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	<title>ERIC RUF - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>ERIC RUF - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Don Giovanni – Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 06:35:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le grand auditorium de Dijon plein comme un œuf, le public pouvait découvrir ce dimanche le Don Giovanni mis en scène par Agnès Jaoui déjà proposé à l’automne dernier par l’Opéra de Toulouse, à l’initiative de cette coproduction très attendue. Thierry Verger et Pierre Venissac avaient à l’époque chroniqué le spectacle et ses deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le grand auditorium de Dijon plein comme un œuf, le public pouvait découvrir ce dimanche le <em>Don Giovanni</em> mis en scène par <strong>Agnès Jaoui </strong>déjà proposé à l’automne dernier par l’Opéra de Toulouse, à l’initiative de cette coproduction très attendue. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">Thierry Verger</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-distr-b-toulouse/">Pierre Venissac</a> avaient à l’époque chroniqué le spectacle et ses deux castings. C’est à une troisième distribution que nous avons affaire ici, ce qui change sensiblement une œuvre où la caractérisation de chacun des personnages dépend fortement de la personnalité des chanteurs. L’opéra est ainsi servi avec une grande justesse par une metteuse en scène comédienne et chanteuse, dont la finesse d’observation de l’être humain est une évidence, à l’instar de ce qu’elle a pu démontrer au cinéma dans <em>Le Goût des autres</em>, par exemple, où elle parvenait à tirer le meilleur de son équipe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_0779-_DonGiovanni_OperaDijon_MircoMagliocca-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-212216"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>Agnès Jaoui s’était expliquée de sa vision des protagonistes de <em>Don Giovanni </em>auprès de <a href="https://www.forumopera.com/agnes-jaoui-on-connait-tous-des-don-giovanni/">Clément Taillia</a> et l’on peut en apprendre davantage dans un <a href="https://www.calameo.com/read/00629793876c2f3bc0ada">entretien</a> donné ces jours derniers : la subtilité de cette approche des psychologies transpire et interpelle le spectateur. Décors, costumes, lumières et projections achèvent de ciseler cette conception de l’œuvre. Il en ressort une sensation d’être au théâtre, véritablement, avec une magnifique direction d’acteurs, mais également d’être au plus près de ces êtres de chair et de sang qui évoluent devant nous. Point d’effets spectaculaires et de trucs de mise en scène pour appâter le chaland, mais une véritable modestie dans la restitution des scènes : le chant et le texte, rien d’autre, peut-être, mais avec un art consommé. <br />On se délecte des décors d’<strong>Éric Ruf</strong>, sobres mais majestueux et ductiles, s’adaptant aux différentes configurations par simples rotations. Les costumes de <strong>Pierre-Jean Larroque</strong> sont eux aussi purs artifices de théâtre tout en ondoiements frémissants et gracieux, moires affriolantes rehaussées par d’élégants motifs fantaisistes, magnifiés par des jeux d’éclairages que <strong>Bertrand Couderc</strong> oriente du côté du nocturne, transformant cette folle journée en nuit profonde, noire et sépulcrale à souhait… Les vidéos de <strong>Pierre Martin Oriol</strong> aident à appuyer certains effets, comme ce clin d’œil que Méliès n’aurait sans doute pas boudé : la lune se transforme en visage rubicond tout sourire dehors, les ombres des personnages se font silhouettes dignes de l’<em>Intérieur </em>inquiétant de Degas, sortes de loups menaçants ou au contraire têtes décapitées projetées à ras du mur opposé. <br />Pas d’effet appuyé, donc, mais de multiples allusions et références, comme ce tableau à la charrette fleurie d’un mariage qu’on confondrait avec les visions des cartons de tapisseries du jeune Goya, toutefois annonciatrices des peintures noires à venir. C’est d’ailleurs à une Espagne qui oscille visuellement entre XVIIIe siècle et XIXe siècle que tend la mise en scène, à la fois intemporelle et ancrée dans un espace-temps familier, de Molière à Bluwal, en passant évidemment par les adaptations mozartiennes, celles de Losey en tête, qui nous plonge en plein XVIIIe siècle vénitien, sans oublier des incursions dans un répertoire plus gaulois, avec une scène digne de Cyrano, à travers le truculent « Deh vieni alla finestra ». Un univers familier, donc, mais avec son lot de surprises agréables, à commencer par l’artifice de la présentation du Commandeur, simple jeu de lumière sur une niche surélevée, mais terriblement efficace. C’est peu dire que cette mise en scène faussement sage et classique nous a emballée…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_1632_DonGiovanni_OperaDijon_MircoMagliocca-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212214"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution est de premier plan et parfaitement homogène, mais c’est sans doute le Leporello d’<strong>Alejandro Baliñas Vieites</strong> qu’on retiendra, tant le personnage irradie et tient la dragée haute à son maître. Le baryton espagnol campe un valet tour à tour insolent et sage, truculent, drôle et irrésistible, d’une voix saine, insolemment puissante et bien timbrée. <br />Chère au cœur des Dijonnais (elle est née dans la ville), la ravissante soprano <strong>Catherine Trottmann</strong> est une Zerlina qui ne s’en laisse pas compter et en profite, habile interprète, pour glisser quelques ornements agiles et acrobatiques de son fait, pour la grande joie d’un public totalement conquis, comme on le comprend… Autre personnage féminin blessé, mais digne et majestueux, donna Anna est merveilleusement incarnée au plus près du drame (viol, deuil du père et harcèlement d’un amant pressé de consommer le mariage) par une <strong>Marianne Croux</strong> très en voix. La soprano franco-belge parvient à distiller le mal-être de son personnage avec la noblesse requise. <br />Dans le rôle d’une Elvira prête à tout passer à son pourtant irrécupérable époux (dont on sent que la personnalité a ce qu&rsquo;il faut pour énerver Agnès Jaoui), <strong>Karine Deshayes</strong> fait preuve de toute l’autorité dont elle est capable et transcende le rôle de victime pour dévoiler une femme et ses ambiguïtés, qui se débat dans ses contradictions en s’octroyant notre empathie. Une belle performance de plus à ajouter au palmarès plus que brillant de la mezzo. <br />Obligé de plier devant l’autorité du noble qui lui ravit sa belle le jour de ses noces, le baryton franco-allemand <strong>Frederic Mörth</strong> fait preuve de solidité tant dans le caractère que dans les graves sonores de son Masetto mieux que crédible. En commandeur, la basse <strong>Sulkhan Jaiani</strong> trouve un interprète idéal, glaçant et impérial à la fois. Et le ténor écossais <strong>Michael Gibson</strong> convainc aisément en Don Ottavio. <br />Reste le rôle-titre. Est-ce parce qu’Agnès Jaoui voit le séducteur comme une sorte de drogué désabusé et revenu de tout, obsédé par la seule consommation et son goût irréfréné pour l&rsquo;ensemble de ce qui porte jupon, toujours est-il que le Don Giovanni de <strong>Dario Solari</strong> nous apparaît trop unitaire et sans reliefs. Si l’on ne peut rien reprocher au baryton uruguayen au métier solide, son personnage peu reluisant se laisse constamment déborder par les autres chanteurs, la projection manquant par endroits de la force requise. Mais c’est là pinailler, car la voix est belle et la partition respectée à la lettre.</p>
<p>À la tête de l’<strong>Orchestre Dijon Bourgogne</strong>, la Viennoise <strong>Katharina Müllner </strong>parvient à servir la foisonnante partition mozartienne avec intelligence et humilité. Les tempi sont cohérents et majestueux, rapides quoique sans précipitation, toujours au service de l’immense œuvre de Mozart. Un bien beau spectacle…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/">MOZART, Don Giovanni – Dijon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>GOUNOD, Roméo et Juliette — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/romeo-et-juliette-paris-opera-comique-pene-pati-embrase-lopera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Dec 2021 23:11:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est parfois dans les situations les plus désespérées que naissent les plus grandes réussites, la première de Roméo et Juliette à l’Opéra-Comique, ce lundi 13 décembre 2021 en est un exemple éclatant. En effet les répétitions avaient atteint leur terme lorsque la veille de la représentation, le ténor, testé positif au covid, annule sa participation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est parfois dans les situations les plus désespérées que naissent les plus grandes réussites, la première de <em>Roméo et Juliette</em> à l’Opéra-Comique, ce lundi 13 décembre 2021 en est un exemple éclatant. En effet les répétitions avaient atteint leur terme lorsque la veille de la représentation, le ténor, testé positif au covid, annule sa participation au spectacle puis, le lendemain, c’est au tour de la soprano de déclarer forfait pour les même raisons. Comment jouer <em>Roméo et Juliette</em> sans Roméo ni Juliette ? Ou plutôt, comment trouver des remplaçants à la hauteur à quelques heures du lever du rideau ?</p>
<p>En fin de compte, c’est un miracle si le problème a été résolu in extremis, comme nous l’explique Louis Langrée avant le début de la représentation. Celle-ci fut électrisante à bien des égards et en premier lieu grâce à l’enthousiasme de l’ensemble des participants. Contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, les solistes n&rsquo;étaient pas masqués à une ou deux exceptions près. Tous avaient été testés avant le spectacle et le seront quotidiennement. En revanche, les chœurs et les danseurs portaient un masque.</p>
<p>Ce spectacle comporte une particularité, <strong>Eric Ruf</strong> a importé sa production de la pièce de Shakespeare, donnée à la comédie Française en 2015 et l’a adaptée au livret de l’opéra, une démarche « économique et écologique » comme le souligne le metteur en scène dans le programme de salle.</p>
<p>Le rideau se lève sur un décor constitué de somptueuses façades défraîchies avec des fenêtres en trompe-l’œil et de grandes tours carrées qui délimitent un espace différent au cours de chaque tableau. Ces monuments aux teintes claires évoquent non pas Vérone, mais l’Italie du sud pauvre et aride, peuplée de bandes de jeunes désœuvrés qui s’affrontent périodiquement. Lors du bal chez les Capulet, les Montaigus se cachent dans les lavabos, la chambre de Juliette est modeste, un petit lit, trois chaises et encore un lavabo tel qu’on en trouve dans les mansardes. Dans le tombeau, les corps des défuntes sont disposés debout comme dans les catacombes de Palerme selon Ruf. Une étrange idée qui nuit quelque peu à l&rsquo;émotion. L’action est située dans les années 50 comme en témoignent les costumes signés Christian Lacroix, notamment ceux des femmes avec leur robes évasées aux couleurs vives et leurs chaussures à talons. Les scènes de bagarres de rues à l’acte trois rappellent le film <em>West Side Story</em>. La direction d’acteurs, d’une grande précision, ne laisse pas un seul personnage livré à lui-même.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/adele_charvet_stephano_photo_de_repetition_dr_s.brion_.jpg?itok=HyT_woSJ" title="Adèle Charvet. Photo de répétition  © S. Brion" width="468" /><br />
	Adèle Charvet. Photo de répétition  © S. Brion</p>
<p>La distribution réunit une équipe de solistes homogène, les seconds rôles sont globalement impeccables et bien chantants. A défaut de pouvoir tous les mentionner, citons le Tybalt claironnant de <strong>Yu</strong> <strong>Shao</strong> et le comte Capulet au timbre de bronze de <strong>Jérôme Boutiller</strong>. Contrairement à la tradition qui en fait une nourrice âgée et replète, <strong>Marie Lenormand</strong> est une Gertrude accorte et juvénile. Le Mercutio de <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong> ne passe pas inaperçu, son air « Mab, la reine des mensonges » joliment interprété capte l’attention. <strong>Adèle Charvet</strong> est un Stéphano délicieusement androgyne. Elle entre en scène vêtue d’une robe et se transforme sous nos yeux en adolescent espiègle et téméraire. Ses couplets «  Que fais-tu, blanche tourterelle » sont déclamés avec élégance et malice en dépit d’une diction pas toujours intelligible. Le timbre chaleureux de <strong>Patrick Bolleire</strong> et son registre grave sonore lui permettent de camper un Frère Laurent bienveillant et paternel.</p>
<p>Remplaçant Julie Fuchs au pied levé, <strong>Perrine Madoeuf</strong> possède une grande voix qu’elle ne semble pas maîtriser totalement en début de soirée comme en témoignent les aigus forte peu plaisant à l’oreille qui émaillent sa valse du premier acte, là où l’on attend davantage de légèreté et de délicatesse. Mais les circonstances dans lesquelles se déroule cette première y sont sans doute pour quelque chose. En revanche, sa diction est tout à fait satisfaisante et ses moyens importants lui permettent d’affronter crânement le redoutable air du poison avec une énergie et un aplomb remarquables.  Sa scène du tombeau particulièrement émouvante lui vaudra une belle ovation de la part du public. Mais le grand triomphateur de la soirée est <strong>Pene Pati</strong>, arrivé en catastrophe d’Amsterdam où il avait chanté la veille Alfredo dans <em>La Traviata</em>. Pourtant aucune trace de fatigue n’était perceptible dans cette voix ronde et généreuse. Le ténor samoan a campé un Roméo absolument miraculeux de bout en bout, un Roméo qui hantera longtemps notre mémoire. On ne sait qu’admirer le plus dans cette prestation de haut vol, son timbre ensoleillé, l’aisance de ses aigus, sa maîtrise des demi-teintes et de la voix mixte, l’élégance de sa ligne de chant sans parler de son exceptionnelle prononciation du français. C’est une salle en délire qui l’a accueilli lors du salut final.</p>
<p>A la tête d’un Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie en grande forme, <strong>Laurent Campellone</strong> propose une direction énergique, avec des tempos rapides qui nous entraînent dans une course effrénée vers le dénouement. Si elle ne laisse que peu de place aux épanchements des deux héros, cette battue qui met en valeur les percussions se révèle efficace et théâtrale.</p>
<p>Saluons enfin les excellentes interventions du chœur accentus / Opéra de Rouen Normandie dans leurs diverses interventions.</p>
<p>*Les photos qui illustrent cet article ont été prises le soir de la générale avec la distribution initialement prévue.   </p>
<p>        </p>
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