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	<title>Rocio FAUS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Rocio FAUS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SOROZÁBAL, La del manojo de rosas &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sorozabal-la-del-manojo-de-rosas-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>S’il est un genre lyrique européen vraiment populaire, il s’agit bien de la zarzuela espagnole car, le plus souvent, ce sont les petites gens des villes et des campagnes qui sont en scène. Issue des sainetes et des tonadillas du XVIIIe siècle qui s’inspiraient des coutumes populaires et qu’on intercalait entre les actes des œuvres &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il est un genre lyrique européen vraiment populaire, il s’agit bien de la zarzuela espagnole car, le plus souvent, ce sont les petites gens des villes et des campagnes qui sont en scène. Issue des <em>sainetes</em> et des <em>tonadillas </em>du XVIIIe siècle qui s’inspiraient des coutumes populaires et qu’on intercalait entre les actes des œuvres dramatiques, la zarzuela a trouvé sa forme définitive vers 1850. Et voici qu’aujourd’hui elle connaît à nouveau un succès impressionnant, dans son magnifique Teatro de la Zarzuela, inauguré en 1856, qui a su se forger une personnalité hors du commun grâce notamment à une programmation foisonnante et originale, conçue par l’équipe réunie autour de la nouvelle directrice du théâtre, la jeune <strong>Isamay Benavente</strong>. La saison inclut zarzuelas et opéras baroques (cette année une<em> tonadilla </em>en hommage aux femmes dans l’Espagne du XVIIIe siècle), créations contemporaines prisées du public (entre autres l’opéra chilien <em>Patagonia</em>), concerts symphoniques, hommages aux grands chanteurs espagnols qui firent leur début sur cette scène, notamment <strong>Teresa Berganza </strong>à qui le théâtre rend hommage à l’occasion de la zarzuela <em>La del Manojo de Rosas</em> de Pablo Sorozábal qu’elle a superbement interprétée. Les grands interprètes de musique populaire ne sont pas oubliés comme les guitaristes flamencos <strong>Pepe Marchena</strong> (1906-1973) et <strong>Paco Cepero</strong> (qui y fera ses adieux). Sans oublier le «&nbsp;<em>Ciclo de Lied</em> » qui fera salle comble, avec, entre autres, <strong>Julian Prégardien, Franz-Josef Selig,</strong> et les Français <strong>Ludovic Tézier</strong>, <strong>Patricia Petibon</strong> et <strong>Sabine Devieilhe</strong>&nbsp;! Enfin le foyer «&nbsp;<em>Ambigú</em>&nbsp;», déjà complet, est le cadre d’une série de concerts littéraires, de musique de chambre, de musique classique et populaire régionale, et d’œuvres inspirées par les échanges constants entre l’Amérique Latine et l’Espagne. N’oublions pas la saison de ballets avec la Compagnie Nationale de Danse et le Ballet National&nbsp;! De ce fait, dès l’été dernier, les abonnements ont doublé, passant de 2000 à 4000, tandis qu’à l’ouverture des guichets la saison a très vite affiché complet.</p>
<p>Le public s’est aussi diversifié comme on l’a constaté lors des représentations de <em>La del manojo de rosas (La Fleuriste de la boutique «&nbsp;au Bouquet de Roses&nbsp;») </em>de Sorozábal (1897-1988), à l’affiche du 20 novembre au 1<sup>er</sup> décembre (chaque zarzuela est représentée entre dix et quinze fois) dans la mise en scène légendaire d’<strong>Emilio Sagi</strong> (1990). La production avait été accueillie à l’Opéra de Rome, en 1991, et au Théâtre de l’Odéon à Paris, en 1992, avec un grand succès. On doit aussi à Emilio Sagi l’impressionnante mise en scène de <em>Sound of Music (La Mélodie du Bonheur)</em> au Châtelet en 2011.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ManojoRosas_24-3593-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1732806864797">© Javier del Real</pre>
<p>La zarzuela, créée en 1934, se déroule dans le vieux Madrid cette même année, soit trois ans après la proclamation de la deuxième République. Emilio Sagi a imaginé une vie de quartier dans une rue très animée où les appartements d’immeubles typiquement madrilènes (sublime décor de <strong>Gerardo Trotti</strong>) prennent vie à tout moment durant la représentation. Le spectacle, semble entièrement chorégraphié. Dans cette rue, la boutique de la jeune fleuriste Ascensión jouxte un bar et un garage où travaillent le mécanicien Joaquín qui n’a d’yeux que pour elle et son apprenti Capó (inénarrable <strong>Joselu López</strong>) amoureux de Clarita, jeune manucure inscrite au cercle féministe du nouveau Lyceum Club de Madrid. Dans cette institution emblématique de la république (le vote des femmes a été autorisé dès 1931) elle se passionne pour la psychanalyse. La soprano <strong>Rocío Faus</strong>, à la voix brillante, incarne le rôle avec brio, alliant facétie et tendresse. Clarita est une adepte fervente de séances de spiritisme, très en vogue ces années-là, ce qui en impose au serveur du bar, Espasa, qui se targue d’être, lui aussi, un érudit : pour séduire Clarita, il parle en vers pompeux, truffés de mots scientifiques inventés, qui font beaucoup rire le public. L’acteur <strong>Ángel Ruiz</strong>, très connu par les séries télévisées, se taille un franc succès dans ce rôle. Capó, exaspéré, lui répond par une<em> farruca</em> flamenca chantée en langue <em>caló</em> (du «&nbsp;gitan&nbsp;» bien inventé&nbsp;!) et dont la danse endiablée se termine, à la Broadway, sur un toit de voiture dans une chorégraphie géniale du célèbre danseur <strong>Goyo Montero</strong>. Don Daniel, le père d’Ascensión, propriétaire de la boutique de fleurs, désire que sa fille épouse un jeune aviateur (le baryton <strong>Gerardo López</strong> campe gaillardement ce personnage fanfaron imbu de lui-même). Pas question&nbsp;! répond la jeune femme désireuse de rester fidèle à la classe sociale de sa mère, qui a vécu longtemps dans la misère avant son mariage. Elle tient à épouser Joaquín, le jeune mécanicien du garage dont elle est amoureuse. Le premier acte s’achève alors sur un coup de théâtre : dans sa boutique, Ascensión rencontre la mère de Joaquín, Dona Mariana, que le mari, riche ferrailleur vulgaire et prêt à tous les trafics, rend malheureuse. Très émue par elle, Ascensión découvre alors que Joaquín vient d’une famille «&nbsp;bourgeoise&nbsp;» (en réalité, travailler dans un garage a été pour le jeune homme une sorte d’émancipation). Dépitée, la jeune femme rompt avec lui et accepte de devenir la fiancée de l’aviateur. Tous les ouvriers du garage, dans le chœur final, rejettent Joaquín, traître à leur condition sociale. Dans ce rôle, le baryton <strong>David Menéndez</strong>, à la voix sonore, trouve ici vraiment ses marques grâce à un phrasé plus nuancé et de belles demi-teintes. La soprano <strong>Beatriz Díaz</strong> est une merveilleuse Ascención, à la musicalité sans failles, au timbre clair et chaleureux et une belle égalité d’émission du grave à l’aigu. Brillante actrice, elle rayonne en scène et est très émouvante dans ce final. La zarzuela, on le voit, exige des chanteurs d’être aussi des danseurs et des comédiens hors pair&nbsp;!</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ManojoRosas_24-3859-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1732806864797">
© Javier del Real</pre>
<p>Au deuxième acte, les mois ont passé. Ascensión vit avec son aviateur qu’elle ne supporte plus. Sont père s’est enrichi et a engagé Clarita à la boutique, En rendant visite à Doña Mariana installée dans un minuscule appartement de la rue, Ascensión découvre que les parents de Joaquín sont ruinés et qu’il a réintégré le garage afin de payer ses études. C’est ainsi qu’Ascensión retombe bientôt dans les bras de Joaquín devenu ingénieur et promis à un bel avenir (Vive l’école de la République&nbsp;!). Ce délicieux imbroglio, où s’entremêlent à l’envi les classes sociales, se déroule justement à une époque troublée de la république espagnole. L’apprenti Capó évoque ainsi l’ancien ministre Lerroux qui a tourné casaque et Espasa, devenu contrôleur dans les autobus, craint une guerre prochaine après s’être trouvé dans une manifestation de rues. L’histoire lui donnera raison&nbsp;: la guerre civile éclatera deux ans plus tard&nbsp;!&nbsp; Le public se sent très concerné par ce qui se passe sur scène et vibre à toutes ces allusions. On l’a ressenti fortement lors de la représentation du 23 novembre, les spectateurs applaudissant à tout moment.</p>
<p>Les costumes de <strong>Pepa Ojanguren</strong> et les lumières d’<strong>Eduardo Bravo </strong>contribuent grandement à la magie de ce spectacle. L’œuvre est dirigée avec fougue et sensibilité par la jeune Mexicaine <strong>Alondra de la Parra</strong> à la tête de l’Orchestre titulaire du théâtre, formés de musiciens de haut niveau (le trompettiste soliste, très sollicité, est remarquable). Elle est ovationnée aux saluts. Enfin, pour l’occasion, une exposition passionnante est consacrée à « La zarzuela, patrimoine de l’Hispanité » au Centre Culturel de la Villa. Madrid mérite décidément l’aura qui l’entoure aujourd’hui.</p>
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		<title>SALIERI, La scuola dei gelosi — Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-scuola-dei-gelosi-martina-franca-quand-salieri-inspire-mozart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jul 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parce que la scène du  théâtre Verdi de Martina Franca accueille les représentations du Xersès de Cavalli, en entrant dans la salle soigneusement restaurée – à la bévue près que les sièges sont disposés en ligne et non en quinconce – on découvre un décor oriental surprenant quand on vient écouter La scuola dei gelosi. Ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parce que la scène du  théâtre Verdi de Martina Franca accueille les représentations du<em> Xersès </em>de Cavalli, en entrant dans la salle soigneusement restaurée – à la bévue près que les sièges sont disposés en ligne et non en quinconce – on découvre un décor oriental surprenant quand on vient écouter <em>La scuola dei gelosi. </em>Ce <em>dramma giocoso</em> en deux actes mis en musique par Salieri, une transcription établie par Jacopo Cacco et Giovanni Battista Rigon avait permis de le porter à la scène en 2016, à Legnago, la ville natale du compositeur, pour la première fois à notre époque, dans des représentations dont nous avions rendu compte, avant une tournée dans plusieurs villes d’Italie. C’est l’édition signée Ingrid Schraffl, réalisée à partir de la partition viennoise présente dans les documents légués par Salieri à la Hofkapelle et conservés à la Bibliothèque nationale d’Autriche, qui a été choisie pour ce concert.</p>
<p>L’intérêt du manuscrit viennois par rapport aux manuscrits contemporains de la création à Venise en 1779 réside dans l’intervention de Lorenzo Da Ponte. En 1783 l’opéra italien retrouve droit de cité à Vienne avec le retour de la troupe de chanteurs spécialisés ; on donnera <em>La scuola dei gelosi </em>qui continue de se diffuser avec succès hors d’Italie et que les privilégiés ont pu entendre à Esterhaza l’année précédente sous la direction de Haydn. Da Ponte, tout récemment nommé poète des Théâtres Impériaux  par Joseph II, suggère à Salieri des révisions propres à plaire au public aristocratique et mondain que le manuscrit viennois a conservées. Mais comme l’écrit Ingrid Scraffl il n’existe pas de version définitive, à une époque où le compositeur adapte son œuvre aux chanteurs et aux instrumentistes dont il dispose, ce qui explique que des différences existent entre le livret imprimé et la représentation, d’autant qu’après la première et jusqu’en 1786 on peut relever d’autres modifications. Le programme de salle de Martina Franca permet d’avoir une idée concrète de la pratique par des conventions typographiques : coupures soulignées, ajouts ou substitutions en gras.</p>
<p>L’œuvre présente sept personnages, trois couples et un observateur. Comédie moraliste, elle expose les dangers de la jalousie, qui peut changer l’amour en haine. Or l’amour conjugal est le ciment de la société et la base d’une vie heureuse. Il implique la confiance et le respect envers le partenaire. L’oublier, comme Blasio qui séquestre sa femme ou le comte qui néglige la sienne, c’est pousser le conjoint à une vengeance amère. Le premier finira par comprendre que sa jalousie maladive et injustifiée fait son malheur et celui de sa femme ; on espère que sa lucidité durera. De même le comte, quand sa femme a semblé s’intéresser à un autre homme, éprouve un retour de flamme. C’est un célibataire qui a été le guide de ces deux couples en perdition. Le troisième, celui des domestiques, a sous les yeux l’exemple des deux premiers pour douter de l’institution du mariage, mais il finit par conclure qu’elle est la meilleure protection de l’amour.</p>
<p>Pour permettre aux spectateurs d’identifier les personnages, les chanteurs portent des teeshirts où on peut lire le nom du personnage qu’ils interprètent. A leur entrée bondissante ils ont disposé en scène en arc de cercle les chaises où ils iront s’asseoir à tour de rôle. Ces élèves de l’Accademia del belcanto « Rodolfo Celletti » mettent tout leur cœur à cette exhibition et on les en félicite. <strong>Matteo Mancini</strong>, baryton, prête à Blasio, le jaloux maladif, une timbre sonore, une bonne projection et une présence scénique prometteuse. C’est le cas de <strong>Fleuranne Brockway</strong>, la femme de chambre Carlotta qui n’a pas froid aux yeux, à la voix de mezzo clair ronde et charnue. Lumaca, le valet endormi qui finira partisan du mariage auquel il était d’abord réfractaire, est le baryton-basse <strong>Carmine Giordano</strong>, qui se taille un beau succès avec l’air ajouté « Tutto si, ma moglie no ». La victime du mari jaloux, sa femme Ernestina, trouve en <strong>Rocio Faus</strong> une interprète décidée à la voix étendue et très souple. Le mari « moderne », ce comte qui ne regarde plus sa femme et avoue faire collection, est le ténor <strong>Omar Mancini</strong> qui chante bien mais dont le timbre ne nous a pas saisi. Dans le rôle de la comtesse exaspérée par le donjuanisme de son époux, <strong>Irina Bogdanova</strong>, soprano dont la voix est longue et souple mais sonne légèrement métallique dans les suraigus donnés en force et dont l’agilité est prise en défaut dans son air du deuxième acte. L’homme qui contribue à rétablir les liens, défini par son grade d’officier, est le ténor <strong>Joan Folqué</strong>, remarqué la veille dans <em>Beatrice di Tenda</em></p>
<p>Dans la fosse les élèves du Conservatoire de la ville de Monopoli font honneur à leur établissement. Ils obéissent sans faiblesse à la direction précise, délicate et rigoureuse de <strong>Daniela Grassi</strong>, qui trouve les tempi justes pour éviter rigueur métronomique ou laisser-aller rythmique. Le continuo discret d’un clavecin ponctue élégamment les récitatifs Les passages qui semblent des anticipations thématiques de <em>Don Giovanni</em> ou des <em>Nozze di Figaro </em>sont clairement perceptibles sans être surlignés. Ce n’est pas le moindre charme de cette audition où l’on comprend mieux le rôle charnière de cette œuvre dans la vie musicale viennoise et sa présence résiduelle dans les souvenirs de Mozart, probablement ravivée par la collaboration de ce dernier avec Da Ponte.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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