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	<title>Óliver DÍAZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<link>https://www.forumopera.com/artiste/diaz-oliver/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Óliver DÍAZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Lisette Oropesa : Mis amores son las flores &#8211; Zarzuela Arias</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Llevo la zarzuela en la sangre&#160;»… La zarzuela, je l’ai dans le sang, dit-elle. Née à la Nouvelle-Orléans d’une famille d’émigrés cubains, c’est un répertoire qu’enfant elle a entendu sa mère chanter, tandis que son grand-père qui en collectionnait les enregistrements se souvenait des soirées au Teatro de la Zarzuela de la Havane… C’est dire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Llevo la zarzuela en la sangre&nbsp;»… La zarzuela, je l’ai dans le sang, dit-elle. Née à la Nouvelle-Orléans d’une famille d’émigrés cubains, c’est un répertoire qu’enfant elle a entendu sa mère chanter, tandis que son grand-père qui en collectionnait les enregistrements se souvenait des soirées au Teatro de la Zarzuela de la Havane… C’est dire que ces airs ont pour elle le parfum de l’enfance, celui d’un pays à jamais perdu puisque pour les émigrés il n’y a pas de retour possible.</p>
<p>Onze mille zarzuelas composées en Espagne, quatre mille en Amérique latine, les premières dès le XVIIe siècle, un répertoire immense qui fit florès de La Plata à Monterrey, de Quito à Mexico City, et dont <strong>Lisette Oropesa</strong> propose un échantillon qui n’oublie pas la zarzuela cubaine, ici représentée par Ernesto Lecuona et Gonzalo Roig.<br>C’est un genre qu’elle n’a jamais eu l’occasion de jouer en scène, se contentant d’en donner des airs au concert, et c’est sans doute la raison pour laquelle elle aborde ces «&nbsp;romanzas de zarzuela&nbsp;» avec sa technique d’opéra et toute l’agilité qu’on lui connaît.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Metropolitan-Opera-Manon-Lisette-Oropesa-photo-Marty-Sohl-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-140288"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Lisette Oropesa dans Manon au Met © Marty Sohl</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>La technique belcantiste mène à tout</strong></h4>
<p>Ainsi au détour de « Madre de mis amores » extrait de <em>Monte Carmelo</em> de Federico Moreno Torroba, l’entendra-t-on dialoguer avec une flûte comme dans <em>Lucia de Lammermoor</em>… et ponctuer d’un trille parfait ce témoignage tardif (1939) d’un genre évoluant sans cesse. Et si le rythme de habanera se conjugue ici avec des harmonies venues de l’opérette américaine, ailleurs c’est à l’opérette viennoise façon Strauss ou Lehár qu’on songera. Par exemple dans « Un pobre nido » tiré de <em>El húsar de la guardia</em> (1904) de Geronimo Giménez et Amadeo Vives. Un rythme à trois temps, une écriture concertante entre la voix et le chœur, c’est un air virtuose truffé de vocalises virtuoses et de suraigus, où s’illustra jadis une Pilar Lorengar. Oropesa y déploie d’amples phrasés et un chic de divette <em>mitteleuropa</em>.</p>
<p>On vient de citer une des grandes Espagnoles. Lisette Oropesa marche ici dans les pas des Victoria de los Angeles, Berganza ou Caballe, et, comme elles, n’a pas voulu manquer la « Canción de Paloma » extraite de <em>El barberillo de Lavapiés</em> (1874) – autrement dit le petit barbier du quartier de Lavapiès –, sans conteste le chef-d’œuvre de Francisco Asenjo Barbieri qui fut dès les années 1850 l’inventeur de la zarzuela moderne, héritière lointaine de celle de l’époque baroque. <br>Comme souvent la zarzuela madrilène, c’est une célébration d’une Madrid rêvée, en l’occurrence une histoire de conspiration à l’époque de Charles III avec des personnages tout droit sortis d’un tableau de Goya (le Goya joyeux). Et dans cette<em> canción</em> fameuse qui alterne les rythmes de <em>zapateado</em> et de séguedille Lisette Oropesa roucoule avec une belle agilité les triolets de Paloma (une colombe à la recherche de son pigeon) en dépit d’un orchestre qu’on pourrait ici souhaiter plus aérien.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="570" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lisette-Oropesa-Lucia-Scala-2023-©-Brescia-Amisano-1024x570.jpg" alt="" class="wp-image-140284"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lucia à la Scala © Brescia e Amisano</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Raffinements cachés</strong></h4>
<p>Dans une inspiration tout aussi ornithologico-gazouillante, la gentille <em>romanza</em> de Marola, extraite de <em>La tabernera del puerto</em>, zarzuela romantique et maritime de Sorozábal (1936), composée d’ailleurs en pleine Guerre civile par ce compositeur basque et de gauche, offre prétexte à quelques coloratures qui ne posent évidemment aucun problème à Miss Oropesa.</p>
<p>Si le genre se veut populaire, il est aussi d’un grand raffinement. On s’en convaincra à l’écoute de « Bendita cruz », un extrait de <em>Don Gil de Alcalá</em> (1932) de Manuel Penella, avec son long récitatif qui fait penser au Puccini de <em>La Bohème</em>. Oropesa y déploie toute sa sensibilité et un legato parfait, puis, dans l’aria qui s’y enchaîne, de longs phrasés rayonnants de musicalité et d’émotion (la mélodie ressemble curieusement d’ailleurs à <em>La Violetera</em>, écrite par José Padilla, auteur lui aussi de nombreuses zarzuelas).</p>
<p>Non moins important que Barbieri dans l’histoire du genre zarzuela, Ruperto Chapí a glissé dans <em>Las hijas del Zebedeo</em> (1889) une chanson brillantissime, une <em>andalouserie</em> irrésistible, chantée dans sa prison par le personnage de Luisa, d’où le sous-titre de <em>Carceleras</em>. Oropesa y est éblouissante de fringance, de souplesse vocale, d’énergie, de coloratures à la sévillane, de rubato naturel et de suraiguës impavides.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Teatro-Real-Il-turco-in-Italia-Lisette-Oropesa-Alex-Esposito-and-Misha-Kiria-photo-Javier-del-Real-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-140295"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Dans Il Turco in Italia à Madrid © Javier del Real</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Madeleines</strong></h4>
<p>Au chapitre madeleines proustiennes, on rangera l’illustre «&nbsp;De España vengo&nbsp;», tiré de <em>El niño judío</em> (1918) de Pablo Luna : « Le gustaba mucho a mi padre », dit Lisette Oropesa –mon père l’aimait beaucoup. ll n’était pas le seul. C’est presque un hymne espagnol <em>bis</em>. Il est intéressant d’écouter la version enregistrée en 1918 par sa créatrice Rosario Leonís, qui allie une verdeur populaire à l’agilité vocale, représentative de l’esprit de ce mixte de zarzuela, d’opérette, de revue et de théâtre réaliste. Et aussi d’écouter l’inoubliable Victoria de los Angeles, brillante, subtile et tendre (la section centrale lente sur les pizz des cordes !) Lisette Oropesa y rayonne elle aussi, montrant à l’occasion un beau medium et un registre élevé scintillant et, dans la partie centrale, une émotion vibrante. Étonnantes aussi, la palette de couleurs et la versatilité des émotions qu’elle distille avec une évidente sincérité.</p>
<h4><strong>Sans effort apparent</strong></h4>
<p>Au même chapitre de la nostalgie familiale, on rangera les deux extraits de <em>Maria la O</em>, zarzuela d’Ernesto Lecuona, grand mélodiste s’il en fut et pourvoyeur de succès planétaires dans les années trente (<em>Siboney</em> !). Frontispice de l’album, Mulata infeliz, introduit par un solo de violon lacrymogène à souhait, est d’un charme capiteux avec son orchestration de grand luxe et son rythme langoureux de habanera.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Opera-national-de-Paris-Lelisir-damore-Lisette-Oropesa-and-Vittorio-Grigolo-photo-Guergana-Damianova-ONP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-140290"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Dans L&rsquo;Elixir d&rsquo;amour à Paris © Guergana Damianova</sub></figcaption></figure>


<p>Quant à «&nbsp;Escucha al ruiseñor&nbsp;», c’est évidemment prétexte à tutoyer les sommets… Oropesa chante sur cette branche comme si c’était facile… Nous avons renoncé à compter les contre-<em>ut</em>, mais on y entend bien trois contre<em>-ré</em>, et pour finir un contre-<em>mi</em> bémol qu’elle envoie avec panache.</p>
<p>Moins connu que Lecuona, Gonzalo Roig est l’auteur d&rsquo;une <em>Cecilia Valdés</em> (1932), dont Oropesa dit que c’est la zarzuela qu’elle choisirait de chanter sur scène avant toute autre. L’entrée de Cecilia, après une introduction avec chœur très hollywoodienne, entremêle sensuellement habanera et guaracha. Oropesa y déploie un abattage à la Carmen Miranda, entre deux rallentandos voluptueux et quelques déhanchements ravageurs, en parfaite synchronie avec <strong>Óliver Díaz</strong> et un <strong>Orquesta del Teatro Real</strong> chauffé à blanc, pour mettre un point final à un album parfaitement réussi, qui n’a que le défaut d’être un peu court. Et pourtant le répertoire ne manque pas…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lisette-oropesa-mis-amores-son-las-flores-zarzuela-arias/">Lisette Oropesa : Mis amores son las flores &#8211; Zarzuela Arias</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Nuit espagnole — Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nuit-espagnole-orange-inextinguibles-flammes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jul 2019 03:44:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la nuit russe, les Chorégies d’Orange nous invitent, cette année, à une promenade musicale en terres d’Espagne, rive natale du maitre de cérémonie de cette soirée, Plàcido Domingo. L’inoxydable légende de la scène lyrique, qui s’était déjà produit dans ce même programme aux Arènes de  Vérone en 2017 et à l’Opéra Royal de Muscat &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la <a href="https://www.forumopera.com/nuit-russe-orange-la-revanche-de-boris">nuit russe</a>, les Chorégies d’Orange nous invitent, cette année, à une promenade musicale en terres d’Espagne, rive natale du maitre de cérémonie de cette soirée, <strong>Plàcido Domingo</strong>. L’inoxydable légende de la scène lyrique, qui s’était déjà produit dans ce même programme aux Arènes de  Vérone en 2017 et à l’Opéra Royal de Muscat en 2018, entame ici une nouvelle traversée du répertoire qui lui tient à cœur, celui de la <em>Zarzuela</em>. Comme dans les escales précédentes, en Italie et au Sultanat d’Oman<strong>, </strong>Plàcido Domingo est accompagné de la soprano portoricaine <strong>Ana Maria Martinez</strong>, le ténor espagnol <strong>Ismael Jordi</strong> succédant, quant à lui, à Arturo Chacon-Cruz. Le programme proposé comporte certaines des plus célèbres zarzuelas du répertoire des XIXe et XXe siècle, notamment <em>Luisa Fernanda</em> et <em>La marchenera</em> de Federico Moreno-Torroba, <em>La tabernera del puerto</em> et <em>La manojo del Rosas</em> de Pablo Sorozábal. Souvent comparée à l&rsquo;opérette, la<em> Zarzuela</em> est une fascinante fusion entre chants, scènes parlées et ballets, pétrie de références populaires et folkloriques typiquement espagnoles. Les histoires qui nous sont narrées ici, en arias, duos et trios, convoquent avec fougue les incendies des sentiments contrariés et joue avec un égal bonheur de l’ombre des passions auxquelles les chorégraphies de la<em> Compañia Antonio Gades </em> donnent magnifiquement corps. Sous la direction de Stella Arauzo, les danseurs ont littéralement enflammé la scène notamment dans la Danse rituelle du<em> fuego de El sombrero de tre picos de </em>Manuel de Falla<em>. </em>Les atmosphères presque gitanes évoquées par la scénographie contribuent à recréer un climat particulièrement suggestif, entre élégance du geste et transports impétueux des corps.</p>
<p>A Vérone, le spectacle avait quelque peu souffert d’un manque de rythme, les pauses entre deux numéros, souvent trop longues, avaient donné un sentiment de dispersion et de parenthèse déconnectée du contexte. A Orange, un correctif a été à l&rsquo;évidence apporté et les diverses séquences se sont enchainées avec fluidité. Les interprètes, par leur total engagement, ont assuré également une cohérence d&rsquo;ensemble à un spectacle ici bien calibré. Tout a déjà été écrit sur le talent protéiforme de de Plàcido Domingo animé d’une inextinguible flamme dans l’écrin d’une vitalité hors norme. Interprète habité, l&rsquo;artiste est également un musicien doté de l&rsquo;exceptionnelle capacité à habiter chaque phrase avec un naturel confondant comme si les rôles avaient été écrits pour lui. Cela se vérifie dans tous les répertoires qu’il a abordés, y compris celui-ci, un rivage qu’il habite avec d’autant plus d’aisance qu’il est une part de lui, de son enfance à ses débuts sur scène. Plàcido Domingo a certes ici soigneusement choisi les airs compte tenu de ses possibilités vocales actuelles. Mais force est de constater que la voix n’a rien perdu de sa séduction. Doté encore d’une riche palette de couleurs, le chanteur cultive toujours l’art consommé des nuances, des  jaillissements de lumière aux ombres dramatiques, parfois nostalgiques, qui permettent de tisser toutes les émotions portées par les œuvres faites de passions, de chair et de sang. Et comme toujours, l’ardent interprète a soulevé à juste titre l’enthousiasme du public.</p>
<p>La longue collaboration d’Ana Maria Martinez avec un artiste comme Plàcido Domingo a, de toute évidence, porté ses fruits. Tant dans ses duos en synergie totale avec son ainé, que dans les <em>arie</em>,  la soprano occupe la scène avec une générosité comédienne. Qu’elle implore, se moque, s’emporte ou joue les ensorceleuses, elle reste elle-même, entière et sincère exclusivement vouée à la profondeur et à la crédibilité des personnages qu’il faut autant incarner que chanter. Les aigus souples jamais tirés, un timbre séduisant, des graves savamment colorés, s’abandonnant à une subtile <em>morbidezza</em> sans forcer le trait, donnent à son interprétation une belle séduction. Plus subtil que son prédécesseur, ismael Jordi  s&rsquo;investit dans chaque <em>romanza</em> sans jamais rien lâcher. Il se jette dans la fournaise des passions avec une ardeur touchante.  Dans l’écrin d’un chant au style élégant, un phrasé parfait, avec une belle maîtrise des <em>piani</em>, le ténor nous offre ici une interprétation presque  <em>bel cantiste</em> de l’opérette espagnole.</p>
<p>A la tête de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, <strong>Óliver Díaz</strong> met en valeur les couleurs chaudes et sensuelles typiques du style de zarzuela, donnant tout l’espace nécessaire aux voix en modulant la dynamique orchestrale. La soirée s&rsquo;achève sous l&rsquo;ovation du public, congratulant à la fois les interprètes mais aussi l’écrin d’un spectacle chatoyant et vivant à l’image de cette Espagne aux parfums et couleurs hypnotiques. Nous revient alors en mémoire ce vieux standard de la chanson d’antan, <em>Sombreros et Mantille</em>, <em>« je revois dans un boléro, sous les charmilles, des « Carmen » et de « Figaro » dont les yeux brillent […] un souvenir ardent comme une fleur d’Espagne… »</em> Une nuit magnétique aux inextinguibles flammes.</p>
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