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	<title>Bruno FONTAINE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bruno FONTAINE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Le Kurt Weill incendiaire de Julia Migenes à Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-kurt-weill-incendiaire-de-julia-migenes-a-clermont-ferrand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Nov 2015 05:55:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est cru, c’est rouge sang et rugueux sur fond de cambrures incendiaires : on ne sait qui de Julia Migenes ou de Kurt Weill a séduit l’autre samedi 7 novembre à l’Opéra de Clermont dans le programme Grandes Voix du Centre Lyrique d’Auvergne. L’explosive Carmen de Francesco Rossi n’a rien perdu de son insolente faconde qu’elle reconvertit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est cru, c’est rouge sang et rugueux sur fond de cambrures incendiaires : on ne sait qui de<strong> Julia Migenes </strong>ou de Kurt Weill a séduit l’autre samedi 7 novembre à l’Opéra de Clermont dans le programme Grandes Voix du Centre Lyrique d’Auvergne. L’explosive Carmen de Francesco Rossi n’a rien perdu de son insolente faconde qu’elle reconvertit habilement en meneuse de revue expressionniste de cabaret berlinois. Au menu : chansons et airs d’opéra du Verdi des pauvres. La belle cigarière tient encore la dragée haute aux aigus sans toutefois jouer avec le feu. Autrement dit elle prend soin de ne pas abuser de ses talents. Résultat plus que convainquant : une heure trois-quarts de récital sans temps mort avec seulement trois courts répits occupés par un <strong>Bruno Fontaine </strong>puissamment inspiré au Steinway tour à tour mélancoliquement classique ou outrageusement sonorisé en piano de bastringue. Leur duo musicien épanouit une jubilatoire ferveur carnassière notamment dans l’inoxydable <em>Complainte de Mackie Messer</em>. Migenes déploie de réjouissantes dispositions de Fregoli vocal jonglant entre la gouaille rocailleuse des bas-fonds  berlinois sur le capiteux refrain « In dem Bordell » de la <em>Zuhälter-Ballade</em> et la séduction de <em>Bilbao Song</em>. Mais la sulfureuse soprano à la crinière de feu prend un plaisir langoureusement extraverti à forcer l’accent raboteux sur <em>Denn, wovon lebt der Mensch</em> de<em> L’Opéra de quat’sous</em>. En authentique bête de scène, elle apostrophe, harangue, invective sur <em>Kanonen Song</em>, vivante incarnation des grotesques pantins d’un Otto Dix ou d’un Georg Grosz, autant qu’elle séduit sur <em>Surabaya Johnny</em> à la rugueuse tendresse. Weill s’affirme d’abord comme un manifeste.</p>
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		<title>WEILL, L’Opéra de quat’sous — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/guere-derangeant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2011 07:51:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Corruption, convenances, prostitution, relations d’affaires et scandales : comme disait Brecht, « Qui est le plus nuisible ? Celui qui braque les banques ou celui qui les crée ? » Avec L’Opéra de quat’sous, on est vraiment au centre de l’actualité la plus brûlante. Et de fait, peu d’œuvres étrangères sont aussi souvent représentées en France, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Corruption, convenances, prostitution, relations d’affaires et scandales : comme disait Brecht, « Qui est le plus nuisible ? Celui qui braque les banques ou celui qui les crée ? » Avec <em>L’Opéra de quat’sous</em>, on est vraiment au centre de l’actualité la plus brûlante. Et de fait, peu d’œuvres étrangères sont aussi souvent représentées en France, il est vrai avec des fortunes diverses, mais sans jamais laisser indifférents. Parmi des productions diverses et variées1, nous retiendrons bien sûr celle, mythique, de Guy Rétoré au TEP en 1969, reprise plusieurs années de suite2, et celle – tout aussi inégalable – présentée la saison dernière au Théâtre de la Ville par le Berliner Ensemble dans une mise en scène de Bob Wilson. Et n’oublions pas que cet <em>opéra</em> a été également magnifiquement servi par le cinéma et par le disque (Lotte Lenya, Milva…) : la barre se situe donc très haut.</p>
<p>Les références brechtiennes sont diversement suivies par <strong>Laurent Pelly</strong> : recours aux pancartes, sous toutes leurs formes ; en revanche, point de rideau de scène à mi-hauteur, tous les changements de décors se font à vue sur un bruitage sonore savamment dosé ; point non plus d’orchestre sur scène, mais plus traditionnellement dans la petite fosse historique de la salle Richelieu, rouverte pour l’occasion. <strong>Bruno Fontaine</strong> dirige, d’une manière parfois un peu trop lente et pas assez violente, d’excellents musiciens. </p>
<p> </p>
<p>Reste la question de la traduction française de <strong>Jean-Claude Hémery</strong> : on ne peut que déplorer que toute la beauté de cette traduction des années 60 s’en soit allée avec la présente version « actualisée » (pour ne pas dire tripatouillée). « Jenny des lupanars » est devenue « Jenny la bordelière » (?), « t’as un polichinelle dans le tiroir » est devenu « t’es en cloque », etc., bref, la langue précédemment fleurie et si délicieusement surannée est devenue tout simplement ordinaire. Un seul exemple : dans l’extraordinaire « Ballade de l’esclavage des sens », madame Peachum chantait « Mais dès le soir, il a le vague à l’âme, avant la nuit, il file chez ces dames… », devenu dans la version actuelle un charabia informe sans aucune poésie, tout juste sauvé par l’interprète.</p>
<p> </p>
<p><em>L’Opéra de quat’sous</em> appartient, comme <em>La Vie Parisienne</em>, au genre du théâtre chanté, œuvres écrites pour des acteurs-chanteurs et non pour des chanteurs lyriques. La troupe de la Comédie-Française s’était déjà essayée, avec un résultat mitigé, à Offenbach. Entre <em>Andromaque</em> et le <em>Fil à la patte</em>, elle s’attaque aujourd’hui à Kurt Weill, et tous les acteurs de la troupe s’en sortent plutôt bien. Côté technique vocale, on peut être un peu inquiets pour certains, dont les voix gutturales, souvent criées, sont totalement à découvert, ce qui n’est pas sans risques. Mais côté oreille, le résultat est globalement de qualité et agréable. </p>
<p> </p>
<p>La triomphatrice de la soirée est <strong>Véronique Vella</strong>, extraordinaire Celia Peachum ; elle a le style, elle a la voix, elle colle au texte, un régal. <strong>Bruno Raffaelli</strong> campe un Jonathan Peachum plausible, quoiqu’un peu monobloc, à qui il manque quelque chose de plus matois et de plus inquiétant. <strong>Léonie Simaga</strong> est une Polly de grande qualité vocale et scénique, qui se dissout toutefois petit à petit au fil de la représentation, alors qu’il aurait fallu que l’évolution du personnage, de l’oie blanche style province – coincée entre papa-maman – vers la femme d’affaire à gangster, soit mieux perceptible. <strong>Thierry Hancisse</strong> a la puissance nécessaire pour le rôle de Mackie, qu’il rend parfaitement crédible. <strong>Sylvia Bergé</strong>, Jenny au regard vide, est trop fade, en lieu et place de la Jenny brechtienne, « vulgaire et sublime, âpre, désespérée, drôle, qui vous met les tripes et le cœur à l’envers, qui dérange enfin. » 3. <strong>Marie-Sophie Ferdane </strong>est une Lucy plutôt bien dans la tradition, et <strong>Laurent Natrella</strong> un Tiger Brown joliment empêtré dans ses contradictions. Tous les autres comparses campent des silhouettes bien faites, à défaut d’être inoubliables.</p>
<p> </p>
<p>C’est d’ailleurs le problème de toute cette production, finalement trop convenue au lieu d’être emportée par un vrai vent de folie. Et l’on ne sent pas assez que l’on est à la fois dans l’opéra de la dérision et dans un sordide et sombre drame de gangsters, situés dans les bas-fonds d’une pègre exploitée. Comme si la perfection huilée très « Comédie-Française » du spectacle en gommait les traits les plus saillants. Mais peut-être le temps de rodage n’est-il pas terminé.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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<p> </p>
<p>1 Outre des représentations au Châtelet, à La Villette et à Chaillot, on se souvient de l’année 2003, particulièrement faste, avec les mises en scène de Christian Schiaretti à Villeurbanne, de Calixto Bieito à Bobigny et d’Olivier Desbordes et Eric Perez au théâtre Silvia-Montfort.</p>
<p>2 Très bel enregistrement (version française) toujours disponible, avec Maurice Barrier, Albert Médina, Rose Thiéry, Marie-Claude Mestral, Pierre Santini, Sabine Lods, Arlette Téphany, Victor Garrivier, Albert Robin, Jean Bany et Maxime Casa, orchestre  sous la direction d&rsquo;Oswald d&rsquo;Andrea, enregistrement semi-public au Théâtre de l&rsquo;Est Parisien (TEP) en 1970, disques Jacques Canetti 5889 706.</p>
<p>3 Fabienne Darge, <em>Le Monde</em>, 27 novembre 2003, p. 31.</p>
<p> </p>
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