strong>(L&rsquo;Usurier juif) ou encore <strong>Dimitris Tiliakos</strong> (Lanceotto Malatesta) incarnent eux aussi par leur chant les spécifités dramatiques des personnages de Pouchkine et de Dante. </p>
<p>Cette formule magique née du chaudron de <strong>Kirsten Dehlholm</strong> et de <strong>Krystian Lada,</strong> rejoint les amples envolées orchestrales sous la direction du très talentueux <strong>Mikhail Tatarnikov</strong> sachant captiver l&rsquo;auditeur au point de laisser libre cours à l’écoute du silence des voix (ou « silence dramaturgique »). Ce silence, <em>Troïka</em> le sculpte dans une gestuelle des personnages lente, solennelle et précise, quasi magnétique lorsque les choeurs rejoignent l&rsquo;orchestre. Remarquable magnétisme qui n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas sans évoquer, tout en délicatesse, le minutieux déploiement des corps dans le temps cinématographique d’Ingmar Bergman. </p>
<p>Dans les rouages de ces trois opéras différents que sont <em>Aleko</em>, <em>Le Chevalier avare</em> et <em>Francesca da Rimini</em>, les composantes de <em>Troïka</em> forment un seul et même liant digne de l’alchimie d’un peintre flamand mêlant l’inestimable harmonie des passions. Si la durée du spectacle est de 3h45, le temps de <em>Troïka</em>, lui, fuit sans jamais vous rappeler à la réalité tel cet <em>« endroit où la beauté et l’art (…) tissent l’étoffe dont les étoiles sont faites </em>».</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/aleko-le-chevalier-avare-francesca-da-rimini-bruxelles-la-monnaie-sur-lescalier-du-valhalla/">RACHMANINOV, Aleko|Le Chevalier avare|Francesca da Rimini — Bruxelles (La Monnaie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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