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	<title>Eduard FRENCZI GURBAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Eduard FRENCZI GURBAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>POULENC, Les Mamelles de Tirésias – Mulhouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-les-mamelles-de-tiresias-mulhouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 08:09:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’ordinaire, Les Mamelles de Tirésias sont couplées avec une autre pièce, mais l’Opéra national du Rhin a pris la décision de se focaliser exclusivement sur l’opéra-bouffe de Poulenc d’une heure à peine. Le court chef-d’œuvre permet ainsi aux jeunes artistes de l’Opéra Studio de démontrer ce qu’ils savent faire, dans un spectacle adapté au public &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>D’ordinaire, <em>Les Mamelles de Tirésias</em> sont couplées avec une autre pièce, mais l’Opéra national du Rhin a pris la décision de se focaliser exclusivement sur l’opéra-bouffe de Poulenc d’une heure à peine. Le court chef-d’œuvre permet ainsi aux jeunes artistes de l’<strong>Opéra Studio</strong> de démontrer ce qu’ils savent faire, dans un spectacle adapté au public le plus large et destiné à tourner en région dans le cadre de l’Opéra Volant, un dispositif créé en 2021 pour faire découvrir des productions de chambre en Alsace et dans le Grand Est dans des salles de taille moyenne, voire des salles des fêtes, avec l’idée louable de toucher également des publics d’ordinaire éloignés de l’opéra.</p>
<p>Dans ce cadre, le travail de mise en scène de <strong>Jean-François Kessler</strong> est une belle réussite, puisqu’il a permis de créer un spectacle ludique, coloré et très cohérent à partir d’accessoires restreints et de décors faciles à adapter. La fantaisie surréaliste faussement absurde voulue par Apollinaire est ici installée sur une plage où s’ébattent des personnages tout droit sortis des années 1950, dans un style qui se rapproche de la comédie musicale. C’est la version de Britten, une adaptation pour deux pianos, qui a été choisie, le volume sonore produit accompagnant juste ce qu’il faut les artistes. Cela dit, on pourra toutefois déplorer l’absence de surtitres (une contrainte pas si compliquée que ça à mettre en place dans toutes les salles concernées). La diction n’est pas toujours parfaite et il est quelquefois difficile d’entendre toutes les subtilités du livret élaboré par Poulenc à partir du texte, complexe et potentiellement subversif, d’Apollinaire. C’est dommage pour une œuvre où les mots comptent à ce point et l’on se trouve devant une agréable comédie, certes, mais qui aurait pu être bien plus explosive. Soit, le programme de 12 pages éclaire efficacement le propos (on ne peut que se féliciter de la qualité pédagogique et du talent de narrateur du dramaturge de l’Opéra national du Rhin), mais comme on nous le rappelle, « Apollinaire n’explique rien, il suggère, laissant au public la liberté de reconnaître ses références ou de se laisser surprendre par l’image ainsi créée ». Plusieurs clés de lecture nous sont proposées dans le programme, qui sont particulièrement éclairantes. L’intrigue nous raconte l’histoire d’une femme ambitieuse (elle se rêve artiste, général ou ministre plutôt que chargée des tâches ménagères) et se métamorphose en homme, passant de Thérèse à Tirésias, alors qu’elle attache son mari et l’habille en femme. Ce dernier décide de repeupler Zanzibar en faisant des bébés tout seul ; il en naît 40049 en un jour. Mais ce repeuplement conduira à la famine et le gendarme cherche à y mettre bon ordre. En définitive, les deux époux reprennent leur forme initiale et se réconcilient. La pièce du poète avait pour contexte la Première Guerre mondiale. L’opéra, muri pendant la guerre suivante, est créé en 1947, on comprend les intentions antimilitaristes, féministes et la nécessité de faire des bébés après les deux carnages. Mais qui connaît sa mythologie suffisamment sur le bout des doigts pour se souvenir que Tirésias avait changé de sexe, et que, puisqu’il savait ce qu’était qu’être homme et femme, il avait été sollicité pour arbitrer un différent entre Zeus et Héra, lui valant d’être aveuglé par la déesse mécontente puis rendu devin grâce à l’action de Zeus, qui ne peut défaire ce qu’a voulu son épouse ? D’autres détails nous permettent de mieux comprendre le sens, pas si abscons que cela, du propos. Il est donc bien utile de lire les notes d’intention pour mieux profiter de l’œuvre. Zanzibar, par exemple, n’est pas qu’un archipel, c’est aussi un jeu de dés : le savoir permet de mieux comprendre le malentendu qui va pousser Presto et Lacouf à s’entretuer dans l’une des scènes les plus savoureuses de l’opéra. La mise en scène, justement, insiste beaucoup sur la joyeuse pochade, empreinte de fantaisie et d’exotisme, mettant en valeur le caractère transgenre et proposant un espace d’émancipation et de liberté, Jean-François Kessler partant du principe qu’Apollinaire n’impose rien et se contente de suggérer. Pour les jeunes chanteurs, l’engagement est particulièrement physique, car ils sont sans cesse sollicités, bougeant, dansant et chantant en simultané. Le rythme est soutenu et le résultat tout à fait réussi, tout en laissant la place à la beauté de la partition, où les genres sont mêlés et confondus.  </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-mamelles-de-Tiresias-6150WEB-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-210162"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Deux chanteuses se partagent le rôle de Thérèse/Tirésias. Dans le charmant théâtre de la Sinne à Mulhouse, nous entendons <strong>Jessica Hopkins </strong>qui affronte le rôle avec son joli timbre qui nous avait déjà séduit dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jones-schmidt-les-fantasticks-strasbourg/">Les Fantasticks</a></em>. Sa colorature est soutenue par un tempérament et un caractère affirmé qui rend crédible son personnage de féministe activiste. Mais la justesse de prononciation du français reste à perfectionner pour la jeune soprano britannique. Le ténor belge <strong>Pierre Romainville</strong> est tout à fait à son aise en mari transgenre dont le rôle est particulièrement étoffé et qu’il assume avec style et sens de l’autodérision. Le baryton roumano-hongrois <strong>Eduard Ferenczi Gurban</strong> assume lui aussi ses quatre rôles avec brio et assurance, tout comme <strong>Thomas Chenhall</strong>, l’autre baryton, qui incarne un gendarme truculent. Les autres jeunes artistes ne déparent en rien et garantissent tous ensemble la vivacité et l’entrain du spectacle. Les deux pianistes <strong>Anaëlle Reitan</strong> et <strong>Thibaut Trouche</strong> parviennent à mettre en valeur le pastiche de Poulenc, allant de l’opéra au caf’conc’ en mélangeant jazz, opérette, valse ou charleston avec un art confondant. Un bien beau spectacle, à découvrir notamment à la Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg, mais aussi à Sarre-Union ou encore à Sainte-Marie-aux-Mines où la représentation est gratuite !</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES MAMELLES DE TIRESIAS | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/I7cWf0liM8c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES MAMELLES DE TIRESIAS | Entretien avec Jean-François Kessler | Mise en scène" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/u5LwzQqP9wU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>KORNGOLD, Le Miracle d&#8217;Héliane – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/korngold-le-miracle-dheliane-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 06:23:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nombreux étaient ceux qui, pour cette première du Miracle d’Héliane (Das Wunder der Heliane) d’Erich Wolfgang Korngold, vibraient d’impatience à l’idée de découvrir enfin sur scène cet opéra rare et très injustement méconnu d’un artiste surdoué et célébré dès sa prime jeunesse, sorte de nouveau Mozart et qualifié de « Génie » par Malher. Du compositeur, on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nombreux étaient ceux qui, pour cette première du <em>Miracle d’Héliane (Das Wunder der Heliane)</em> d’Erich Wolfgang Korngold, vibraient d’impatience à l’idée de découvrir enfin sur scène cet opéra rare et très injustement méconnu d’un artiste surdoué et célébré dès sa prime jeunesse, sorte de nouveau Mozart et qualifié de « Génie » par Malher. Du compositeur, on connaît surtout la <em>Ville morte (Die Tote Stadt) </em>et sa sublime « Marietta’s Lied ». Fuyant le régime nazi, Korngold s’était réfugié aux États-Unis où il était devenu l’un des fondateurs du grand style symphonique de la musique de films (<em>Les Aventures de Robin des bois </em>avec Errol Flynn, notamment), ce qui ne lui sera pas pardonné au moment où il cherchera à poursuivre sa carrière en Europe après-guerre. Avant cela, au faîte de sa célébrité, l’Autrichien avait proposé en 1927 son <em>Miracle d’Héliane</em> très attendu. Mais l’œuvre avait été victime, à la fois d’une cabale dirigée contre le père du compositeur, et de son sujet, très fin-de-siècle et décalé par rapport aux attentes du public viennois de l’époque. L’opéra est depuis très peu donné : un enregistrement en 1993, un <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/das-wunder-der-heliane-heliane-miraculeuse/">DVD</a> de la production mise en scène par Christof Loy en 2019 et quelques productions scéniques, c’est bien peu.</p>
<p>On se réjouit donc de cette création française et du courage d’<strong>Alain Perroux</strong>, directeur de l’Opéra national du Rhin, de prendre le risque de programmer une œuvre rare et périlleuse, tant par l’ampleur de sa richesse orchestrale que son exigence au niveau des voix, qui se doivent exceptionnelles. Et nous avons de la chance, car ce chef-d’œuvre a été somptueusement interprété ce soir de Première. La mise en scène de <strong>Jakob Peters-Messer</strong>, en revanche, contraste par son austérité et un minimalisme qui auront le mérite de laisser le spectateur se concentrer sur la musique et le chant. Le décor se limite à de grands espaces pour ainsi dire vides surmontés de miroirs agencés au plafond en motifs de vagues dont les reflets soulignent le dérèglement du fonctionnement tyrannique d’un Souverain rétif au bonheur pour son peuple qu’un Étranger porteur d’amour et d’espoir vient perturber. La reine Héliane s’est toujours refusée à son époux mais se dénude devant l’Étranger condamné à mort qu’elle est venue consoler dans sa cellule, sans se donner charnellement à celui qui est instantanément tombé amoureux d’elle et qui se suicide avant d’être exécuté. Accusée d’adultère par le Souverain, Héliane pourrait être graciée si elle arrivait à ressusciter l’Étranger. Elle n’y parvient pas mais l’Étranger revient à la vie par lui-même et emporte au paradis celle qui a été poignardée par son époux. L’intrigue se situe tout d’abord dans une geôle, puis un tribunal et enfin une sorte de terrain vague qui s’ouvre sur un espace entre terre et ciel, éléments lumineux ou diffractés ainsi que néons à l’appui. Sobriété des effets (mais très belles projections des deux héros endormis) et direction d’acteurs sans afféterie, tout cela laisse néanmoins sur sa faim. Qu’importe : on s’en contente, tant la musique est riche et fascinante, plantureuse et expressive. Korngold est un digne successeur de Wagner et de Strauss, mozartien, voire puccinien dans sa capacité à évoquer les personnalités et les intrigues par des mélodies ciselées comme autant d’évidences dramaturgiques, dans une manière qui annonce également les partitions cinématographiques à venir, empreintes de fulgurances paroxystiques. D’ailleurs, la tension ne se relâche jamais et le temps passe comme un éclair, mettant toutefois à rude épreuve les capacités des interprètes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LeMiracleDHeliane-GP-8655presse-webpresse-web-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-207016"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Et justement, la distribution se révèle de très haute qualité et parfaitement à la hauteur. La soprano franco-allemande <strong>Camille Schnoor</strong> affronte le rôle surdimensionné d’Héliane avec aplomb et assurance, d’une puissance et d’une vaillance apparemment à toute épreuve. La jeune femme est mieux que crédible en reine empathique, puis troublée et enfin passionnée jusqu’au paroxysme. La voix est charnue, puissante, ductile et infiniment séduisante. Dans le rôle très exigeant de l’Étranger, le ténor américain <strong>Ric Furman</strong> se montre d’une vaillance sans faille, constamment obligé de lutter contre une masse orchestrale qu’il brave avec fougue et ferveur quasi christique. Digne des meilleurs Heldentenor, le jeune homme montre quelques signes de fatigue dans le dernier acte dont on ne saurait lui tenir rigueur, tant son endurance héroïque et son sens des nuances nous ont enchantés durant toute la soirée. Le baryton-basse autrichien <strong>Josef Wagner</strong> apporte à son personnage glacial de souverain despote une férocité qui se transforme en blessure béante infiniment touchante. La prestation scénique est empreinte d’une grande noblesse et la voix l’est tout autant. La mezzo-soprano estonienne <strong>Kai Rüütel-Pajula</strong> complète efficacement ce quatuor et chacune des apparitions de cette Messagère virago s’impose par une présence autoritaire et péremptoire, timbre ambré et voix singulièrement puissante. Des rôles secondaires, on retiendra en particulier celui du Geôlier interprété par le baryton <strong>Damien Pass</strong>, tout en compréhension et humanité. Le plateau vocal est très homogène et les chœurs peuvent déchaîner leurs ardeurs sans compter, tout à leur aise.</p>
<p>L’effectif prévu par Korngold n’entrant pas dans la fosse, l’<strong>Orchestre philharmonique de Strasbourg</strong> interprète donc la version légèrement réduite spécialement conçue pour cette production créée par la Reisopera venue des Pays-Bas où le spectacle a été donné précédemment. Sous la direction précise et inspirée de <strong>Robert Houssard</strong>, les couleurs chatoyantes de l’orchestre se développent à profusion sans répit, sans jamais lasser l’oreille. La puissance immersive et contagieuse de la partition laisse ainsi l’auditeur comblé et repu. On se prend cependant à rêver : et si l’on pouvait entendre la même partition avec l’effectif complet ! Cela dit, en l’état, le spectacle proposé à Strasbourg est un cadeau de toute beauté…</p>
<p>Il est donc dommage que la salle de l’Opéra n’ait été qu’au trois-quarts pleine. On ne peut que souhaiter un vif succès pour cette œuvre remarquable, sublime jouissance pour les oreilles, visible encore jusqu’au 1<sup>er</sup> février. Le bouche-à-oreille devrait aider à remplir la salle.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LE MIRACLE D&#039;HELIANE | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/beunvJ_HmI4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>JONES &#038; SCHMIDT, Les Fantasticks – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jones-schmidt-les-fantasticks-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sait que le directeur de l’Opéra national du Rhin, Alain Perroux, est un grand amoureux du musical, qu’il célèbre d’ailleurs dans La Comédie musicale éditée chez l’Avant-Scène Opéra. On ne s’étonnera pas de revoir à l’affiche de la saison 25-26 The Fantasticks, déjà proposés en février 2024, en partenariat avec le Théâtre Jeune Public &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On sait que le directeur de l’Opéra national du Rhin, Alain Perroux, est un grand amoureux du musical, qu’il célèbre d’ailleurs dans <em>La Comédie musicale</em> éditée chez l’Avant-Scène Opéra. On ne s’étonnera pas de revoir à l’affiche de la saison 25-26 <em>The Fantasticks</em>, déjà proposés en février 2024, en partenariat avec le Théâtre Jeune Public de Strasbourg, pour un spectacle qui avait alors rencontré un beau succès. C’est dans la version française adaptée par Alain Perroux lui-même d’après le livret de Tom Jones que le public est invité à découvrir ou revoir une œuvre curieusement méconnue en France. Pourtant, <em>The Fantasticks</em> détient le record de longévité de la pièce la plus longtemps à l’affiche à Broadway sans discontinuer, dans le même théâtre : 17162 représentations entre 1960 et 2002, avant qu’une hausse substantielle des loyers ne pousse le musical hors-ses-murs ; depuis 2004, la pièce est toujours au programme du même théâtre qui a pris le relais. Un succès qui ne manque pas d’attirer l’attention, d’autant que l’œuvre s’articule autour d’un simple piano accompagné d’une harpe, ainsi que cinq chanteurs, deux comédiens et un mime (chargé d’ailleurs de jouer, entre autres, le rôle d’un mur, la production ne s’encombrant pas d’accessoires superflus). En France, on ne connaît guère de cette œuvre qu’un seul air, surtout grâce à une célèbre publicité de café : le très mélancolique <em>Try to remember</em>. Pour ceux qui ont eu la curiosité d’aller découvrir le spectacle dans la Grande Scène du TJP Centre dramatique national, dans une configuration assez proche de celle de la production d’origine (200 places au lieu des 144 places initiales), il a été loisible de comprendre l’intérêt évident de l’œuvre tout en savourant la réussite de l’adaptation strasbourgeoise, tout à fait exquise et maîtrisée.</p>
<p>L’intrigue est familière et rappelle aussi bien <em>Roméo et Juliette</em> que <em>Pyrame et Thisbé</em>, les héros mythologiques qui se murmuraient des mots doux à travers les interstices d’un mur, pendant que leurs familles se détestent. En fait, c’est de la pièce <em>Les Romanesques</em> d’Edmond Rostand que l’histoire est inspirée. Parce qu’ils savent que les enfants font en général le contraire de ce qu’on leur demande, deux voisins ont l’idée de construire un mur séparant leur jardin respectif en feignant d’être brouillés. Évidemment, les deux jeunes gens vont tomber amoureux l’un de l’autre. Quelques péripéties plus tard, quand bien même ils se seront séparés après avoir découvert que leurs parents leur avaient menti, les deux tourtereaux vont convoler. Dans cette version mise en scène avec malice et brio, le tout mené tambour battant par <strong>Myriam Marzouki</strong>, les deux musiciens, le mime et le binôme de comédiens encadrent de jeunes chanteurs venus du monde lyrique, en l’occurrence les membres de l’Opéra Studio, ainsi qu’un tout jeune chanteur formé à la comédie musicale, tout ce petit monde brûle les planches et enchante le public. Curieusement, les quelques accessoires qui rappellent le théâtre de tréteaux minimaliste créent un univers très évocateur et foisonnant. La lune de carton et les confettis qui servent à évoquer la pluie, la neige et bien d’autres éléments encore suffisent à distiller un intense sentiment de poésie. Par ailleurs, l&rsquo;impression de maîtrise, de travail intense des différents protagonistes et le professionnalisme à la Broadway qui se dégage de cette production achèvent de conquérir l’auditoire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-Fantasticks2025G2828WEB-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-203592"/><figcaption class="wp-element-caption">© Klara Beck</figcaption></figure>


<p>On saluera d’abord la performance de <strong>Jessica Hopkins</strong> dans le rôle de Luisa. La jeune soprano britannique n’a pas les seize ans du rôle, mais elle parvient à nous persuader de sa jeunesse, de sa fraîcheur tout comme de sa force de caractère. Le timbre est fruité, la technique déjà très mûre. On se réjouit en avance de la découvrir dans deux autres programmes à venir cette année (<em><a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2526/opera/les-mamelles-de-tiresias">Les Mamelles de Tirésias</a> </em>et <em><a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2526/opera/les-noces-de-figaro">Les Noces de Figaro</a></em>). En attendant, c’est son apparente facilité à se fondre dans l’univers de la comédie musicale qui étonne, avant d’apprendre qu’elle a été formée à cette technique très tôt. Elle qui vient d’arriver à Strasbourg se débrouille mieux que bien dans sa nouvelle langue d’adoption. Auréolé d’un superbe accent, son français est merveilleusement bien prononcé et l’on comprend tout ce qu’elle dit. Face à elle, <strong>Artus Maël </strong>incarne avec justesse et évidence le personnage de Matt, tout juste 19 ans, ce qui est exactement l’âge de ce très jeune comédien, déjà parfaitement rompu aux arts de la scène : chant, danse et diction, le tout avec grâce et élégance. Si la voix n’est pas toujours exactement posée, les moments où il est au diapason avec sa partenaire n’en sont que plus harmonieux et jouissifs. On est curieux d’assister à la suite de la carrière de ce jeune prodige. En mère manipulatrice mais bienveillante, <strong>Inès Prevet</strong> fait merveille. La mezzo est dotée d’une belle technique et d’une énergie qui fait plaisir à voir. Le ténor belge <strong>Pierre Romainville</strong> lui tient tête avec bonhomie et parvient à habiter son rôle avec panache. En bandit enjôleur et vaguement blasé, le baryton roumano-hongrois <strong>Eduard Ferenczi Gurban</strong> charme d’emblée son auditoire avec son « Souvenir tendre » (<em>Try to remember</em>) de sa voix agréablement posée magnifiée par un charisme nonchalant. Les deux comédiens, <strong>Benoit Moreira Da Silva</strong> et <strong>Yann Del Puppo</strong>, sont irrésistibles, notamment dans leur tirade reprise de <em>Cyrano</em> avec quelques couacs (Alain Perroux a choisi ce petit clin d’œil à Rostand plutôt que de reprendre les vers de Shakespeare de l’original). Mais, par-dessus tout, il faut louer la performance de <strong>Quentin Ehret</strong>, merveilleux comédien et idéal Muet. Quelque part entre le Strasbourgeois Mime Marceau, le célébrissime comédien allemand Heinz Rühmann avec lequel il partage une ressemblance physique troublante ou un Harry Langdon poétique et lunaire, le comédien formé à l’École du Théâtre national de Strasbourg est l’un des ajouts majeurs du spectacle où il est omniprésent, à la fois accessoire (entre autres le mur déjà cité), accessoiriste et observateur silencieux et mutique, mais qui n’en pense pas moins. Pianiste et harpiste sont sollicités sans cesse pendant deux longues heures (pour eux), donnant parfois la sensation d’être un orchestre à eux deux. La musique entraînante et séduisante d’Harvey Schmidt consolide le tout.</p>
<p>Le spectacle, conçu pour tous publics, mais également réduit à un format d’une heure pour les scolaires, est formaté pour être facilement repris sur différentes scènes. Il sera d&rsquo;ailleurs notamment repris à Genève, le théâtre dont Alain Perroux va très bientôt être le directeur. En attendant, on ne peut qu’encourager le public à aller découvrir seuls, entre adultes ou en familles ce somptueux bijou, magnifique réussite où toutes les planètes semblent s’être parfaitement alignées pour cette formidable comédie musicale de poche.</p>


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