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	<title>Saverio FIORE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Saverio FIORE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, I Puritani &#8211; Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-i-puritani-turin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De plus en plus fréquemment, hélas, qui s’engage à porter une œuvre à la scène s’autorise à s’affranchir des données factuelles qui la constituent, déconcertant ainsi les néophytes qui ont cherché à s’informer avant le spectacle, et décevant les attentes des connaisseurs venus retrouver un opéra qu’ils aiment tel que ses auteurs l’ont conçu. C’est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De plus en plus fréquemment, hélas, qui s’engage à porter une œuvre à la scène s’autorise à s’affranchir des données factuelles qui la constituent, déconcertant ainsi les néophytes qui ont cherché à s’informer avant le spectacle, et décevant les attentes des connaisseurs venus retrouver un opéra qu’ils aiment tel que ses auteurs l’ont conçu. C’est le constat que l’on peut faire au terme de cette représentation du dernier chef-d’œuvre de Bellini, <em>I Puritani</em>, que<strong> Pierre-Emmanuel Rousseau</strong> soumet à une interprétation déformante et contestable.</p>
<p>Ainsi le spectacle commence, au lever du rideau, par un long tableau muet. A jardin, une femme en robe bleue est immobile, dos au public, qui voit ce qu’elle regarde : le vaste espace intérieur d’une demeure au décor pseudo-gothique à la mode à l’époque de la création en 1835. Une femme est assise, qui semble lire. A quelques pas d’elle, une fillette en robe bleue gambade autour d’un cheval de bois. Au bout d’un temps que nous avons trouvé très long, la femme se lève et se dirige vers le fond de la scène, où elle ouvre une porte à deux battants coulissants qu’elle referme derrière elle. La fillette continue de gambader avant de se diriger vers la porte refermée, qu’elle ouvre, et on découvre avec elle  une alcôve occupée par un lit, au-dessus duquel la femme est pendue. Le tableau se prolonge logiquement par les funérailles, la défunte revêtue de blanc, peut-être sa tenue de noces, la fillette s’emparant du voile tandis que défile le cercueil au milieu de la génuflexion des hommes et des femmes de noir vêtus, accessoire récurrent qui relie indéfiniment la femme à l’événement traumatisant.</p>
<p>Le lecteur l’a compris, ce tableau ajouté a pour fonction d’expliquer au spectateur l’origine de la fragilité psychique d’Elvira : en se suicidant sa mère l’a abandonnée. Désormais elle vivra toute séparation comme un nouvel abandon et la disparition d’Arturo quelques instants avant leur mariage renouvelle le  traumatisme initial, au point que lorsqu’il reviendra elle ne parviendra pas à retrouver la raison et préfèrera le faire mourir avant de s’effondrer à son tour. Pierre-Emmanuel Rousseau impose donc au spectateur des épisodes et un dénouement différent de celui choisi par les auteurs. On est en droit d’estimer qu’il n’en avait pas le droit, même si ses intentions étaient bonnes. On peut aussi se demander si cette explication proposée, qui appelle le neurologue Charcot – dix ans en 1835 – à la rescousse contribue à augmenter le plaisir du spectateur. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : le succès tonitruant de l’œuvre à la création était-il dû à son contenu dramatique ou à son essence musicale exaltée par des chanteurs exceptionnels, la fin heureuse couronnant la jubilation hédoniste ?  Est-il nécessaire de connaître les causes de la perturbation mentale d’Elvira pour se délecter de la forme mélodieuse que lui a donnée le compositeur ?</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/I-Puritani-Fiume-Ulivieri-PhMattiaGaido_4069-1000x600.jpg?&amp;cacheBreak=1778255123433" /></p>
<p>Pourquoi se fourvoyer ainsi quand la réalisation témoigne du talent du metteur en scène, qui signe aussi les décors, dans l’utilisation de l’espace, modifié, réduit ou augmenté par des panneaux descendus des cintres, qu’il s’ingénie à animer en montrant par exemple une livraison d’armes, ou un assaut étranger à l’œuvre, au risque là encore de biaiser les données car la forteresse n’est pas assiégée et ne l’a pas été, comme le suggère le début du troisième acte, où des morts jonchent çà et là l’espace, dans les éclairages sobrement efficaces de <strong>Gilles Gentner</strong>. Auparavant l’utilisation de pistolets pour le duel avorté entre Arturo et Riccardo donne lieu à un hiatus entre ce que l’on voit et les paroles des antagonistes. Il y aurait encore à parler du fameux voile, ici relique du passé quand dans l’œuvre il est présent précieux du fiancé, mais mettons fin à cet inventaire des modifications du livret pour nous redemander si elles augmentent le plaisir du spectateur. Le lecteur aura compris notre avis.</p>
<p>Fort heureusement, la réalisation musicale et vocale ne suscite ni perplexité ni réticence. Les chœurs, excellemment préparés, transmettent toutes les nuances liés à la spatialisation dans la scène initiale et  aux situations, préparation aux festivités, déploration, alerte, avec la précision et la cohésion nécessaires. Au premier acte, les musiciens de l’orchestre répondent aux sollicitations de <strong>Francesco</strong> <strong>Lanzillotta</strong> avec une générosité qui flirte parfois avec l’équilibre entre fosse et plateau, mais ils déploient de façon délectable la palette des couleurs et les rythmes dansants qui accompagnent l’annonce de la fête. Le chef fait entendre clairement les auto-références de Bellini à <em>Norma </em>et à <em>La Sonnambula</em>, et l’introduction du deuxième acte est un moment de pur bonheur, où le plaisir de la musique ainsi  ciselée n’est troublé par aucune interférence. Et l’ultérieur départ prématuré d’un pupitre ne pourra pas altérer la satisfaction globale dispensée par cette exécution musicale vibrante entre urgence et langueur.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/I-Puritani-Osborn-DelSavio-phMattiaGaido_4256-1000x600.jpg" /></p>
<p>Premier soliste à intervenir, le ténor <strong>Saverio Fiore</strong> donne au personnage de Bruno sa juste dimension d’adjuvant de Riccardo, qu’il écoute s’épancher et qu’il pousse à se dépasser. Riccardo, l’officier auquel le père d’Elvira l’avait promise, ne se résigne pas à perdre celle qu’il considérait comme sienne. Trac initial ? La projection de <strong>Simone Del Savio </strong>manque d’éclat et ce n’est que peu à peu que la voix exprimera sa plénitude. Il est vrai que le personnage est délicat à interpréter, entre confession sentimentale et virilité réaffirmée. Apparaissent ensuite Elvira et son oncle Giorgio, qui est la vraie figure paternelle, le père étant absorbé par son rôle dans la guerre contre les royalistes. <strong>Gilda Fiume</strong> est d’emblée cette figure féminine peu sûre d’elle-même et dont le rapport au réel semble problématique : alors qu’au dehors on chante et danse pour fêter son mariage, elle semble craindre un piège qui la contraindrait à épouser in extremis le prétendant préféré de son père. C’est l’artifice des scènes d’exposition qui informe le spectateur, et il revient à l’oncle d’expliquer à sa nièce comment il a convaincu son frère, pour préserver la fragilité psychique de la jeune fille, de consentir à ce qu’elle épouse celui qu’elle aime, un adversaire politique partisan de la royauté.<strong> Nicola</strong> <strong>Ulivieri</strong> prête au personnage sa stature protectrice et sa voix profonde, attributs nécessaires ici parfaitement en situation.</p>
<p>Gilda Fiume, donc, est aux prises avec ce personnage défini par son instabilité émotionnelle, qui la fait passer en un clin d’œil d’une vigilance inquiète à une terreur incontrôlée et qui ne trouve de réconfort que dans son amour exalté pour l’antithèse exacte de son père. Cette errance affective induit pour l’interprète la soumission à une écriture musicalement exigeante, tant dans l’étendue de la tessiture que dans les figures imposées. Gilda Fiume a les ressources vocales et techniques pour remporter l’épreuve brillamment. Si le personnage ne nous a pas ému comme d’autres fois, cela tient au parti pris de la mise en scène qui lui prête des accès de violence et fait d’elle la victime de sa propre histoire familiale alors qu’elle est exemplaire du sort des femmes dans cette société machiste. Elles dépendent du choix des hommes et elles ne sont pas au premier rang de leurs choix, comme le prouve l’ordre des priorités d’Arturo : sauver la reine est l’urgence prioritaire, Elvira attendra.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/I-Puritani-Fiume-Osborn-PhMattiaGaido_4190-1000x600.jpg?&amp;cacheBreak=1778255239348" /></p>
<p>Arturo, ce fiancé étrangement salué comme un héros par la population du fort commandé par les Puritains, est incarné par <strong>John Osborn</strong>. Le personnage a heureusement échappé à une relecture déformante et l’interprète, qui a le rôle depuis longtemps à son répertoire, en maîtrise à la perfection la moindre nuance. C’est une joie renouvelée de retrouver ce chanteur d’exception dans la plénitude de sa voix, qu’il cisèle en orfèvre virtuose, avec l’élégance qui le caractérise, et sa maîtrise accomplie des prérequis techniques du bel canto. Alors le temps se suspend, et l’on savoure encore et encore ce délié, ces portés, ces montées dans l’aigu qui tout en étant spectaculaires ne cessent jamais d’être de la musique. Merci l’artiste !</p>
<p>Réduits à la portion congrue par leurs rôles, <strong>Andrea Pellegrini </strong>a la sécheresse physique qui correspond peut-être à l’inexistence affective de ce père absent, que sa fille déteste peut-être sans se l’avouer. On retrouve avec plaisir, bien que trop brièvement, le timbre ambré de <strong>Chiara Tirotta</strong> dans le rôle d’Enrichetta, la veuve du souverain décapité, qui repousse d’abord noblement l’offre d’Arturo parce qu’elle le met en danger.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/I-Puritani-Tirotta-PhMattiaGaido_4264-1000x600.jpg?&amp;cacheBreak=1778255239348" /></p>
<p>Quelques huées et sifflets épars ont été vite engloutis par la houle des applaudissements qui, au final, ont salué longuement les interprètes, la palme revenant à Gilda Fiume et à John Osborn, ainsi qu’à Francesco Lanzillotta.</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-liege-les-maris-helicopteres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Sep 2019 04:48:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis quelques années, les psychologues nous parlent des « parents hélicoptères », ces géniteurs qui ne peuvent laisser leurs enfants en paix et « planent » constamment au-dessus d’eux pour les surveiller. Après avoir vu Madame Butterfly monté à Liège par Stefano Mazzonis, on se dit qu’il doit aussi exister des « maris hélicoptères » qui utilisent ce moyen de transport &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques années, les psychologues nous parlent des « parents hélicoptères », ces géniteurs qui ne peuvent laisser leurs enfants en paix et « planent » constamment au-dessus d’eux pour les surveiller. Après avoir vu <em>Madame Butterfly</em> monté à Liège par <strong>Stefano Mazzonis</strong>, on se dit qu’il doit aussi exister des « maris hélicoptères » qui utilisent ce moyen de transport pour venir arracher leur enfant aux griffes d’une mère trop aimante : en effet, si Pinkerton revient bien à bord du navire Abraham Lincoln, c’est à bord d’un hélicoptère qu’il revient chez Butterfly, au cours d’une scène qui ne manque pas de provoquer quelques gloussements de la part du public (l’engin se pose – en silence, heureusement – sur le toit du vilain immeuble moderne qu’habite désormais Cio-Cio-San). Et, comme on avait pu le voir <a href="https://www.forumopera.com/madame-butterfly-clermont-ferrand-la-mariee-etait-en-or">par exemple à Clermont-Ferrand</a>, l’enfant à récupérer s’avère finalement n’être qu’un tas de chiffons : en voyant le landau, on se disait que ce bambin était né vraiment bien tard après le départ de Pinkerton, ou qu’il tardait à apprendre à marcher, mais l’explication est encore plus simple, puisqu’il s’agit uniquement d’un fantasme de l’épouse abandonnée. Pourtant, la première partie du spectacle semblait on ne peut plus traditionnelle, la transposition vers les années 1950 étant fort discrète. Dans un décor passablement kitsch, où il ne manque que le pont japonais cher aux mises en scène qui ravissait nos aïeux, Butterfly et son cortège font irruption dès l’ouverture, ce qui gâche un peu l’apparition prévue ensuite. Les costumes japonais sont presque trop colorés, les ombrelles en papier tournoient, et le premier acte paraît bien statique.</p>
<p>De fait, même pour <strong>Speranza Scappucci</strong>, les choses sérieuses ne commencent vraiment qu’après l’entracte. L’ouverture est un peu dénuée de nerf, les invités de la noce sont vraiment bruyants, et le duo avance sans vraiment toucher : certes, la situation n’est qu’une duperie dont l’héroïne fera les frais, mais la musique devrait davantage envoûter l’oreille. Au deuxième acte, le drame se noue et la chef semble s’y investir bien plus. Dommage que le superbe intermezzo ouvrant le dernier acte soit gâché par les allées et venues de Suzuki faisant le ménage, car l’orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie se montre alors tout à fait à la hauteur de l’enjeu. Et l’on reste frappé par le rythme exceptionnellement rapide auquel sont jouées les dernières mesures de l’œuvre, parfaitement glaçantes.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/butt2_0.jpg?itok=1mayORzT" title="© Opéra Royal de Wallonie-Liège" width="468" /><br />
	© Opéra Royal de Wallonie-Liège</p>
<p>Quant à la distribution vocale, Liège a fait le choix de le dédoubler pour le couple central. Sur les neuf représentations, quatre proposeront des artistes « ethniquement corrects », avec une Butterfly japonaise (Yasko Sato) et un Pinkerton étasunien (Dominick Chenes). Pour les premières, c’est un couple russe qui se trouve sous les feux de la rampe. Rôle court et personnage antipathique, Pinkerton est souvent difficile à distribuer : <strong>Alexey Dolgov</strong> peine à donner de l’épaisseur à l’officier de marine yankee, les voyelles sont vraiment très ouvertes et son chant semble cantonné aux seules nuances forte et mezzo forte, non sans malgré tout se laisser parfois couvrir par l’orchestre. Même son « Addio, fiorito asil » ne nous remue guère, alors que c’est bien le moment où l’interprète pourrait se rattraper. Heureusement, <strong>Svetlana Aksenova</strong> se situe dans une autre catégorie. Admirable dans le répertoire russe, elle surprend d’abord chez Puccini, surtout dans le rôle de la geisha de 15 ans dont, pas plus que tant d’autres, elle n’a vraiment l’allure. Les couleurs de la voix sonnent d&rsquo;abord trop sombres pour le personnage mais, pour la soprano aussi, les choses paraissent plus naturelles après l’entracte, quand Butterfly cesse d’être une femme-enfant pour se montrer déterminée, sarcastique ou désespérée. Chanté dans une immobilité seulement perturbée par un lent mouvement ascendant des bras, « Un bel dì vedremo » produit l’impression désirée, et « Tu, tu, piccolo iddio » ne perd rien de sa force à être déclamé en présence de Pinkerton, le discours prenant alors un tour ambigu (même si l’on ne sait pas encore à ce moment que l’enfant n’existe pas). <strong>Mario Cassi</strong> est un Sharpless ému et émouvant, et l’on regrette que le baryton, très fréquemment invité à Liège, ne dispose pas cette fois d’un rôle plus étoffé. La Suzuki de <strong>Sabina Willeit</strong> ressemble plus à Olive, la femme de Popeye, qu’aux figures maternelles que l’on voit souvent, mais le timbre est bien celui que l’on attend. <strong>Saverio Fiore</strong> campe un savoureux Goro devenu un petit truand, tandis que Yamadori – <strong>Patrick Delcour </strong>convaincant – pourrait bien être un yakuza. La mise en scène n’aide pas <strong>Luca Dall’Amico</strong> à faire trembler le public, le bonze faisant une apparition bien plate au milieu de la noce.</p>
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