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	<title>Rayanne DUPUIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Rayanne DUPUIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Das Gehege &#8211; Le Petit Prince</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Oct 2018 05:51:11 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’aigle n’est pas noir, mais brun doré dans la pièce de Botho Strauss <em>Chœur final</em>. Au cours de l’ultime scène de cette pièce écrite à l’aube des années 1990, la confrontation entre l’aigle et la femme, pour violente qu’elle soit, ne tourne pas au drame tel que Barbara l’avait relaté dans une célèbre chanson, mais débouche, de manière assez inattendue sur le massacre du volatile par l’humaine. Cette scène, long monologue qu’une certaine Anita adresse à l’aigle dans la volière d’un zoo où elle s’introduit, a inspiré à Wolfgang Rihm une « Scène nocturne pour soprano et orchestre » de 35 minutes, intitulée <em>Das Gehege </em>(« L’Enclos »), composée en 2004-2005 à la demande de Kent Nagano, qui cherchait un lever de rideau pouvant précéder une représentation de <em>Salomé</em>. Dialogue de sourds comme la dernière scène du chef-d’œuvre de Strauss, au centre duquel se trouvent également la mort et le sang, le texte de Botho Strauss voit la femme interpeller l’oiseau qui ne lui répond pas davantage que la tête de Jochanaan. La musique qu’a composée Rihm n’a rien qui puisse hérisser les oreilles, car il respecte les voix, et son orchestre sonne de manière assez traditionnelle, avec une opulence quasi straussienne, sans toutefois imiter personne : on est loin des lignes en dents de scie qui caractérisait son style dans les années 1970-80, et notamment ce <em>Jakob Lenz</em>, opéra de chambre qu’on pourra entendre à Aix-en-Provence l’été prochain.</p>
<p>En 2006, c’est Gabriele Schnaut qui assura la création mondiale de <em>Das Gehege</em> : on se rappelle que cette soprano avait été la Brünnhilde d’une Tétralogie montée au Châtelet en 1994, sous Stéphane Lissner, et qu’elle rendait alors de loyaux services en tant que wagnérienne intrépide, prête à déchiffrer les partitions les moins fréquentées, de Schreker ou de Hindemith, et se dévouant également à la musique contemporaine. En janvier dernier à Bruxelles, quand le Théâtre de la Monnaie proposa un diptyque associant <em>Le Prisonnier </em>de Dallapiccola au monodrame de Rihm, le personnage était incarné par Angeles Blancs Gulin, habituée de rôles comme Tosca, Elena Makropoulos ou Elle de <em>La Voix humaine</em>. On découvre donc avec une relative surprise le disque Capriccio, où le rôle d’Anita est dévolu à <strong>Rayanne Dupuis </strong>qui, pour être très familière de l’opéra contemporain, n’a guère l’habitude des grandes héroïnes du répertoire. Les premiers instants de cet enregistrement laisse même craindre que la pratique régulière de la musique de notre temps ait prématurément fatigué la voix de la soprano canadienne, avec des aigus entaché d’un vibrato un peu douloureux. Par bonheur, cette première impression se dissipe bientôt, et l’artiste se révèle vite tout à fait maîtresse de la tessiture requise. De fait, Wolfgang Rihm a assez bien écrit sa partition pour que la chanteuse n’ait pas à lutter en permanence contre un orchestre déchaîné. <strong>Kent Nagano</strong> n’a pas peur de laisser cette musique exercer son charme sur l’auditeur, et l’orchestre a toute la force expressive souhaitable.</p>
<p>Mais après cette demi-heure intense sur le plan dramatique aussi bien que musical, quelle drôle d’idée d’enchaîner avec la suite de concert que notre compatriote Jean-Pascal Beintus a écrite autour du <em>Petit Prince</em> de Saint-Exupéry ! Ce spécialiste de la musique de film, assistant d’Alexandre Desplat, livre un gros quart d’heure de gentilles mélodies avec harpe et violon solistes, pastiche de Ravel et de Fauré qui ne mange pas de pain, mais qui semble davantage faites pour bercer le sommeil de l’auditeur et lui éviter de faire des cauchemars après la terrible entrevue de la femme qui tua l’aigle et lui arracha ses serres.</p>
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		<item>
		<title>Songs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rions-un-peu-avec-mr-charles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Aug 2013 15:24:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  En dehors de Dietrich Fischer-Dieskau, qui avait inclus une vingtaine de ses songs dans un disque consacré par ailleurs à Debussy et Ravel, quel chanteur non anglophone a osé se plonger dans l’univers vocal de Charles Ives ? Naturellement, ce sont surtout des artistes américains qui ont exploré la production de ce compositeur trop &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			En dehors de Dietrich Fischer-Dieskau, qui avait inclus une vingtaine de ses <em>songs </em>dans un disque consacré par ailleurs à Debussy et Ravel, quel chanteur non anglophone a osé se plonger dans l’univers vocal de Charles Ives ? Naturellement, ce sont surtout des artistes américains qui ont exploré la production de ce compositeur trop méconnu en France : pour ne citer que quelques noms, Roberta Alexander a enregistré deux CD de ses mélodies, Thomas Hampson en a gravé une sélection avec orchestre, et Susan Graham s’était assuré la collaboration du pianiste Pierre-Laurent Aimard. Une intégrale des songs en cinq volumes a été publiée par Naxos, avec des chanteurs plus confidentiels. Interprète fétiche de la musique de Bernard Cavanna depuis son inoubliable incarnation d’Ikuko dans <em>La Confession impudique</em>, la soprano canadienne <strong>Rayanne Dupuis</strong> a résolument opté pour la musique contemporaine, ou du moins pour un répertoire des XXe et XXIe siècles, puisqu’elle est aussi une fort belle Lulu de Berg. On a également pu la voir en Sieglinde du <em>Ring </em>raccourci présenté en tournée au cours de l’automne 2011. Habituée à une musique où les qualités expressives comptent plus que la pure beauté du timbre, Rayanne Dupuis met au service des mélodies de Charles Ives une diction incisive, un authentique art de faire vivre les textes en quelques minutes et une voix suffisamment large (seul certaines mélodies vraiment très graves la trouvent un peu moins sonore). Aussi à l’aise en français qu’en anglais, la soprano passe allègrement d’une langue à l’autre, sans plus de difficulté dans les quelques textes allemands qui inspirèrent aussi Ives (le fameux <em>Wandrers Nachtlied</em> de Goethe, et « Die Alte Mutter »). Le pianiste français Antoine Palloc se révèle un parfait complice</p>
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			L’heure que dure ce récital permet d’explorer les multiples facettes de la production de Charles Ives, qui trouva à s’exprimer aussi bien à travers des mélodies de forme extrêmement classique que dans des pièces échappant à tout cadre prédéfini. Les <em>Songs </em>retenues ici ont été composées entre 1895 et 1923, mais le disque bouleverse l’ordre chronologique afin de varier au maximum les climats et de proposer des enchaînements surprenants. On trouvera ici les harmonies étranges et les rythmes multiples d’un compositeur qui flirta avec les dissonances et l’atonalité. Tantôt longs, tantôt courts (deux vers !), parfois proches du poème en prose, les textes sont majoritairement en anglais, issus de la poésie britannique (de Milton à Rupert Brooke en passant par Keats ou Christina Rossetti) ou américaine (Longfellow, Walt Whitman), ainsi que de formes traditionnelles des Etats-Unis comme le spiritual. En français, Ives fut inspiré par Florian mais eut aussi le culot de mettre en musique, avec une souplesse prosodique extrême, le même poème de Louis Gallet sur lequel Massenet avait composé sa célébrissime « Elégie ». Et comme Charles Ives ne manquait pas d’humour, on goûtera notamment le très amusant et volubile « Memories », ou « The Only Way », satire des méthodes de composition prônées dans les conservatoires américains.</p>
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