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	<title>Florian PANZIERI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Florian PANZIERI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>JANÁČEK, Věc Makropulos &#8211; Lille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-vec-makropulos-lille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Feb 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Arrivé au milieu du troisième acte, on pensait avoir déjà toutes les pistes de la mise en scène, tous ses codes esthétiques, et avoir un avis critique définitif dessus. Avec les dix dernières minutes, Kornél Mundruczó montre qu’il en avait encore sous le coude, avec un final désarmant de beauté. Voilà une production qui ne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Arrivé au milieu du troisième acte, on pensait avoir déjà toutes les pistes de la mise en scène, tous ses codes esthétiques, et avoir un avis critique définitif dessus. Avec les dix dernières minutes, <strong>Kornél Mundruczó</strong> montre qu’il en avait encore sous le coude, avec un final désarmant de beauté. Voilà une production qui ne faiblit jamais dans son imagination, et pourtant est toujours profondément en résonance avec la musique de Janáček.<br />
Le metteur en scène réussit à insérer progressivement de l’étrangeté dans un univers très familier, un peu à la façon de Lynch qu’il cite en note de programme. En partant de la trivialité du cabinet d’avocats et des personnages qui le peuplent, les éléments détonants se rajoutent au fur et à mesure qu’on approche de la clé du mystère d’Emilia Marty. La première apparition d’Hauk n’est ici absolument pas un moment comique, mais une parenthèse fantastique très cinématographique. La silhouette du personnage (étonnant <strong>Jean-Paul Fouchécourt</strong>) apparaît derrière un voile éclairé par des lumières stroboscopiques, tandis que le reste de la scène se fige. En plus de donner à ce fantôme du passé une tonalité bien plus émouvante que d’habitude, ce choix fait d’autant plus ressortir l’étrangeté musicale de l’extrait. En parallèle, les traits les plus humains des personnages se montrent de plus en plus décevants, notamment dans leur désir pour Emilia, seule au milieu de ces hommes qui l’oppressent et seraient prêts à la détruire. Si elle joue de sa sensualité, c’est bien par lassitude, par habitude, et jamais par plaisir.<br />
La composition de ce personnage est un autre grand atout du spectacle. Sans jamais que cela entre en contradiction avec le livret, Mundruczó rajoute un élément scénique qui ne fait que rendre sa situation plus palpable : le corps de la Marty ne lui répond plus, même si elle paraît toujours aussi jeune. Son dévoilement progressif (sans gratuité aucune), révèle tous les bandages, cicatrices qu’elle a accumulés au cours des siècles. Dès le premier acte, on la voit prise de crampes soudaines, cracher du sang, on la voit plus tard nécessiter une perfusion… Ses marques physiques expriment ce que son esprit refuse dans un premier temps d’accepter. Contrairement à d’autres représentations, elle n’est ici jamais garce ni cruelle, mais simplement lasse et désabusée. Il émane de son personnage une mélancolie assez bouleversante, que la mise en scène sait traduire par des images très puissantes. Ainsi, ce simple regard à la fenêtre, quasiment nue, baignant dans la lumière de la lune, suffit à évoquer l’altérité de l’immortelle, qui pourrait ne même pas être humaine.</p>
<figure id="attachment_208363" aria-describedby="caption-attachment-208363" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-208363" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/iov20260202-1451_55076555504_o-1024x697.jpg" alt="" width="1024" height="697" /><figcaption id="caption-attachment-208363" class="wp-caption-text">Aušrinė Stundytė<br />©️Frédéric Iovino</figcaption></figure>
<p>Il faut dire que cette interprétation du personnage ne serait pas aussi probante sans la performance exceptionnelle de la soprano lituanienne <strong>Aušrinė Stundytė</strong>. On a souvent décrit l’artiste comme une « torche vivante », un « tempérament volcanique », ce qui nous semble assez inexact, tant sa force se situe justement dans un jeu très concentré, intense mais précis. Rien de laissé au hasard, rien d’impulsif, mais une maîtrise constante, et des intentions toujours justes. Authentique soprano dramatique, cette voix n’est pas de celles qui plaisent immédiatement, mais le chant n’est jamais débraillé, et se montre riche en nuances. Qu’importe les quelques aigus tirés quand la chanteuse est aussi intelligente et aussi intègre dans son art. Charismatique, blessée, puis bouleversante, son Emilia Marty est de celles qui marquent l’histoire du rôle.</p>
<figure id="attachment_208371" aria-describedby="caption-attachment-208371" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-208371" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/iov20260202-0217_55076484953_o-1024x661.jpg" alt="" width="1024" height="661" /><figcaption id="caption-attachment-208371" class="wp-caption-text">©️Frédéric Iovino</figcaption></figure>
<p>La distribution autour d’elle est particulièrement bien équilibrée, et vaut notamment par la qualité globale du jeu. Le mérite en revient probablement notamment à l’équipe de mise en scène de la reprise, à savoir <strong>Marcos Darbyshire</strong> et <strong>Maud Billen</strong>. Le Vitek de <strong>Paul Kaufmann</strong>, excellent ténor de caractère, est gâté par la mise en scène en terme de comique de personnage, auquel il se prête avec plaisir, tandis que le Gregor de <strong>Denys Pivnitskyi</strong> est très convaincant en enfant gâté macho. Sur le strict plan vocal, on retient particulièrement la basse polonaise <strong>Jan Hnyk</strong>. Son Kolenatý, très drôle scéniquement en avocat rationnel et trop consciencieux, vaut par son chant bien projeté et élégant. On apprécie aussi le Baron Prus de <strong>Robin Adams</strong>, parfaitement détestable, et le couple Krista-Janek formé par <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> et <strong>Florian Panzieri</strong>, tous deux très attachants.</p>
<p>La seule (relative) déception vient de la fosse d’orchestre. Non que l’<strong>Orchestre National de Lille</strong> soit déméritant : bien au contraire, dès les premières notes, on est frappé par la qualité du son d’ensemble, la précision rythmique et la cohésion. La formation s’y montre sous son meilleur jour, rappelant sa grande valeur au sein des orchestres français. Non que <strong>Dennis Russell Davies</strong> soit un chef moyen : sa direction, très concentrée, laisse toute la place au théâtre sur scène, et fait ressortir avec clarté toute l’écriture motivique de Janáćek. On regrette simplement ce choix de diriger cette musique sous un aspect très moderniste, assez froid et distant. L’ouverture, impeccable, n’a pas l’élan qu’on aime y entendre, et l’ensemble de l’interprétation souffre d’un certain manque de contrastes. Ce n’est là qu’une affaire de goûts, et la réalisation a le mérite d’être cohérente et techniquement aboutie.</p>
<figure id="attachment_208368" aria-describedby="caption-attachment-208368" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-208368" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/iov20260202-1951_55076505553_o-1024x698.jpg" alt="" width="1024" height="698" /><figcaption id="caption-attachment-208368" class="wp-caption-text">Aušrinė Stundytė<br />©️Frédéric Iovino</figcaption></figure>
<p>L’Opéra de Lille signe en tout cas une grande réussite avec cette reprise, qui a tout pour initier les novices aux merveilles de l’ouvrage, et tout pour enrichir l’imaginaire de ceux qui l’aiment déjà. Une production entièrement aboutie, une artiste transcendée par le rôle, une réalisation musicale de premier plan…on en vient à oublier complètement qu’on venait à l’origine pour y entendre la prise de rôle de Véronique Gens, entre temps annulée.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a beau voir et revoir ce Turandot signé Philipp Stölzl à l’opéra d’Etat de Berlin, créé en 2022, le plaisir est intact, tant la mise en scène est riche, foisonnante, et on pourrait multiplier les superlatifs. Le Munichois est essentiellement présent sur les scènes germaniques, à Berlin (Staatsoper et Deutsche Oper), Baden-Baden, Munich ou &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On a beau voir et revoir ce <em>Turandot</em> signé <strong>Philipp Stölzl</strong> à l’opéra d’Etat de Berlin, créé en 2022, le plaisir est intact, tant la mise en scène est riche, foisonnante, et on pourrait multiplier les superlatifs. Le Munichois est essentiellement présent sur les scènes germaniques, à Berlin (Staatsoper et Deutsche Oper), Baden-Baden, Munich ou Bregenz (c’est lui qui mettra en scène <em>Der Freischütz</em> pour l’édition 2025 des Bregenzer Festspiele ), et il signe ici une réussite incontestable, en conférant au personnage de Turandot une consistance peu commune. On le sait, la Princesse n’apparaît sur scène qu’au milieu du deuxième des trois actes et pourtant, dans cette proposition, son personnage est omniprésent sur scène (et il le sera, sous différents aspects, jusqu’à la scène finale) au travers d’une gigantesque marionnette qui occupe une bonne partie de la scène, du sol aux cintres et de cour à jardin. En étant ainsi à portée de main, et en subissant de multiples transformations (réalisée par une équipe de machinistes d’une belle dextérité), la princesse pékinoise, alors même qu’elle n’est pas réellement présente sur scène, nous est dépeinte sous tous ses – terribles – aspects.<br />
En réalité c’est toute sa féminité qui est niée : on ne voit jamais son visage (emmitouflé sous un masque). Lorsque le masque de la marionnette tombe, au deuxième acte, c’est un crâne qui apparaît. L’immense robe à panier de la marionnette recèle un vide sidéral ; rien ne s’y trouve si ce n’est la mort qui rôde. Quand la robe est soulevée, on découvre, remplissant le vide, le supplice de tous ceux qui ont cherché à deviner l’identité de Turandot, qui ont échoué, et qui meurent dans d’atroces souffrances. Plus tard, le socle où repose cette robe se révélera être un immense entassement des crânes des malheureux. On se demande bien comment Calaf peut être amoureux de ce monstre !<br />
Turandot est en réalité prisonnière de son propre rôle, de sa propre image. Ainsi, lorsqu’elle finit par apparaître, elle s’extirpe elle-même des dessous de la robe à panier, vêtue à l’identique de sa propre marionnette. Belle idée que Stölzl a ajoutée à sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-berlin-staatsoper-la-deshumanisation-autant-que-possible/">conception originale</a>. Turandot n’arrive donc jamais à sortir de son propre rôle, elle ne parvient pas à ne pas être une marionnette, elle ne parvient pas à être une femme, sensuelle, sensible, aimante, sexualisée.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_41992_87678602f1e558fa4d5efd4e17cb2aaa_ber_turandot_ohp0410-1294x600.jpg" alt="" width="623" height="289" />
© Matthias Baus</pre>
<p>Dans la mise en scène de Stölzl, il n’y a pas de happy end, la princesse ne subit pas l’improbable coup du destin qui veut qu’elle finisse par aimer Calaf. Cela lui est impossible ; du début à la fin, elle ne se départira pas d’elle-même, elle ne tombera pas le masque – de fait, on ne verra jamais son visage. Et ainsi, lorsque Calaf, qui a triomphé de toutes les épreuves, pense enfin avoir gagné le cœur de Turandot, celle-ci préfère s’empoisonner, non sans avoir, ultime cruauté, donné au prince un avant-goût de ce qui aurait pu être leur idylle. Stölzl propose ici, en plus de la mise en scène, des décors grandioses centrés exclusivement autour de la marionnette, et des éclairages de toute beauté, qui rendent discrètement l’orientalisme de la situation. C’est une proposition scénique qui continue à conquérir le public berlinois ; salle comble encore et standing ovation de l’orchestre au troisième balcon !<br />
<strong>Giuseppe Mentuccia</strong> dirige une Staatskapelle moins appliquée que la veille. Quelques décalages malvenus, un équilibre entre fosse et scène qui ne s’est pas fait immédiatement, mais, toujours, un orchestre de luxe pour une partition luxuriante.<br />
Les trois acolytes Ping (<strong>Bernhard Hansky</strong>), Pang (<strong>Andrés Moreno Garcia</strong>) et Pong (<strong>Florian</strong> <strong>Panzieri</strong>) sont savoureux au II, notamment dans l’évocation nostalgique de leur douce retraite de province. <strong>Grygory Shkapura</strong> est un vieillard ma foi bien vaillant, son Timur est expressif à souhait. <strong>Florian Hoffmann</strong> semble bien jeune pour incarner de manière crédible Altoum, le père de Turandot ; mais la voix est bien posée et passe la rampe sans difficulté. <strong>Evelin Novak</strong> est une Liù émouvante ; la voix est claire, les aigus filés à souhait. On découvre en <strong>Brian Jagde</strong>, Alvaro performant dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-forza-del-destino-new-york-streaming/"><em>La Forza del destino</em> new-yorkaise</a>, au printemps dernier, un fier Calaf. Il a mené les trois actes avec une parfaite économie de ses moyens, culminant  avec un « Nessun dorma » bien mené : timbre clair, héroïque, puissant, les spectateurs n’ont pas attendu pour manifester bruyamment leur enthousiasme. <strong>Anna Samuil</strong> enfin est une princesse Turandot aux aigus percutants, incisifs, parfois même stridents. On ne demande certes guère de nuances dans ce rôle mais une diction moins approximative ne nous aurait pas déplu.</p>
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		<item>
		<title>BRITTEN, Peter Grimes &#8211; Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-peter-grimes-hambourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Feb 2024 12:32:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne le répétera jamais assez : l&#8217;opéra est un art d&#8217;interprétation. On ne donne donc pas assez Peter Grimes, chef-d&#8217;œuvre de Benjamin Britten, objet lyrique « complet », ouvert aux visions des metteurs en scène comme à celles des chanteurs ou chefs d&#8217;orchestre, des qualités finalement pas si courantes dans la production lyrique de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="AppleOriginalContents">
<div class="WordSection1">
<p>On ne le répétera jamais assez : l&rsquo;opéra est un art d&rsquo;interprétation. On ne donne donc pas assez <em>Peter Grimes</em>, chef-d&rsquo;œuvre de Benjamin Britten, objet lyrique « complet », ouvert aux visions des metteurs en scène comme à celles des chanteurs ou chefs d&rsquo;orchestre, des qualités finalement pas si courantes dans la production lyrique de l&rsquo;après-guerre. Créée en 1998, la mise en scène de <strong>Sabine Hartmannshenn</strong> ne fait pas son âge et se révèle simple, efficace&#8230; et indémodable. Les costumes de <strong>Wolfgang Gussmann</strong> sont de style contemporain, quasi uniformément bleu-nuit, figurant une foule anonyme où se confondent les chœurs et la plupart des solistes, du moins ceux dont l&rsquo;expression n&rsquo;est finalement qu&rsquo;une déclinaison supplémentaire des sentiments du groupe. Plus caractérisés, les costumes d’Ellen et du Capitain Blatrode diffèrent légèrement du style général, dans une sorte d&rsquo;entre-deux. Grimes tranche lui franchement sur la foule, habillé uniformément en blanc crème, comme son double miniature John, l’enfant. Difficile toutefois de s’en tenir à un « code-couleurs » trop manichéen : lorsqu’Ellen, Autie et les nièces échangent sur la nature des hommes, hors de la pression sociale de ceux-ci, elles sont également habillées de ces mêmes couleurs claires, mais pas nécessairement plus proches de Grimes, simplement en dehors du conformisme du village. Les décors stylisés de Wolfgang Gussmann évoquent, au moyen de simples formes géométriques, une côte rocheuse sombre ou la voile claire du bateau de Grimes. La maison du pêcheur n’est qu’un simple carré dangereusement suspendu dans les airs. Les chœurs sont massés dans des décors un peu trop petits pour eux (des escaliers, la taverne d’Auntie…). Globalement, on ressent une sensation d’étouffement, d’enfermement. Quand Grimes sort de la scène, l&rsquo;enfant dans les bras, marchant vers un horizon qui se rétrécit, il est difficile de ne pas être ému, quelques réserves puisse-t-on avoir sur la relative facilité de l&rsquo;effet. La mer est en revanche peu présente (ce qui est paradoxal pour une ville portuaire telle que Hambourg). Au global, une direction d’acteurs au cordeau, des ensembles parfaitement réglés (pour lesquels on soulignera d’ailleurs les qualités dramatiques des artistes du chœur) achèvent d’insuffler un rythme quasi cinématographique à cette représentation.</p>
</div>
</div>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="707" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/15_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1-1024x707.jpg" alt="" class="wp-image-156821"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>


<p><span style="font-size: revert;">La mer, c’est dans la direction superlative de <strong>Kent Nagano</strong> que nous la retrouverons. Le chef d’orchestre américain, directeur musical général et chef principal de l’Opéra d’État et de l’Orchestre philharmonique de Hambourg, imprime une direction proche de la perfection, très analytique et contrôlée, ce qui n’empêche pas une dramatisation puissante. La tension dramatique va crescendo, sans jamais toutefois céder à la tentation du pathos. Nagano peut compter sur une formation (orchestre et chœurs) en état de grâce, d’une précision remarquable. Ainsi, des scènes (notamment les grands ensembles de foule) qui paraissent parfois confuses sous d’autres baguettes, s’illuminent ici sous celle de Nagano, qui en révèle leur parfaite architecture en dépit de leur complexité. Enfin, les interludes ne sont pas ici de simples pauses symphoniques, des respirations entre les scènes, mais participent effectivement et efficacement à l’entièreté du drame lyrique.</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="666" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1024x666.jpg" alt="" class="wp-image-156822"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;infatigable <strong>Gregory Kunde</strong> a finalement peu chanté le chef-d&rsquo;œuvre de Benjamin Britten (sauf erreur de notre part, ses apparitions se limitent à une prise de rôle en concert à Rome en 2013 (sous la baguette d&rsquo;Antonio Pappano) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/peter-grimes-valence-plus-forts-que-le-temps/">suivie d&rsquo;une prise de rôle, scénique cette fois, à Valence en 2018</a> : une anomalie tant ses affinités avec ce personnage semblent évidentes. Il y a plusieurs options pour interpréter Peter Grimes : brute épaisse, autiste indifférent au monde qui l&rsquo;entoure, esprit exalté aveuglé par son but, « brave type qui n&rsquo;a pas de veine »… et un peu de tout ça;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qui fait la richesse inépuisable de cet opéra. Le ténor américain choisit ici une piste médiane où se conjuguent déveine, débordements aussitôt regrettés mais où la colère l&#8217;emporte toujours initialement sur l&#8217;empathie, rêverie introspective… Ce Grimes est un peu gauche, et cela sied finalement au personnage. La voix est d&rsquo;une fraicheur impressionnante, avec un aigu « que l&rsquo;on ne présente plus » et qui sied aux exaltations et aux accès de rage de Grimes, mais aussi une capacité à alléger la voix qui rend parfaitement compte des faiblesses et des incertitudes du pêcheur (dans « Now the Great Bear and Pleiades » par exemple ou surtout dans le monologue final, quasiment <em>a cappella</em>, proprement bouleversant).&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="755" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/14_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1024x755.jpg" alt="© Hans Jörg Michel" class="wp-image-156823"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Jennifer Holloway</strong> est une Ellen Orford d&rsquo;une justesse bouleversante, dont les qualités dramatiques, dépourvues de tout histrionisme, feraient presque oublier la beauté d&rsquo;une voix sombre et souple. La voix de <strong>Iain Paterson</strong> manque un peu des mordant et son Captain Balstrode est plus humain que vocalement impressionnant. <strong>Rosie Aldridge</strong> compense une voix au grave un peu confidentiel par une composition réussie qui évite la caricature. L&rsquo;Auntie de <strong>Clare Presland</strong> est bien chantante et pleine d&rsquo;humanité et on suivra les carrières de ses jeunes nièces, <strong>Sarah Gilford</strong> et <strong>Claire Gascoin</strong>, toutes deux membres du studio de l&rsquo;Opéra de Hambourg. Le reste de la distribution est impeccable et le moindre petit rôle serait à louer. On n&rsquo;était pas loin de la soirée parfaite.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="665" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/10_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1024x665.jpg" alt="" class="wp-image-156824"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS, Salome &#8211; Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-hambourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Nov 2023 08:45:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’abord la toute fin, quand le rideau tombe sur la mort de Salome. De très longues secondes s’égrènent – on comprendra qu’elles permettront à l’héroïne de se changer. Puis le rideau se relève enfin et toute la salle avec lui, face à Asmik Grigorian, seule à saluer et comme encore sonnée. Elle vient de rendre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>D’abord la toute fin, quand le rideau tombe sur la mort de Salome. De très longues secondes s’égrènent – on comprendra qu’elles permettront à l’héroïne de se changer. Puis le rideau se relève enfin et toute la salle avec lui, face à <strong>Asmik Grigorian</strong>, seule à saluer et comme encore sonnée. Elle vient de rendre une copie parfaite, sans doute le pressent-elle, le public quant à lui ne s’y trompe pas.</p>
<p>Hambourg donne ce soir-là la deuxième représentation de la nouvelle production de <em>Salome</em>. Georges Delnon, l&rsquo;intendant du Staatsoper Hamburg, a demandé à <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> de revenir sur les bords de l’Alster après une <em>Elektra</em> donnée il y a deux ans et avant un autre Strauss l’an prochain, on ne nous dit pas lequel. Mais Tcherni a posé ses conditions : recréer le couple <strong>Violeta Urmana</strong> – <strong>John Daszak</strong> qui figuraient Klytämnestra et Ägisth – ils seront donc Herodias et Herodes et, surtout, gagner la confiance d’Asmik Grigorian qu’il considère comme la meilleure Salome du circuit. A coup sûr Tcherniakov a fait le bon choix. Asmik Grigorian avait réussi une prise de ce rôle remarquée en <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/salome-lepreuve-du-mal/">2018 à Salzbourg</a>, ce qui l’avait amenée à le reprendre à Vienne, Londres, Madrid et Milan. Ici, elle se plie aux exigences du metteur en scène russe avec une intelligence et un engagement dévastateurs. Il y a une telle dissemblance entre la silhouette gracile, fragile même, qui se met quasiment à nu sur scène, et la voix pétrifiante qui émane de ce corps de jeune femme. L’ambitus du rôle est extrême et Grigorian habite tous les étages ; elle s’empare des graves avec voracité, et va chercher aux tréfonds d’elle-même les ressources pour nous faire don de fortissimi au tout haut de l’échelle. On pense qu’elle n’y arrivera pas, on pense que le « Ich habe ihn geküsst, deinen Mund » final est hors de sa portée ou qu’elle finira par y trébucher. Que non ! Non seulement elle nous assène sans faillir toutes les notes sans exception mais il n’y a pas une once de fébrilité à déceler. L’énergie qui émane de ce personnage est stupéfiante. Mais si Tcherniakov la voulait précisément pour ce rôle, c’est aussi pour ses qualités d’actrice, parce qu’il pressentait qu’elle se plierait à l’originalité de sa proposition.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/08_Salome_c_Monika_Rittershaus_klein-1294x600.jpg" alt="" width="729" height="338" /><br />
© Monika Rittershaus</p>
<p style="text-align: left;">On le sait, Tcherniakov transpose tout le temps ; on se souvient de son Ring berlinois et de son centre d’expérimentations humaines, on a aussi en mémoire son <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/esquisse-cosi-fan-tutte/">Così fan tutte</a></em> aixois (2023) avec ses trois couples de quinquagénaires en location saisonnière le temps d’un week-end. Pour ce <em>Salome</em>, l’action est transposée de nos jours (Herodes filme Salome avec son téléphone portable) : nous sommes dans un grand appartement bourgeois où vingt convives sont réunis pour l’anniversaire de Herodes. Il est notable que tous les protagonistes (y compris Jochanaan, en bout de table et dos au public, ce qui correspond assez bien à la voix venue de loin, de la citerne, que l’on devrait percevoir avant son arrivée sur scène) sont présents, quasiment tout du long. La table est somptueuse, les décors luxueux et toutes les armoires de rangement sont remplies de … bustes, ce qui va volontairement conduire le spectateur sur une fausse piste : ces bustes en effet ne préfigurent aucunement la tête de Jochanaan que l’on porterait sur un plateau en argent, ce genre de sauvagerie n’ayant pas lieu d’être dans une société aussi raffinée que celle autour de Herodes et Herodias. Au début de la pièce, Salome, chez qui l’on pressent très vite une terrible fragilité psychique, apparaît en complet décalage avec les invités de ses parents. Sa fascination pour Jochanaan devient visible par tous, elle s’approche de lui, le touche mais ne réussit jamais à le séduire ; avant la mort de Salome, Jochanaan se lèvera enfin de table et quittera la pièce, convaincu de son incapacité à la faire rentrer dans le droit chemin. La mort de Salome, qui tombe brutalement sans que personne ne s’approche d’elle, est donc celle de l’impuissance, davantage que celle de l’amour impossible. Malgré tous les artifices qu’elle déploiera, elle ne parviendra pas à faire varier celui qui est décrit comme un prophète de malheur, un charlatan comme notre époque en compte tant. Jochanaan est au centre des discussions, notamment celles entre les Juifs et les Nazaréens qui s’écharpent sur le sens à donner à ses élucubrations. Ces Juifs caricaturés dans la pièce, qui se disputent sur le droit chemin de la foi et sont dépeints comme des personnages de pacotille avec un sous-entendu antisémite, ont conduit, dans le contexte international actuel, à une prise de position de la direction du Staatsoper qui a fait figurer sur les programmes de salle : « Le texte de <em>Salome</em> contient des passages qui formulent des clichés antisémites. En raison de la situation actuelle, nous ne voulons pas laisser cela sans commentaire. Nous nous distançons expressément de toute forme d&rsquo;antisémitisme. Notre travail artistique est synonyme de démocratie, de tolérance et d&rsquo;humanisme », voici donc ce que formulent l&rsquo;intendant Georges Delnon, le metteur en scène Dmitri Tcherniakov et le directeur musical <strong>Kent Nagano</strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/01_Salome_c_Monika_Rittershaus_klein-1294x600.jpg" alt="" width="746" height="346" /><br />
© Monika Rittershaus</p>
<p>Juifs, Nazaréens et soldats, qui forment le gros des convives, tiennent à merveille leurs querelles. Narraboth (qui, notons-le, ne se suicidera pas) est le très vaillant <strong>Oleksiy</strong> <strong>Pachikov</strong>, de la troupe, il est un amoureux éconduit crédible et impétueux. <strong>Kyle Ketelsen</strong> incarne Jochanaan. Celui-ci joue le rôle de l’invité surprise, celui que l’on a convié pour entendre et discuter les élucubrations. Capable d’une folle énergie, il possède un baryton sonore et expressif. Violeta Urmana trouve en Herodias un rôle davantage à sa mesure que Klytämnestra ; sa furie, dans la seconde partie de l’ouvrage est parfaitement rendue. Saluons la très brillante prestation du Herodes de John Daszak, qui passe par toutes les émotions avec une authenticité admirable et sans jamais fléchir. L’orchestre philharmonique de Hambourg est aux mains de son directeur musical, <strong>Kent Nagano</strong>. La symbiose est parfaite entre chef et musiciens. On entend les mille et une nuances d’une musique aux couleurs infinies, capable de nous éblouir et de nous submerger.</p>
<p>Ce spectacle peut d’ores et déjà être revu sur <a href="https://www.ndr.de/kultur/buehne/Salome-Premiere-begeistert-Hamburger-Opern-Publikum,salome188.html">arte .tv </a>qui avait filmé la première.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-hambourg/">STRAUSS, Salome &#8211; Hambourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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