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	<title>Jean Pierre GAMARRA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jean Pierre GAMARRA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Alzira — Liège</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 05:00:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment réhabiliter un opéra mal aimé qui souffre d&#8217;une réputation d&#8217;œuvre ratée ? En réunissant une distribution sans faiblesse dans une mise en scène sobre et respectueuse. C&#8217;est le pari qu&#8217;a tenté avec succès l&#8217;Opéra Royal de Wallonie-Liège pour le huitième opéra de Verdi, si l&#8217;on en juge par l&#8217;accueil chaleureux d&#8217;un salle enthousiaste et comble. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment réhabiliter un opéra mal aimé qui souffre d&rsquo;une réputation d&rsquo;œuvre ratée ? En réunissant une distribution sans faiblesse dans une mise en scène sobre et respectueuse. C&rsquo;est le pari qu&rsquo;a tenté avec succès l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège pour le huitième opéra de Verdi, si l&rsquo;on en juge par l&rsquo;accueil chaleureux d&rsquo;un salle enthousiaste et comble.</p>
<p>Créé en 1845 à Naples, <em>Alzira </em>reçut un accueil mitigé de la part du public et de la critique. Quelques mois plus tard, à Rome l’accueil fut franchement glacial. Aussi au bout de quelques représentations sans lendemain à Milan puis à Ferrare, l’ouvrage disparut rapidement du répertoire. Verdi dans sa maturité en aurait qualifié la musique de « proprio brutta » (vraiment mauvaise), un jugement qui n’a pas manqué de nuire à la carrière de cette partition. Celle-ci a néanmoins connu quelques reprises notables au vingtième siècle, citons pour l’anecdote un concert à Berlin en 1938 avec Elisabeth Schwartzkopf, puis des représentations à Rome en 1967, à Parme en 1981 et au ROH de Londres en 1996. Entretemps, New-York l’aura accueilli au Carnegie Hall en 1967. Mais ce sont les enregistrements réalisés à diverses occasions qui ont permis aux mélomanes de découvrir la musique. En 1983, Lamberto Gardelli grave la première intégrale d’<em>Alzira</em> en studio dans le cadre de sa série d’opéras de jeunesse de Verdi. En 2001, pour commémorer le centenaire de la mort du compositeur, parait un nouvel enregistrement sous la direction de Fabio Luisi. Enfin, au début des années 2010, à l&rsquo;approche du bicentenaire de la naissance de Verdi, le label C Major propose une intégrale en DVD de ses opéras dans laquelle <em>Alzira</em> est confiée à la baguette de Gustav Kuhn.</p>
<p>La musique, encore fortement marquée par l’esthétique belcantiste, comporte au moins une aria suivie d’une cabalette pour chacun des personnages principaux, de nombreux chœurs, et quelques ensembles en particulier un fort joli sextuor, « Nella polve genuflesso », au début du final du premier acte. Parmi les airs notables émergent la cavatine de Zamoro « Un Inca… eccesso orribile » dans le prologue et, au cours du premier acte, celle de Gusmano, « Eterna la memoria d’un folle amor» ainsi que la grande scène d’Alzira « Da Guzman su fragil barca » suivie de la cabalette « Nell’astro che più fulgido » qui met en valeur l’art de la colorature de la soprano. De belles pages en somme, parfois conventionnelles mais l&rsquo;ensemble s’écoute sans déplaisir.</p>
<p>L’action se situe au seizième siècle chez les Incas sous la domination espagnole. Une tribu d’indiens avec à sa tête Zamoro, se révolte contre l’occupant. Gusmano, fils d’Alvaro, gouverneur du Pérou, aime la jeune Alzira fiancée à Zamoro dont elle est éprise. C’est sur ce triangle amoureux rebattu, sur fond de conflit entre les deux camps, que repose l’intrigue. On y décèle quelques similitudes avec celle du <em>Trouvère</em>, notamment lorsque Gusmano propose à Alzira de laisser la vie sauve à son amant si elle accepte de l&rsquo;épouser. Le dénouement, au cours duquel Gusmano en mourant pardonne à Zamoro qui vient de le tuer, préfigure celui du <em>Bal masqué</em>.</p>
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<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/l._ganci_-_choeur_messieurs_c_j_berger_-_orw-liege.jpg?itok=Hogf2l9u" title="Alzira © J. Berger / ORW-Liège" width="468" /><br />
	Alzira © J. Berger / ORW-Liège</p>
<p>Pour son entrée au répertoire de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, A<em>lzira </em>a fait l’objet d’une co-production avec le Grand Théâtre National du Pérou de Lima et l’Association des Amis de l’Opéra de Bilbao où le spectacle a été donné en<a href="https://www.forumopera.com/alzira-bilbao-verdi-dans-sa-chrysalide"> avril dernier</a>. Le maître d’œuvre en est <strong>Jean Pierre Gamarra </strong>dont ce sont les débuts <em>in loco</em>. Le metteur en scène péruvien situe l’action à une époque indéterminée, les conquérants sont en costumes dix-neuvième, au dernier acte leur cou est orné d’une fraise. Les femmes sont vêtues à la mode espagnole, des mantilles recouvrent leurs têtes, tandis que les autochtones portent des tuniques dans différents tons de brun et des bonnets andins. Les personnages évoluent autour d’un lopin de terre recouvert de paille qui représente le territoire que se disputent les deux peuples et plus tard une grotte où se cachent Otumbo et ses guerriers. Au deuxième acte un carré lumineux évoque l’intérieur du palais du gouverneur à Lima. On décèle ça et là quelques allusions à l’histoire récente par exemple lorsque des femmes incas brandissent les portraits de leurs proches disparus. La direction d’acteur est sobre et efficace.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/f._dotto_-_l._ganci_c_j_berger_-_orw-liege.jpg?itok=kguJr2HY" title="Alzira © J. Berger / ORW-Liège" width="468" /><br />
	Alzira © J. Berger / ORW-Liège</p>
<p>La distribution se révèle d’une grande homogénéité jusque dans les rôles secondaires. Les interventions de <strong>Marie-Catherine Baclin</strong> et d&rsquo;<strong>Alexander Marev</strong>, ténor au timbre suave, n’appellent que des éloges. La voix solide de <strong>Zeno Popescu</strong> lui permet d’incarner avec conviction le guerrier Otumbo. <strong>Roger Joakim</strong>, habitué des lieux, campe un Ataliba aux accents paternels émouvants. L’autre père est incarné par<strong> Luca</strong> <strong>Dall’Amico</strong>, également familier de la scène liégeoise, qui dispose d’un timbre sombre et d’un registre grave sonore. <strong>Giovanni Meoni</strong> impressionne par sa présence scénique et sa ligne de chant élégante et nuancée. Aussi convaincant en amoureux déçu qu’en rival vindicatif il possède un timbre chaleureux et une belle projection. Enfin les interprètes d’Alzira et Zamora ont effectué des débuts éclatants sur la scène de l’ORW. <strong>Luciano Ganci</strong> possède une voix solaire et des aigus claironnants et puissants qui ont impressionné le public. S’il a tendance à chanter presque toujours <em>forte</em>, dans son dernier air le ténor esquisse quelques nuances bienvenues. Quant à <strong>Francesca Dotto</strong>, elle campe une Alzira exquise et émouvante, capable de résister à la pression exercée sur elle par Gusmano. Le timbre est clair, les aigus brillants et la colorature dans les cabalettes impeccablement maîtrisée. Saluons également les nombreuses interventions des chœurs préparés par <strong>Denis Segond</strong>, aussi à l’aise dans la déploration que dans les pages martiales.</p>
<p>Pour sa première et unique prestation à la tête de l’Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, le jeune chef <strong>Leonardo Sini</strong> défend avec fougue et enthousiasme cette partition dont il excelle à mettre en valeur les aspects novateurs. Ses tempos rapides permettent à l’action de progresser rapidement sans temps mort. L&rsquo;ouvrage est donné dans son intégralité, toutes les cabalettes sont doublées à défaut d&rsquo;être ornées.</p>
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		<title>VERDI, Alzira — Bilbao</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alzira-bilbao-verdi-dans-sa-chrysalide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Apr 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Alzira</em> est-il vraiment le plus mauvais opéra de Verdi, comme lui-même avait fini par s’en convaincre ? L’opéra de Bilbao donne une des rares chances contemporaines de s’en faire une idée. Certes, ce n’est pas le plus grand livret mis en musique par le compositeur, où même le trio amoureux s’avère bancal : mais pourquoi diantre ce pardon final tombé du ciel et qui laisse pour ainsi dire l’intrigue in <em>medias</em> <em>res</em> ? Et pourquoi cette Amérique latine de feu et de fureur semble-t-elle un pays de bisounours où même les questions raciales sont à peine esquissées ? Certes l’écriture musicale évolue dans une gangue et une structure belcantiste encore indépassable. Pourtant, des phrases verdiennes prennent leur essor, les figures paternelles et filiales voient leurs traits être dégrossis au fusain d’un orchestre déjà musclé. La brièveté de cet opéra, une grosse heure et demie, aide aussi à apprécier cette œuvre, qui pour mineure qu’elle puisse être, propose quelques belles pages : les airs d’exposition des trois protagonistes, les deux duos de la soprano et les différents chœurs.</p>
<p>Toutefois, pour faire éclore un papillon, eut-il fallu défendre <em>Alzira</em> au-delà de l’honorable performance des artistes réunis sur la scène basque. <strong>Daniel Oren</strong>, vieux routier verdien, navigue paisiblement, au métronome, de l’ouverture à l’accord final, sans tension, sans nuance particulière, avec précision et attention à son plateau. La préparation de l’orchestre et des chœurs n’appelle aucun reproche, même si ceux-ci manquent parfois de puissance.</p>
<p>La proposition scénique de <strong>Jean Pierre Gamarra</strong> surpique la chrysalide de quelques veines grossières. Choix est fait du minimalisme : un rectangle de pampa, quelques chaises, des rideaux de chaînes, une rangée de spots et quelques effets d’éclairages téléphonés, des costumes ni traditionnels ni contemporains mais assez peu à propos tout comme un direction d’acteur qui se cantonne à régler les déplacements… Le tout est mince pour porter une œuvre au maillage suffisamment lâche pour s’autoriser quelques extrapolations.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/abao_bilbao_opera._alzira._abril_2022_ce._moreno_esquibel_1410.jpg?itok=2RntxRAz" title="© Moreno Esquibel" width="468" /><br />
	© Moreno Esquibel</p>
<p><strong>Juan Jesus Rodriguez</strong> domine la distribution de son volume, d’un phrasé verdien élégant et de son timbre mordoré. Outre son air et le duo avec Alzira où il fait montre d’un bel abattage, c’est surtout dans la mort de Gusmano qu’il trouve ses plus beaux accents. Le chant de <strong>Sergio Escobar</strong> (Zamoro) s’avère plus sommairement solide. Volume et souffle en sont les deux atouts principaux, dans lequel le ténor espagnol puise sans trop compter. Mâle est le portrait, sans autre frisson que celui de cette testostérone. Les deux clés de fa paternelles ne sont guère pourvues par le maître de Busseto, mais fort bien défendues par <strong>Josep Miquel Ramon</strong> (Alvaro) et <strong>David Lagares</strong> (Ataliba). Remplaçant Hui Hé, la jeune ibérique <strong>Carmen Solis</strong> remporte un beau succès dans le rôle titre. La technique belcantiste s’avère tout à fait satisfaisante pour égayer le chant de quelques trilles et staccati précis ou pour effectuer les vocalises du rôle. Celui-ci ne comporte pas de suraigu décoiffant et le soprano ne s’aventure pas à extrapoler. C’est pourtant là son registre le plus sûr, le timbre restant encore un peu vert, cependant que l’ambitus lui fait défaut pour trouver la bonne assise dans le médium et surtout atteindre les notes les plus graves voulues par Verdi.</p>
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