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	<title>Joan FONT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Joan FONT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/deux-precautions-meme-inutiles-valent-mieux-quune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 07:00:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  On ne change pas une équipe qui gagne : le tandem formé par le metteur en scène, Joan Font, et le chef d’orchestre, Paolo Olmi, nous avait valu à Bordeaux il y a deux ans une Italienne à Alger d’excellente facture (voir recension). Le binôme revient en ouverture de saison girondine avec un Barbier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			On ne change pas une équipe qui gagne : le tandem formé par le metteur en scène, Joan Font, et le chef d’orchestre, Paolo Olmi, nous avait valu à Bordeaux il y a deux ans une<em> Italienne à Alger </em>d’excellente facture (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2289&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>). Le binôme revient en ouverture de saison girondine avec un<em> Barbier de Séville</em> pour lequel on a mis les bouchées double : deux distributions en alternance et un nombre accru de représentations.</p>
<p>			Une fois n’est pas coutume, commençons par saluer, avant les chanteurs, le travail de l’orchestre, des choristes et du maestro qui enchainent dix jours durant, à la suite ou presque, huit <em>Barbier</em>,<em> </em>sans que d’une fois sur l’autre la qualité ne paraisse en pâtir. <strong>Paolo Olmi</strong> connaît son Rossini sur le bout des doigts. Sa direction ne se contente pas de servir inlassablement du crescendo comme on réchauffe le même plat. Elle soigne le détail dans les passages symphoniques, et s’emploie à répondre aux exigences rythmiques de l’ouvrage, lorsque la mise en scène veut bien ne pas lui mettre de bâtons dans les roues (le finale du 1er acte). Mieux, derrière le geste, on sent le soutien apporté aux artistes tout au long d&rsquo;un parcours semé d’embûches.</p>
<p>			Car il ne suffit pas ici de surmonter toutes les difficultés vocales que semble s’être plu à accumuler Rossini, il faut aussi jouer, monter et descendre l’escalier autour duquel s’articule le dispositif scénique, grimper sur une guitare gigantesque ou sur un clavecin également surdimensionné qui se transforme en gondole le temps de la leçon de chant. On en restera là. <strong>Joan Font</strong> a le bon goût de ne pas abuser de gags et d’agitation. Le chœur parait même souvent statique, comme si le metteur en scène, à trop s’occuper des chanteurs, avait oublié d’indiquer aux choristes leurs mouvements. Le décor pivotant permet de respecter le livret au pied de la lettre. On passe en douceur d’une place de Séville à la demeure de Bartolo et l’utilisation astucieuse de parois transparentes permet de deviner, selon les tableaux, l’intérieur ou l’extérieur de la maison. Les costumes, intemporels, colorés, s’avèrent plus ou moins grotesques en fonction de la manière, volontaire ou non, dont ils sont portés. Mais pourquoi avoir gâché une approche pertinente en encombrant le plateau de figurants dont la présence s’avère aussi dérangeante qu’inutile ?</p>
<p>			Des deux distributions, la première joue la carte de l’expérience, voire du prestige, l’autre celle de la jeunesse, à une exception près : <strong>Franck Leguérinel</strong> dont le Bartolo, aussi burlesque soit-il, lorgne plus vers Offenbach que vers Rossini. A ses côtés, le Basilio de <strong>Nahuel di Pierro</strong> parait encore timide et l’Almaviva de <strong>Julien Dran</strong> bien emprunté dans un rôle qu’il investit pour la première fois et dont il ne maîtrise pas tous les enjeux vocaux. Mais sa Rosine,<strong> Carol Garcia</strong>, a de l’abattage pour deux. Le grave peut paraître parfois artificiel, les registres désunis avec l’impression de deux voix en une, il n’empêche que le timbre a de la rondeur, que les aigus n’ont rien à envier à ceux d’un soprano et que le style est irréprochable. Autre atout de taille, le Figaro de <strong>Florian Sempey </strong>qui, dès les « tra la la » de sa cavatine, impose sa présence. De la puissance ? Pas seulement. Ce jeune baryton, membre de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris depuis 2010, brûle les planches, vocalement et scéniquement. Le chant se plie sur toute la longueur aux acrobaties imposées par Rossini ; le jeu possède une aisance qui frise l’impertinence jusqu’à évoquer, maquillage aidant, Pierre Brasseur dans la pantomime des <em>Enfants du paradis</em>. Comment ne pas tomber sous le charme.</p>
<p>			Rien à voir, le lendemain, avec l’autre distribution. Nous sommes en terrain connu avec, comme précédemment, une exception : <strong>Sergey Romanovsky </strong>qui, s’il n’en est pas à son premier Almaviva, débute en Aquitaine. Le ténor a déjà assimilé les bases du vocabulaire rossinien – souplesse, souffle, ornementation – sans pour autant renoncer à la séduction naturelle du timbre. Il lui reste à développer ses connaissances pour adjoindre à son interprétation le « Cessa di piu resistere » qu’on lui a cette fois épargné. <strong>Luciano Di Pasquale</strong> est également familier de Rossini (il interprétait Mustafa dans<em> L’Italienne à Alger</em>). Son Bartolo ajoute à un tempérament comique évident la virtuosité nécessaire pour dominer le syllabisme échevelé de la partition. Don Basilio semble pour <strong>Nicolas Courjal</strong> une promenade de santé. L&rsquo;air de la calomnie superbement enflé montre tout ce dont la basse rennaise est aujourd’hui capable. A l&rsquo;inverse, <strong>Thomas Dolié </strong>ne trouve pas en Figaro le rôle le mieux à même de mettre en avant ses qualités vocales. Le comédien heureusement compense ce que le chanteur, sans doute fatigué, ne peut donner. <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong> n’est pas davantage rompue à ce répertoire mais l’interprète, à défaut d’en surmonter tous les codes, vient là aussi au renfort de la cantatrice. Et quelle interprète ! Une inflexion, une œillade, une moue, un froncement de sourcil et Rosina se dessine avec une justesse qui rend secondaires les duretés de l&rsquo;aigu. On trouvera aisément pupille plus appropriée – plus agile, plus imaginative, plus accorte – mais rarement Rosine mieux incarnée.</p>
<p>			Mentionnons pour compléter l’inclassable Berta de<strong> Maryse Castets</strong> qui, à en croire les acclamations excessives accueillant son « il vecchiotto cerca moglie », doit avoir<em> in loco</em> sa poignée d’inconditionnels, et concluons par la question qui brule les lèvres : quelle distribution finalement retenir dans ce <em>Barbier de Seville</em>, la première ou la seconde ? Mais les deux mon capitaine !</p>
<p><strong>Version recommandée :</strong><br />
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<p>			<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Rossini-Il-Barbiere-di-Siviglia-/Classique/Leo-Nucci/Decca/default/fiche_produit/id_produit-0002894255202.html" target="_blank" rel="noopener">Rossini: Il Barbiere di Siviglia | Gioacchino Rossini par Leo Nucci</a></p>
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		<title>La Cenerentola</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/et-si-cetait-un-reve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 12:57:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’image finale nous montre Cenerentola seule au milieu de ses seules confidentes, les souris : tout cette histoire de prince charmant ne serait donc qu’un songe de jeune fille ? La production haute en couleur militerait pour cette interprétation. On est ici dans un dessin animé de Walt Disney, mélange de Cendrillon et d’Alice au Pays des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          L’image finale nous montre Cenerentola seule au milieu de ses seules confidentes, les souris : tout cette histoire de prince charmant ne serait donc qu’un songe de jeune fille ?</p>
<p>La production haute en couleur militerait pour cette interprétation. On est ici dans un dessin animé de Walt Disney, mélange de <em>Cendrillon</em> et d’<em>Alice au Pays des Merveilles</em>. On y croise donc des souris mutines, des couleurs acidulées type « cartoon » (perruques jaune et rose fluo pour les sœurs de Cendrillon), des costumes aux formes baroques. Burlesque à souhait lorsqu’il s’agit de dénoncer les ridicules de la famille de Cenerentola, la mise en scène de <strong>Joan Font</strong> sait se faire émouvante pour accompagner les tourments d’Angiolina, rendant ainsi pleinement justice au ton doux-amer de l’opéra.</p>
<p>Le plaisir des yeux est malheureusement tempéré par une réalisation quelque peu erratique… On a parfois l’impression que le réalisateur ne sait trop où pointer la caméra. Ainsi le ballet incessant mais jamais envahissant des souris – ici véritables protagonistes de l’intrigue &#8211; passe le plus souvent inaperçu. C’est l’unité du spectacle qui en souffre surtout. Puisque nous en sommes aux récriminations « techniques », on notera, malgré le découpage en deux DVDs, l’indigence des bonus, limités à deux courtes interviews des deux principaux interprètes… Un peu chiche tout de même !</p>
<p>Heureusement une part de rêve nous est réservée par le <em>cast</em> de luxe réuni à Barcelone. A tout seigneur tout honneur, le Prince de <strong>Juan Diego Florez</strong> fait un triomphe mérité. Sa voix de ténor de grazia rossinien est idoine pour le rôle. Séduction du timbre, aisance de l’aigu, souci de la nuance, tout y est, n’en jetez plus ! Même l’acteur ferait mentir sa réputation de retenue. Un régal de virtuosité qui culmine dans son grand air du deuxième acte, renversant. La science des demi-teintes c’est aussi ce que l’on admire chez sa partenaire, <strong>Joyce DiDonato</strong>. Comme elle l’explique dans la mini interview accompagnant le DVD, la fréquentation régulière du rôle lui permet aujourd’hui d’oublier les chausses trappes techniques (nombreux, et pas seulement dans le feu d’artifice final, cumulant sauts d’octave, roulades, trilles…) pour se concentrer sur de l’expression : c’est réussi car au delà de la performance vocale, bluffante, c’est bien la douce mélancolie du personnage que l’on retient ici. On se permettra simplement un petit bémol quant au timbre un peu mûr de la chanteuse, qui retire une certaine fraîcheur à la jeune fille…</p>
<p>Les autres rôles, tenus pour la plupart par des artistes espagnols, ne sont pas exactement au même niveau d’excellence, mais sans démériter pour autant. Parmi les non locaux, Bruno De Simone, Don Magnifico parfait comédien, manque un peu de rondeurs… C’est également un certain manque de couleur qui pourrait être reproché à l’Alidoro de Simon Orfila, qui par ailleurs possède une technique bien rodée. La direction enlevée de Patrick Summers pousse parfois le Dandini de David Menendez dans ses retranchements quand l’écriture se fait plus virtuose, mais, en scène, il est tout simplement irrésistible&#8230; Son arrivée, déguisé en prince, est un mélange parfait de morgue et de bouffonnerie ! Et son léger cheveu sur la langue ajoute encore au côté loufoque. Enfin, les deux sœurs, Cristina Obregón et Itxaro Mentxaca, un rien astringentes, possèdent également la folie nécessaire aux deux harpies.</p>
<p>Ce n&rsquo;est peut-être qu&rsquo;un rêve… mais qui prend une place de choix dans une vidéographie de l’œuvre, malgré une réalisation imparfaite et des challengers de taille (dont l’incontournable Cecilia Bartoli).<br />
 <br />
<strong>Antoine Brunetto</strong><br />
<br />
(1) Nous en profitons pour signaler à nos lecteurs la parution du nouveau numéro de l’<em>Avant-Scène</em> consacré à <em>La Cenerentola</em> incluant comme d’habitude une discographie commentée plus que complète.</p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/je-vous-ai-apporte-des-bonbons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Ponthir]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 14:10:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un Rossini scénique à Bruxelles est en soit un événement. Force est de constater que pour la capitale, Rossini se résume à Il Barbiere di Siviglia et à La Cenerentola, Donizetti à Don Pasquale et Lucia di Lammermoor et Bellini à … Euh, pouvez-vous nous rappeler qui est ce monsieur Bellini ? Mais nous ne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Un Rossini scénique à Bruxelles est en soit un événement. Force est de constater que pour la capitale, Rossini se résume à <em>Il Barbiere di Siviglia</em> et à <em>La Cenerentola</em>, Donizetti à <em>Don Pasquale</em> et <em>Lucia di Lammermoor</em> et Bellini à … Euh, pouvez-vous nous rappeler qui est ce monsieur Bellini ? Mais nous ne bouderons pas notre plaisir en nous rendant à cette première.</p>
<p>L’autre événement devait se définir par le premier Rossini dirigé par <strong>Marc Minkowski</strong>. Le chef français dans son processus d’affranchissement de son étiquette baroqueuse, répertoire auquel il doit sa notoriété, devait tôt ou tard se confronter au <em>Pesarese</em> qui en a fait fantasmer plus d’un. Fantasme honteux pour une certaine élite… Avant lui, d’autres confrères comme Jean Claude Malgoire (<em>Ciro in Babilonia</em>) ou René Jacobs (<em>Tancredi)</em> ont pour l’un, abordé cette rencontre sous l’angle de la rareté et pour l’autre, sous une relecture se voulant philologique. Thèse élimant les ailes de certains solistes et dont l’esprit échappa à la majorité du public, notre aimable collègue compris. Minkowski ne convainc pas ou peu. Le problème ici n’est pas d’adhérer à l’une ou l’autre proposition musicale originale, il n’y en a pas. A aucun moment, le chef n’impose une griffe. A plus d’un moment, ses tempi s’avèrent aléatoires. Métronome à la place du cœur, son Rossini s’embrouille dans sa trame narrative. Il se réduit à l’accompagnement de ses chanteurs et même là, nous l’avions connu plus attentif à l’équilibre et à l’aide qu’il pouvait apporter à ses solistes. Entendons-nous bien, cela reste d’un haut niveau mais quel manque d’esprit italien, quel manque de chatoyance. Quelles sont les options du chef par rapport à la composante de <em>dramma giocoso</em> de cette <em>Cenerentola</em> ? Enfin, le chef semble comme en retrait du projet artistique de l’équipe emmenée par Joan Font.</p>
<p>Le plateau vocal comme souvent à Bruxelles est d’une cohérence solide. On est tenté de dire uniformité. Une fois encore, cela chante souvent très bien mais quelle sagesse chez ses personnalités dont aucune ne marque durablement l’esprit et encore moins les cœurs. La seule originalité des méchantes <em>sorelle</em> Clorinda et Tisbé (<strong>Raffaella et Giorgia Milanesi</strong>), réside dans le fait qu’elles sont sœurs à la ville comme à la scène. L’impact visuel de leur ressemblance fait son effet quelques minutes dans leur numéro peu imaginatif de duo siamois. Malheureusement, vocalement, l’uniformité de timbre qu’elles partagent également, nous prive d’un contraste de couleurs. Vocalement, les choses se déroulent bien, hormis les habituels tiraillements aigus servant de dot à l’ingrate Clorinda.<br /><strong>Donato di Stefano</strong> en Don Magnifico en fait des tonnes pour un résultat global assez consternant. La vulgarité n’est pas loin et ne masque à aucun moment la pauvreté du <em>sillabico</em> et le manque de truculence.<br />
La Monnaie semble s’attacher régulièrement les services du jeune baryton belge <strong>Lionel Lhote</strong> et cela est une bonne idée. Désormais, plus qu’un espoir, Lhote gravit les échelons d’une belle carrière tant en termes de rendez-vous ambitieux que d’ouverture au delà des frontières. Dandini n’est pas un rôle aisé. Son écriture vocalisante n’est pas immédiatement gratifiante. Lhote à de l’esprit, une voix solidement menée et un bel aplomb. Il évite la tentation facile d’emmener Dandini du côté de la Grande Duchesse de Gérolstein. Scéniquement, son valet roublard existe, tandis qu’on lui pardonne aisément les ficelles un peu grosses utilisées pour venir à bout des traits et roulades vraiment hors de portée pour son baryton formé à une autre école. Nous pensons que le meilleur de Lhote est dans le répertoire français. Nous porterons néanmoins un intérêt à ses prochains Enrico (<em>Lucia di Lammermoor</em>).<br /><strong>Ugo Guagliardo</strong> est une belle surprise dans la difficile partie d’Alidoro. Nous sommes tentés de dire qu’il nous laisse la plus forte impression de la soirée. Il convainc notamment dans la conduite de son grand air mais davantage, il émeut scéniquement, ce qui ce soir, ne sera pas foison. La voix est d’une riche texture, sainement conduite et sa prosodie rossinienne est intéressante. Avec un autre chef, son philosophe atteindrait encore un autre niveau.<br />
Heureuse découverte que le jeune ténor <strong>Javier Camarena</strong>. Le mot qui vient à l’esprit est promesse quand on évoque ce chanteur stylé. Son chant définit pour l’heure, davantage un mozartien qu’un ténor <em>contraltino</em>. Il a pourtant tout pour incarner un Ramiro, un Almaviva et sans doute un Lindoro au relief intéressant. Plus que de raideurs, il lui faudra vocalement et scéniquement, se départir d’une trop grande sagesse qui évoque encore ici et là, un rien de scolarité. Son Ramiro parfois gauche, s’intègre néanmoins parfaitement dans la conception du spectacle.<br /><strong>Silvia Tro Santafé</strong> doit également sa notoriété au baroque et principalement à Haendel qu’elle fréquente assidûment. Son Angelina a énormément écouté Frederica von Stade avec qui elle partage ce pêché mignon de mixer voire de poitriner haut dans le médium. Pour les voix à la portée raisonnable, cette émission de mixage permet de gagner en projection et en couleurs dans le médium. Il faut néanmoins l’utiliser avec prudence et avec un soutien à tout épreuve, au risque de voir l’émission se déstabiliser et la voix se scinder en deux pans distincts. La plupart du temps, Santafé réussit ses effets et les quelques déséquilibres du haut médium semblent échapper au commun du public. Physiquement, cette belle artiste a tout pour camper une Angelina de premier ordre. Trac de la première ? Elle n’attire guère l’attention alors qu’elle déploie au fur et à mesure de la soirée moult efforts pour affronter crânement les difficultés émaillant sa partie. Scéniquement surtout, son Angelina aurait tout à gagner, à commencer en émotion si cette appréciable chanteuse se laissait aller à un peu plus d’abandon.</p>
<p>A la lecture de cela, le lecteur aura sans doute des difficultés à comprendre les trois coeurs attribuées au spectacle. Pourtant, une fois n’est pas coutume, nous saluons bas le remarquable travail scénique du spectacle. Metteur en scène, costumier, éclairagiste, chorégraphe apparaissent instantanément comme une équipe soudée, cohérente et offre un pur régal pour les yeux. L’émotion viendra de cet aspect et pour nous, une émotion doit toujours être saluée. L’idée de base de <strong>Joan Font</strong> est qu’Angelina s’échappe de son quotidien en rêvant. Elle rêve cette folle journée ou du moins, il laisse à l’imagination du spectateur, le soin de décider où s’arrête le réel et ou commence le féerique. Ce qui nous touche profondément est que Joan Font fait appel à l’enfant que nous avons été et cela marche fabuleusement. Lui et son équipe vont à l’essentiel. Intemporalité des lieux , peu d’accessoires mais surtout, des couleurs et encore des couleurs. Son spectacle se déguste comme une orgie de friandises plus glucosées les unes que les autres. Ses bonbons se parent de teintes vives dans les verts, les roses, les jaunes qui suffiront en un instant à camper un tableau. L’adjonction du chorégraphe se révèle précieuse avec le fil rouge défini par ses souris anthropomorphes. Petites compagnes de Cenerentola, elles participent au merveilleux de la soirée et une fois encore, sont source de rires ET d’émotions et là, Joan Font a saisi l’esprit de la partition de Rossini. A notre sens, Joan Font et son équipe sont les principaux acteurs de la réussite de ce beau spectacle se définissant comme le rendez-vous familial de ce début d’automne.</p>
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