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	<title>Alfred DELLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alfred DELLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Apollo e Dafne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Benoît Jacques de Dixmude]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2021 05:43:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nos amis britanniques s’y entendent pour perpétuer les traditions. Qu’il s’agisse de conduire du côté gauche de la route ou de promouvoir le jeu de cricket dans leurs anciennes colonies, on peut compter sur eux – en mesures impériales of course, pas dans le système métrique, dont la froideur cartésienne est totalement dénuée de poésie. Dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nos amis britanniques s’y entendent pour perpétuer les traditions. Qu’il s’agisse de conduire du côté gauche de la route ou de promouvoir le jeu de cricket dans leurs anciennes colonies, on peut compter sur eux – en mesures impériales <em>of course</em>, pas dans le système métrique, dont la froideur cartésienne est totalement dénuée de poésie.</p>
<p>Dans le domaine de la musique, voilà près de cinq siècles que le chant choral s’épanouit outre-Manche, dans les cathédrales, les collèges et parmi des milliers de sociétés d’amateurs, assurant un niveau remarquable de la pratique vocale. Autre exemple : depuis sa création en 1741, le <em>Messie </em>de Haendel résonne pratiquement chaque année quelque part au Royaume Uni. Certes, il a fallu attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que la pratique historiquement informée vienne remettre de l’ordre dans les dérives peu respectueuses du texte original. Même en Grande Bretagne, le respect de la tradition s’accommodait volontiers d’entorses aux sources, pour sacrifier au goût du jour.</p>
<p>Le présent CD donne la mesure du chemin parcouru dans le domaine de l’interprétation de Haendel et du répertoire baroque en général. Il illustre bien le rôle que certains pionniers britanniques ont joué dans la redécouverte de cette merveilleuse musique. </p>
<p>L’origine de cet album constitue à elle seule une histoire fascinante : il s’agit d’une compilation provenant des archives personnelles de <strong>Richard Itter</strong>, fondateur de Lyrita Records, un excellent label qui s’est concentré sur les compositeurs britanniques à partir de 1958. Collectionneur passionné, mélomane exigeant et audiophile pointu, Itter a enregistré de manière professionnelle une série de programmes produits et de concerts captés par la BBC dans les années ’50. Il faut savoir que sous la pression du puissant syndicat des musiciens, la BBC n’était pas autorisée à conserver des enregistrements de ces concerts. Fort heureusement, les archives personnelles de Richard Itter ont contourné cet interdit et un accord a pu être trouvé en 2014 avec la BBC et la <em>Musicians’ Union </em>pour sortir commercialement des dizaines de ces précieux témoignages de la vie musicale au Royaume Uni. Ils sont repris sous le label Cameo Classics, une filiale de Lyrita, distribuée par Naxos, sous le nom de <em>Itter Broadcast Collection</em>. </p>
<p>Le présent CD présente 4 facettes différentes de Haendel, qui ont été enregistrées de 1955 à 1957. Nous en retiendrons les deux pièces vocales : la cantate <em>Apollo e Dafne </em>– qui donne son titre à l’album – et un bref extrait de l’opéra <em>Sosarme</em>. Haendel entame la composition d’ <em>Apollo e Dafne </em>à la fin de son séjour italien, en 1709, et l’achève à Hanovre l’année suivante, juste avant son départ vers l’Angleterre. La pièce reflète l’inspiration que le Saxon a trouvée dans la péninsule et annonce la formidable production opératique qu’il va développer à Londres. Il s’agit d’une cantate importante : outre les deux chanteurs et les cordes habituelles, elle demande une flûte, 2 hautbois et un basson. <strong>Thomas Hemsley </strong>a fait ses débuts trois ans plus tôt aux côtés de Kirsten Flagstad dans le <em>Didon et Enée </em>de Purcell. Il figure d’ailleurs sur le légendaire enregistrement de 1952 de cette pièce, avec Schwarzkopf, Flagstad, mais aussi <strong>Arda Mandikian </strong>et <strong>Geraint Jones</strong>. Hemsley mènera une belle carrière, construite en troupe, en Allemagne et à Zurich. Il reprendra à plusieurs reprises le rôle d’Enée mais chantera aussi Mozart, Verdi et Wagner, jusqu&rsquo;à Bayreuth. Son chaleureux baryton propose un Apollon joyeux et extraverti, comme il se doit quand on courtise les nymphes. La voix, bien placée en avant offre une diction claire, et convient bien au répertoire baroque, même si son italien laisse parfois percevoir un léger accent anglais. Le parcours et la voix d’Arda Mandikian – Dafne – sont plus classiques. Elle fit ses débuts à Athènes aux côtés de Callas avant de s’établir en Angleterre, où elle connaît un beau succès. C’est pour elle que Britten écrit le rôle du fantôme de Miss Jessel dans <em>The Turn of the Screw</em>, qu’elle crée en 1954, soit un an avant le présent concert. Avouons qu’elle convainc moins dans Haendel que Hemsley, étant entendu que l’indulgence s’impose devant le travail de ces pionniers. Il en va de même pour Geraint Jones, qui conduit ici son propre ensemble d’instruments modernes, qui n&rsquo;est guère rompu aux articulations baroques. </p>
<p>Le CD se conclut sur une petite rareté : <strong>Alfred Deller </strong>ne s’est guère intéressé aux opéras de Haendel, hormis <em>Acis &amp; Galatea </em>et <em>Sosarme </em>qu’il a gravé la même année 1955, et dont nous sommes gratifiés d’un extrait. A écouter cet air « In mille dolci modi », il est difficile de résister au charme exceptionnel de cette voix hors du commun, à laquelle tous les contre-ténors de la planète doivent tant. Pour certains, c’est la combinaison du timbre séraphique de Deller et sa manière épurée de conduire le chant, sans effets ni vibrato, qui a amené de nombreux instrumentistes à rechercher un jeu, une pratique qui puisse s’harmoniser de manière convaincante à cette voix venue du passé, tant dans les timbres que dans l’articulation. Deller est ici accompagné au clavecin par un autre pionnier : <strong>Thurston Dart. </strong>Claveciniste, organiste, musicologue et chef d’orchestre, 2021 commémore à la fois le centenaire de sa naissance et les 50 ans de son décès. Il est venu à Bruxelles approfondir son intérêt pour les musiques du passé auprès de Charles Van den Borren, figure essentielle du mouvement de redécouverte des musiques anciennes. Dart fut proche de Neville Marriner et ses cours de musicologie à Cambridge ont eu parmi ses élèves Michael Nyman, Christopher Hogwood ou John Eliot Gardiner.</p>
<p>Voici un disque qui nous plonge plus de 60 ans en arrière, et nous raconte un peu de l’histoire fascinante de ces enthousiastes passionnés par une musique qui n’existait plus que dans les livres, et qu’ils ont largement contribué à faire revivre. Il permet de revivre un peu l’émotion que pouvaient ressentir les musiciens et les mélomanes qui découvraient ces merveilleuses compositions.</p>
<p> </p>
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		<title>Divers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lopacite-dun-mythe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2009 18:22:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alfred Deller n’aimait rien tant que donner des concerts à la radio car la musique pouvait ainsi toucher des milliers d’auditeurs par la seule magie du son, sans qu’aucune image n’interfère dans ce rapport privilégié et intime. Il faut dire que sa pudeur s’accommodait aussi fort bien de ce mode de diffusion, qui ne l’exposait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>Alfred Deller </strong>n’aimait rien tant que donner des concerts à la radio car la musique pouvait ainsi toucher des milliers d’auditeurs par la seule magie du son, sans qu’aucune image n’interfère dans ce rapport privilégié et intime. Il faut dire que sa pudeur s’accommodait aussi fort bien de ce mode de diffusion, qui ne l’exposait pas aux regards de la foule. Malgré le succès des émissions de la BBC et la curiosité suscitée par la singularité de son timbre, le père des contre-ténors modernes n’a jamais beaucoup intéressé les médias. D’aucuns l’auront cependant découvert grâce au cinéma puis à la télévision, qui diffusa, dans les années 80,<strong> <em>La Triche</em></strong> (1983) de Yannick Bellon, polar sur fond de satire sociale où un commissaire de police (Victor Lanoux), marié à une héritière de la bourgeoisie bordelaise (Anny Duperey), entretient une relation amoureuse avec un jeune contrebassiste de boîte de nuit (Xavier Deluc), qu’il retrouve secrètement dans une chambre mansardée. Un jour, ce dernier glisse un disque sur la platine et lui fait entendre <em>O Solitude, my sweetest choice</em>. La voix d’Alfred Deller pénètre ainsi dans les chaumières et bouleverse plus d’un spectateur. Il s’agit rien moins que de la version de légende gravée quatre ans plus tôt pour l’album testament entièrement dédié à Purcell, « <strong>Music for a while</strong> », publié chez Harmonia Mundi. A l’écran, aucune image, tout au plus une mention dans le générique : cette fois encore, le pouvoir du chant s’impose seul et renforce le mystère. Deller aurait certainement apprécié !</p>
<p>
Le film de <strong>Benoît Jacquot</strong> cristallise les espoirs de générations d’admirateurs qui ne connaissent le chanteur que par ses enregistrements et brûlent de connaître le musicien, sinon l’homme. Précieux et indispensable, ce documentaire risque aussi de les décevoir, c’est inévitable. Tant de questions se bousculent que nous aimerions poser au contre-ténor – et non à la « haute-contre », mais nous sommes en 1975, les malentendus de cet ordre foisonnent encore –, y compris des questions embarrassantes, sinon provocatrices, car l’admiration n’interdit pas l’esprit critique. Il est, par exemple, assez piquant d’entendre Alfred Deller opposer, même avec un sourire bienveillant, les fautes d’accents de Haendel lorsqu’il met en musique la langue de Shakespeare au génie de Purcell qui en épouse les moindres nuances, alors que lui-même chante les madrigaux de Monteverdi sans rien y comprendre ! L’intelligence du texte ne vaudrait-elle que pour l’<em>Orpheus britannicus </em>? On imagine mal que Purcell étudiait et recopiait les madrigaux de Monteverdi sans chercher à s’enquérir du sens des vers… Mais l’heure n’est pas à la polémique ni même à la réflexion. Le maître, sciemment ou non, entretient son mythe : celui d’un treble exceptionnellement doué qui aurait continué à chanter en voix de tête au-delà des seize ans et traversé la mue sans vraiment s’en rendre compte, conservant le même mode d’émission sa vie durant, ne chauffant jamais sa voix avec des vocalises, le concert étant son seul entraînement. Si, comme il s’amuse à le raconter lui-même, sa voix provoquait un choc sur les auditeurs qui l’entendaient pour la première fois, aujourd’hui, pour ceux qui ne l’ont jamais écouté qu’au disque, c’est la découverte de sa voix « naturelle » de baryton léger qui crée la surprise. De nature et d’artifice, il est beaucoup question dans cette interview où le poète musicien, volontiers malicieux et rieur, discourt avec passion de son art, de l’importance du texte, du pouvoir de la musique et de l’art en général comme de l’intérêt que les jeunes portent à la musique ancienne, mais se retranche aussi prudemment derrière Michael Tippett, qui le découvrit en 1943, pour définir la voix de contre-ténor (1) . S’il évoque brièvement la délicate question de la liaison des registres, il ne parle guère de technique et encore moins de musicologie. C’est un musicien d’instinct qui s’exprime.</p>
<p>Les extraits de concert qui jalonnent l’entretien ne laissent pas de fasciner : la posture, les mains surtout, la concentration et l’assurance du chanteur littéralement habité nous aident à comprendre comment il pouvait captiver son auditoire, éclipsant d’autres talentueux contre-ténors apparus dans les mêmes années comme John Whitworth. On regrette d’autant plus que l’INA ne mentionne pas, même dans le générique, les lieux de tournage ou l’identité des membres du <em>Deller Consort </em>qui se produisent avec le contre-ténor. Si d’aucuns reconnaîtront le baryton Maurice Bevan, pilier de l’ensemble depuis ses débuts, ou le jeune ténor Paul Elliott, qui sont les sopranos ? Les dernières images de concert et celles du dîner en plein air, <em>so british</em>, semblent avoir été tournées à Olantigh House, magnifique propriété qui accueillit à de nombreuses reprises le Stour Music Festival fondé par Alfred Deller, mais les autres ? Un document d’une telle valeur mériterait une présentation plus soignée.</p>
<p>Outre les prestations de Deller, ce qui retient également l’attention, ce sont les non-dits, les zones d’ombre. Ainsi la figure de Mark Deller, impossible clone d’un père qui a parfois été qualifié de tyrannique. Le voici qui prend en main les répétitions du Deller Consort alors que le maître se tient en retrait. Gros plan insistant de la caméra : à quoi pense donc Alfred ? Suit-il vraiment la répétition ? La scène aussi, le grand échec de Deller. Le chanteur ne se remettra jamais des critiques de la presse lors de la création du <em>Songe d’une Nuit d’Eté</em> et de l’affront infligé par Britten qui lui préféra Russel Oberlin pour les reprises, il se croira même victime d’une cabale. S’il évoque l’art des castrats et de Farinelli devant la caméra de Jacquot, Deller ne dit rien de l’irruption des contre-ténors à l’opéra. Hormis l’ouvrage de Britten, il n’a enregistré qu’un seul opéra, <em>Sosarme</em>, dont René Jacobs, cité dans le livret, dit : <em>C’est même une seule phrase de Deller que j’aimerais entendre sur mon lit de mort : le début d’un duo d’amour extrait de Sosarme de Haendel « Per le porte del tormento »  – un pur délice, beau à mourir. C’est une chance que des enregistrements existent…</em> Cette unique intégrale, gravée en 1955, est effectivement disponible chez OPERA D’ORO. Quant à l’excellente anthologie qui accompagne le DVD, elle avait déjà été publiée dans le coffret « Portrait of a Legend ».</p>
<p>En 1976, Paul Rolland réalisait un reportage sur l’<strong>Académie Deller</strong> à Lacoste. La RTBF aura peut-être un jour la bonne idée de le rediffuser ou, rêvons un peu, de le publier en DVD… En attendant, le film de Benoît Jacquot représente un témoignage inestimable, dont les maladresses ou l’apparente désinvolture ne manque pas de charme.</p>
<p> <br />
<strong>Bernard SCHREUDERS</strong><br />
 <br />
_____</p>
<p>(1)  Pour en savoir plus sur son parcours, deux lectures indispensables : Michael et Mollie HARDWICK, Alfred Deller, a Singularity of Voice. Proteus, Londres et New York, 1980 ; Jean-Luc TINGAUD, Alfred Deller, le contre-ténor. Editions Josette Lyon, Paris, 1996.<br />
<strong> </strong></p>
<p> </p>
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