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	<title>Helena DIX - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Helena DIX - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Rivoluzione e Nostalgia &#8211; Bruxelles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 02:31:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’idée a germé dans l’esprit de Peter de Caluwé, le directeur de la Monnaie, il y a quelques années déjà, durant le confinement&nbsp;: utiliser les meilleurs passages des premiers opéras de Verdi – dont certains ne sont pour ainsi dire jamais joués – pour recomposer, sur base d’un livret neuf, une œuvre originale en forme de pastiche. L’opération avait déjà été tentée l’an dernier avec le spectacle <em>Bastarda</em>, qui reprenait en une seule soirée des extraits des quatre opéras élisabétains de Donizetti, réunis en un tout cohérent. Nettement plus ambitieux, le propos est de réunir ici des extraits de seize opéras différents et de les insérer dans une histoire complètement extérieure, avec pour thème central la révolution de mai 68, ses acquis est ses échecs, et la nostalgie qu’on en a quarante ans après. Le scénario n&rsquo;est pas sans évoquer <em>La Meglio Gioventù</em>, film de Marco Tulio Giordana primé au festival de cannes en 2003.</p>
<p>La justification – a posteriori – de ce choix est à chercher dans les engagements politiques du jeune Verdi au côté des mouvements unionistes italiens qui ont abouti au Risorgimento, l’unification du pays et la création d’un état moderne selon les normes du XIXe siècle.&nbsp; L’abondance de partitions retenues (39 extraits pour <em>Rivoluzione</em> et 25 pour <em>Nostalgia</em>) montre qu’ils ont eu du mal à choisir, <strong>Carlo Goldstein</strong> et <strong>Krystian Lada</strong> qui ont élaboré ensemble le canevas de l’œuvre, et témoigne de leur immense amour porté à la musique de ce Verdi encore très conventionnel, mais diablement efficace dans l’élaboration de climats dramatiques de tous genres, et dont l’inspiration mélodique ne tarit jamais. Tous les airs retenus appartiennent au Verdi d’avant <em>Rigoletto</em>, des partitions écrites entre 1839 et 1850, dans un style relativement homogène.</p>
<p>Les personnages de l’intrigue sont en fait les archétypes des caractères verdiens&nbsp;: sopranes, ténors et barytons se partagent des rôles peu individualisés. Dans <em>Rivoluzione</em>, un frère et une sœur (Giuseppe et Laura) sont les figures centrales du récit, autours desquels tournent Cristina, l’amante de Giuseppe, Lorenzo, le prétendant éconduit de Laura et son rival Carlo, le séduisant prolétaire qui vient enflammer la dimension politique de l’intrigue. Dans <em>Nostalgia</em>, on retrouve les mêmes quarante ans plus tard, mais ce sont d’autres chanteurs. La transition entre les personnages de l’une et l’autre soirée se fait par l’intermédiaire de la vidéo qui présente un gros plan sur leurs visages respectifs en fondu enchaîné&nbsp;; c’est du meilleur effet&nbsp;! Laura manque à l’appel, sa fille Virginia, en manque de père, l’ami de celle-ci Icilio et Donatella, riche et excentrique galériste complètent la distribution. L’intrigue ensuite se dissout complètement, on nous présente des états d’âme, des ressentiments, des affects très arbitraires, visiblement guidés par les choix musicaux, mais qui peinent à constituer un récit cohérent.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="885" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/9555-5-885x1024.jpg" alt="Giovanni Battista Parodi (Giuseppe) et Helena Dix (Donatella)" class="wp-image-158777"/></figure>


<p>Au terme des deux soirées, la première très longue et la seconde très vide de sens, la conclusion est assez négative&nbsp;:&nbsp; le projet n’est pas abouti – l’idée n’est sans doute pas bonne – et malgré l’énorme travail fourni, le résultat n’est pas satisfaisant. L’adéquation insuffisante entre le sujet du livret et les extraits choisis, les discontinuités nombreuses, comblées par des extraits de textes modernes déclamés en vidéo, la faible caractérisation des personnages dont aucun n’a la force d’un héros verdien, font apparaître un réel fossé entre textes et musiques et déséquilibrent l’ensemble. On utilise un langage musical très conventionnel pour décrire l’effondrement d’une époque&nbsp;; la civilisation qu’a mise en place le Risorgimento, avec ses valeurs bourgeoises et bien pensantes, est précisément celle que la révolution de 68 a tenté de combattre. La même musique pouvait elle servir à sublimer l’avènement et l’effondrement des mêmes valeurs ou d’une même idéologie&nbsp;? Ce serait faire bien peu de cas du génie verdien de penser que sa musique peut à la fois dire une chose et son contraire&nbsp;; ou de penser que le sens d’une œuvre, les valeurs qui la sous-tendent, se trouvent dans les paroles uniquement, et pas dans la musique elle-même. Bref, on s’ennuie beaucoup, on ne s’émeut jamais, le spectacle peine à trouver son rythme propre, sa cohérence, son sens, son souffle, malgré la beauté de la musique.</p>
<p>Ce n’est pourtant pas faute de moyens&nbsp;: dans un unique décor immense, où se côtoient des écrans en format cinémascope, des barricades, une salle de classe du conservatoire, évoluent chanteurs, chœur et danseurs souvent livrés à eux-mêmes, et que la mise en scène ne parvient pas à régenter. Les nombreux passages instrumentaux sont largement sous-investis&nbsp;; <strong>Krystian Lada</strong> qui est à la fois le concepteur du spectacle et son metteur en scène peine à convaincre dans aucun des deux rôles, faute d’une dramaturgie cohérente. Les chorégraphies de <strong>Michiel Vandevelde</strong>, dans un genre qui tient du <em>street dance</em>, n’évoquent pas l’esthétique de 68 mais plutôt celle des années 90, ajoutant encore à la confusion.</p>
<p>La distribution n’est pas toujours convaincante elle non plus, mais contient son lot de fort bons chanteurs&nbsp;: si la Laura de <strong>Nino Machaidze </strong>est brillante et vocalement très solide, on ne peut en dire autant du Lorenzo jeune de <strong>Justin Hopkins</strong>, voix très monochrome et sans grand impact. <strong>Vittorio Prato</strong> qui chante Giuseppe dans la première partie ne manque pas de moyens vocaux mais la justesse est un peu approximative. Quant au ténor <strong>Enea Scala</strong>, voix également très solide et pleine d’une athlétique vigueur, il remplit toutes les attentes pour un héros verdien, avec cependant ici aussi, peu de variété de couleurs. Ces trois chanteurs, jeunes et virils, brillent aussi par leur physique avantageux. C’est <strong>Scott Hendricks</strong> qui reprend pour la deuxième soirée le personnage de Carlo (avec l’âge, ce rôle de ténor est devenu baryton). Ce chanteur qu’on a souvent vu avec plaisir à la Monnaie semble avoir perdu beaucoup de ses moyens (où peut-être était-il seulement dans un mauvais jour&nbsp;?) La voix manque d’impact et de présence. <strong>Helena Dix</strong>, truculente soprano australienne semblant sortie d’un tableau de Botero, s’impose sans peine dans le rôle de Donatella, osant même l’autodérision lorsqu’elle s’essaye à quelques pas de danse. On remarquera aussi la belle ardeur juvénile de la prestation du ténor <strong>Paride Cataldo</strong> dans le rôle d’Icilio, qui l’emporte largement sur celles de <strong>Giovanni Battista Parodi</strong> (Giuseppe âgé) et de <strong>Dennis Rudge</strong> (Lorenzo âgé) sans grand relief ni pour l’un ni pour l’autre. <strong>Gabriela Legun</strong>, la seule qui participe aux deux soirées, endosse le rôle de Virginia où elle montre davantage de moyens et de caractère que dans celui, plus modeste, de Cristina qu’elle avait tenu la veille.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="843" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/9555-141-1024x843.jpg" alt="Paride Cataldo (Icilio) et Satenik Khourdoïan (violon)" class="wp-image-158776"/></figure>


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<p>On soulignera aussi la très belle prestation des chœurs de la Monnaie tout au long des deux soirées, avec pour point culminant leur interprétation – passablement hors contexte – du célébrissime « Va pensiero »&nbsp;extrait de <em>Nabucco</em>, chanté avec une très communicative conviction depuis les loges d’avant-scène pour le plus grand plaisir du public. Mais le moment culminant de cette deuxième soirée aura été purement instrumental : le personnage de Laura, la révolutionnaire disparue, refait surface sous la forme d’un solo de violon magnifique, extrait de <em>I Lombardi alla prima crociata</em>, et joué sur scène avec brio et émotion par <strong>Satenik Khourdoïan</strong>. L’orchestre quant à lui, sous la baguette alerte et précise de <strong>Carlo Goldstein</strong>, aura parcouru efficacement pas moins de seize partitions différentes sans perdre son entrain, révélant au passage quelques pages fort injustement méconnues.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rivoluzione-e-nostalgia-bruxelles/">VERDI, Rivoluzione e Nostalgia &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BRITTEN, The Turn of the Screw — Garsington</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-turn-of-the-screw-garsington-garsington-une-mary-poppins-legerement-dark/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Hondermarck]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Jul 2022 03:59:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nos amis anglais ont inventé un magnifique prétexte pour se prélasser au soleil en sirotant un verre de pim&rsquo;s : c&rsquo;est l&rsquo;opéra. Garsington – sans doute encore plus que Glyndebourne, un poil plus continental – apparaît comme un de ces zéniths de la civilisation britannique où le spectacle musical est une excuse pour un spectacle plus grand encore, celui des canotiers, des vestes de smoking blanches et des nappes en tartan. C&rsquo;est <em>lovely</em>.</p>
<p><em>Lovely</em> : on serait tenté d&rsquo;appliquer la même épithète à la mise en scène soignée de <strong>Louisa Muller</strong> et aux décors et costumes charmants de <strong>Christopher Oram</strong>. Dans un intérieur victorien aux grandes fenêtres rouillées, un piano à queue, un écritoire, un cheval à bascule. On peine à y voir davantage qu&rsquo;une maison de poupées habilement dessinée et l&rsquo;on guette un peu vainement le moment où l&rsquo;illustration cèdera sa place à la suggestion. Une gouvernante qui joue à la gouvernante, des fantômes qui jouent aux fantômes (maquillages de méchants et regards exorbités en supplément) : tout cela est fort plaisant à suivre mais ne dépasse guère le stade d&rsquo;une <em>Mary Poppins </em>légèrement <em>dark</em>, loin de l&rsquo;ambiguïté poisseuse permise par le texte de James. Il faut avouer que la metteuse en scène américaine n&rsquo;est pas aidée par la configuration du théâtre champêtre de Garsington, qui laisse poindre la lumière du jour pendant les trois quarts de la représentation. Le <em>Tour d&rsquo;écrou</em> a besoin d&rsquo;une nuit noire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2022-07-26_a_23.40.15.png?itok=TNg1uRUS" title="© Julian Guidera" width="468" /><br />
	© Julian Guidera</p>
<p>Ce théâtre n&rsquo;a pourtant pas que des désavantages, à commencer par une acoustique qui flatte étonnamment orchestre et solistes. Impeccables sont les 13 instrumentistes du <strong>Philharmonia Orchestra</strong> dirigés par Mark Wigglesworth, qui déploie à partir du complexe tissu orchestral de Britten un sens captivant du récit. <strong>Verity Wingate</strong> campe une convaincante gouvernante ; son timbre fruité s&rsquo;épanouit sans doute plus en première partie que dans la montée d&rsquo;anxiété du II. Le très pearsien <strong>Robert Murray </strong>a ce qu&rsquo;il faut de clarté et d&rsquo;étrange autorité dans la voix pour composer précisément les deux personnages qui lui reviennent. C&rsquo;est un ténor de grande classe. <strong>Helena Dix </strong>excède quelque peu, de ses très larges moyens, la tonalité générale de la distribution et sa Miss Jessel est trop unilatéralement grinçante. Finalement, les leçons de musique sont surtout à trouver chez les cadets et chez l&rsquo;aînée. Aussi à l&rsquo;aise sur scène que si ils avaient fait ça toute leur vie, <strong>Ben Fletcher</strong> et <strong>Maia Greaves</strong> sont surtout de merveilleux jeunes musiciens. L&rsquo;un et l&rsquo;autre se jouent d&rsquo;une partition qui ne fait pas franchement de cadeaux aux enfants. Bonheur enfin d&rsquo;entendre à nouveau la formidable <strong>Susan Bickley</strong>, mezzo haendelienne aimée des <em>happy few</em>, qui donne une épaisseur singulière – en même temps qu&rsquo;un impact vocal peu commun – à Mrs Grose.</p>
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