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	<title>Julie FUCHS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 15 Jun 2026 05:31:21 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Julie FUCHS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Concert d&#8217;ADO Apprentissage De l&#8217;Opéra &#8211; Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-dado-apprentissage-de-lopera-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Momal]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé en 2023, le programme ADO Apprentissage de l’Opéra réunit quelques cent soixante élèves des conservatoires Est-Ensemble, du CRR 93 Jack Ralite-Aubervilliers-La Courneuve, du Conservatoire Charles Munch (Paris XIème) et du Conservatoire Paul Dukas (Paris XIIème). Répartis en deux orchestres selon leur âge – l’Orchestre Rudolf Noureev pour les 9-15 ans et l’Orchestre Maria Callas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé en 2023, le programme ADO Apprentissage de l’Opéra réunit quelques cent soixante élèves des conservatoires Est-Ensemble, du CRR 93 Jack Ralite-Aubervilliers-La Courneuve, du Conservatoire Charles Munch (Paris XI<sup>ème</sup>) et du Conservatoire Paul Dukas (Paris XII<sup>ème</sup>). Répartis en deux orchestres selon leur âge – l’Orchestre Rudolf Noureev pour les 9-15 ans et l’Orchestre Maria Callas pour les 16-25 ans –, ces jeunes musiciens bénéficient d’une formation au répertoire de l’Opéra, art lyrique et ballet confondus, sous la houlette du chef Victor Jacob et de musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Paris. Après un premier concert dans ces lieux en 2025, les deux orchestres revenaient ce samedi 13 juin 2026 pour une représentation au Palais Garnier.</p>
<p>Saluons d’emblée et ce programme qui ouvre les portes du répertoire lyrique à de jeunes musiciens enthousiastes venus d’horizons variés et l’invitation qui leur est faite de se produire dans un lieu aussi magique que le Palais Garnier. L’éblouissement pur dans les yeux des plus jeunes musiciens en entrant sur scène en dit long sur les souvenirs qui doivent se forger dans le cadre du programme ADO. Quel plaisir aussi de voir la salle investie par un public essentiellement composé de familles, depuis les petits frères et petites sœurs de trois ou quatre ans jusqu’aux grands-parents, tous ravis et très démonstratifs dans leurs applaudissements.</p>
<p>Mais que cette atmosphère festive de kermesse d’école ne vous trompe pas : la qualité du concert est de très haut niveau. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années. » L’Orchestre Rudolf Noureev, qui assure la première partie du concert, fait ainsi montre d’un son juste, propre, assez bluffant vu l’extrême jeunesse de certains des instrumentistes. Impeccables de concentration et de tenue, ils savent aussi bien trouver le brillant frénétique de « La danse des heures » de Ponchielli que l’humour et l’élan de l’ouverture du <em>Barbier de Séville</em>. Mention spéciale aussi à la jeune fille au premier violon, excellente dans son solo extrait de <em>Shéhérazade</em> de Nikolaï Rimski-Korsakov malgré une sonnerie de téléphone mal venue.</p>
<p>En deuxième partie, suit l’Orchestre Maria Callas, regroupant des musiciens plus âgés, dont certains sont déjà engagés dans une trajectoire de professionnalisation. Forts déjà d’une évidente maturité artistique, les jeunes gens nous offrent une très belle ouverture de <em>Don Pasquale</em>, toute animée du mordant et du piquant qui font le charme de cette pièce, avec un remarquable solo de la jeune femme au premier violoncelle. Signalons aussi le très réussi prélude de l’Acte III de <em>Mazeppa</em> de Clémence de Grandval où les solistes au hautbois, cor anglais, violon et violoncelle s’illustrent par une grande sensibilité.</p>
<p>Pas de formation au répertoire de l’Opéra sans chanteurs bien sûr, aussi Julie Fuchs et Edwin Crossley-Mercer viennent offrir leurs services aux deux orchestres, en Adina et Dulcamara pour l’Orchetsre Rudolf Noureev, en Norina et Don Pasquale pour l’Orchestre Maria Callas. Parfaitement accompagnés pour les deux occasions, tous deux font montre du talent comique nécessaire pour faire vivre en quelques minutes ces personnages.</p>
<p>Clos par une émouvante interprétation du chœur à bouche fermée de <em>Madama Butterfly</em>, chanté par les enfants de l’Orchestre Rudolf Noureev, accompagnés par l’Orchestre Maria Callas, ce beau concert laisse le spectateur plein de confiance en l’avenir de nos théâtres lyriques.</p>
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		<title>BEMBO, Ercole amante &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bembo-ercole-amante-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 10:38:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Commençons par deux regrets : qu’on ait donné cet Ercole-ci, et dans cette salle-là. En 1662 est créé l’extraordinaire Ercole amante de Francesco Cavalli et de l’abbé Buti, célébrant, avec deux ans de retard, les noces de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse : donné dans l’incommode Salle des machines des Tuileries et empesé d’interminables ballets dus à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Commençons par deux regrets : qu’on ait donné cet <em>Ercole</em>-ci, et dans cette salle-là.</p>
<p>En 1662 est créé l’extraordinaire <em>Ercole amante</em> de Francesco Cavalli et de l’abbé Buti, célébrant, avec deux ans de retard, les noces de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse : donné dans l’incommode Salle des machines des Tuileries et empesé d’interminables ballets dus à Lully, l’œuvre n’a guère de succès et tombe dans l’oubli, précipitant le retour de Cavalli à Venise. Quinze ans plus tard, la Vénitienne Antonia Bembo, née Padoani (c.1640-1720), fait le voyage inverse : fuyant un mari violent, elle trouve refuge à la cour du Roi-Soleil, qui lui accorde une pension et auquel elle dédicace ses <em>Produzioni armoniche</em>. En 1707, Bembo remet en musique l’<em>Ercole</em> <em>amante</em> de l’abbé Buti : voulait-elle rendre hommage à Cavalli, dont elle avait reçu sa première formation musicale ? Se confronter, « en chambre », à la grande forme de l’opéra en cinq actes ? Son ouvrage resta dans les tiroirs et il est d’ailleurs improbable que Bembo ait envisagé de le voir monté à la cour : entretemps, Lully avait dégainé toutes ses tragédies lyriques et seul ce genre avait désormais droit de cité.</p>
<p>En outre, il faut l’admettre: comparé à son modèle, ce second <em>Ercole</em> est médiocre – récitatif poussif, inspiration mélodique et souffle courts. Les seules qualités qui puissent expliquer le choix qu’en a fait<strong> Leonardo García-Alarcón </strong>( ?) sont qu’il est dû à une femme, qu’il n’a jamais été représenté (Il Gusto barocco l’a proposé en concert à Stuttgart en 2023 et enregistré chez CPO dans la foulée) et qu’il opère un étonnant mélange des esthétiques italienne (bel canto) et française (écriture orchestrale). Encore le fait-il malhabilement et dans un style déjà daté en son temps : 1707, c’est l’année du <em>Trionfo del Tempo e del Disinganno</em> de Haendel !</p>
<p>Premier regret, donc : que l’Opéra de Paris continue à bouder l’<em>Ercole</em> de Cavalli &#8211; dont Lyon, Amsterdam et, plus récemment, l’Opéra comique (2019) ont proposé de si stimulantes productions, heureusement pérennisées par le CD ou le DVD. Second regret : qu’on ait programmé l’ouvrage de Bembo à Bastille, plutôt qu’à Garnier &#8211; le <em>recitar cantando</em>, s’accommodant mal d’un vaisseau de béton de 2700 places et d’une vaste fosse d’orchestre.</p>
<p>Car il a bien entendu fallu orchestrer l’oeuvre : Alarcón s’y est attelé avec sa gourmandise coutumière, enrôlant une cinquantaine d’instrumentistes (dont une dizaine de violoncelles et contrebasses, trois sacqueboutes, des percussions, orgue et cloches), qu’il conduit d’un geste large, comme on jouerait du Respighi – ce qui est inévitable, eu égard à l’ampleur de la salle et de la fosse, mais rend l’exécution assez pâteuse (le constat vaut pour le chœur de quarante chanteurs). Par-dessus cet océan harmonique, aux couleurs discutables, les solistes, tous remarquables, doivent s’époumoner dès lors qu’ils ne sont plus à l’avant-scène.</p>
<p>Certains en pâtissent plus que d’autre : la délicate <strong>Sandrine Piau</strong>, que nous apprécions tant d’habitude, peine à se faire comprendre dans un tel contexte. La trompette nasillarde de <strong>Marcel Beekman</strong>, elle, passe sans problème, le ténor néerlandais n’hésitant pas à multiplier les sonorités de palmipède, en gigolette vêtue de rose. On aimerait savourer le chant nuancé de la fondante <strong>Ana Vieira Leite</strong> dans une autre acoustique, tandis que son amoureux, le percutant <strong>Alasdair Kent</strong>, annoncé souffrant, fait applaudir ses aigus adamantins dans un éprouvante partie de haute-contre. <strong>Julie Fuchs</strong> se gargarise avec brio des vocalises de Junon (rôle qui, en son temps, brocardait la reine-mère Anne d’Autriche), persécutant l’Hercule puissant et rocailleux d’<strong>Andreas Wolf</strong>. Naviguant entre tous ces personnages survoltés et caricaturaux, le brillant contre-ténor <strong>Théo Imart</strong> affiche une belle santé vocale, nullement embarrassé par son accoutrement de kiwi en jupette (à moins qu’il ne s’agisse d’un poussin croisé avec un citron vert). Mais seule la chaleureuse mezzo <strong>Deepa Johnny</strong> communique un peu d’émotion, dans un rôle hélas nettement moins poignant que chez Cavalli (on y revient).</p>
<p>Follement théâtral, riche en allusions politiques et en situations rocambolesques, le livet de l’abbé Buti se suffit presque à lui-même – tout y est, le metteur en scène n’a qu’à se laisser guider. C’est ce que fait <strong>Netia Jones</strong> qui, sans proposer de lecture spécialement cohérente ou novatrice, illustre avec, des bonheurs divers, les suggestions oniriques du librettiste, en utilisant fréquemment l’artifice du film réalisé sur le vif. L’action semble débuter dans la datcha d’un atroce mauvais goût de quelque oligarque russe (ou américain ?) : Hercule – amateur d’escrime qui tient à la fois de Poutine et de Depardieu, se voit affublé d’une bedaine à bière et d’une moumoute jaunâtre. Durant l’acte III, il arbitrera un match de tennis organisé dans son ersatz de jardin à la française, avant de tenter de violer Iole en lui injectant du GHB.</p>
<p>Mais la piste du prédateur sexuel est vite abandonnée au profit de tableaux plus décoratifs et la direction d’acteurs, paresseuse et parfois confuse, se repose alors sur les effets vidéos et la chorégraphie : la joute entre Vénus et Junon est représentée par un crêpage de chignons entre deux danseuses, la noyade du page et le suicide raté d’Hillo sont platement mimés sur un hypnotique film de mer en mouvement. La scène la plus frappante est celle qui se déroule dans l’antre du Sommeil (adepte du joint), durant laquelle la projection de corps endormis s’enroulant dans les volutes du narguilé créée une envoûtante atmosphère. L’apparition horrifique d’Eutiro (fracassant <strong>Alex Rosen</strong>), sortant de sa tombe tel un vampire de Tim Burton, est aussi assez réussie, bien que longuette, mais la ronde infernale des fantômes, jouée à contre-jour, tombe à plat. En somme, il y a beaucoup à voir, l’œil ne s’ennuie guère et le public, plutôt nombreux pour un soir de finale de foot et de concert d’Aya Nakamura, semble à la fête.</p>
<p>Nos « trois cœurs » sont donc un compromis entre l’incontestable luxe des moyens employés et notre propre ressenti, beaucoup plus mitigé…</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>GASSMANN, L’Opera Seria – Vienne (MusikTheater)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gassmann-lopera-seria-vienne-musiktheater/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée l’an passé à Milan, cette production de l’œuvre rare de Florian Leopold Gassmann, trouve à Vienne un second souffle. Si tous les défauts relevés par Guillaume Saintagne à la Scala n’ont pas complètement disparu, beaucoup ont été atténués. Le premier acte conservent ses longueurs, ce que l&#8217;on doit à un livret qui redit beaucoup &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée l’an passé à Milan, cette production de l’œuvre rare de Florian Leopold Gassmann, trouve à Vienne un second souffle. Si tous les défauts <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gassmann-lopera-seria-milan/">relevés par Guillaume Saintagne à la Scala</a> n’ont pas complètement disparu, beaucoup ont été atténués. Le premier acte conservent ses longueurs, ce que l&rsquo;on doit à un livret qui redit beaucoup de ses éléments d’exposition mais permet à <strong>Laurent Pelly</strong> d’installer des archétypes et des gimmicks dans la direction d’acteurs qui reviendront ponctuer les scènes toute la soirée durant : Stonatrilla qui farfouille dans son sac triangle en mâchonnant, Smorfiosa qui semble arracher les pages de sa partition à chaque fois qu’elle en tourne une, et surtout Ritornello, à moitié échappé de <em>La Cage aux Folles</em>, qui caresse les improbables mèches dressées de sa perruque dès qu’il est satisfait de lui (ce qui arrive très souvent). Les interactions entre les personnages semblent aussi avoir été approfondies et chacun a de quoi faire notamment pendant l’acte II et ses répétitions où le public s’esclaffe de comiques de situation divers : les rivalités entre ces dames donnent lieu à un concours de grimaces, le pauvre Fallito tend le poison à Stonatrilla pendant 10 minutes etc. Le spectacle reste vivant tout du long et le MusikTheater an der Wien étant d’un format bien plus compact que la grande scène milanaise, on profite d’autant plus du travail d’orfèvre réalisé par l’équipe technique : la redingote tutu de Passagallo remporte la palme des costumes à moins que ce ne soit l’armure tortue de Porporina ou le justaucorps guerrier et plumé de Ritornello pendant la représentation d’<em>Oranzebbe</em>… les perruques (Sospiro a des airs d’Amadeus dans le film du même nom) ou encore les lumières et leurs effets de film en noir en blanc bien redoublés par les danseurs (en blanc) et les techniciens du théâtre (en noir). Le dernier acte et son théâtre qui s’effondre achève d’emporter la salle, hilare devant le quadrille repiqué de <em>Platée</em>, qui sert de comique de répétition au milieu de tout ce fatras.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lopera-seria-c-Werner-Kmetitsch-4-1294x600.jpg" />© Werner Kmetitsch</pre>
<p>A théâtre réduit, fosse réduite et à Vienne, seuls les <strong>Talens lyriques</strong> l’occupent. <strong>Christophe Rousset</strong> compose donc uniquement avec sa formation sans incorporer d’instrumentistes extérieurs. Contrastes et tempi s’en trouvent relevés tout du long, au diapason des situations. Un vrai esprit mozartien règne dans les scènes de groupes et les ensembles conclusifs. Il vient faire contrepoint au sérieux trop seria (pour mieux le caricaturer) des enfilades d’airs. Cependant, le comique retravaillé à la scène ne sera pas descendu jusque dans les rangs des musiciens et à l’exception de la scène du poison dont la coda finale est reprise pour que la soprano vedette le boive enfin.</p>
<p>Le plateau vocal a très largement suivi d’une ville à l’autre et les quelques changements s’avèrent bénéfiques.<strong> Roberto de Candia</strong> prend la suite de Mattia Olievieri en Delirio, le librettiste, et trouve une verve certaine autour d’une voix bien projetée et sonore. <strong>Petr Nekoranec</strong> dispose de toutes les qualités requises pour étoffer le portait du compositeur Sospiro tant dans ses facéties stylistiques que dans sa romance incertaine avec Porporina. Celle-ci, toujours incarnée par <strong>Serena Gamberoni</strong>, semble avoir muri depuis les représentations scaligères. Le soprano entame sa scène du deuxième avec une messa di voce au cordeau avant de délivrer les roucoulades du dauphin libérant le banc de thons (sic) avec aisance. <strong>Alessio Arduini</strong> (Passagallo) et <strong>Pietro Spagnoli</strong> (Fallito) excellent tout deux dans les rôles secondaires qui leur sont confiés tant par la présence scénique que l’adéquation vocale. <strong>Filippo Mineccia </strong>et<strong> Alberto Allegrezza</strong> conservent leurs rôles de matrones déjà endossés à Milan. Il sont rejoints par <strong>Nicholas Tamagna</strong> pour une scène désopilante. Enfin, les trois protagonistes principaux trouvent en<strong> Julie Fuchs</strong>, <strong>Andrea Carrol</strong> et <strong>Josh Lovell</strong> des interprètes superlatifs. Les deux sopranos rivalisent de virtuosité, de nuances et de charisme scénique. Grâce une aisance vocale toute rossinienne, rompue à un bel canto haut en couleur Josh Lovell émerveille tout autant qu’il régale la salle par un jeu comique irrésistible. Les facéties entre tous ces interprètes pleinement engagés (et amusés) construisent un esprit de troupe qui règne sur le plateau toute la représentation durant.</p>
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		<title>OFFENBACH, Robinson Crusoé &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-robinson-crusoe-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 05:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout vient à point à qui sait attendre : rarement soirée d’opéra se sera si justement prêtée à vérifier l’adage. D’attente, il était question avant même le lever de rideau. Offenbach, Minkowski, Pelly : le tiercé gagnant – depuis Orphée aux Enfers en 1998 – avait donné des allures d’événement à cette exhumation prato-élyséenne de Robinson Crusoé. L’ouvrage était présenté comme &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout vient à point à qui sait attendre : rarement soirée d’opéra se sera si justement prêtée à vérifier l’adage.<em> </em>D’attente, il était question avant même le lever de rideau. Offenbach, Minkowski, Pelly : le tiercé gagnant – depuis <em>Orphée aux Enfers</em> en 1998<em> </em>– avait donné des allures d’événement à cette exhumation prato-élyséenne de <em>Robinson Crusoé</em>. L’ouvrage était présenté comme un chef-d’œuvre méconnu – le titre est absent de l’affiche en France depuis 1986 ; une unique intégrale enregistrée à ce jour offre en anglais une pâle idée de la partition* ; un seul air a surmonté l’épreuve du temps : la valse d’Edwige roucoulée par Joan Sutherland en son temps où, plus près de nous, par la regrettée Jodie Devos.</p>
<p>En 1867, Jacques Offenbach, au faîte de sa gloire, entreprend de renouer avec son vieux rêve de conquête de l’Opéra-Comique. Apres les échecs de <em>Barkouf</em> (1860) et de <em>La Baguette</em> (1862), l’adaptation de <em>Robinson Crusoé</em> lui offre une occasion de revanche. Dans le même temps, le compositeur, toujours infatigable, multiplie les projets, raison peut-être de la moindre attention qu’il prête à l’écriture du livret. Loin du héros philosophe et introspectif imaginé par Defoe, Robinson, sous l’influence conjuguée de Cremieux et Cormon devient un jeune rêveur égaré sur son île déserte par naïveté. Empêtré dans ses illusions, il trouve en Vendredi un compagnon plein d’humour et d’humanité. L’irruption d’Edwige, la fiancée anglaise, pourchassée par une tribu de cannibales avides de chair fraîche et une bande de pirates en quête de trésors, ramènera le héros sur le chemin de la réalité. Bien que servie par une distribution prestigieuse – rien moins que Célestine Galli-Marié la créatrice de Carmen dans le rôle de Vendredi –, l’œuvre rencontre un succès mitigé. La critique moque les prétentions sérieuses de celui qu’elle considère comme un simple amuseur ; le public est déconcerté par le mélange des genres – comme nous le sommes aujourd’hui.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20251203-134VP-1294x600.jpg" /> © Vincent Pontet</pre>
<p>D’attente, il est aussi question sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées. Il faut un acte entier et la moitié d’un autre pour que la bouffonerie consente à ébouriffer les plumes d’un scénario rachitique, et que par voie de conséquence le spectacle prenne son envol. Le plus fantaisiste des metteurs en scène ne peut transformer en or théâtral le plomb dramaturgique. Seule la direction alerte de <strong>Marc Minkowski</strong> parvient à tirer l’œuvre de sa torpeur scénique – il est d’ailleurs révélateur dans cette première partie que l’attention soit d&rsquo;abord stimulée par les pages symphoniques. Comme en famille à la tête de ses musiciens du Louvre et du chœur accentus, le chef d’orchestre rappelle les affinités électives qu’il entretient avec ce répertoire. Le traitement avivé des couleurs – bois incisifs, cuivres goguenards –, la mise en valeur des détails – un soupir suggéré là, un clin d’œil appuyé ici –, l’élan théâtral qu’il insuffle à l’ouvrage dans une juste mesure, rythmée, nerveuse mais toujours structurée : beaucoup repose sur sa baguette.</p>
<p>Pour représenter l’intérieur bourgeois de la famille Crusoé sous différents angles, Laurent Pelly use d’une tournette. L’île de Robinson est une tente Quechua au milieu des buildings – façon de rappeler que les SDF sont aujourd’hui les naufragés de notre société, sans cependant que l’analogie ne sombre dans le manifeste. Peu de dialogues, beaucoup de (bonne) musique ne compensent pas le manque d’action. Puis survient le personnage farfelu de Jim Cocks – et on sent le public réfugié jusque-là dans un rire contraint, se laisser gagner par un réel amusement. La chanson du pot au feu articulée aux petits oignons par <strong>Rodolphe Briand </strong>renoue avec la fantaisie de l’absurde. Les numéros s’enchaînent gaiement ; les gags se succèdent à vive allure pour culminer dans une valse d’Edwige jubilatoire où la loufoquerie de <strong>Julie Fuchs</strong>, en clone de Blake Lively, n’a d’égal que l’agilité et la précision de ses coloratures. On ne détaillera pas davantage cette deuxième partie pour ne pas gâcher l’effet de surprise. Il suffit de savoir que l’on s’amuse beaucoup et que l’on rit souvent, l’inventivité de la mise en scène se mettant au diapason d’une partition à cheval entre la farce des <em>Brigands</em> et le lyrisme des <em>Contes d’Hoffmann</em>.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20251125-034VP-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>La partie est gagnée, mais inévitablement, le retard à l’allumage pénalise les chanteurs. Les parents Crusoé en font les frais. Enfermés dans une succession d’ensembles au premier acte, <strong>Laurent Naouri</strong> et <strong>Julie Pasturaud</strong> n’ont ni l’espace ni le loisir de laisser parler leur tempérament, pourtant rompu à ce répertoire.</p>
<p>À l’inverse, <strong>Marc Mauillon</strong> (Toby) et <strong>Emma Fekete</strong> (Suzanne) se voient offrir, dans les deux derniers actes – et surtout dans le duo du sacrifice – l’occasion de tirer leur épingle d’un jeu mal engagé. Lui impose une présence et une diction d’une évidence souveraine ; elle apporte la fraîcheur d’un soprano léger qui fait mouche. Au troisième acte, Atkins devient le faire-valoir de la basse claire et franche de <strong>Matthieu Toulouse</strong>.</p>
<p>Malgré quelques limites dans les passages les plus lyriques,<strong> Sahy Ratia</strong> confirme en Robinson les espoirs placés dans son ténor : un timbre suave, une ligne souple, des registres habilement mêlés et une candeur proche de la grâce. Annoncée souffrante, <strong>Adèle Charvet</strong> n’apporte peut-être pas à Vendredi le relief vocal attendu mais sa composition « djeune » et dynamique contribue au succès de la représentation acclamée au tomber de rideau.</p>
<pre>* On nous signale également <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/asOqpvNtLHU?si=8NyOoBXxE3efEGas">une version de concert enregistrée au Théâtre des Champs-Elysées en 1980</a> avec Michel Sénéchal dans le rôle titre</pre>
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		<title>Dans la loge de&#8230; Julie Fuchs &#8211; Ep. 4</title>
		<link>https://www.forumopera.com/brouillon-auto-191/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 14:55:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/brouillon-auto-191/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Elle nous reçoit au Théâtre des Champs-Elysées, juste avant de monter sur scène pour la nouvelle production de « Robinson Crusoé » de Jacques Offenbach mise en scène par Laurent Pelly. L’occasion de croiser en coulisse Laurent Naouri, Julie Pasturaud ou encore Marc Mauillon qui nous en disent plus sur cette oeuvre méconnue du Mozart &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle nous reçoit au Théâtre des Champs-Elysées, juste avant de monter sur scène pour la nouvelle production de « Robinson Crusoé » de Jacques Offenbach mise en scène par Laurent Pelly. L’occasion de croiser en coulisse Laurent Naouri, Julie Pasturaud ou encore Marc Mauillon qui nous en disent plus sur cette oeuvre méconnue du Mozart des Champs-Elysées à redécouvrir du 3 au 14 décembre 2026.</p>
<p>« Dans la loge de… » vous plonge dans les coulisses d’une maison d’opéra en compagnie d’un ou d’une artiste qui nous fait découvrir l’envers du décor en un plan séquence.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Dans la loge de... Julie Fuchs (ep. IV)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/TuYKbBW7-xk?start=26&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Julie Fuchs, entre prises de rôle et nouvel album</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/julie-fuchs-entre-prises-de-role-et-nouvel-album/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Oct 2025 05:30:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sa saison débutera à La Scala de Milan, où elle chantera Marie dans La Fille du régiment de Donizetti (octobre-novembre), sous la direction d’Evelino Pidò et dans la mise en scène de Laurent Pelly. En décembre, elle sera Edwige dans Robinson Crusoé d’Offenbach, nouvelle production du Théâtre des Champs-Élysées dirigée par Marc Minkowski. Elle retrouvera &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sa saison débutera à La Scala de Milan, où elle chantera Marie dans <em>La Fille du régiment</em> de Donizetti (octobre-novembre), sous la direction d’Evelino Pidò et dans la mise en scène de Laurent Pelly. En décembre, elle sera Edwige dans <em>Robinson Crusoé</em> d’Offenbach, nouvelle production du Théâtre des Champs-Élysées dirigée par Marc Minkowski. Elle retrouvera ensuite Vienne pour <em>L’Opera seria</em> de Gassmann (février-mars), avant d’incarner Giunone dans <em>Ercole amante</em> de Cavalli (Bembo) à l’Opéra Bastille (mai-juin), sous la direction de Leonardo García Alarcón.</p>
<p>Côté concerts, Julie Fuchs chantera au Wiener Konzerthaus pour <em>Christmas in Vienna</em>, à la Philharmonie de Paris pour <em>Héroïnes françaises</em> (janvier) et au Victoria Hall de Genève dans le <em>Requiem</em> de Brahms (avril).</p>
<p>Le 21 novembre 2025, sortira son quatrième album solo, <em>Je Te Veux</em>, dédié à Satie et à la Belle Époque. Entourée d’Alphonse Cemin, Félicien Brut, Alexis Cárdenas et Davide Vittone, elle présentera ce programme en tournée (Paris, Avignon, Orléans).</p>
<p>Très présente sur scène, Julie Fuchs sera aussi de retour à la télévision dans <em>Prodiges</em>, et poursuivra le développement de son festival <em>Nos Jours Heureux</em>, qui mêle musique classique et tango argentin dans le Gard Provençal.</p>
<p>Une saison à suivre sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.juliefuchs.com/">Julie Fuchs</a>.</p>
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		<title>« Nos jours heureux » – Julie Fuchs lance un nouveau festival dans le Gard</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/nos-jours-heureux-julie-fuchs-lance-un-nouveau-festival-dans-le-gard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 09:01:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 21 au 24 août 2025, Julie Fuchs inaugure Nos Jours Heureux, un tout nouveau festival à Saint-Bonnet-du-Gard mêlant musique classique et tango argentin. Concerts, bals, milongas, ateliers, master-classes, escape game musical pour enfants : pendant quatre jours, le village devient le théâtre d’une fête ouverte à tous, dans un cadre patrimonial exceptionnel. Avec Monroe &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 21 au 24 août 2025, Julie Fuchs inaugure <em>Nos Jours Heureux</em>, un tout nouveau festival à Saint-Bonnet-du-Gard mêlant musique classique et tango argentin.</p>
<p>Concerts, bals, milongas, ateliers, master-classes, escape game musical pour enfants : pendant quatre jours, le village devient le théâtre d’une fête ouverte à tous, dans un cadre patrimonial exceptionnel.</p>
<p>Avec Monroe Rigby (<em>Prodiges</em> 2024), Alphonse Cemin, la compagnie <em>La Juan Romana</em> (en première française) et bien d’autres, le festival propose une programmation diverse et populaire, dans le bon sens du terme.</p>
<p>« Ce festival est la réalisation d’un rêve, déclare Julie Fuchs. Offrir à tous – passionnés ou néophytes – la beauté du classique et la sensualité du tango, dans une atmosphère chaleureuse où chacun peut venir tel qu’il est. »</p>
<p>Informations et réservations sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://festivalnosjoursheureux.fr/">festivalnosjoursheureux.fr</a></p>
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		<title>Concert du 14 juillet &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-du-14-juillet-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=194709</guid>

					<description><![CDATA[<p>Derrière le Concert de Paris, il pourrait y avoir un grand projet politique, celui d’un spectacle de musique classique fédérateur, festif et accessible à des dizaines de milliers de spectateurs peu familiers du répertoire. Il faudrait alors une ambition, et surtout une réflexion sur comment construire un spectacle adapté, comment réinventer les codes très engoncés &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Derrière le Concert de Paris, il pourrait y avoir un grand projet politique, celui d’un spectacle de musique classique fédérateur, festif et accessible à des dizaines de milliers de spectateurs peu familiers du répertoire. Il faudrait alors une ambition, et surtout une réflexion sur comment construire un spectacle adapté, comment réinventer les codes très engoncés du concert symphonique. Ce pourrait alors être une réussite de politique culturelle, et l’occasion de rappeler l’importance que peut revêtir l’audiovisuel public pour la démocratisation de l’art. Dommage que ce ne soit qu’un rêve. De nombreux spectateurs ont probablement été profondément émus, surpris ou réjouis à cette occasion, devant un répertoire qu’ils pensaient loin d’eux. D’autres plus habitués des concerts ont pu se réjouir de voir un niveau musical d’excellence à une heure de grande écoute sur une chaîne publique. Ils ont entièrement raison, et il est important que de tels programmes existent. Ce n’est pas pour autant qu’il faut applaudir par principe, car sa rareté ne fait que souligner la médiocrité habituelle de la télévision en matière de programmes culturels. Il ne faut pas en faire une norme.</p>
<p>En l’état, le Concert de Paris est un condensé des pires clichés de la musique classique : une vision bling-bling du récital, luxueuse et plate, dans un premier degré absolu, avec une absence totale de communication avec le public. Quand on voit les dernières règles vestimentaires imposées à la Scala (qui, à titre personnel, nous exaspèrent), on voit bien que ce n’est pas une esthétique entièrement disparue. Elle n’en parait pas moins totalement déplacée dans un contexte qui, rappelons-le, devrait être celui d’une fête collective. Le message politique envoyé est clair : le classique, c’est un monde des hautes sphères, qu’on fait l’honneur de rendre gratuit une fois par an. Ce n’est probablement pas volontaire, mais simplement dû à une authentique fainéantise. Le choix d’un présentateur aussi obséquieux et guindé que <strong>Stéphane Bern</strong> ne fait qu’abonder en ce sens, en multipliant au long de la soirée les hyperboles (et les approximations). Lorsqu’on a besoin de rappeler toutes les deux minutes à quel point une fête nous plaît, c’est qu’on ne s’y amuse pas tant que ça. Soyons clair, il ne s’agit pas d’en finir avec l’excellence, mais d’en finir avec l’idée d’un mouvement descendant de la culture vers le peuple.</p>
<p>Ne faisons pas porter le chapeau aux artistes invités. La plupart sont très sincères dans leur démarche d’ouverture et de partage, que certains adressent d’ailleurs même en dehors des scènes (<strong>Julie Fuchs</strong>). Le niveau musical est globalement celui qu’on attend d’un événement de cette ampleur, bien que compliqué par la disposition de la scène et le vent. On a ainsi tout du long l’impression que l’écoute est compliquée sur scène, d’où une certaine prudence dans les premiers passages. Le programme a le mérite d’être bien rythmé, malgré de trop nombreux moments obligés. Quitte à célébrer la musique française, on aurait pu lui rendre meilleur hommage en évitant le sempiternel <em>Rondo capriccioso</em> de Saint-Saëns, et on aurait surtout pu proposer la version française originale du <em>Boléro</em> des Vêpres Siciliennes, au lieu de l’italienne. Surtout, on regrette une volonté manifeste de lisser tout ce qui sort du moule classique, avec des arrangements parfois très regrettables. Retenons tout de même quelques jolis moments, pas forcément les plus attendus. Ainsi, <strong>Dom La Nena</strong>, avec l’excellente <strong>Maîtrise de Radio France</strong>, amène un peu de naturel au milieu de cet océan de glamour, lors d’un très joli <em>Saudade fez um samba</em>. <strong>Florian Sempey</strong> et <strong>Bruno de Sá</strong> semblent prendre un plaisir très communicatif à leurs interventions des <em>Carmina Burana</em>, tandis que <strong>Rihab Chaieb</strong> est une révélation très intéressante en Dalila, investie et émouvante. Plus attendus mais pas moins pertinents, <strong>Julie Fuchs</strong> avec Satie et <strong>Benjamin Bernheim</strong> en Werther sont toujours à la juste place stylistiquement.<br />
La partie instrumentale soliste est desservie par un mauvais programme, même si l’on sait gré à la violoniste <strong>Bomsori</strong> de jouer le jeu du grand spectacle.</p>
<p>Il faut saluer les musiciens de l’<strong>Orchestre National de France</strong> pour garder leur cohésion et leur précision dans des conditions que l’on devine difficiles, d’autant plus que ces productions bénéficient rarement d’un temps de répétition suffisant. La soirée va en s’améliorant pour eux, ainsi que pour <strong>Cristian Macelaru</strong>, qui donne l’impression de gagner en lâcher-prise au fur et à mesure. Plusieurs pupitres se distinguent au cours de la soirée, dont les percussions dans l’extrait des <em>Indes galantes</em>, qui apportent un relief et un rebond rythmique bienvenus. Il faut aussi mentionner les solistes du <em>Boléro</em>, dans un arrangement (plutôt astucieux) de <strong>Didier Benetti</strong> qui rajoute une complexité en divisant la phrase entre plusieurs instruments, demandant ainsi des transitions très fluides. Reste l’impression d’une direction peut-être moins à l’aise avec le lyrique, tant la plupart des airs souffrent d’un problème de communication avec les solistes. Le <strong>Chœur</strong>, et encore plus la <strong>Maîtrise de Radio-France</strong>, sont parfaitement préparés par <strong>Lionel Sow</strong> et <strong>Sofi Jeannin</strong>, avec une homogénéité et un engagement notables.</p>
<p>Un nouveau Concert de Paris est fini, et avec lui la même interrogation que les années précédentes : une fois passé le feu d’artifice, qu’en reste-t-il ? Quelques jolis moments, certes, mais surtout le souvenir flou d’un spectacle sans audace ni relief. Le public et les artistes méritent mieux que ça.</p>
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		<title>Concert de Paris 2025 : voici le programme !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bernjamin-bernheim-elina-garanca-aida-garifullina-julie-fuchs-au-programme-du-concert-de-paris-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 16:34:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, le Concert de Paris se tiendra le 14 juillet prochain au Champ de Mars à Paris et sera retransmis en direct sur France 2, France.tv et France Inter, ainsi qu&#8217;en simultané par l’UER-Eurovision sur les antennes de plus de 20 pays. Côté lyrique, le concert accueillera le ténor Benjamin Bernheim, que la rédaction &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/concert-de-paris-1"><strong>Concert de Paris</strong></a> se tiendra le 14 juillet prochain au Champ de Mars à Paris et sera retransmis en direct sur France 2, France.tv et France Inter, ainsi qu&rsquo;en simultané par l’UER-Eurovision sur les antennes de plus de 20 pays.</p>
<p>Côté lyrique, le concert accueillera le ténor <strong>Benjamin Bernheim</strong>, que la rédaction de Forum Opéra vient de couronner parmi ses « <a href="https://www.forumopera.com/saison-2024-25-les-coups-de-coeur-de-la-redaction/" target="_blank" rel="noopener">Coups de coeur de la saison 2024/2025</a> » pour son interprétation de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-paris-tce/" target="_blank" rel="noopener">Werther</a> au Théâtre des Champs-Elysées. Pour notre plus grand plaisir, seront également présents <strong>Aida Garifullina, Julie Fuchs, Rihab Chaieb, Bruno de Sa </strong>et<strong> Florian Sempey</strong>.</p>
<p><strong>Programme  :</strong></p>
<p>Hector Berlioz<br />La damnation de Faust : « Marche hongroise »<br />Orchestre National de France</p>
<p>Giuseppe Verdi<br />I Vespri Siciliani : Boléro d’Elena<br />Orchestre National de France<br />Aida Garifullina soprano</p>
<p>Georges Bizet<br />Carmen : Couplets du toréador<br />Orchestre National de France<br />Florian Sempey baryton</p>
<p>Georg Friedrich Haendel<br />Zadok the Priest<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France</p>
<p>Erik Satie<br />Je te veux<br />Orchestre National de France<br />Julie Fuchs soprano</p>
<p>Maurice Ravel<br />Rapsodie espagnole : « Feria »<br />Orchestre National de France</p>
<p>Camille Saint-Saëns<br />Rondo capriccioso<br />Bomsori violon</p>
<p>Jules Massenet<br />Werther : « Pourquoi me réveiller »<br />Orchestre National de France<br />Benjamin Bernheim ténor</p>
<p>Carlos Lyra, Ronaldo Boscoli / Iain Farrington<br />Saudade fez um samba<br />Orchestre National de France<br />Maîtrise de Radio France<br />Dom La Nena violoncelle</p>
<p>Clarice Assad<br />Baiao’n Blues<br />Orchestre National de France</p>
<p>Edward Elgar<br />Variations Enigma : « Nimrod »<br />Orchestre National de France<br />Gautier Capuçon violoncelle</p>
<p>Camille Saint-Saëns<br />Samson et Dalila : « Mon cœur s’ouvre à ta voix »<br />Orchestre National de France<br />Rihad Chaieb mezzo-soprano</p>
<p>Michel Legrand / Adrien Bekerman<br />Les Demoiselles de Rochefort<br />Bohdan Luts violon<br />Saehyun Kim piano</p>
<p>Jean-Philippe Rameau<br />Les Indes galantes : « Forêts paisibles »<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France<br />Julie Fuchs soprano<br />Florian Sempey baryton</p>
<p>Heitor Villa-Lobos / Juliana Ripke<br />Bachianas Brasileiras n°5 : Aria<br />Orchestre National de France<br />Bruno de Sa sopraniste</p>
<p>Carl Orff<br />Carmina Burana : extraits<br />Orchestre National de France<br />Florian Sempey baryton<br />Bruno de Sà sopraniste<br />Maîtrise de Radio France<br />Chœur de Radio France</p>
<p>Léo Delibes<br />Lakmé : « Duo des fleurs »<br />Orchestre National de France<br />Aida Garifullina soprano<br />Rihab Chaieb mezzo-soprano</p>
<p>Ludwig van Beethoven<br />Symphonie n°9 : « Hymne à la joie »<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France</p>
<p>Claude Rouget de Lisle / Hector Berlioz<br />La Marseillaise<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France<br />Maîtrise de Radio France<br />Benjamin Bernheim ténor</p>
<p><strong>Artistes participant au concert :</strong></p>
<p>Aida Garifullina, soprano<br />Julie Fuchs, soprano<br />Bruno de Sa, sopraniste<br />Rihab Chaieb, mezzo-soprano<br />Benjamin Bernheim, ténor<br />Florian Sempey, baryton<br />Gautier Capuçon, violoncelle<br />Dom La Nena, violoncelle<br />Kim Bomsori, violon</p>
<p>Lionel Sow, chef de chœur<br />Sofi Jeannin, cheffe de chœur<br />Chœur de Radio France<br />Maîtrise de Radio France<br />Orchestre National de France<br />Cristian Măcelaru, direction</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Benjamin Bernheim and Ludovic Tézier: Au fond du temple saint (Bizet)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/MHzm3jEoe8I?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>Les Lundis musicaux de l&#8217;Athénée, saison 2025-26</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-lundis-musicaux-de-lathenee-saison-2025-26/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 08:47:31 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=192954</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alphonse Cemin entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&#8217;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&#8217;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&#8217;on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alphonse Cemin</strong> entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&rsquo;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&rsquo;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&rsquo;on est parfois peu habitué à entendre dans le répertoire de la mélodie) et des jeunes chanteurs prometteurs. La prochaine saison confirme cette recette : on entendra ainsi <strong>Julie Fuchs</strong>, <strong>Jarrett Ott</strong>, <strong>Sandrine Piau</strong> ou <strong>Huw Montague Randall</strong> accompagnés de grands noms du piano comme <strong>Julius Drake</strong> ou <strong>David Kadouch</strong>, mais aussi <strong>Laurence Kilsby</strong> (apparu cette saison dans <em>Castor et Pollux</em> à Garnier et dans <em>Samson</em> salle Favart) ou <strong>Deepa Johnny</strong>, mezzo canadienne encore peu connue en France qui doit faire ses débuts à l&rsquo;Opéra de Paris dans <em>Ercole Amante</em> et dans <em>Satyagraha </em>en 2026. Le programme éclectique promet de belles surprises et &#8211; nouveauté &#8211; inclut une soirée sans chanteur autour de l&rsquo;altiste britannique <strong>Lawrence Power</strong>, pour un récital immersif inauguré cette saison au Southbank Centre de Londres.</p>
<p>L&rsquo;essentiel de l&rsquo;agenda est à découvrir ci-dessous, plus d&rsquo;informations sur <a href="https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacles.htm" target="_blank" rel="noopener">le site de l&rsquo;Athénée</a>.</p>
<ul>
<li>24 novembre : <strong>Deepa Johnny &amp; Alphonse Cemin</strong>. Œuvres de Monteverdi, Ravel, García Lorca.</li>
<li>22 décembre : <em>Christmas concert</em> : <strong>Neima Naouri,</strong> <strong>Pablo Campos, Damien Pass &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>12 janvier : <strong>Kunal Lahiry &amp; Jarrett Ott</strong>. Œuvres de Ravel, Copland, Schubert et de compositeurs contemporains américains (Adolphus Hailstork, Trevor Weston, Jasmine Barns, Curtis Stewart&#8230;).</li>
<li>26 janvier : <em>Soirée Satie</em> : <strong>Julie Fuchs, Félicien Brut, Alexis Cardenas, Davide Vittone &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>16 février : <em>Les Sept Péchés capitaux &#8211; cabaret</em> : <strong>Axelle Fanyo, Fleur Barron &amp; Julius Drake. Œuvres de Kurt Weill, Poulenc, Gershwin et Cole Porter</strong>.</li>
<li>23 février : <strong>Lawrence Power &amp; Âme</strong> : <em>Reflections</em>. Œuvres de Bach, Benjamin, Pärt, Saariaho, Berlioz.</li>
<li>16 mars : <strong>Alice Coote &amp; Julius Drake</strong>.</li>
<li>23 mars : <em>Contes</em> : <strong>Sandrine Piau &amp; David Kadouch</strong>. Œuvres de Ravel, Poulenc, Bernard, Wolf.</li>
<li>20 avril : <strong>Huw Montague Rendall &amp; Helio Vida</strong>. Œuvres de Poulenc, Fauré, Schönberg, Mahler.</li>
<li>18 mai : <em>Paris est une fête :</em> <strong>Laurence Kilsby &amp; Ella O&rsquo;Neill</strong>. Œuvres de Poulenc, Nadia Boulanger, Ned Rorem, Hahn, Honegger, Noël Coward.</li>
</ul>
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