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	<title>Arthur FAGEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Arthur FAGEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>CARRARA, Voix d&#8217;Hébron – Metz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra-Théâtre de l’Eurométropole de Metz propose une création tous les deux ou trois ans en moyenne. Hasard du calendrier, alors que le projet a été initié il y a déjà quelques années, c’est un spectacle inscrit dans l’actualité brûlante du moment qu’on a pu découvrir, lors de deux uniques représentations, en création mondiale, en ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra-Théâtre de l’Eurométropole de Metz propose une création tous les deux ou trois ans en moyenne. Hasard du calendrier, alors que le projet a été initié il y a déjà quelques années, c’est un spectacle inscrit dans l’actualité brûlante du moment qu’on a pu découvrir, lors de deux uniques représentations, en création mondiale, en ce début de février. <em>Voix d’Hébron </em>est une coproduction avec l’opéra de Modène et c’est conjointement que la commande a été passée à <strong>Christian Carrara</strong>, très connu en Italie où il enchaîne les compositions, un peu moins renommé en France. Si l’on se demande comment le directeur du théâtre, <strong>Paul-Émile Fourny</strong>, a pu entrer en contact avec les équipes italiennes mêlées au projet, la réponse est simple. Notre très actif directeur avait été sollicité juste avant la pandémie pour mettre en scène <em>Aucassin et Nicolette</em> pour le Festival de Jesi dont Christian Carrara est le directeur artistique. Le courant est visiblement passé et Paul-Émile Fourny dit être très sensible à la musique du compositeur italien qu’il a envie de faire découvrir de ce côté-ci des Alpes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Voix-d-Hebron-Philippe-Gisselbrecht-54-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-155571"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Philippe Gisselbrecht – Opéra-Théâtre de l’Eurométropole de Metz</sup></figcaption></figure>


<p>Le livret est signé <strong>Sandro Cappelletto</strong>, historien de la musique, écrivain et ancien collaborateur de Giuseppe Sinopoli, entre autres occupations. L’histoire est située dans la ville des Patriarches, Hébron, où la cohabitation entre Israéliens et Palestiniens est, c’est le moins qu’on puisse dire, compliquée. Un Vieil Homme, l’Étranger, possède une vigne sur la colline de la ville sacrée qu’il habite depuis des années avec Hannah. Parce que cette dernière est mourante, il demande à deux jeunes gens de l’aider à l’enterrer à Hébron. Le jeune homme, Mohammed, est Palestinien et archéologue. La jeune femme, Ruth, étudiante en agriculture, est Israélienne et fait son service militaire. Acceptant d’aider le Vieil Homme à contrecœur, les deux jeunes gens qui ne se connaissaient pas sont contraints à se côtoyer et en arrivent très vite aux mains. Ils sont séparés par le Vieil Homme qui les enjoint de respecter le lieu de sépulture d’Hannah. Le Vieil Homme décide de s’en aller en cédant ses terres à Ruth afin qu’elle les cultive et en laissant Mohammed fouiller le sol tout en confiant à tous les deux le soin de garder la maison. L’histoire se veut universelle, dans la mesure où elle pourrait se dérouler n’importe où et l’amour qui unit le couple âgé est «&nbsp;un voyage, délicat, dans la difficulté, et la beauté, d’être l’un à côté de l’autre&nbsp;», comme le souligne Christian Carrara dans sa note d’intention.</p>
<p>La musique est à la fois extrêmement simple, avec une ligne mélodique séduisante dès la première écoute, mais également riche de complexités et de raffinements sonores. Baignée de rythmes orientaux combinés avec de larges envolées qui ne sont pas sans rappeler les sonorités de l’après-guerre au cinéma entre autres références possibles, la musique de Christian Carrara possède une très forte charge émotive. On dit que le compositeur a une très grande facilité d’écriture et cela transparaît. Christian Carrara affirme avoir voulu évoquer le désert de l’âme comme le désert physique, ce que le directeur Paul-Émile Fourny, qui assure également la mise en scène du spectacle, a retranscrit à l’aide d’un décor d’une grande sobriété. Un sol tout en aspérités qui évoque, selon les dires du metteur en scène, un lit de fleuve asséché, bordé de panneaux courbes stylisés qui font penser à l’entrée d’une grotte, d’une mine ou d’un camp, quelques voiles transparents, voilà qui suffit à suggérer un univers à la fascinante beauté que la musique sublime. Le décor est repris d’un spectacle précédent, <em>Giovanna d’Arco</em>, dans une démarche d’économie et de développement durable affirmée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Voix-d-Hebron-Philippe-Gisselbrecht-14-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-155569"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Philippe Gisselbrecht – Opéra-Théâtre de l’Eurométropole de Metz</sup></figcaption></figure>


<p>La simplicité du dispositif resserre l’attention sur les quatre protagonistes, ce qui contribue à valoriser davantage encore les liens et les tensions qui les unissent. Les voix se marient superbement. Dans le rôle de Hannah, la soprano <strong>Maria Bagalà</strong> déploie des trésors de délicatesse et de tendresse amoureuse, avec par endroits, une pointe d’accent, sans que cela ne nuise à la beauté du texte et à l’émotion qui se dégage de son chant. Dans le rôle de Ruth, la mezzo <strong>Shakèd Bar</strong> fait montre de toute la force de caractère de la jeune femme et donne chair à des sentiments mêlés déferlant en émotions extrêmes. La jeune chanteuse est dotée d’un tempérament de feu et d’une vraie présence scénique. De son très beau timbre de haute-contre à la française, <strong>David Tricou</strong> lui tient tête avantageusement dans le rôle de Mohammed et pour compléter cette harmonieuse distribution, le baryton <strong>Jean-Luc Ballestra</strong> possède l’autorité et la douceur qui lui permettent de rendre crédible la profondeur et la force de l’amour qui est en lui et irradie abondamment. La direction précise et ciselée d’<strong>Arthur Fagen</strong> permet à l’<strong>Orchestre National de Metz</strong> en formation réduite de mettre en valeur chaque instrument.</p>
<p>À Modèle, le spectacle va être donné en langue italienne, ce qui donne furieusement envie d’aller écouter la même distribution confrontée à un nouveau texte, pour compléter la découverte et l’appréciation de cette œuvre riche et foisonnante. Il faut espérer que le public italien sera plus curieux que les amateurs messins, d’ordinaire au rendez-vous mais étrangement absents ici, comme si le thème du sujet leur avait fait peur. Les rangs étaient bien clairsemés dans le joli théâtre, ce qui est bien dommage pour cette œuvre humaniste, ne prenant parti pour personne mais profondément cathartique et tellement d’actualité.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="VOIX D&#039;HÉBRON / Cristian Carrara / Lyrique / Bande-Annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/DqA1MRiqZoM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Prague</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-prague-encouragements-et-felicitations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jul 2017 06:03:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encouragements à la plupart et félicitations pour quelques-uns, c’est la formule qui nous semble la plus juste pour qualifier la prestation des interprètes de cette Zauberflöte donnée dans le cadre des Prague Summer Nights sous l’égide de la société Classical Movements qui produit le spectacle. Présenté dans l’église Saints Simon et Jude, lieu géré aujourd’hui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Encouragements à la plupart et félicitations pour quelques-uns, c’est la formule qui nous semble la plus juste pour qualifier la prestation des interprètes de cette <em>Zauberflöte </em>donnée dans le cadre des <em>Prague Summer Nights </em>sous l’égide de la société Classical Movements qui produit le spectacle. Présenté dans l’église Saints Simon et Jude, lieu géré aujourd’hui par l’Orchestre Symphonique tchèque, il se déroule devant l’autel baroque chargé de dorures, le déambulatoire et de hautes plantes en pot favorisant d’autres dégagements que les entrées latérales tandis que les tribunes qui surplombent la croisée du transept permettent de créer des effets sonores bienvenus au deuxième acte. <strong>Joachim Schamberger</strong>, responsable de la mise en espace, opte sagement pour une animation aussi proche que possible du livret, mais il oublie qu’en l’absence d’une scène surélevée, tous les actions conçues au ras de la scène échappent à la vision dans une salle au sol horizontal, si bien que l’on peut croire que Monostatos viole effectivement Pamina. Le programme ne dit rien de l’auteur des costumes, eux aussi très classiques, hormis l&rsquo;étole dorée manifestement catholique qui pare Sarastro &#8211; autre ambigüité &#8211; ni du réglage des lumières, dont l’intensité s’efforce d’épouser la tension dramatique.</p>
<p>Les interprètes sont, à trois exceptions près, ceux qui s’étaient produits en concert la veille. Est-ce parce qu’elle se réservait que la Gilda de <strong>Camille Chapron</strong> ne nous avait pas entièrement convaincu ? Sa Reine de la nuit manque de l’ampleur d’un soprano dramatique mais elle n’est pas la première et les notes sont là, mais l’application est manifeste, un peu trop peut-être car on ressent la prudence qui ralentit légèrement la vocalise et entache sa fluidité, ce qui nuit à l’expressivité.  Aux prises avec Sarastro, <strong>Bongani Ndhlalane</strong> révèle ses limites : la présence est réelle, le timbre est prenant, l’éclat impressionnant tant qu’il reste dans une zone médiane, mais les notes les plus graves, peu audibles dans son air de La calunnia la veille, le sont encore moins ici. <strong>Ilanna Starr</strong> confirme en Papagena l’abattage que nous lui avions trouvé dans le même rôle. Le charmant Tony de <strong>Nicholas Branson</strong> est un Monostatos très satisfaisant, qui pourrait gagner à s’inspirer de l’exemplaire Steven Cole. <strong>Dominic Veilleux</strong>, remarqué en Alfonso et en Dancaire, se révèle déjà un Papageno complet, aussi bien vocalement que théâtralement, et devrait rapidement paraître sur de grandes scènes. Il en sera probablement de même pour <strong>Ting Li</strong>, dont le Tamino sidère tant il exprime justement l’ardeur juvénile, à la fois virilité et grâce qui caractérise le personnage, avec un visage très expressif, une souplesse physique évidente et une voix à la fois longue, flexible, homogène, éclatante, qu’il sait moduler et adoucir opportunément. De quoi regretter que sa Pamina ne soit pas, pour nous, à la même hauteur. <strong>Anna Kozlakiewicz</strong> a l’étendue vocale et la sensibilité nécessaires pour une interprétation satisfaisante, mais le vibrato dont elle use en permanence finit, pour nous, par exprimer moins la force des émotions qu’un penchant à l’hystérie. (Cela peut s’admettre, cela se voit dans <em>Cosi fan tutte</em>, mais Mozart voulait-il faire sourire de Pamina ?) Tous les autres intervenants sont des plus satisfaisants, qu’il s’agisse des trois dames, des trois génies, des hommes d’armes et de l’orateur. Tous composent un chœur irréprochable.</p>
<p>Composé de quarante-trois jeunes instrumentistes stagiaires, l’orchestre se montre très discipliné sous la direction experte <strong>d’Arthur</strong> <strong>Fagen</strong>. Si l’ouverture fait craindre un moment une interprétation teintée de romantisme, avec effets de pathos grossissants, la conduite semble chercher – et parvenir à – un rythme aussi allant que possible, sans compromettre les chanteurs et au besoin en les aidant par un léger ralentissement dans les passages où l’agilité est très sollicitée, et sans sacrifier pour autant ni les accents collectifs ni les scansions dramatiques. L’acoustique se révèle favorable, sans la réverbération que nous redoutions, et le rendu sonore est très satisfaisant. Largement chenu, le public en avait probablement entendu d’autres, mais tenant compte de la jeunesse des interprètes il les a chaleureusement remerciés, mêlant comme nous encouragements et félicitations.</p>
<p> </p>
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