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	<title>Johannes ERATH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Johannes ERATH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Lohengrin – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 08:36:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une nouvelle ère qui s’ouvre à Baden-Baden pour le Festival de Pâques après le départ de Kirill Petrenko et du Berliner Philharmoniker, qui nous avaient fait vivre une inoubliable Butterfly lors de la précédente édition. On se souvient que le prestigieux orchestre s&#8217;est produit dans la ville badoise pendant plus de dix ans avant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une nouvelle ère qui s’ouvre à Baden-Baden pour le Festival de Pâques après le départ de Kirill Petrenko et du Berliner Philharmoniker, qui nous avaient fait vivre une inoubliable <em>Butterfly</em> lors de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-baden-baden/">précédente édition</a>. On se souvient que le prestigieux orchestre s&rsquo;est produit dans la ville badoise pendant plus de dix ans avant de retourner à Salzbourg. Il laisse la place, pour cette nouvelle production de <em>Lohengrin</em>, au <strong>Mahler Chamber Orchestra</strong>, dont le travail sur la musique de Wagner est passionnant, même si l’on reste parfois sur sa faim : l’ampleur est bien là, l’homogénéité également, mais l’on aurait aimé entendre ici et là des nuances plus expressives, voire plus ciselées et surtout, plus enveloppantes, dans cette immense salle qu’est le Festspielhaus. Ces quelques réserves énoncées, on ne peut que s’incliner devant l’impeccable direction de celle qui avait été élue cheffe de l’année par <em>Opernwelt</em> en 2019, <strong>Joana Mallwitz</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lohengrin_Willis-Sorensen_Beczala_Ensemble_Baumgartner_cMartinSigmund-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211143"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Martin Sigmund</sup></figcaption></figure>


<p>La complexité de la déferlante wagnérienne est maîtrisée et la jeune femme réussit à tirer de la formation équilibre, continuité et excellente qualité d’ensemble ; de son côté, le metteur en scène <strong>Johannes Erath</strong> a manifestement cherché à ne pas être en reste. Le musicien, assistant entre autres de Willy Decker, qui a par ailleurs grandi dans sa Forêt Noire natale, à la fois enchanteresse et sombre, a choisi de plonger le plateau dans une semi-obscurité, entre chien et loup, dans une ambiance mi féerique, mi naturaliste. Dans la pénombre, nous précise-t-il, difficile de savoir si, en apercevant un animal, il est habité d’intentions pacifiques ou hostiles. Les personnages principaux sont ainsi vêtus de blanc ou de noir, les autres portant des couleurs oscillant entre le bleu nuit, céleste, ciel ou azur, les teintes scintillantes rehaussées de strass étoilés ou de nébuleuses floues selon les éclairages, privilégiant les teintes froides. Entre onirisme et réalité crue, la mise en scène laisse la part belle au texte et à la logique visuelle qui en résulte. Les costumes et accessoires nous installent dans une temporalité élastique, mais on ne peut s’empêcher de penser aux années Trente, même si un écran de télévision nous renvoie une génération plus loin. Les images projetées en fond de scène tout comme celles du téléviseur sont en décalage et nous forcent à choisir ou à louvoyer. Une scène est tout particulièrement frappante et souligne cet écart temporel, cette sensation de flou, de fausseté, voire d’absurdité qui s’en échappe : le chœur trinque et mime le geste de boire, alors que les projections à l’arrière nous le montre, en noir et blanc, bel et bien en train de boire de la bière. Si Lohengrin et Elsa sont blancs comme neige quand Ortrud et Telramund sont en noir corbeau, difficile d’en faire une dichotomie manichéenne : les zones d’ombre subsistent, comme dans cette scène de retrouvailles entre les deux femmes dont les lits sont placés dos à dos, comme en miroir. Chacun y trouvera des clefs de lecture et d’interprétation (ou pas), comme de se demander si les deux héroïnes ne seraient pas les moitiés d’une même entité. Tout est suggestion et références plus ou moins biaisées. On pense souvent à l&rsquo;<em>Excalibur</em> de Boorman (une épée fichée dans les gradins qu’on vient déloger) ou <em>Melancholia</em> de Lars von Trier (les planètes géantes qui se rapprochent dangereusement), voire à d’autres correspondances cinématographiques, comme <em>Die 1000 Augen des Dr. Mabuse (Le Diabolique Docteur Mabuse)</em> de Fritz Lang ou encore <em>M le Maudit</em>. Mais aucune référence n’est insistante, comme si Johannes Erath se contentait d’instiller le doute et les interprétations possibles en nous laissant construire notre propre exégèse. C’est tout à son honneur. Le résultat est magnifique, notamment pour la beauté des costumes, l’élégance sophistiquée des coiffures et l’ambiance onirique générale. Le décor ressemble par endroits à un œil et son iris, pupille dilatée, véritable ouverture à l’iris sur rétine ultrasensible ou fragilisée jusqu’au décollement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lohengrin_Youn_Koch_Hasselborn_Baumgartner_Wllis-Sorensen_cMartinSigmund-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211144"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Martin Sigmund</sup></figcaption></figure>


<p>Si la débauche d’effets techniques peut impressionner favorablement ou non, la qualité du plateau vocal, elle, met tout le monde d’accord. Nous avons affaire avec des interprètes de très haut niveau qui passent très aisément la rampe. En premier lieu, <strong>Piotr Beczala</strong>, rompu (notamment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-bayreuth/">Bayreuth</a>), au rôle de Lohengrin dont il semble avoir intégré le moindre frémissement : de la pureté la plus éthérée au désespoir le plus expansif (mémorable « Weh »), la performance est uniforme et exemplaire : émission constante, prononciation impeccable, beauté ineffable du timbre et de la ligne vocale, le ténor est au sommet de ses moyens. Face à lui, <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong> est une Elsa de haute tenue : la voix est large, puissante, mordorée et déborde de nuances subtiles et envoûtantes. Lumineuse et intense, la soprano excelle à laisser percevoir toutes les failles et fragilités de son personnage. <strong>Tanja Ariane Baumgartner</strong> campe une Ortrud complexe et démoniaque à souhait. Le timbre est riche, la voix ample, les qualités dramatiques évidentes, pour l’une des prestations les plus passionnantes de la soirée. N’oublions pas <strong>Wolfgang Koch</strong>, remarquable en Friedrich von Telramund, félon bravache et héros blessé, aigri et revenu de tout, dont chaque saillie est riche d’harmoniques qui en magnifient le contenu. Chaque mot tonne, rugit ou implore avec une intelligence scénique et un sens du phrasé impressionnants. <strong>Kwangchul Youn</strong> donne beaucoup d’humanité et de noblesse au roi quoique la voix souffre d’un vibrato bien envahissant par endroits. Enfin, <strong>Samuel Hasselhorn</strong> attire l’attention à chacune des interventions du Hérault, qu’il transcende avec aisance et brio d’une voix impeccablement timbrée.</p>
<p>L’année prochaine, le Festival de Pâques permettra de retrouver Joana Mallwitz à la tête du Mahler Chamber Orchestra pour une production de <em>Fidelio</em> mise en scène par Krzysztof Warlikowski. On peut d’ores et déjà acheter ses places <a href="https://www.festspielhaus.de/veranstaltungen/beethoven-fidelio/?date=2027-03-20-1800">sur le site</a> du Festspielhaus.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Lohengrin 2026 - Trailer" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/glDaGrG17GM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>ROSSINI, Ermione &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-ermione-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Aug 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ermione, créée en 1819 (année de La donna del lago ou de Bianca e Falliero notamment, qui est également à l’affiche du festival cette année) est une œuvre rare. Elle n’a été montée auparavant que deux fois à l’occasion du Festival Rossini à Pesaro, en 1987 et 2008. La raison ne vient clairement pas d’une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ermione</em>, créée en 1819 (année de <em>La donna del lago</em> ou de <em>Bianca e Falliero</em> notamment, qui est également <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-bianca-e-falliero-pesaro/">à l’affiche du festival cette année</a>) est une œuvre rare. Elle n’a été montée auparavant que deux fois à l’occasion du Festival Rossini à Pesaro, en 1987 et 2008.</p>
<p>La raison ne vient clairement pas d’une faiblesse du livret. Plutôt resserrée (pour un opéra napolitain de Rossini tout du moins !), l’intrigue est portée par les passions non partagées qui dévorent et détruisent les personnages. Andromaque est prisonnière en Epire avec son fils Astyanax, à la cour de Pyrrhus, à la suite de la guerre de Troie. Pyrrhus aime Andromaque qui, elle, le rejette, fidèle à son amour défunt, Hector. Pyrrhus avait auparavant promis d’épouser la princesse Hermione. Cette dernière, face à la trahison de Pyrrhus, est déchirée entre un amour toujours brûlant et une haine violente. Sur ces faits arrive Oreste, qui, au nom des Grecs, demande qu’Astyanax soit tué, car il représente un symbole pouvant ranimer les espoirs des survivants de Troie. La vraie raison de sa présence est cependant qu’Oreste aime inconditionnellement Hermione… inclination encore une fois non partagée ! L’arrivée d’Oreste ne sera que le catalyseur d’une course à l’abîme inéluctable qui aboutira à l’assassinat de Pyrrhus par Oreste, commandité par Hermione.</p>
<p>Il faudrait plutôt chercher les causes de la rareté au niveau de la partition, dont les exigences vocales écrasantes sont à la hauteur des interprètes à la création : rien de moins qu’Isabella Colbran (Ermione), Rosmunda Pisaroni (Andromaque), Andrea Nozzari (Pyrrhus) et Giovanni David (Oreste).</p>
<p>En 1987, le festival avait parié sur Caballé, Horne, Merritt, Blake, et en 2008 sur <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ermione-rendue-au-rof/">Ganassi, Pizzolatto, Kunde, Siragusa</a>, pour faire honneur à l’œuvre. Si le quatuor de cette année recèle des noms moins connus, il assure également au spectateur une grande soirée d’opéra.</p>
<p>Il faut dire que les interprètes sont soutenus et galvanisés par la direction tendue de <strong>Michele Mariotti</strong>, à la tête de l’Orchestra sinfonica nazionale della RAI. Dès l’ouverture, atypique car entrecoupée de plaintes des prisonniers troyens, le rythme est vif, les <em>crescendi</em> millimétrés, et le chef choisit de mettre en avant certains détails, jamais gratuits, qui, loin de suspendre l’action, soulignent les états d’âme et participent au drame qui se déroule sur scène. On applaudit également la qualité de fondu et de mise en place des chœurs del Teatro Ventidio Basso.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bartoli_Florez_V1A4103-qualite-1294x600.jpg" alt="" />Anastasia Bartoli (Hermione) Juan Diego Florez (Oreste) © Amati Bacciardi</pre>
<p>La grande découverte de la soirée est sans conteste <strong>Anastasia Bartoli</strong> (Hermione). Cette jeune soprane est encore peu connue, mais cela ne devrait pas durer. En matière de tempérament elle a de qui tenir, étant la fille de Cecilia Gasdia (qui a elle-même chanté le rôle-titre). Si l’Hermione de Ganassi en 2008 gardait encore une part de tendresse, ne reste ici qu’une soif auto destructrice nourrie de haine et de rancœur. Anastasia Bartoli peut s’appuyer sur des moyens vocaux rares : voix longue aux aigus puissants mais capable d’agilité, timbre prenant, dont les sombres moirures recèlent des éclats inattendus. L’interprète ne s’économise pas et arrive pourtant à la fin de l’acte deux (qui est quasiment une seule et grande scène de folie), dans un état de fraîcheur étonnant. D’aucuns pourraient regretter une approche peu belcantiste du rôle, mais cette torche brûlante est tellement excitante !</p>
<p>Face à cette performance incandescente, le reste du quatuor ne pâlit pas. <strong>Victoria Varovaya</strong> n’est pourtant pas avantagée par la mise en scène qui fait d’Andromaque une rombière dont on peine à comprendre le pouvoir d’attraction sur Pyrrhus. La chanteuse parvient cependant à prendre toute sa place par son mezzo consistant et sonore, à l’ambitus confortable et à la vocalisation aisée. Les ténors font plus que tenir leur rang. <strong>Juan Diego Flórez</strong> a le métier nécessaire pour rendre justice au rôle d’Oreste. Certes, on sent que les aigus demandent aujourd’hui davantage de préparation, mais ils font toujours leur effet et le chanteur peut compter sur son bagage belcantiste pour dessiner avec finesse le portrait du personnage faible guidé par des passions qui le dépassent. On sent <strong>Enea Scala</strong> plus fatigué en ce soir de dernière, la grande scène de Pyrrhus (« Balena in man del figlio ») le poussant dans ses retranchements. Les notes sont là, ce qui est déjà un exploit dans ce rôle crucifiant de bariténor, les graves sont assurés mais les aigus passent en force et le timbre sonne quelque peu engorgé dans les <em>forte</em>.</p>
<p>Les seconds rôles n’appellent que des louanges, comme souvent à Pesaro. On retient en particulier la basse sonore et bien chantante de <strong>Michael Mofidian</strong> (Fenicio), le Pilade d’<strong>Antonio Mandrillo</strong> au registre aigu percutant et la présence scénique et vocale de <strong>Martiniana Antonie</strong> (Cleone).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Totale_C2A6949-1-qualite-1294x600.jpg" alt="" />Ermione © Amati Bacciardi</pre>
<p>Le festival a confié à <strong>Johannes Erath</strong> la mise en scène, option plutôt osée pour une institution qui parie habituellement davantage sur des productions plus traditionnelles. On a de la transgression ce soir sur scène, les habitants de l’Epire semblant des créatures toutes droit sorties des nuits interlopes et Astyannax étant régulièrement sadisé (frappé, humilié, trainé par les cheveux…). Le même sort est d’ailleurs dévolu au personnage de l’Amour, omniprésent au début, mais qui finira lui aussi dans un sale état. On pourra regretter un certain trop plein visuel, avec la présence permanente de figurants, les projections vidéo, ou l’utilisation des espaces de part et d’autre de l’orchestre qui disperse l’action. On reconnaîtra pourtant un certain sens esthétique à ce décor noir éclairé de lumières crues, à ces costumes bigarrés et scintillants, à ces mouvements de danse inspirés du voguing. La direction d’acteurs est par ailleurs efficace, très physique, les personnages n’hésitant pas à s’empoigner, s’étreindre, se rejeter, à l’image de cette soirée qui bouscule, dérange mais finalement emporte.</p>
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		<title>Pesaro 2024 : le ROF met les bouchées doubles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pesaro-2024-le-rof-met-les-bouchees-doubles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 07:03:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pesaro sera la capitale italienne de la culture en 2024. Raison pour laquelle le Rossini Opera Festival annonce une programmation à la hausse : cinq opéras, dont quatre mis en scène (contre trois habituellement) pour un total de trente représentations, du 7 au 23 août 2024. Une nouvelle production de Bianca e Falliero, dirigée par Roberto &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pesaro sera la capitale italienne de la culture en 2024. Raison pour laquelle le Rossini Opera Festival annonce une programmation à la hausse : cinq opéras, dont quatre mis en scène (contre trois habituellement) pour un total de trente représentations, du 7 au 23 août 2024. Une nouvelle production de <em>Bianca e Falliero</em>, dirigée par <strong>Roberto Abbado</strong> et mise en scène par <strong>Jean-Louis Grinda</strong>, ouvrira cette 45<sup>e</sup> édition. La dernière production de cet ouvrage, créé à Milan en 1819, exhumé à Pesaro en 1986, date de 2005. Autre nouvelle production : <em>Ermione</em>, dirigée par <strong>Michele Mariotti</strong> et mise en scène par <strong>Johannes Erath</strong>, qui n&rsquo;a pas été jouée au festival depuis 2008.</p>
<p>Deux reprises sont prévues : <em>L&rsquo;equivoco stravagante</em> (<strong>Moshe Leiser et Patrice Caurier</strong> à la mise en scène, <strong>Michele Spotti</strong> à la direction d’orchestre) et <em>Il barbiere di Siviglia</em> (mise en scène de <strong>Pier Luigi Pizzi</strong> et direction d’orchestre de <strong>Lorenzo Passerini</strong>). La première de ces reprises a été créée à Pesaro en 2019, la seconde en 2018.</p>
<p>Le festival s’achèvera par la célébration du 40e anniversaire de la première représentation moderne d&rsquo;<em>Il viaggio a Reims</em>, dirigé par <strong>Diego Matheuz</strong>.</p>
<p>Reste à connaître les distributions et surtout les lieux de représentation, l’inauguration du nouvel Auditorium Scavolini, en lieu et place de la sinistre Vitrifrigo Arena, annoncée maintenant depuis plusieurs années n’ayant toujours pas eu lieu.</p>

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		<title>BERLIOZ, Les Troyens — Cologne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-cologne-enea-a-cologne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Oct 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Allemagne a toujours entretenu un rapport privilégié à Hector Berlioz, du vivant même du compositeur, dans les années qui suivirent sa disparition et aujourd’hui encore. C’est d’ailleurs en Allemagne, à Karlsruhe en 1890, 21 ans après sa mort, que fut entendue pour la première fois en intégralité (en deux soirées) son œuvre la plus ambitieuse &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Allemagne a toujours entretenu un rapport privilégié à Hector Berlioz, du vivant même du compositeur, dans les années qui suivirent sa disparition et aujourd’hui encore. C’est d’ailleurs en Allemagne, à Karlsruhe en 1890, 21 ans après sa mort, que fut entendue pour la première fois en intégralité (en deux soirées) son œuvre la plus ambitieuse et la plus monstrueuse : <em>Les Troyens</em>. Après Munich au printemps dernier, c’est cet automne au tour de Cologne de mettre en scène le voyage d’Énée des murs de Troie à la rive africaine. Il faut dire d’emblée que présenter ces <em>Troyens</em> à Cologne n’était pas un mince défi pour une maison dont la renommée et les moyens n’égalent pas ceux de l’Opéra de Munich ou d’autres grandes institutions qui ont récemment portés l&rsquo;œuvre sur leur scène (<a href="https://www.forumopera.com/les-troyens-paris-bastille-un-cheval-nomme-enee">l’Opéra de Paris</a>, <a href="https://www.forumopera.com/les-troyens-vienne-staatsoper-la-cite-a-genoux-devant-sa-reine">l’Opéra de Vienne</a>, le Liceu ou la Royal Opera House). Mais à la barre, un chef français permet de relever le défi avec panache : <strong>François-Xavier Roth</strong>, directeur musical de la ville, qui poursuit avec cette production son cycle Berlioz, après <em>Benvenuto Cellini </em>et <em>Béatrice et Bénédict</em>.</p>
<p>On est d’abord un peu inquiet de voir que le plateau, dans une des salles modulables de la <em>Staatenhaus</em> où l’Opéra de Cologne a pris ses quartiers pendant les travaux de sa salle principale (qui durent depuis 2016 et devraient s’achever en 2024), ressemble fortement à celui d’une version de concert. En effet, l’orchestre siège au centre du dispositif scénique, entouré d’une étroite plateforme circulaire, tandis que l’arrière de la scène est occupé par une immense tête de statue brisée et des gradins semblables à ceux où prennent place les choristes dans une salle de concert symphonique. Rapidement, on comprend cependant que ce dispositif mis en place par le metteur en scène <strong>Johannes Erath</strong> est mûrement réfléchi : le circuit surélevé qui encercle l’orchestre se met en mouvement et les personnages sont entraînés inexorablement dans une course qui les dépasse. L’orchestre apparaît comme le moyeu de la mécanique dramatique de l’œuvre – et on sait quel soin Berlioz apporte à l’orchestration ! Les instrumentistes forment un chœur qui soutient et commente les affects que les personnages traversent. Pendant le duo du quatrième acte, l’orchestre lui-même se met à tourner à son tour, dans le sens inverse de la plateforme circulaire où Didon et Énée élèvent leur désir, conférant à cette « nuit d’ivresse et d’extase » une dimension cosmique. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/les_troyens_ohp_0523matthias_jung-1.jpeg?itok=myEPvFDd" title="Adriana Bastidas-Gamboa (Anna) &amp; Nicolas Cavallier (Narbal) © Matthias Jung" width="468" /><br />
	Adriana Bastidas-Gamboa (Anna) &amp; Nicolas Cavallier (Narbal) © Matthias Jung</p>
<p>Cette dimension cosmique est aussi suggérée par la présence tout au long de l’œuvre des dieux de l’Olympe, incarnés par des comédiens ou des chanteurs (Pluton est aussi le chef grec qui surgit à la fin du deuxième acte, Apollon est Hylas et Bacchus une des sentinelles du dernier acte), maintes fois invoqués par les mortels dans le livret, qui influencent les événements du drame et les actions des personnages, et défilent sur le plateau, notamment pendant les scènes de ballet. Une autre bonne idée de cette mise en scène est de nouer à Carthage une relation forte entre la sœur de Didon, Anna, et son ministre Narbal, ce qui nourrit d’enjeux plus riches leurs scènes communes et fait au début du troisième acte apparaître Didon plus seule encore par comparaison. Cependant, la direction d’acteur, un peu leste, a plutôt tendance à rapetisser les enjeux entre les personnages, notamment en ce qui concerne Didon, présentée dans sa fureur plus comme une amante de mélodrame jalouse que comme une reine de tragédie bafouée. De nombreux symboles viennent habiter l’espace scénique avec plus ou moins de clarté et de pertinence (un petit cheval qu’on traîne, une baignoire, une corde, des voiles blancs ou noirs, un éclair lumineux en forme de flèche…). Leur principale fonction est dramaturgique et ils permettent de lier les événements de la Prise de Troie à ceux des amours de Didon et Énée à Carthage. Les éclairages d&rsquo;<strong>Andreas Grüter</strong> différencient très clairement les espaces et les atmosphères propres à chaque scène, tandis que les costumes de <strong>Heike Scheele</strong>, issus de toutes les époques (principalement Grand Siècle et années 30), sont d’une facture inégale.</p>
<p>Le principal atout du dispositif déjà décrit, dans cette salle modulable qui n’a rien d’un théâtre, est que les chœurs, les chanteurs et les instrumentistes peuvent intervenir isolément dans des espaces différenciés, voire sur les côtés de la salle, et même derrière les spectateurs. Les effets de spatialisation impossibles demandés par Berlioz sont ainsi parfaitement respectés et révèlent de manière fulgurante la grandeur et la démesure d’une écriture qui regardent autant vers les formes opératiques passées que vers une modernité d’expression musicale étonnante. Fait assez rare pour être remarqué : la partition est donnée sans coupure, dans la version définitive que Berlioz publia en 1863.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/gp_les_troyens_0193matthias_jung-1.jpeg?itok=uf8daPxk" title="Isabelle Druet (Cassandre) &amp; Enea Scala (Énée) © Matthias Jung" width="468" /><br />
	Isabelle Druet (Cassandre) &amp; Enea Scala (Énée) © Matthias Jung</p>
<p>Le grand triomphateur de cette belle soirée est <strong>Enea Scala</strong>, réussissant avec brio sa prise de rôle d’Énée, incarnation qui lui était pour ainsi dire par son prénom prédestinée ! L’écriture exigeante du rôle est servie avec vaillance et musicalité : son apparition au premier acte, dans le récit escarpé de la mort de Laocoon, est fulgurante. Tout emmêlé qu’il est dans une corde tenue par Pallas, serpentant entre ses membres, il vient à bout de ce récitatif avec une force électrisante. Plein de grâce dans les deux premiers actes des <em>Troyens à Carthage</em>, il donne à son interprétation des accents plus héroïques et déchirants dans le dernier acte, où il atteint ses aigus avec une aisance déconcertante. Le français n’est peut-être pas toujours parfaitement idiomatique et le timbre métallique peut ne pas plaire à toutes les oreilles,mais l’artiste est superbement expressif. Il confère par ailleurs au personnage une certaine tendresse, ce qui ne va pas forcément de soi dans l’incarnation de ce rôle plus ingrat sur le plan dramatique que ceux de Cassandre et de Didon.</p>
<p>Ces deux rôles féminins sont interprétés par des chanteuses qui l’ont déjà à leur répertoire. Dans le cas d’<strong>Isabelle Druet, </strong>c’est même avec François-Xavier Roth qu’elle l’a déjà chanté, à la Côté-Saint-André. On retrouve chez elle ses habituelles qualités de déclamation, même si le timbre a parfois une étoffe qui rend le texte plus ou moins opaque. D’une grande intensité scénique, elle irradie pendant toute la première partie et c’est presque avec nostalgie qu’on la voit réapparaître aux saluts à la fin de l’opéra, sa composition de Cassandre étant éminemment touchante, intimiste et frémissante. On peut certes préférer des portraits plus superbe, d’une plus grande noblesse tragique (comment ne jamais penser à la grandeur altière d’Anna Caterina Antonacci au Châtelet, quand bien même on ne l’a vue qu’en vidéo ?), mais cette Cassandre-là émeut assurément. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/gp_les_troyens_0397matthias_jung.jpeg?itok=wXHwazvp" title="Enea Scala (Énée) &amp; Veronica Simeoni (Didon) © Matthias Jung" width="468" /><br />
	Enea Scala (Énée) &amp; Veronica Simeoni (Didon) © Matthias Jung</p>
<p>C’est moins le cas de la Didon de <strong>Veronica Simeoni</strong>, plus inégale, autant sur le plan musical que sur le plan scénique. Il s’agit peut-être d’une affaire de goût, mais le vibrato très présent indispose souvent, par la manière dont il vient perturber la conduite de tel ou tel phrasé. De plus, sans savoir si cela tient à la direction d’acteurs ou aux choix intimes de l’interprète, le personnage touche moins parce que l’incarnation est plus affectée et tortueuse, plus prosaïque aussi. Elle offre tout de même quelques beaux moments de chant, comme dans son premier air « Chers Tyriens » ou dans le duo d’amour du quatrième acte, et son émission vocale très nette (les passages en voix de poitrine sont quasiment <em>parlando</em> tant elle cherche peu à couvrir et arrondir le son) permet un rapport au texte d’une belle franchise.</p>
<p>Les seconds rôles sont dans l’ensemble très bien tenus et la seule grande réserve générale qu’on peut émettre concerne un français parfois approximatif – le francophone qui ne connaît pas parfaitement le livret doit souvent partir de la traduction allemande des surtitres pour essayer de comprendre ce que tel chanteur vient de dire. Mais l’on sait par ailleurs que le français est une langue difficile à chanter et que la prosodie berliozienne est très accidentée… Le Chorèbe de <strong>Insik Choi</strong> est de haut lignage : la voix est d’une chaleur englobante et la projection péremptoire. La jeune <strong>Adriana Bastidas-Gamboa</strong> est une Anna qui ne semble pas toujours à l’aise scéniquement et c’est peut-être elle qui chahute le plus la prosodie française, mais le matériau vocal est absolument splendide : l’opulence d’un timbre mordoré et plein, ainsi qu’un registre de poitrine captivant de flamboyance, font rendre les armes à tout amateur de beauté vocale. Narbal est interprété par <strong>Nicolas Cavallier</strong>, qui fait là sa prise de rôle. La voix n’a pas perdu de son éclat, et il est parfaitement rompu au style berliozien. Son brio scénique complète ce portrait achevé. Le personnage d’Ascagne intervient assez peu, mais <strong>Giulia Montanari</strong> a un timbre fruité et de belles qualités de diseuse qui se remarquent immédiatement. On retrouve des attributs comparables chez le Iopas de <strong>Dmitry Ivanchey</strong>. Difficile de mentionner tous les autres seconds rôles, qui ne sont présents que dans des ensembles ou de courtes scènes, mais l’on est encore sous le charme du jeune matelot Hylas de <strong>Young Woo Kim,</strong> à l’intervention aussi brève que saisissante. Il cisèle d’une voix puissante et richement timbrée son air « Vallon sonore » au début du cinquième acte et on se prend même à penser qu’il pourrait chanter Énée, tant la voix est souple et les aigus rayonnants.</p>
<p>Au centre du plateau, le <strong>Gürzenich-Orchester Köln</strong> prodigue ivresse et extase perpetuelles. Placés sous la baguette de François-Xavier Roth – grand berliozien devant l&rsquo;Éternel qui a déjà fait entendre des <a href="https://www.forumopera.com/les-troyens-a-carthage-la-cote-saint-andre-un-miracle-dont-seul-le-public-aura-ete-temoin"><em>Troyens</em></a> sur instruments d&rsquo;époque – les musiciens jouent sur instruments modernes, mais l’exécution musicale de l&rsquo;œuvre est informée : on perçoit peu de vibrato chez les cordes et les vents déploient des sonorités plus piquantes que brillantes. Le chef relève avec bonheur des détails d&rsquo;orchestration – le pépiement des vents dans le finale de l&rsquo;acte II, un trait de violoncelle dans le duo Anna-Didon – tout en gouvernant le drame d&rsquo;une battue vive et souple. Sa situation derrière les solistes pourrait créer des décalages, mais même les ensembles les plus exigeants sont menés avec une grande rigueur, sans que la flamme soit mise de côté au profit de l&rsquo;exactitude métronomique. Le <strong>Chor der Oper Köln</strong> est d&rsquo;ailleurs particulièrement impressionnant, toujours en place et sonnant bien, même situé derrière la salle ou sur les côtés des gradins. Les pupitres féminins font montre d&rsquo;un enthousiasme ravageur dans le finale de l&rsquo;acte II et l&rsquo;ensemble des choristes exaltent leurs parties dans « Les Troyens à Carthage », participant à la réussite de cette production, qui ouvre avec panache la nouvelle saison à l&rsquo;Opéra de Cologne, et <a href="https://www.forumopera.com/breve/hein-mulders-nouveau-directeur-de-lopera-de-cologne">le nouveau mandat de Hein Mulders</a>.</p>
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		<title>SZYMANOWSKI, Król Roger — Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/krol-roger-francfort-le-loup-dans-la-bergerie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 May 2022 18:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dernière représentation à Francfort du Roi Roger, opéra rarement donné de Karol Szymanowski. De par le monde on ne dénombre en effet que trois productions au cours de cette saison 2021/22 et on saura gré à Sylvain Cambreling (qui connaît bien la maison pour l’avoir dirigée  au milieu des années 1990) d’avoir porté cette pièce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dernière représentation à Francfort du <em>Roi Roger</em>, opéra rarement donné de Karol Szymanowski. De par le monde on ne dénombre en effet que trois productions au cours de cette saison 2021/22 et on saura gré à <strong>Sylvain Cambreling</strong> (qui connaît bien la maison pour l’avoir dirigée  au milieu des années 1990) d’avoir porté cette pièce avec une énergie et un enthousiasme communicatifs. Il conduit le Frankfurter Opern-und Museumsorchester sans faille au travers des trois actes enchaînés sans pause. La partition de Szymanowski est d’une richesse infinie et exige en permanence l’adaptation à des discours musicaux multiples. Le chœur grégorien introductif côtoie de longues plages où domine tantôt la pâte romantique ou post-romantique (l’élégie de Roxane au II), et tantôt un discours impressionniste qui nous rappelle que nous sommes au siècle de Stravinsky. Tout cela, Cambreling réussit à le formaliser avec homogénéité, sans que la juxtaposition parfois abrupte des discours musicaux paraisse artificielle. On retrouvera cette même cohésion dans les parties vocales.</p>
<p><strong>Johannes Erath</strong> met en scène une pièce piégeuse entre toutes puisque l’action est réduite à sa plus simple expression. Il s’agit, rappelons-le, de l’apparition soudaine dans la cour du roi Roger II de Palerme (nous sommes au XIIe siècle) d’un berger que l’Eglise juge hérétique et qui se prétend porteur d’un message divin, christique. Il se dit envoyé de Dieu et prône un discours d’amour et de paix. Ce discours touche particulièrement Roxane, l’épouse de Roger, et elle finira par le suivre. Le roi, quant à lui, qui résiste jusqu’au bout à l’hérésie, hésite et finalement laisse partir Roxane pour se retrouver seul face à lui-même. L’un des deux librettistes, Jaroslaw Iwazkiewicz (le second étant son cousin, le compositeur lui-même) précisera une donnée capitale : « le contenu anecdotique, la trame réelle du drame est moins importante que sa substance interne et émotionnelle ».</p>
<p>On peut facilement imaginer que cette précision a été au cœur de la proposition du metteur en scène allemand qui prend le parti de relier les trois actes et d’en faire une progression ininterrompue, de surcroit dans un même lieu. Originellement en effet les trois actes devaient se dérouler dans la cathédrale de Palerme, puis dans un palais oriental et enfin dans les ruines d’un théâtre grec. Ce parti pris a l’immense avantage de densifier et d’intensifier fortement la progression dramatique. Le lieu, du coup, n’est plus identifié ; les décors représentent un vaste plan incliné montant vers le fond de scène et se heurtant à un mur oblique blanc. Les seules issues étant les deux côtés et une trouée au milieu du plan incliné. Les personnages eux-mêmes sont dépouillés de leurs attributs, à l’exception peut-être de Roger qui porte sa couronne…à la main (jamais sur le chef en revanche), ne sachant trop qu’en faire. Mais l’archevêque et la diaconesse portent des habits civils de même que Roxane. Erdrisi, le conseiller du roi, est en fauteuil roulant une bonne partie de la pièce. Quant au Berger qui est, dramatiquement et même vocalement le personnage prépondérant (Szymanowski avait au départ choisi comme titre de l’œuvre « Le Berger »), il apparaît tout de blanc vêtu (sa chevelure également est blanche), mais non comme un Christ en chemin, berger de son troupeau, mais bien plutôt comme un vulgaire gourou dépoitraillé, chemise blanche grande ouverte.</p>
<p>Erath voit donc le Berger comme un aigrefin, un manipulateur, un escroc usant de son charme pour gagner la confiance de ceux qu’il va détourner de leurs chemins. Et le charme opère : dès son apparition et comme par magie, le peuple voit tomber sur lui une pluie de sortilèges. Et chacun de se gratter, comme piqué d’un soudain accès de démangeaisons. La tunique dont se saisit le berger devient une relique que chacun s’arrache, Roxane la première, qui, dès le deuxième acte va la revêtir. Roxane qui acceptera que le Berger la rejoigne sur sa couche.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/krol_roger_2021-22_barbara_aumueller_04.jpg?itok=UOjhUm47" width="468" /><br />
	© Barbara Aumüller</p>
<p>Il n’y a donc pas d’ambiguïté dans cette proposition, ce qui en fait aussi la faiblesse. Alors que Szymanowski joue fortement sur le non-dit, l’ambivalence des sentiments, la lente évolution des esprits, qui finiront par se ranger sous la bannière du berger, il semble qu’ici au contraire tout est joué d’avance, que le Berger, comme un <em>deus ex machina</em>, arrive et, tel le loup entrant dans la bergerie, emporte la partie d’emblée. Le centre de gravité de la pièce se retrouve de ce fait entièrement reporté vers Roger, finalement seul à douter et à lutter. Même Edrisi, son fidèle compagnon, finira par se lever de son fauteuil roulant, comme miraculeusement guéri, sans doute grâce à sa proximité avec le Berger.</p>
<p>Cambreling réunit autour de lui une distribution qui a fortement contribué au succès de cette série de représentations. <strong>Nicholas Brownlee</strong>, depuis deux ans membre de la troupe, défend le role-titre avec une immense conviction et un baryton sonore et chantant. Il est un roi d’emblée désemparé, en lutte et résistance permanentes : il entraîne avec lui le spectateur, témoin comme lui de la forfaiture en cours. Szymanowski avait prévu pour le rôle du Berger un ténor aux accents solaires et lumineux. <strong>Gerard Schneider</strong> possède cette lumière dans la voix et aussi l’indispensable puissance qui lui permet, surtout au III, de se projeter au-dessus de l’orchestre. <strong>Jane Archibald</strong> est une Roxane gagnée corps et âme à son gourou. Ce rôle est redoutable car il requiert une soprano tout autant colorature (élégie au II) que dramatique (tout le III) et la Canadienne semble tout autant l’une que l’autre. <strong>Samuel Levine</strong> est Edrisi, au ténor tenant tête au roi ; il a lui aussi justement recueilli les faveurs du public.</p>
<p><strong>Alfred Reiter</strong> (l’archevêque) et <strong>Marvic Monreal</strong> (la diaconesse), complètent une distribution globalement très homogène et qui démontre une fois de plus que la troupe est une force de l’opéra de Francfort.</p>
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		<title>GOLDSCHMIDT, Beatrice Cenci — Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beatrice-cenci-bregenz-la-belle-parricide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jul 2018 05:40:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sort un peu étourdi de la représentation de ce drame effroyable qu&#8217;est Beatrice Cenci. D’autant que sa noirceur contraste avec la somptuosité des costumes de Katharina Tasch, dont la palette de riches couleurs aux tons parfaitement assortis recrée une Renaissance de rêve, ne seraient les cadavres dénudés et soigneusement rangés dans des sortes d’aquariums &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On sort un peu étourdi de la représentation de ce drame effroyable qu&rsquo;est <em>Beatrice Cenci</em>. D’autant que sa noirceur contraste avec la somptuosité des costumes de <strong>Katharina Tasch</strong>, dont la palette de riches couleurs aux tons parfaitement assortis recrée une Renaissance de rêve, ne seraient les cadavres dénudés et soigneusement rangés dans des sortes d’aquariums qui parsèment la scène en alternance avec d’autres emplis d’or. Le déploiement quasi cinématographique des gigantesques éléments architecturaux de <strong>Katrin Connan</strong>, excellemment éclairés par <strong>Bernd Purkrabek</strong>, est bien à la mesure des dimensions du plateau. La mise en scène de <strong>Johannes Erath</strong>, souvent difficile à suivre de loin, ménage quand même des plages de transition, dont l’amusant clin d’œil multiple du début du dernier acte qui cite le lever du jour sur Rome de <em>Tosca</em> joué sur un gramophone qui s’enraye, avec en illustration la colonnade du Bernin qui n’a été commencée qu’en 1656…</p>
<p>	Cette production met donc au mieux en valeur ce monde dissolu où se mêlent argent, corruption, sexe et religion – tout cela toujours d’actualité –, pimentés de tortures, viols et petits meurtres en famille. Tout est donc bien en place pour construire un sombre drame fait de conflits, l’essence même du théâtre. On comprend que ce sujet ait fasciné tant d’auteurs de nouvelles et de romans (Shelley, Stendhal, Guerrazzi, Dumas père…) et de théâtre (de Custine, Stowacki, Moravia, Artaud…), puis des compositeurs d’opéras comme Ginastera (le plus connu, qui sera joué à l’Opéra national du Rhin la saison prochaine) et plus récemment Londei et Caronti. Même le cinéma s’y est laissé tenter  dès l’époque du muet, avant Guido Brignone (1941), Riccardo Freda (1956) et Lucio Fulci (1969).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="453" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/09_9099_115.jpg?itok=28OMjLF_" width="468" /><br />© Bregenzer Festspiele / Karl Forster</p>
<p>Le sujet est peu ou prou le même quel que soit l’auteur. Emprunté à une histoire réelle, il nous plonge dans le monde contrasté d’un drame domestique. On ne peut s’empêcher de penser à la pièce élisabéthaine <em>Arden de Faversham</em>, mais le meurtre du chef de famille y était fomenté par sa femme et son amant. Ici, on est dans le pur domaine de la violence qui entraîne une vengeance punie ensuite par la justice. Bien sûr, à côté de Lucrèce Borgia, cette Beatrice (1577-1599) n’est qu’un enfant de chœur, mais elle n’en est pas moins une criminelle. Chez Goldschmidt, trois actes se succèdent avec le côté inéluctable d’un drame antique : dès le premier apparaît le comte Francesco Cenci, violent multi-meurtrier tuant quiconque lui résiste. Le cardinal Camillo couvre ces actions contre de l’argent et des terres. Beatrice, pour essayer d’échapper au despotisme de son père, le dénonce à Orsino, qui vient d’embrasser la prêtrise. Au deuxième acte, on comprend qu’elle a été violée par son père, et Orsino propose à Beatrice et à sa belle-mère Lucrezia de le faire assassiner par deux tueurs à gage. Quand le cardinal Camillo donne l’ordre de faire arrêter le comte, le meurtre est découvert et ses responsables emprisonnés. Au troisième acte, Lucrezia reconnaît son action sous la torture, et Beatrice avoue à son tour. Elles sont condamnées à mort et exécutées en public.</p>
<p>	Le sujet est donc fort, et la réalisation présentée à Bregenz puissante et soignée, mais est-ce suffisant ? D’où vient qu’au bout d’un moment, on hésite entre la le désintérêt et l’ennui ? Certainement pas de la musique qui, malgré son côté néo-classique et son manque d’inventivité, présente des moments lyriques et très « cinématographiques ». Non plus des personnages qui tous fascinent par leurs excès cumulés, même s’ils n’inspirent pas une once de sympathie. Peut-être tout simplement parce que trop, c’est trop, et que malgré les efforts plus que louables des interprètes, on finit par décrocher. Est-ce à dire qu’il ne fallait pas remonter cette œuvre rarement jouée ?</p>
<p>	Certes non, car c’est un document intéressant à plus d’un titre. D’abord par les circonstances historiques de sa composition. Berthold Goldschmidt, compositeur juif allemand, avait été mis à l’index dès 1933 par les Nazis comme « musicien dégénéré ». Exilé en 1935 en Angleterre, il y meurt en 1996. L’œuvre présente donc des relations avec l’actualité et le vécu du compositeur, et il est d’autant plus dommage de ne pas l’avoir donnée dans sa version originale anglaise, et encore plus de n’avoir réalisé qu’un surtitrage en allemand, ce qui est la négation même sinon de l’Europe, du moins de la vocation internationale d’un festival comme celui de Bregenz. Ou peut-être un signe de la malédiction qui a touché l’œuvre dès sa composition, puisque Covent Garden la refusa en 1951 malgré le prix que l’œuvre avait remporté, et qu’elle n’a été depuis que très rarement jouée.</p>
<p>	Cet opéra, que son compositeur annonçait comme <em>belcantiste</em>, a bénéficié ce soir d’une distribution plus qu’honorable, même si l’on peut s’interroger sur la personnification de Beatrice par <strong>Gal James</strong>. Sans savoir quel point entraîne l’autre, et alors que le rôle nécessite dès le début une soprano très dramatique, on remarque que son émission – parfois criée – est extrêmement irrégulière en puissance et en phrasé, et que son interprétation est singulièrement exagérée, oscillant sans cesse  entre l’hystérie et l’abattement. Il n’en reste pas moins qu’au-delà d’un côté un peu caricatural, elle manifeste une solide présence, et que sa performance est indéniable, notamment au troisième acte. La Lucrezia de <strong>Dshamilja Kaiser</strong> paraît plus effacée, peut-être du fait d’une voix de mezzo parfois couverte par l’orchestre, et le Bernardo campé par <strong>Christina Bock</strong> est très musical et jamais mièvre. Du côté des hommes, ce sont trois fortes personnalités qui savent caractériser leurs personnages torturés. La basse <strong>Per Bach Nissen </strong>(cardinaI Camillo) en impose par la puissance de son physique et de sa voix qu’il sait remarquablement bien nuancer selon les événements. Le baryton <strong>Christoph Pohl</strong> (Francesco Cenci) apporte à ce rôle également antipathique un magnétisme parfaitement en adéquation. Enfin, le ténor <strong>Michael Laurenz</strong> (Orsino) assume toutes les contradictions de ce prêtre empêtré dans une situation qu’l ne contrôle pas.</p>
<p>	Cette première autrichienne doit beaucoup au chef <strong>Johannes Debus </strong>dont on avait apprécié en 2015 sa direction des <a href="https://www.forumopera.com/les-contes-dhoffmann-bregenz-lapres-chereau"><em>Contes d’Hoffmann</em></a>. L’ensemble des solistes et des chœurs de bonne tenue est parfaitement équilibré, et les moments d’accalmie et de sensibilité sont bien mis en valeur par de soudaines et brutales éruptions, même si c’est au risque de mettre en péril certains chanteurs. Mais la vraie question n’est-elle pas : au total, malgré le très beau Requiem final, chaque spectateur (dont certains ont déjà craqué à l’entracte) aura-t-il vraiment envie de revoir un jour cette œuvre au lyrisme exacerbé ?</p>
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		<title>Un ballo in maschera</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/un-ballo-in-maschera-top-hat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Nov 2017 08:23:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trahison ? Oui, sans doute, si l’on considère que les circonstances historiques – délicieusement interchangeables – stipulées par le livret sont bafouées par cette production munichoise d’Un ballo in maschera, mais devant une trahison aussi brillante, qu’il nous soit plutôt permis de dire : Chapeau ! Bien sûr, le spectacle risque de désorienter qui ne connaît pas parfaitement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Trahison ? Oui, sans doute, si l’on considère que les circonstances historiques – délicieusement interchangeables – stipulées par le livret sont bafouées par cette production munichoise d’<em>Un ballo in maschera</em>, mais devant une trahison aussi brillante, qu’il nous soit plutôt permis de dire : Chapeau ! Bien sûr, le spectacle risque de désorienter qui ne connaît pas parfaitement l’œuvre, à moins de se laisser simplement porter par la beauté des costumes et des décors. C’est là que le DVD permet de dépasser l’éventuelle perplexité initiale et d’explorer plus avant ce qu’un jugement trop rapide pourrait balayer du revers de la main. Plus que d’intentions inabouties comme notre collègue Guillaume Saintagne en avait eu <a href="https://www.forumopera.com/un-ballo-in-maschera-munich-drame-domestique-chez-gatsby-le-magnifique">le sentiment en salle</a>, la mise en scène de <strong>Johannes Erath</strong> apparaît d’une virtuosité stupéfiante qui tisse autour du mélodrame verdien un réseau de variations d’une ingéniosité diabolique. La production repose sur le principe de la symétrie et du dédoublement, qui régit non seulement le décor, mais aussi le déroulement de la représentation, où des scènes se reproduisent, où des détails anodins finissent par se révéler significatifs, et où des échos surgissent là où l’on s’y attend le moins. Un seul exemple : pour se déguiser, Riccardo emploie une marionnette vêtue du même costume marin que l’enfant d’Amelia, enfant que les conspirateurs menacent plus tard de tuer, ce qui amène à s’interroger sur la relation Renato-Riccardo. Le tout crée un univers qui renvoie en partie au surréalisme (toute cette histoire n’est-elle pas le rêve d’un candidat au suicide ?), en partie au cinéma de l’entre-deux-guerres. On songe à un Magritte comme <em>L’Assassin menacé</em>, mais où les chapeaux melon auraient été remplacés par des hauts-de-forme, l’élixir d’oubli recommandé par Ulrica devenant un très hitchcockien verre de lait. Dans ce monde stylisé, le chœur danse comme un <em>chorus line</em> de music-hall et, troquant la toque de groom contre le chapeau-claque, Oscar est un double de Marlene Dietrich qui portait si bien le smoking dans <em>Morocco</em>. Visiteuse dans ce décor, Ulrica est la mort tentatrice, et son allure rappelle plutôt Anita Eckberg dans <em>La dolce vita</em>.</p>
<p>A ce brio scénique s’ajoute une distribution réunissant ce que l’on peut aujourd’hui espérer de mieux dans les principaux rôles. D’une élégance digne de Fred Astaire dans <em>Top Hat</em>, <strong>Piotr Beczała</strong> est un superbe Riccardo, auquel ne manque qu’un soupçon d’aisance en plus dans le do grave qu’il doit attraper juste après un la bémol aigu dans « Di’ tu » (il réussit mieux le deuxième couplet). Manifestement, le personnage lui convient bien, et il semble très à l’aise dans cette production. Peut-être aussi est-il porté par une partenaire de la stature d’<strong>Anja Harteros</strong>, qui bénéficie à son tour d’un personnage moins passif que ne le veut la tradition : ici, ce n’est pas malgré elle qu’Amelia perd son voile au deuxième acte, elle le retire délibérément. Et si le timbre n’est pas en soi d’une beauté inoubliable, l’artiste, elle, est remarquable et sait imposer une présence magnétique. Le Renato de <strong>George Petean</strong> ressemble plus à Raimu qu’à une star hollywoodienne, mais sa voix manifeste une délicatesse qui contribue à rendre moins ridicule le cocu de l’affaire. <strong>Sofia Fomina</strong> est un Oscar qui n’a rien d’une soubrette, ce dont on se réjouit. Quant à <strong>Okka von Damerau</strong>, si elle n’est pas le contralto abyssal qu’on rêverait d’entendre ici, elle donne assez bien le change, micros aidant. <strong>Zubin Mehta</strong> dirige une partition qu’il connaît bien, où il évite les tempos extrêmes, notamment dans les airs de Riccardo, dans « E scherzo od’è follia » ou dans la deuxième partie des couplets du « Di’ tu » évoqué plus haut. Et chapeau bas pour le chœur de l’Opéra de Munich, particulièrement sollicité par la mise en scène. </p>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-munich-drame-domestique-chez-gatsby-le-magnifique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Jul 2016 16:06:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Y a de l’idée ! C’est le sentiment qui nous habite au sortir de cette très belle production du Bal masqué de Verdi. Pour sa mise en scène, Johannes Erath a choisi un décor spectaculaire qui place le lit au centre du plateau comme enserré par un immense escalier circulaire s’inversant pour atteindre un plafond où &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Y a de l’idée ! C’est le sentiment qui nous habite au sortir de cette très belle production du <em>Bal masqué</em> de Verdi. Pour sa mise en scène, <strong>Johannes Erath</strong> a choisi un décor spectaculaire qui place le lit au centre du plateau comme enserré par un immense escalier circulaire s’inversant pour atteindre un plafond où l’on trouve le même lit, prophétique cette fois-ci, avec une Amelia prostrée puis le cadavre de Riccardo. Les costumes années 20 sont riches et élégants, et la direction d’acteurs astucieuse et rythmée par la musique. La gestion des chœurs notamment est particulièrement brillante (arrivant à reculons, passant en procession, s’étripant entre maris jaloux et femmes attirées par Riccardo), et l’usage de figurants pour doubler les personnages très efficace (Amelia qui voit son double avec son enfant dès le premier acte, ou Renato qui se revoit mener sa femme au foyer après leur mariage pendant sa grande scène). L’idée de départ est simple : ce n’est pas une tragédie mais un drame domestique, son épicentre est donc le lit conjugal. Cela fonctionne magnifiquement lorsqu’Amelia lance son « Ecco l’orrido campo », sortie par un cauchemar du lit où dort encore son mari Renato. Le metteur en scène twiste même parfois le drame avec bonheur lorsqu’il fait révéler à Oscar sa véritable identité féminine lors de son dernier air, le masque des personnages n’est pas toujours là où on l’attend. A côté de ces réussites, d’autres choix sont plus difficile à décoder : Ulrica n’est plus une sorcière mais une vamp de films noirs qui hante la maison comme une grande faucheuse (ce qui l&rsquo;éloigne trop de sa position intermédiaire de devineresse) ; le lit est tantôt celui de Riccardo (au I et au III), tantôt celui de Renato (au II), les deux partageant la même robe de chambre Hokusaï ; Amelia est sur le point d’étouffer son mari dormant avec un coussin (mais si le personnage flirte avec la faute, c’est aller trop loin que lui prêter des intentions criminelles) ; les conjurés jettent à terre le billet qui leur permettrait d’être tirés au sort pour le meurtre ; le bal final n’est pas masqué (on a du mal à comprendre tous les échanges permettant aux uns et aux autres de s’identifier du coup) ; Riccardo voit finalement son double mourir avant de gravir l’escalier avec Ulrica et chacun de reprendre le bal comme si rien ne s’était passé. Tout cela ressemble à des intuitions qui n’ont pas été portées assez loin pour prendre tout leur sens sur scène. L’ensemble est cependant très travaillé et de haute tenue, maintenant constamment l’attention du spectateur dans une atmosphère dominée par la mort sans parasiter son écoute.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="309" src="/sites/default/files/styles/large/public/02.gif?itok=mSvo8UVd" title="© Wilfried Hösl" width="468" /><br />
	© Wilfried Hösl</p>
<p class="rtejustify">Et il y avait de très belles choses à entendre ce soir-là ! En Oscar, <strong>Sofia Fomina</strong> fait montre d’un très grand naturel en scène mais manque d’aigus et, peut-être, de technique belcantiste pour rendre justice à ses airs virtuoses tout en s&rsquo;intègrant bien dans les ensembles. L’Ulrica d’<strong>Okka von der Damerau</strong> manque, elle, de graves, mais la mezzo poitrine avec beaucoup d’élégance et sa robe fourreau de femme fatale lui sied comme un gant. <strong>Franco Vassallo</strong> campe un Renato impressionnant d’autorité et de style. Pas très à l’aise en scène, l’acteur se révèle après l’entracte, au point même de cabotiner en appuyant un peu trop certains points d’orgue. <strong>Piotr Beczala</strong> fut égal à lui-même, très généreux sur tout l’ambitus, très sensuel aussi, ce qui est loin d’être accessoire pour ce rôle, mais n’a pas réussi à éviter un très audible couac dans la dernière scène à laquelle il arrive épuisé. Il reste tout de même un Riccardo très attachant et bien chantant, ses dérapages signalant surtout une grande prise de risque. La reine du bal fut sans conteste <strong>Anja Harteros</strong> : le timbre, que l&rsquo;on peut trouver ingrat, semble constamment transfiguré par une expressivité ardente et des aigus fulgurants qui font tout le charme de cette rare héroïne verdienne, victime de ses propres penchants et non d’une force extérieure. Que ce soit pour évoquer l’apparition d’un cadavre sortant de la tombe ou pour prier son mari de revoir leur enfant une dernière fois, elle trouve des accents immédiatement touchants et justes, sans jamais tricher avec une partition hérissée de difficultés.  </p>
<p class="rtejustify"><strong>Daniele Callegari</strong> à la tête d’un rutilant Bayerisches Staatsorchester offre un vision très cinemascope de l’œuvre qui colle parfaitement avec la mise-en-scène. Les traits de corde sont souvent trop nets et les ambiances manquent parfois de mystère mais les ensembles menés tambour battant avec beaucoup de contrastes sont une vraie réussite. Sa direction permet aux chanteurs comme au chœur (qui ne le regardent pas toujours dans cette production) de donner le meilleur d’eux-mêmes.</p>
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		<title>Un bal masqué à voir jusqu&#8217;au 27 mars</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-bal-masque-a-voir-jusquau-27-mars/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Mar 2016 06:25:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;information a peut-être échappé aux moins vigilants d&#8217;entre nous : Un ballo in maschera, retransmis en direct de Munich le vendredi 18 mars sur le site du Bayerische Staatsoper, reste visible jusqu&#8217;à dimanche prochain, 27 mars. Johannes Erath a choisi de transposer l&#8217;action dans l’Amérique des années 30 ;  Piotr Beczala a la tête d&#8217;Eroll Flynn et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;information a peut-être échappé aux moins vigilants d&rsquo;entre nous : <em>Un ballo in maschera</em>, retransmis en direct de Munich le vendredi 18 mars sur <a href="http://operlive.de/">le site du Bayerische Staatsoper</a>, reste visible jusqu&rsquo;à dimanche prochain, 27 mars. <strong>Johannes Erath</strong> a choisi de transposer l&rsquo;action dans l’Amérique des années 30 ;  <strong>Piotr Beczala</strong> a la tête d&rsquo;Eroll Flynn et Riccardo n&rsquo;est peut-être pas son rôle le plus flatteur mais le ténor se jette dans la mêlée avec une énergie qui retient l’attention. A ses côtés, l’Amelia d’<strong>Anja Harteros</strong> est de celles auxquelles on ne résiste pas. Son interprétation de « Morrò, ma prima in grazia » au 3<sup>e</sup> acte ferait pleurer des pierres (à 1 :40 :30 pour les zappeurs). La direction de <strong>Zubin Mehta</strong> – 80 ans tout de même – justifie à elle seule de passer 2h37 devant son écran d’ordinateur.  </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/-2JWhqXJku8" width="560"></iframe></p>
<p> </p>
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		<title>VERDI, Aida — Cologne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/encore-une-relecture-decalee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jan 2011 15:13:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Aïda au Vatican… À quand « Aïda chez les ploucs » et « Les Bronzés jouent Aïda » ? L’Allemagne s’est faite une spécialité des relectures décalées d’Aïda, œuvre qui y est très souvent représentée. L’Opéra de Cologne n’a jamais été en reste, et la production précédente – par Giancarlo del Monaco en 1997 – avait adapté l’œuvre dans l’espace &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Aïda au Vatican… À quand « Aïda chez les ploucs » et « Les Bronzés jouent <em>Aïda</em> » ? L’Allemagne s’est faite une spécialité des relectures décalées d’<em>Aïda</em>, œuvre qui y est très souvent représentée. L’Opéra de Cologne n’a jamais été en reste, et la production précédente – par Giancarlo del Monaco en 1997 – avait adapté l’œuvre dans l’espace d’une guerre inter-galactique. La présente production nous transporte dans une période contemporaine indéterminée, qui fait en même temps référence à celle de <em>Don Carlos</em>. Quant au thème général de la relecture, il est recentré sur la religion et le clergé catholiques ; Verdi, à la fois athée et peu admiratif – c’est un euphémisme – de l’église catholique, s’y serait certainement beaucoup amusé. Mais encore eut-il fallu qu’il apprécie le détournement radical de son œuvre, ici recentrée sur la guerre sainte, l’inquisition, le laisser-faire de l’église face au nazisme, les affres de la chair (Ramfis et Amnéris, Amnéris et Radamès) et les excès en tout genre des positions et des actions de l’église romaine, représentant ici une certaine société.</p>
<p> </p>
<p>Il convient tout d’abord de dire quelques mots de la transposition. Nous sommes au Vatican, où Aïda est novice : elle porte le voile et est cantonnée aux tâches les plus difficiles : pendant le prologue, on la voit pousser avec difficultés le lourd trône papal de cour vers jardin. Ramfis est ici le cardinal de service, et Amnéris la mère supérieure de quelque couvent romain. Quant au roi, c’est un vieux pape qui, tiare toute tremblotante, tient à peine debout et, plié en deux, marche en s’appuyant sur une canne tripode. Comme dans d’autres productions, le messager est contraint à lire un texte préparé par le cardinal (qui, on l’aura compris, veut devenir calife à la place du calife). De même, le pape se voit transmettre une note préparée par le même cardinal concernant la nomination de Radamès, choix qu’il découvre au moment de l’annoncer et qui visiblement ne lui plaît pas : tout cela est très cohérent. Un ange (la grande prêtresse) vient soutenir Aïda à la fin de son premier air et l’emmène. Dans la pénombre du « temple », prêtres et prélats font un peu figure de société secrète, et revêtent Radamès d’une  cuirasse. Dans les appartements d’Amnéris, ses « suivantes » sont des anges féminins avec ailes blanches qui, pendant la danse dite « des négrillons » s’assoient à l’avant scène et font des gestes d’ensemble en vague, dans le genre ola. À la fin du triomphe de Radamès, la foule se bat, s’entredéchire, et des prêtres interviennent, isolant très violemment un certain nombre de personnes qu’ils déshabillent et qui deviennent « les prisonniers ». Le pape passe pour bénir et réconforter les fidèles (ou infidèles) tabassés par les curés. Ramfis arrive par derrière avec une corde et l’étrangle. Reste sur scène un palmier déraciné, dont les palmes ont servi pendant le triomphe de Radamès. La fin se déroule à peu près conformément à la tradition, si ce n’est que c’est sur l’oreiller qu’Aïda/Mata Hari arrache à Radamès le secret de sa campagne militaire, et que ce sont des hommes avec masques à gaz qui sont chargés d’enfermer Radamès dans son tombeau.  </p>
<p> </p>
<p>Tout cela peut paraître étrange et peu plausible. Mais tout est fait avec un art si consommé que l’on ne peut qu’admirer cette réalisation, jusque dans ses excès. Tous les éléments de transposition s’imbriquent en effet fort naturellement les uns dans les autres, et la mise en scène et la direction d’acteurs de <strong>Johannes Erath</strong> est tout bonnement remarquable. Ce jeune metteur en scène est un surdoué (on pense à Chéreau) qui crée à cadence accélérée des productions de plus en plus remarquées, dans des genres très différents : entre autres <em>Cendrillon</em> de Massenet à Bern en 2007, <em>Angels in America</em> de Peter Eötvös, dans un dépôt industriel à Francfort sur le Main, <em>Lulu</em> et <em>Don Giovanni</em> à Graz, <em>Orphée et Eurydice</em> à Cologne en 2009-2010 qui a reçu un accueil unanimement favorable. Bref, un nom à retenir et à suivre avec intérêt. Il a notamment l’art de mêler les scènes intimistes et le grand spectacle, ce qui est pour <em>Aïda</em> la gageure principale, en utilisant la totalité de la profondeur de scène, qui est ici considérable, un peu comme à Garnier avec le foyer de la danse. On retiendra l’arrêt sur image sur fond de projecteurs du <em>ritorna vincitor</em>, la scène de complicité entre Aïda et Amnéris à la fin de leur violent duo, les dix-huit cuivres de l’orchestre sur scène, la centaine de choristes qui envahissent la salle et encerclent le parterre, les vaincus qui, sous les coups de fouets, tirent à la Cecil B. DeMille un immense praticable, la mort du pape et la révolte qui s’ensuit, l’admirable avant-dernière scène, quand Amnéris se dépouille de sa robe de mariée alors que le mur du fond de scène s’ouvre sur un magnifique contrejour de fumées et cieux colorés, et la scène finale à trois, où les deux amants agonisant allongés en angle divergent palpent l’espace, et où la main que Radamès cherche à saisir ne sera plus que celle d’un cadavre. Du très grand théâtre.</p>
<p> </p>
<p>Le décor de <strong>Kasper Glarner</strong>, fait de grands murs gris-noir, d’immenses plateaux mouvants de l’horizontale à la verticale, comme celui des « appartements d’Amnéris » couvert de plantes et soutenu par de nombreux filins entre lesquels les deux femmes slaloment, bref, du grand spectacle à la Broadway, agrémentés des somptueux éclairages de <strong>Johannes Erath et Nicol Hungsberg. </strong>Les costumes de <strong>Christian Lacroix</strong> paraissent à côté un peu sages et classiques. <strong>Cela fait longtemps que l’enfant d’Arles, très éclectique (il voulait à l’origine être conservateur de musée, et a d’ailleurs réalisé en 2008 une exposition au musée des Arts Décoratifs à Paris), crée des costumes de scène, tout particulièrement dans le domaine de l’opéra. Il a ainsi participé à quantité de productions lyriques à travers le monde, et continue avec cette <em>Aïda</em>, dont la plus grande qualité, en termes de costumes, est la discrétion, c’est-à-dire la parfaite adéquation avec les volontés du metteur en scène, et une parfaite intégration aux décors. Évidemment, certains costumes restent assez hermétiques (la robe rouge un peu façon flamenco (?) d’Amnéris), mais au total, ils sont bien coupés, dans de belles matières, et sont plutôt convaincants.</strong></p>
<p> </p>
<p>Le plateau est globalement à la hauteur de la production. C’est la troisième fois que nous voyons <strong>Adina Aaron</strong> dans le rôle d’Aïda, et c’est certainement à l’heure actuelle une des meilleurs titulaires du rôle, loin devant Hui He qui assurait hier, avec une distribution entièrement différente, la première de la production. Elle est maintenant au sommet de son art, finesse de jeu, qualités de puissance et de phrasé, musicalité, notes filées avec art, véhémence, elle a subjugué le public. <strong>Dalia Schaechter</strong> (Amnéris), est certainement très en dessous, du fait de problèmes vocaux qui ne sont peut-être pas permanents : chantant souvent des notes filées très allégées, elle met toujours du temps à retrouver sa véhémence et la voix qui va avec, avec même quelques moments où l’on ne l’entend quasiment plus. <strong>Vsevolod Grivnov</strong> est un solide Radamès, très musical, capable de jolies nuances et scéniquement fort crédible. L’Amonasro de <strong>Jorge Lagunes</strong> est également tout à fait excellent, bien dans la tradition. On regrette chez <strong>Roman Polisadov</strong> (Ramfis) quelques écarts de justesse, mais la voix est belle et la carrure et la prestance de l’acteur impressionnantes. Le pape de <strong>Wilfried Staber </strong>est tout à fait excellent, de même que le messager de <strong>Jeongki Cho</strong>, particulièrement musical. </p>
<p> </p>
<p>La direction de <strong>Will Humburg</strong> (actuel chef d’orchestre et directeur artistique du théâtre Massimo Vincenzo Bellini de Catane) est vive, parfois à l’excès, mais s’accorde parfaitement à la violence paroxysmique de la mise en scène : belle sonorité orchestrale, trompettes remarquables d’une justesse absolue, aucun décalage à déplorer, même dans des conditions extrêmes de la mise en scène, lui ont valu un accueil triomphal du public. Il faut dire que, de plus, les chœurs sont véritablement excellents. Bref, une production particulièrement intéressante, où toutes les forces vives de création artistique sont parfaitement mises en cohérence.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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