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	<title>Pauline FERACCI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pauline FERACCI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Messiah &#8211; La Chaise-Dieu</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-messiah-la-chaise-dieu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Rouhette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 04:09:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les différentes versions laissées par Haendel de son oratorio le plus célèbre, créé en 1741, Hervé Niquet a une prédilection pour celle de 1754, donnée au bénéfice de l’orphelinat londonien du Foundling Hospital, qu’il a enregistrée en 2018. Avec son Concert Spirituel, il continue à explorer ce monument du répertoire sans justement le traiter &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les différentes versions laissées par Haendel de son oratorio le plus célèbre, créé en 1741, <strong>Hervé Niquet</strong> a une prédilection pour celle de 1754, donnée au bénéfice de l’orphelinat londonien du Foundling Hospital, qu’il a enregistrée en 2018. Avec son Concert Spirituel, il continue à explorer ce monument du répertoire sans justement le traiter comme tel ; il en propose au contraire une interprétation pleine de fraîcheur, de mouvement et de contraste, qui rappelle par endroits des danses paysannes, comme dans la courte pifa au rythme rapide avec le bourdon des basses, dans l’air (au soprano dans cette version) « He shall feed his flock », ou plus étonnamment dans l’air d’alto « He was despised ». Après une ouverture nerveuse et dépourvue de toute solennité excessive, les tempi sont dans l’ensemble rapides, les morceaux s’enchaînent d’une façon très fluide à un rythme souvent soutenu, évoquant la « course effrénée » à laquelle Hervé Niquet compare la version de 1754 dans l’entretien inclus dans le programme. Point de frénésie intempestive cependant dans cette interprétation, qui souligne l’unité profonde de l’œuvre avec un enthousiasme réjouissant.</p>
<p>La réussite et le charme de ce concert doivent beaucoup au chœur et à l’ensemble instrumental, envers lesquels Hervé Niquet se montre très exigeant : ils sont à la hauteur de ses attentes. Les chanteurs, très investis, produisent des efforts méritoires pour s’exprimer dans un anglais compréhensible, avec notamment de belles dentales, même si les diphtongues sont parfois problématiques (le « o » de « yoke » par exemple) et s’il conviendrait d’éviter certaines liaisons malheureuses (« his yoke is / easy », non « izizi », dans le dernier chœur de la première partie). Mais cela reste très secondaire à côté de la belle homogénéité des différents pupitres (mention spéciale aux sopranos, aux voix puissantes et charnelles), aux départs toujours clairs, aux vocalises précises malgré la rapidité. Surtout peut-être, tout comme l’orchestre, ils font preuve d’un sens de la nuance remarquable et suivent leur chef dans des crescendos et des decrescendos rapides ou progressifs, selon le morceau : l’« Hallelujah » qui clôt la deuxième partie débute ainsi dans la douceur d’un piano qui s’élargit peu à peu et gagne en intensité. Tout en contrastes parfaitement maîtrisés, ce passage célébrissime fut l’un des grands moments de la soirée, tout comme le chœur final lui aussi exécuté avec des changements de nuances très intéressants et expressifs, soulignés discrètement ou de manière éclatante par les magnifiques trompettes naturelles de <strong>Jean-François Madeuf</strong> et de <strong>Jean-Charles Denis</strong> et les belles timbales de <strong>Laurent Sauron</strong>. Comme le chœur, l’orchestre fait preuve d’une grande plasticité, presque grinçant dans « He trusted in God » (chœur 28 dans la deuxième partie, où le Christ est moqué au moment de la Passion), ou d’un charme délicat dans « He shall feed his flock ». Chœur et orchestre savent jouer de différentes couleurs, ainsi quand au récitatif « For behold » et à l’air de basse « The people that walked in darkness » (10 et 11 dans la première partie), au grave souvent sombre, succèdent les accents joyeux et lumineux du chœur « For unto us a child is born » (12).</p>
<p>Dommage que les solistes vocaux ne soient pas tous à la hauteur des ensembles vocaux et instrumentaux. Le timbre solaire de <strong>Pierre Derhet</strong> séduit, la belle diction et l’engagement sans faille du jeune ténor convainquent, comme ceux de la basse <strong>Andreas Wolf</strong>, à la voix puissante et homogène sur une large tessiture. Les deux hommes conduisent en outre leurs lignes musicales avec beaucoup de maîtrise. Le bel alto profond de <strong>Camille Taos Arbouz</strong>, qui a gagné le premier prix du Concours International des Voix d’Opéra d’Afrique 2025, n’a pas toujours le volume nécessaire et les phonèmes sont un peu approximatifs (les « o » trop ouverts, sur « god » par exemple), bien que l’artiste propose des interprétations d’une intériorité frémissante, à l’ornementation minimaliste mais judicieuse, notamment sur « He was despised » (23). Pas de problème de puissance en revanche pour <strong>Pauline Feracci</strong>, mais malgré un timbre agréable et un beau medium, la jeune soprano, à la justesse parfois discutable dans l’aigu, ne semble guère s’intéresser à la signification de ce qu’elle chante ; ses ornements « font joli » mais ne « font pas sens », et l’expressivité manque pour toucher le public, notamment dans le pourtant sublime « I know that my redeemer liveth » (45), trop superficiel. <strong>Magali Simard-Galdès</strong>, quant à elle, met son ravissant soprano léger au service du texte. Si la tessiture est assez limitée (le medium manque de volume, le grave est peu audible), l’intelligence du propos est communicative. Elle se réjouit (« Rejoice », 18), et le public se réjouit avec elle. C’est là l’impression qui reste de ce beau concert.</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-clermont-ferrand-mozart-reenchante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Mar 2018 02:47:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Philologique cette Zauberflöte mise en scène par Pierre Thirion-Vallet, jeudi à l’Opéra de Clermont-Ferrand ? Comment en douter si l’on se réfère à la volonté de Mozart et de Schikaneder son librettiste de faire de ce Singspiel une féérie d’abord en phase avec la magie de l’enfance ! On est loin d’une symbolique grandiloquente sur fond &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Philologique cette <em>Zauberflöte</em> mise en scène par <strong>Pierre Thirion-Vallet, </strong>jeudi à l’Opéra de Clermont-Ferrand ? Comment en douter si l’on se réfère à la volonté de Mozart et de Schikaneder son librettiste de faire de ce Singspiel une féérie d’abord en phase avec la magie de l’enfance ! On est loin d’une symbolique grandiloquente sur fond de surcharges métaphysiques saturées d’accessoires où s’égarent bien des productions. En 1794, les dessins des frères Schaffer laissent à entendre que les premières mises en scène de Schikaneder garde à l’œuvre « <em>ses proportions justes, à l’intérieur d’une naïveté qui [doit] être son plus grand charme</em> », estime Guy Coutance, musicologue et metteur en scène. D’abord destiné à un public populaire <em>La Flûte</em> s’articule autour de cette trilogie du merveilleux, de la bouffonnerie et du mystère. Thirion-Vallet est en cela au plus près des vœux de Mozart et de son librettiste. Pour d’évidentes raisons de cohérence chronologique, metteur en scène et le chef d’orchestre poussent le scrupule jusqu’à placer la tentative de suicide de Pamina après sa scène de désespoir, et d’enchaîner logiquement avec l’intervention salvatrice de Sarastro. Et pour de non moins évidentes raisons d’intelligibilité, les récitatifs sont en français.</p>
<p>Mais auparavant, tout commence bien par une levée de rideau… sur Tamino endormi. Le lit, élément clef du décor où le héros revient se ressourcer. Rêve ou réalité ? <strong>Klodyan Kacani</strong> incarne avec candeur et spontanéité ce prince en pyjama, grand enfant nourri de généreux idéaux. Il affronte ainsi les épreuves qui le font grandir avec un confondant mélange de fraîcheur et de fougue. Beau ténor doué d’une séduisante fermeté d’accents, il n’abuse jamais de ses talents expressifs, préférant déployer une admirable sensibilité de timbre et une attention constante aux nuances. Dans une atmosphère digne de <em>L’enfant et les Sortilèges</em>, il tente de résoudre un mystérieux jeu de piste, perdu au milieu de livres qui le dominent et d’où surgissent ou disparaissent les protagonistes : une inquiétante mise en espace onirique judicieusement soulignée par les lumières de <strong>Véronique Marsy</strong>.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/flute_010_pamina_-_erminie_blondel_-_sarastro_-_piotr_lempa_-_credit_ludovic_combe.jpg?itok=2CeexsTZ" title="Erminie Blondel (Pamina) et Piotr Lempa (Sarastro) © Ludovic Combe" width="468" /><br />
	Erminie Blondel (Pamina) et Piotr Lempa (Sarastro) © Ludovic Combe</p>
<p><strong>Erminie Blondel</strong> fait écho à son prétendant somnambule en pimpante Pamina, jupette fleurie tendance <em>Alice au Pays des Merveilles</em>. Applaudie il y a quatre ans sur cette même scène pour son époustouflante Lucy du <em>Téléphone</em> de Menotti et sa magistrale <em>Voix humaine</em> de Poulenc, et deux ans plus tard pour sa vibrante héroïne dans <em>Roméo et Juliette</em> de Georg Benda, on la retrouve avec cette attachante féminité vocale aux intonations délicatement sensuelles. Petite fille sage, corsage flashy impeccable et bottines roses, mais non dénuée de passion, elle impose une parenthèse colorée dans l’univers austère et écrasant du savoir livresque imaginé par <strong>Frank Aracil</strong>. La théâtralité des deux héros énamourés ne manque pas de tendresse et d’humour. Ils jouent de contraste avec l’imposante figure tutélaire du Sarastro de <strong>Piotr Lempa, </strong>basse opportunément rugueuse et bien sonnante, et la perfidie du Monostatos rockeur-punkoïde de <strong>Maxime Duché</strong>. Lempa déploie une ligne vocale au lyrisme crépusculaire et à l’énergie charismatique. Maître Yoda grand format pompeusement sentencieux ou Père Fouras caricaturalement cérémonieux jusqu’à l’étirement de ses vibratos ? Thirion-Vallet ne fait pas économie d’une discrète ironie, fidèle en cela à Mozart qui moquait à mots à peine couverts la franc-maçonnerie pontifiante et misogyne qui l’avait exclu deux ans auparavant pour la prétendue légèreté de ses mœurs. Eléments de décor et costumes prennent en conséquence leurs distances avec la traditionnelle rhétorique symboliste.</p>
<p><strong>Romain Dayez</strong> enfonce le clou en s’imposant en Papageno boute-en-train insouciant et jouisseur. Timbre corsé, projection généreuse, ce baryton au panache lumineux en vient presque à surjouer le côté bouffe gentiment nigaud alors qu’on l’attend un peu plus roué face à la malicieuse Papagena de <strong>Pauline Feracci</strong>, au soprano tonique et plein de verve. Pour régner sans partage sur tout ce petit monde plus ou moins interlope il faut une Reine incontestée. C’est <strong>Marlène Assayag</strong>. La maturité du rôle lui va comme un gant. Reine elle est, parce qu’elle est mère aimante et exclusive ; parce qu’elle possède la noblesse et la profondeur du personnage ; parce qu’elle contrôle des aigus d’une perfection clinique, avec précision et autorité, et qu’elle assure un médium charnu aux indéniables qualités dramatiques. Elle revendique souverainement cette ambivalence, robe noir semée d’étoiles au diapason de ses trois suivantes. L’extravagante diversité et l’inventivité des costumes intemporels de <strong>Véronique Henriot,</strong> jamais prise en défaut d’imagination, se conjuguent à la concision du décor.</p>
<p>La <em>Flûte</em> étant aussi affaire de couple, <strong>Amaury du Closel</strong> peut légitiment partager la couronne. Il conduit sans ciller l’Orchestre Opéra Nomade d’une battue vigoureuse. Sa dynamique narrative enflamme les pupitres des vents et pousse les cordes dans leurs retranchements. L’orchestre prend manifestement plaisir à saisir ainsi traits et accents à bras le corps afin d’exalter les phrasés. Amaury du Closel tourne avec gourmandise et enthousiasme les pages de ce grand livre d’images : Mozart l’enchanteur ne l’entend pas autrement.</p>
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		<title>Purcell ensorcelle Châtel</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/purcell-ensorcelle-chatel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2016 10:30:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tirer profit d’une économie de moyens est aussi tout un art. A fortiori avec une œuvre, Dido and Aeneas de Purcell, comportant bien des écueils qui en font aussi un chef-d’œuvre de concision. Mais l’Orchestre du Palais Royal a pour lui la jeunesse, l’enthousiasme et une foi musicienne propres à soulever une montagne d’ovations. Ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;line-height: 15.75pt;background-image: initial;background-attachment: initial;background-size: initial;background-position: initial">Tirer profit d’une économie de moyens est aussi tout un art. A fortiori avec une œuvre, <i>Dido and Aeneas</i> de Purcell, comportant bien des écueils qui en font aussi un chef-d’œuvre de concision. Mais l’Orchestre du Palais Royal a pour lui la jeunesse, l’enthousiasme et une foi musicienne propres à soulever une montagne d’ovations. Ce qui fut le cas à l’issue de la représentation du 2 juillet dans le délicieux opéra de Châtel-Guyon. Il a aussi et surtout un chef, <b>Jean-Philippe Sarcos</b>, persuadé que la musique est d’abord affaire de passion, et ce faisant, elle doit avant tout être le fruit d’une intelligence interprétative d’un scrupule sans concession. D’une action et d’un ressort dramatique réduits à leur plus simple expression, avec des personnages dont la brièveté des rôles devrait obérer passablement l’épaisseur psychologique et l’envergure vocale, Sarcos fait des atouts. Il mise sur la rythmique, l’expressivité et la souplesse du tissu harmonique dans une succession de scènes conduites tambour battant. D’une battue énergique et méticuleuse, il nous fait entendre que l’élément fédérateur et le ressort dramatique relèvent bien des prérogatives de l’orchestre. Première du genre pour le Palais Royal, cette production lyrique, par la fraîcheur de ses solistes, la splendeur du chœur et le dépouillement de la mise en scène de <b>Pierre Catala</b>, renoue avec la tradition des masques élisabéthains, de forme certes intimistes mais friands de fantasmagorie et de féérie. A preuve le fellinien sabbat des sorcières conduit par les ténors <b>Fabrice Mantegna</b> en sulfureuse magicienne et <b>Sahy Ratianarinaivo</b> et <b>Blaise Rantoanina</b> scandant l’ensorcelant « Ho, ho, ho ! » où l’effroi le dispute au grotesque. La noblesse du timbre de la mezzo <b>Charlotte Mercier</b>, aux graves aristocratiques, campe une Didon sublime de sincérité et d’émotion, de son air introductif d’une belle sensualité, jusqu’à son douloureux et pathétique adieu conclusif. Il fallait une Belinda de la classe de la soprano <b>Pauline Feracci, </b>pour soutenir la comparaison. Elle concilie brio et chaleur du phrasé avec une facilité d’émission d’une éloquente séduction. <b>Fabien Hyon</b> n’avait pas le rôle le plus facile. D’un Enée effacé, dominé vocalement et psychologiquement par des personnages féminins au profil marqué par la tragédie, il parvient cependant à incarner un désespoir amoureux d’une émouvante crédibilité, victime du destin. Preuve s’il en était besoin que l’art lyrique peut aussi trouver sa place et son public loin en province, pour peu que la complicité d’artistes convaincants et d’élus convaincus relève le défi avec un minimum de moyens et un maximum de talents.</p>
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