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	<title>Cécile DUMAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Cécile DUMAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, Norma – Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 06:13:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas parce que le bâtiment de l’Opéra-Théâtre de Metz est en cours de rénovation que la programmation s’est mise en veille, bien au contraire. Dans la vaste salle de l’Arsenal où l’on a déjà eu l’opportunité de voir au cours de la saison une magistrale Elektra, c’est au tour d’un autre monument du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas parce que le bâtiment de l’Opéra-Théâtre de Metz est en cours de rénovation que la programmation s’est mise en veille, bien au contraire. Dans la vaste salle de l’Arsenal où l’on a déjà eu l’opportunité de voir au cours de la saison une magistrale <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-elektra-metz/"><em>Elektra</em></a>, c’est au tour d’un autre monument du répertoire d’y être célébré. Le pari était risqué, la salle symphonique étant cruelle pour les voix, alors que <em>Norma</em> exige déjà des voix hors-normes. Plutôt qu’une version de concert, c’est une mise en espace qu’on nous a proposée ici et, à l’aune du résultat, nous échangerions bien volontiers certaines productions peu inventives, à la direction d’acteurs inexistante dans de vraies salles d’opéras, avec l’extraordinaire spectacle qui nous a été offert à l’Arsenal. Mieux qu’une réussite, l’expérience s’est révélée exceptionnelle, grâce à la phénoménale performance de <strong>Claudia Pavone</strong>, prodigieuse Norma, et l’environnement scénique pertinemment immersif qui nous a été présenté, valorisant tous les interprètes.</p>
<p>Pourtant, les choses ne commençaient pas si bien que cela. L’ouverture de <em>Norma</em> était expédiée à toute vitesse dans une sorte de mélange sonore où les pupitres avaient bien du mal à émerger et s’individualiser. Curieusement, l’oreille s’habitue très vite à l’acoustique si particulière de la salle et les instruments se détachent un à un pour nous offrir une nappe sonore scintillante et vibrante au service des voix, dans une atmosphère sacralisée, ponctuée de ces somptueux silences belliniens si importants au bon déroulement de l’émotion qui s’installe lentement mais sûrement. Par ailleurs, le chef fait se ralentir la cadence, jusqu’à une décélération qui rend la scène finale d’autant plus orgasmique. À la tête de l’<strong>Orchestre National de Metz</strong>, le chef israélien <strong>Nir Kabaretti</strong> sait mettre en valeur la mélodie bellinienne et sublimer une partition souvent négligée. On ne saurait lui faire compliment plus reconnaissant. Grand amateur de Bellini, le directeur du théâtre et metteur en scène <strong>Paul-Émile Fourny</strong> s’est attaché à compenser l’absence de décors par un habillage en mapping confié au vidéaste <strong>Julien Soulier</strong>. Ce dernier génère des images qui habillent les boiseries et colonnes de la salle pour les transformer à l’envi en forêts verdoyantes où ruissellent les cascatelles et frémissent les branches en écho à la vision romantique du bois sacré gaulois suggéré dans sa musique par Bellini. Les grandes hauteurs de la salle se muent en clairières sacrées ou en temple antique avant de laisser naître un bûcher impressionnant. Les costumes sont seyants, quoique davantage gréco-romains que gaulois. Tant mieux, car les robes de Norma et sa coiffure de feu lui donnent de faux airs de Médée dont elle est un double à peine adouci. Le metteur en scène parvient à placer judicieusement solistes et membres du chœur de façon à plonger le spectateur au cœur du drame, magnifiant les scènes-clés de l’œuvre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Norma-20-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209653"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Philippe Gisselbrecht – Opéra-Théâtre de l&rsquo;Eurométropole de Metz</sup></figcaption></figure>


<p>Les chœurs sont formidables et les autres solistes servent de faire-valoir à Norma ; cela dit, ils constituent un plateau homogène et de grande qualité. <strong>Daegweon Choi</strong> est un honnête Flavio, <strong>Cécile Dumas</strong> confère beaucoup de noblesse à Clotilde et <strong>Nicolas Cavallier</strong> tire son épingle du jeu, quand bien même son émission peine parfois à rivaliser avec l’orchestre. Petite déception du côté de l’interprétation de Pollione par <strong>Nikolai Schukoff</strong>. Les aigus sont tendus, quand ils ne sont pas supprimés ; la fatigue se fait sentir d’autant que le ténor donne tout ce qu’il peut, avec une générosité qui force l’empathie. Cependant, le rôle lui résiste jusqu’à l’apothéose de la scène finale où l’amant contrit développe des trésors de délicatesse et de subtilité qui balaient les réserves antérieures. <strong>Na&rsquo;ama Goldman</strong> donne une vraie profondeur au personnage d’Adalgisa, dont elle illustre les facettes les plus diverses avec grandeur et un nuancier aux couleurs chaudes et moirées. Son timbre se marie par ailleurs harmonieusement avec celui de Norma. Dans le rôle des rôles, Claudia Pavone triomphe. La soprano est une lirico-spinto dramatique d’exception qui sait apparemment tout faire avec une aisance confondante, le tout en donnant l’impression de faire une promenade de santé, c’est-à-dire de ne jamais être poussée dans ses retranchements. De tous les morceaux de bravoure, ce sont peut-être les descentes chromatiques qui ont été les plus sidérantes. Précision, cisellement, clarté d’émission, brillance, diction impeccable, tout paraît si simple, sublimé par un sens de la théâtralité évident. Et le plus infime changement d’émotion est palpable : attente, déception, colère sourde puis excessive, désespoir, impossibilité à commettre l’irréparable… Ajoutons à tout cela une beauté de timbre enivrante et poignante. On comprendra que toute la salle se soit levée comme un seul homme pour ovationner la chanteuse.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-metz/">BELLINI, Norma – Metz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BIZET, Carmen — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-metz-les-carmen-se-suivent-et-ne-se-ressemblent-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Jun 2019 22:39:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Autant de Carmen, autant de propositions qui ne partagent guère que la musique de Bizet, avec ou sans les récitatifs de Guiraud, sinon la caractérisation des personnages… Paul-Emile Fourny, qui signe la mise en scène, a fait le choix de la version originale. Dès le prélude, il nous rappelle qu’il y a folie meurtrière suivie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Autant de <em>Carmen</em>, autant de propositions qui ne partagent guère que la musique de Bizet, avec ou sans les récitatifs de Guiraud, sinon la caractérisation des personnages… <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, qui signe la mise en scène, a fait le choix de la version originale. Dès le prélude, il nous rappelle qu’il y a folie meurtrière suivie de crime. Dans le cabinet d’un psychiatre, un patient, en camisole de force, est accompagné par une infirmière, que l’on identifiera ensuite comme Micaëla. « Sur la place, chacun passe… » sera le lieu où le crime a été commis. Deux corps, devant un théâtre où une compagnie monte l’œuvre de Bizet, font l’objet des relevés de la police scientifique. Ainsi, Don José endosse-t-il l’imperméable d’un inspecteur de police (meurtrier qui sera confondu), et sommes-nous transportés dans les années d’après-guerre. Fidèles à l’esprit de l’ouvrage, quelques dialogues ont été réécrits pour accompagner judicieusement ce détournement policier, dramatiquement efficace. Rien de changé pour ce qui relève de la psychologie des personnages et des ressorts du drame passionnel. A signaler, outre la saveur de ces textes, l’insertion du <em>Desdichado</em> de Nerval, dans la bouche de Lilas Pastia, saluée par le public comme une aria. La direction d’acteur, soignée, sachant composer des tableaux renouvelés et donner vie à chacun, n’appelle que des éloges. Outre les solistes, les mouvements du chœur retiennent l’attention par leur inventivité. La sortie des cigarières (« la cloche a sonné ») – reconverties en habilleuses, qui vont en griller une – est un premier moment de bonheur. Le quintette « Nous avons en tête une affaire », au rythme du galop d’un cheval, a pour cavalières Frasquita et Mercédès, sur le dos du Dancaïre et du Remedado, Carmen au centre. Ce qui pourrait être trivial devient ici la course débridée et joyeuse de la bande. Le dénouement « C’est toi ? C’est moi », concis, sobre, acquiert toute sa puissance dramatique, l’émotion est au rendez-vous.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/carmen_5_1.jpg?itok=pEkd4Vvp" title="le quintette © Luc Berteau - Opéra Théâtre de Metz Métropole" width="468" /><br />
	le quintette © Luc Berteau &#8211; Opéra Théâtre de Metz Métropole</p>
<p>Tout a été conçu pour permettre à la production de s’adapter aisément aux scènes des co-producteurs (Jesi, Massy, Reims, Avignon et Clermont-Ferrand). Les décors soignés et ingénieux de <strong>Benito Leonori</strong>, servis par des éclairages bienvenus de <strong>Patrick Méeüs</strong>, assortis de costumes contemporains à la transposition, autorisent de belles scènes, qui servent l’action et la musique.</p>
<p>Habanera, séguedille, chanson bohême, dans toutes les oreilles, ne suffisent pas à faire une Carmen crédible. Ici, la qualité du chant, aux aigus colorés comme aux graves solides, du timbre, de la diction (malgré certains « é » fermés qui surprennent), et du jeu dramatique emportent l’adhésion. <strong>Mireille Lebel</strong>, mezzo canadienne, mérite d’être davantage connue en France. Voix sonore, ample et souple, elle traduit remarquablement le caractère farouche, indépendant de Carmen comme son évolution jusqu’à sa mort annoncée. Son intervention dans le trio des cartes, tout comme la scène finale sont chargés d’émotion. Appréciée dans la récente production de la Bastille, <strong>Gabrielle Philiponet</strong>  passe avec bonheur de Frasquita à Micaëla. Elle se signale par son aisance, la fraîcheur de sa voix et de son jeu. Tendre, réservée, dans son duo avec don José, son air « Je dis que rien ne m’épouvante » est d&rsquo;une tenue exemplaire. <strong>Capucine Daumas</strong> (Frasquita) et <strong>Cécile Dumas</strong> (Mercédès) s’accordent à merveille, vocalement et dramatiquement. Tout juste gagneraient-elles à approfondir leurs danses pour leur donner davantage de naturel.</p>
<p>Faible et courageux, vaillant, tourmenté, le Don José de <strong>Sébastien Guèze</strong> nous touche par sa sincérité. Sa voix parlée est celle d’un comédien aguerri. Par contre, son émission souffre de la tension quasi permanente qu’il s’impose. La voix est souvent étranglée, non seulement dans les moments paroxystiques, ce qui pourrait se justifier, mais aussi dans les passages plus lyriques, où elle s’altère quelque peu. <strong>Régis Mengus</strong> campe sans histrionisme un Escamillo de qualité. <strong>Jean-Fernand Setti</strong> nous vaut un Zuniga bien charpenté, voix puissante et autoritaire, assortie à un jeu où son ébriété (ajoutée) colore le personnage. Ici policier en faction, Morales (<strong>Benjamin Mayenobe</strong>) fait montre d’une voix puissante, intelligible, et bien timbrée. Le Dancaïre et le Remendado (<strong>Kamil Ben Hsain Lachiri</strong> et <strong>Daegweon Choi</strong>) ne sont pas en reste.</p>
<p>Les chœurs, déjà mentionnés, sont remarquables. Dans tous les tempi, la cohésion est constante, avec une intelligibilité et une dynamique rares, sans jamais le moindre décalage, y compris pour le chœur des gamins, rafraichissant.  L’artisan de la réussite est, au premier chef, <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong>. On avait déjà apprécié sa direction dans le grand répertoire italien. Ce soir, où il aborde <em>Carmen</em> pour la première fois, la réussite est magistrale. Dès le prélude, la dynamique joyeuse, légère, comme le pathos sans grandiloquence sont manifestes. Le discours musical, toujours attentif au chant, est construit avec subtilité, toujours les phrasés nous séduisent, assortis de couleurs justes. Il cravache comme il caresse son orchestre et c’est un constant régal. L’Orchestre national de Metz, proprement habité, a-t-il mieux joué ? Il se hisse au meilleur niveau, avec des solistes exemplaires, les bois tout particulièrement. Cette soirée restera en mémoire des auditeurs comme celle où l’orchestre a constitué le cœur de l’ouvrage, au service du chant et de l’action dramatique.</p>
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