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	<title>Anna EMELIANOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Anna EMELIANOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH, Fantasio — Utrecht</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fantasio-utrecht-ou-le-genie-abonde-la-grace-surabonde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 02:50:52 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’œuvre, d’abord. Du génie, Offenbach en avait, et on s’aperçoit enfin qu’il ne le déployait pas seulement dans ses œuvres bouffes, mais qu’il était parfaitement capable de l’adapter au genre opéra-comique. La résurrection de <em>Barkouf</em> à Strasbourg l’a montré, comme l’avait montré un peu plus tôt la reprise de <em>Fantasio </em>à Paris : même quand sa musique n’avait pas pour soutien un livret irrévérencieux qui fit grincer bien des dentitions au XIX<sup>e</sup> siècle, elle peut être à la fois superbe et efficace. <em>Fantasio</em> est à ranger parmi les chefs-d’œuvre de son auteur, cela ne devrait maintenant plus faire l’ombre d’un doute. Les mélodies enchanteresses s’y bousculent et côtoient les inventions les plus inspirées : du très grand Offenbach.</p>
<p>Encore faut-il donner raison à ceux qui l’avaient subodoré, en montant l’œuvre pour permettre au public de se persuader du bien-fondé de son retour sur les scènes. Après la production de Thomas Jolly qui s’est pas mal promenée en France et en Suisse en 2017-18, voici que les Pays-Bas nous en proposent une nouvelle version. Surtout connu en France comme metteur en scène, Waut Koeken a eu l’idée d’inscrire <em>Fantasio</em> au programme de la compagnie néerlandaise OperaZuid, dont il est le directeur. Pour monter cet opéra-comique, il a fait appel à un Français, <strong>Benjamin Prins</strong>, qui fut notamment l’assistant d’Olivier Py pour <em>Hamlet</em>. Riche idée, en l’occurrence, car le spectacle est une totale réussite, d’autant plus méritoire que OperaZuid ne bénéficie pas – c’est le moins qu’on puisse dire – des subventions généreuses de maisons plus établies, dans d’autres pays. Les décors mobiles sont astucieux, les costumes sont pleins d’invention ; peut-être la modernisation de certains dialogues ne plaira-t-elle pas à tout le monde, mais la mise en scène a pris le parti de rapprocher de notre époque le héros et ses amis. Les cinq jeunes gens qui, dans le livret original, rêvent de « tirer les bourgeois par la perruque et casser les lanternes », sont assez logiquement devenus des punks anarchistes ; au pantalon à sous-pieds de la Bohême Louis-Philipparde se substitue le jean skinny, et le sweat à capuche se marie avec le queue-de-pie. Dans une atmosphère délicieusement absurde, le XIXe siècle du roi de Bavière rencontre le Moyen-Age du prince de Mantoue. Et à côté de moments où l’on rit aux éclats (le susdit prince de Mantoue y est souvent pour quelque chose), il faut saluer de beaux moments de grâce et de poésie en relation avec la princesse, sorte d’Ophélie somnambule.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/jm-20190514-7356.jpg?itok=UuwVT_Qb" title=" © Joost Milde" width="468" /><br />
	 © Joost Milde</p>
<p>Musicalement, la réussite est tout aussi éclatante. Tout d’abord, on découvre en la personne d’<strong>Enrico Delamboye </strong>un chef capable de doser idéalement les diverses composantes de la partition : les valses dansent, les ensembles frétillent, le chœur du début du deuxième acte est éthéré à souhait, mais jamais la musique ne s’alanguit indûment. Il est en cela parfaitement suivi par le Philharmonie Zuidnederland, à la sonorité séduisante. Heureux les spectateurs du Théâtre de Coblence où ce chef allemand exerce le plus souvent ses talents !</p>
<p>Vocalement, enfin, OperaZuid a réussi à réunir une fort belle distribution. Dans le rôle-titre, la mezzo <strong>Romie Estèves</strong> gagne définitivement ses galons de grande artiste, et l’on espère que son grand talent sera récompensé par de grands rôles dans les saisons à venir. Sa prestation impressionne autant par son excellence vocale d’un bout à l’autre de la tessiture que par l’engagement avec lequel elle campe un personnage d’abord déprimé, bondissant ensuite, interprétant une véritable chorégraphie pendant son air « Voici dans la nuit brune ». Seul autre Français de la distribution, <strong>Thomas Morris</strong> a l’habitude de se distinguer dans les ténors de caractère, et Marinoni lui offre une belle occasion. Francophone, le baryton belge <strong>Ivan Thirion</strong> hérite du personnage pas si secondaire de Sparck, ami de Fantasio auquel plusieurs airs sont confiés et dont il s’acquitte fort bien. En princesse lunaire, <strong>Anna Emelianova</strong> conquiert tous les cœurs : la soprano russe possède exactement les couleurs virginales et la pureté d’émission qu’on attend des héroïnes d’opéra-comique, et le timbre de son Elsbeth s’accorde parfaitement à celui de Fantasio. Tout le reste de la distribution se compose de Néerlandais, au premier rang desquels on salue la prestation de <strong>Roger Smeets</strong>, prince de Mantoue idéalement risible, et le Flamel, page devenu ici duègne, de <strong>Francis van Broekhuizen</strong>, qui confère au personnage une truculence fort réjouissante. En roi, <strong>Huub Claessens </strong>n’a guère à chanter mais le fait bien. Parmi les étudiants, on signalera aussi le Facio de <strong>Jeroen de Vaal</strong>, qui passe le plus clair de la représentation simplement vêtu d’un slip et de bottes en caoutchouc, l’impressionnante composition de <strong>Jacques de Faber</strong>, ou le Hartmann sonore de <strong>Rick Zwart</strong>. Le comédien <strong>Peter Vandemeulebroecke</strong> est un geôlier impayable, et même les danseurs, employés à très bon escient, savent faire rire dans leurs différentes incarnations.</p>
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		<title>PUCCINI, La Bohème — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-luxembourg-o-plat-pays/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2016 06:27:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est en mai dernier à Eindhoven aux Pays Bas que fut créée par Opera Zuid cette production de La Bohème, à l’occasion des 25 ans du Park Theater. De facture assez conventionnelle, la mise en scène de Waut Koeken suit de très près le livret, et donne du Paris de la fin du XIXe siècle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est en mai dernier à Eindhoven aux Pays Bas que fut créée par Opera Zuid cette production de <em>La Bohème</em>, à l’occasion des 25 ans du Park Theater. De facture assez conventionnelle, la mise en scène de <strong>Waut Koeken</strong> suit de très près le livret, et donne du Paris de la fin du XIXe siècle une vision chatoyante mais convenue qu’il remplit d’une foule de détails pittoresques avec un beau savoir faire. Dans un décor au désordre savamment construit et dont chaque élément fait sens d’une façon très démonstrative, dans un grand luxe de costumes et d&rsquo;accessoires, il fait évoluer ses personnages avec un joyeux entrain mais sans grande poésie, privilégiant les éléments comiques ou narratifs au détriment d’une réelle construction dramatique ou d’une relecture originale de l’œuvre. Sous des lumières trop objectives, auxquelles il manque une part d’ombre et donc de relief, les souffrances de Mimi et Rodolfo suscitent assez peu d’émotion, le contraste que forme leur couple avec celui de Musette et Marcello n’est pas mis en avant, et ce n’est qu’à la fin du dernier tableau, lorsque s’impose le drame, que la mise en scène nous donne accès à une véritable tension. Le caractère de chaque personnage n’est guère détaillé, les quatre garçons sont traités à peu près de la même façon, avec une commune désinvolture. Tout ceci n’est pas du mauvais théâtre, certainement pas, mais le public des grandes maisons européennes est habitué aujourd’hui à un travail dramaturgique plus fouillé, à un questionnement des œuvres plus approfondi, menant à des productions plus originales et plus personnelles.</p>
<p>La même objectivité un peu plate prévaut à l’orchestre, placé sous la baguette d’un jeune chef belge <strong>Karel Deseure</strong>, dont le travail, certes efficace – tout est en place – manque encore de subtilité dans les couleurs et de relief dans l’exécution. La partition d’une exceptionnelle richesse permettrait bien plus d’intentions, de mise en exergue de certains détails. Mais peut-être l’acoustique très mate du Grand Théâtre est-elle pour quelque chose dans cette impression un peu terne.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/oz-laboheme-gen-01-hdtv.jpg?itok=QSSaKCuJ" title="Adriano Graziani (Rodolfo), )Willem de Vries (Schaunard), Henk van Heijnsbergen (Benoit), Geoffroy Bussière (Colline) et Marcel Van Dieren (Marcello) © Opera Zuid" width="468" /><br />
	Adriano Graziani (Rodolfo), )Willem de Vries (Schaunard), Henk van Heijnsbergen (Benoit), Geoffroy Bussière (Colline) et Marcel Van Dieren (Marcello) © Opera Zuid</p>
<p>Du côté de la distribution vocale, le niveau est globalement excellent. <strong>Jeannette van Schaik</strong> prête à Mimi une voix aux aigus faciles et à la technique impeccable, tout comme sa diction ; on souhaiterait juste qu’elle sorte un peu de sa réserve et incarne davantage le personnage, qu’elle lui donne plus de corps et de chair.  Musette (<strong>Anna Emelianova</strong>) se montre de bout en bout extrêmement solide, avec une voix un peu acide qui convient très bien à ce rôle d’aguicheuse au cœur tendre, qu’elle défend avec beaucoup d’abattage. <strong>Adriano Graziani</strong> est très bien distribué également : voix généreuse, diction impeccable, timbre idéal pour le rôle, il serait un Rodolfo parfait si sa prestation n’était émaillée de nombreuses imprécisions de justesse qui gâchent un peu le plaisir. A ses côtés, Marcello (<strong>Marcel van Dieren</strong>, très belle voix également) est sans doute celui qui construit le mieux son personnage. <strong>Willem De Vries</strong> (Schaunard) se montre un peu en retrait à l’inverse de <strong>Geoffroy Buffière</strong> excellent en Colline. </p>
<p><strong>Henk van Heijnsbergen</strong>, qui chante tant le rôle de Benoit que celui d’Alcindoro et <strong>Bram van Uum </strong>dans la brève intervention de Parpignol complètent heureusement la distribution.</p>
<p>Fort attachante comme à l’accoutumée, la prestation du chœur d’enfants séduit le public par son entrain et son enthousiasme.</p>
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