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	<title>Alberto GAZALE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alberto GAZALE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>PUCCINI, Manon Lescaut — Moscou (Bolchoï)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manon-lescaut-moscou-bolchoi-presque-exauce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Max Yvetot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2019 22:33:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Satisfait du succès que Manon Lescaut a remporté dès sa création, Puccini aurait néanmoins aimé quelque temps plus tard renforcer la cohérence dramatique de son opéra en y ajoutant un acte supplémentaire, dans lequel l’amour des deux jeunes amants se serait épanché de façon plus insouciante. La mise en scène d’Adolf Shapiro, créée en 2016 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Satisfait du succès que <em>Manon Lescaut </em>a remporté dès sa création, Puccini aurait néanmoins aimé quelque temps plus tard renforcer la cohérence dramatique de son opéra en y ajoutant un acte supplémentaire, dans lequel l’amour des deux jeunes amants se serait épanché de façon plus insouciante. La mise en scène d’<strong>Adolf Shapiro</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/manon-lescaut-par-netrebko-eyvazov-ce-soir-en-streaming">créée en 2016 avec Anna Netrebko et son mari Yusif Eyvazov</a> dans les rôles principaux, comble en partie cette lacune en ajoutant de longues lettres entre les différents actes, qui permettent d’expliciter les transports et les tourments des personnages. L’ellipse narrative entre l’évasion des amants et la langueur de Manon dans les appartements de Géronte est ainsi comblée, comme plus tard l’arrivée des deux amants au milieu du désert américain, hagards, après leur départ du Havre pour la Louisiane. </p>
<p dir="ltr">La mise en scène apporte également une certaine fraîcheur juvénile à l’œuvre, que Puccini voulait si tragique que les amants peuvent paraître plus âgés qu’ils ne le sont dans le roman de l’abbé Prévost. Lors de leur première rencontre, au coin d’une maquette de ville inclinée qui évoque aussi bien l’animation d’une taverne que l’enthousiasme de la jeunesse, Manon tient une petite poupée à la main, soulignant son caractère joueur. La poupée est devenue démesurée dans les appartements de Géronte, elle écrase la scène, à l’image du luxe dans lequel Manon se prélasse. Il semblait d’autant plus opportun de rajeunir l’héroïne que l’interprétation de <strong>Maria Lobanova</strong> met davantage l’accent sur la souffrance et la mélancolie de Manon. Puissante, incarnée, sa jolie voix arbore néanmoins un grain tourmenté, légèrement fébrile. On retiendra avant tout ses roucoulements en cascade dans les crescendi des duos amoureux, notamment au deuxième acte. </p>
<p dir="ltr">A côté de la poupée géante, un miroir ovale, lui aussi gigantesque, laisse apparaître Des Grieux qui erre, désespéré, dans les rues de cette ville où étaient si récemment nées leurs amours. Mais, contrairement à Manon, nul besoin de souligner la jeunesse de Des Grieux avec le timbre clair et la voix claironnante de <strong>Murat Karahan</strong> ! Très entier dans son jeu, de la passion foudroyante du premier acte à la fureur jalouse du deuxième, on regrette seulement que sa voix ne porte pas davantage, et ne franchisse pas plus franchement le mur de l’orchestre. Noyé pendant les tutti, il s’illustre surtout lors des quelques passages a cappella, par exemple à la fin du premier acte, quand les amants prennent la clef des champs. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="320" src="/sites/default/files/styles/large/public/poupee_acte_2.jpg?itok=hlwsq5wt" title="Anna Netrebko (Manon Lescaut) © Damir Yusupov, Théâtre Bolchoï" width="468" /><br />
	Anna Netrebko, Manon Lescaut en 2016 © Damir Yusupov, Théâtre Bolchoï</p>
<p dir="ltr">La conduite de la cheffe d’orchestre <strong>Kery-Lynn Wilson </strong>est précise, mais par moments si emportée que l’orchestre devient tonitruant, au point de couvrir certaines voix. Dans l’ensemble, le rythme insufflé est virevoltant, comme si l’orchestre cherchait à illustrer la fougue des jeunes amants sans s’appesantir sur son caractère dramatique. Le metteur en scène profite même de l’appel des prisonnières au troisième acte pour introduire une pointe d’humour, absent du livret : grimpent successivement d’une trappe une bodybuildée, une acrobate, un homme-princesse, une naine, une géante et un travesti ! Mais les rares touches de couleurs disparaissent définitivement, les héros se traînent vêtus de noir dans un désert aveuglant de blanc. </p>
<p dir="ltr">Basse sonore au jeu empreint de dignité, aussi grave vocalement que scéniquement, <strong>Vyacheslav Pochapsky</strong> se glisse avec brio dans la peau de Géronte. Moins remarquable peut-être, le Lescaut d’<strong>Alberto Gazale </strong>est néanmoins chanté avec assurance, et son duo avec Manon au deuxième acte est convaincant. </p>
<p dir="ltr">A en juger par les applaudissements qui retentissent, le public est en effet convaincu. On se demande même si à l’acclamation des artistes ne se mêle pas chez certains un désir d’identification au personnage de Manon, paradoxalement exigeante et dévouée, friande de luxe et si irrésistiblement passionnée. </p>
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		<item>
		<title>VERDI, Attila — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/choeur-orchestre-dastana-opera-paris-bastille-ildar-abdrazakov-le-numero-un-des-huns/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2014 08:22:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Astana Opera entreprend une tournée qui après New York et Toronto fait escale à Paris. Les voyages forment la jeunesse. Cette institution lyrique, voulue par le président de la République du Kazakhstan a vu le jour il y a tout juste un an. Un tour du monde veut mieux la faire connaître. « Nous devons &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Astana Opera entreprend une tournée qui après New York et Toronto fait escale à Paris. Les voyages forment la jeunesse. Cette institution lyrique, voulue par le président de la République du Kazakhstan a vu le jour il y a tout juste un an. Un tour du monde veut mieux la faire connaître. « <em>Nous devons montrer notre talent et conquérir le cœur de nombreux admirateurs qui auront envie de visiter notre unique et beau théâtre*</em> » explique son directeur Toleguen Muhamedjanov.</p>
<p>L&rsquo;objectif est ambitieux. Le Kazakhstan ne figure pas à la croisée des chemins lyriques. L&rsquo;énergie avec laquelle <strong>Abzal Mukhitdinov</strong> dirige les pièces symphoniques en première partie est proportionnelle à l&rsquo;effort de persuasion nécessaire pour convaincre le mélomane d&rsquo;oser le voyage. <strong>Alan Buribayev</strong> après l&rsquo;entracte aura la baguette moins impétueuse. L’orchestre, formé  à 90% de jeunes musiciens, n’en sonnera que mieux. Le violoniste <strong>Erzhan Kulibayev</strong> est présenté comme le Paganini de notre temps. Sa virtuosité le confirme. <strong>Denis Matsuev</strong> frappe de ses dix doigts son 2e concerto. Existe-t-il un numéro d&rsquo;urgence pour pianos battus ? Le public en redemande. Pas nous. Tant pis pour Rachmaninov ; nous sommes là pour <em>Attila</em>. Sauf que l&rsquo;opéra de Verdi, présenté souvent comme une enfilade de cabalettes, se prête moins qu&rsquo;un autre à une version de concert. Détachés de leur contexte dramatique, les numéros deviennent prétextes à démonstration vocale. Un air et puis s&rsquo;en va. Il faut marquer un maximum de points en un minimum de temps. L&rsquo;exercice n&rsquo;est pas de ceux qui favorisent la nuance. Préoccupés de sons, <strong>Alberto Gazale</strong> et <strong>Massimo Giordano</strong> négligent l&rsquo;expression. Comment faire autrement ? Foresto et Ezio sont dans cet opéra de jeunesse des marionnettes suspendues aux fils de la convention. Le ténor est vaillant, le baryton héroïque, ce n’est déjà pas si mal. Le premier, <em>lirico </em>converti <em>spinto</em>, n&rsquo;est pas vraiment à sa place dans un ouvrage encore imprégné de bel canto. Les aigus sont pris en traître, l&rsquo;intonation hasardeuse, la ligne rudoyée. Le second se défonce dans la cavatine, oubliant que l&rsquo;usage la fait suivre d&rsquo;un mouvement rapide tout aussi intransigeant – la cabalette. Commencé en fanfare, empoigné, et mordu d&rsquo;un timbre mâle avec une hargne réjouissante, « Tregua e cogl&rsquo;Unni » finit à bout de souffle. Les chœurs, nombreux, sont aussi des fantassins. Sous leurs pas, l&rsquo;herbe ne repousse pas. La partition les veut plus tard ermites sans que l&rsquo;on remarque la différence.</p>
<p>Il faut la romance d&rsquo;Odabella pour que le propos se tempère. Considérée comme la plus grande soliste kazakhstanaise, <strong>Zhupar Gabdullina</strong> appartient à cette catégorie de sopranos kamikazes qui comptent à leur répertoire Aida, Leonora du <em>Trouvère</em> et Turandot. Comme souvent chez ces voix intrépides, la capacité à soudain maîtriser le flot de décibels surprend. Alors que précédemment la vocalise était tracée à grands traits violents, la pointe s&rsquo;affine. La guerrière s&rsquo;efface, la vierge transparaît tandis que le chant prend son envol et atteint sans faillir les plus hautes notes. Le style semble alors moins discutable même si de style, il ne sera vraiment question qu’après, lorsqu’Attila, tiré de son sommeil par une vision cauchemardesque, entreprend de raconter son rêve en un récit haletant. Bien que structuré en deux parties, l’air semble moins conventionnel, parce que Verdi se montre dans cette page plus inspiré et parce qu’<strong>Ildar Abdrazakov </strong>sait lui donner l’ampleur nécessaire. Le style donc – une noblesse d’accent, un élan porté par le souffle qui fait que la phrase se déroule animée, souple, égale – ; le geste – Abdrazakov connaît son Attila qu’il a déjà interprété sur scène, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/la-ou-muti-passe-lherbe-ne-repousse-pas">à Rome notamment </a>; il ne le chante pas, il le vit – et la voix, longue, sombre sans être charbonneuse, soyeuse, altière. Par cette voix, Attila ici est roi.</p>
<p>* voir diaporama ci-dessus</p>
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		<title>Oscar della Lirica 2014, prima l&#8217;Italia</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/oscar-della-lirica-2014-prima-litalia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2014 06:41:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On n’est jamais si bien servi que par soi-même. L’adage pourrait s’appliquer à l’édition 2014 des Oscar della Lirica, qui sont à l’Italie ce que les Victoires de la musique seraient à la France si cette dernière manifestation se limitait au genre lyrique. Les vainqueurs dans les différentes catégories sont en effet tous ou presque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On n’est jamais si bien servi que par soi-même. L’adage pourrait s’appliquer à l’édition 2014 des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.oscardellalirica.com/">Oscar della Lirica</a>, qui sont à l’Italie ce que les Victoires de la musique seraient à la France si cette dernière manifestation se limitait au genre lyrique. Les vainqueurs dans les différentes catégories sont en effet tous ou presque d&rsquo;origine italienne. Ainsi le meilleur ténor est <strong>Francesco Meli</strong> et la meilleure soprano <strong>Maria Agresta</strong>, le premier devant Jonas Kaufmann et Juan Diego Florez, la seconde devant Anna Netrebko et Diana Damrau. Les autres lauréats sont <strong>Marianna Pizzolato </strong>(mezzo-soprano),<strong> Ferruccio Furlanetto</strong> (Basse) et <strong>Alberto Gazale</strong> (Baryton), <strong>Damiano Michieletto</strong> (mise en scène), auxquels il faut ajouter deux prix spéciaux à <strong>Carlo Bergonzi</strong> et <strong>Renato Bruson</strong>.  Dans la catégorie chef d’orchestre, le vénézuelien Gustavo Dudamel est l’exception qui confirme une règle pour le moins nationaliste.  « <em>L’art lyrique  est un langage universel </em>» a déclaré <strong>Katia Ricciarelli</strong> pour justifier le lieu de la cérémonie de remise des prix, au Qatar le 12 décembre prochain. Evidemment mais si l’on en croit ce palmarès, ceux qui le parlent le mieux sont italiens.   </p>
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		<title>VERDI, Nabucco — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nabucco-sanxay-a-rebaptiser-durgence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Aug 2014 05:24:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et si Nabucco devait plutôt s’appeler Abigaille ? Le roi de Babylone mérite-t-il vraiment de donner son nom à une œuvre dont il n’est peut-être pas le protagoniste central ? Telle est la question qui se pose au sortir de la représentation donnée dans le cadre de la quinzième édition des Soirées lyriques de Sanxay. Depuis 2000, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Et si <em>Nabucco</em> devait plutôt s’appeler <em>Abigaille</em> ? Le roi de Babylone mérite-t-il vraiment de donner son nom à une œuvre dont il n’est peut-être pas le protagoniste central ? Telle est la question qui se pose au sortir de la représentation donnée dans le cadre de la quinzième édition des Soirées lyriques de Sanxay. Depuis 2000, les vestiges de ce théâtre gallo-romain situé dans la Vienne accueillent chaque année plusieurs représentations d’opéra, avec à peu près le même répertoire qu’Orange ; en termes de fréquentation (un peu moins de 2500 spectateurs par soirée), Sanxay revendique d’ailleurs le titre de troisième festival lyrique français, mais les Soirées lyriques peuvent aussi prétendre à ce label en termes de qualité, puisqu’on a pu y entendre ces dernières années des chanteurs à l’aube d’une très belle carrière, étrangers (Lianna Haroutounian) ou français (Florian Sempey, Marianne Crebassa).</p>
<p>Après une première production en 2003, <em>Nabucco</em> revient cette année, comme à Orange d’ailleurs, où il était programmé en juillet. A Sanxay, pas de mur, pas de scène démesurée, mais un plateau de taille raisonnable, avec décors construits. Le spectacle réglé par <strong>Agostino Taboga</strong> n’a rien de révolutionnaire, mais il échappe à ce nouveau poncif que sont les Hébreux déportés en camp de concentration ; on y trouve un peu de barbarie (Abigaille devenue reine se lave rituellement les mains dans une coupe de sang) et même une pointe d’humour (les palmes agitées sur commande par le peuple assyrien). Les costumes de <strong>Shizuko Omachi</strong> distinguent clairement oppresseurs et opprimés, avec quelques fantaisies (les amazones tatouées qui constituent la garde personnelle d’Abigaille, les soldats au corps peint en bleu qui accompagnent Nabucco). La scénographie se borne à une série de colonnes et à quelques pans de murailles qu’on déplace d’un acte à l’autre, mais les éclairages variés composent de superbes tableaux.</p>
<p>L’œil n’étant ni perturbé ni sollicité outre mesure, l’oreille a tout lieu de jouir de la musique. Est-ce en travaillant avec Riccardo Muti que le chef canadien <strong>Eric Hull</strong> a appris à diriger Verdi ? Toujours est-il qu’il évite parfaitement la vulgarité dans cette partition où le clinquant est bien souvent un risque. Les tempos sont équilibrés, plutôt rapides, notamment dans l’incontournable « Va, pensiero ». Chef de chœur de l’Opéra de Monte-Carlo depuis 2007, <strong>Stefano Visconti</strong> imprime aux choristes une égale discipline. Et même le public a la courtoisie de laisser la musique se terminer avant d’applaudir, ce qui paraît élémentaire mais est devenu bien rare de nos jours.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="343" src="/sites/default/files/styles/large/public/n3.jpg?itok=e8HtBWGN" title="S. Vaysset, L. Lombardo, I. Orlov, A. Gazale, E. Cassian, A. PIrozzi © Pierre Poupet" width="468" /><br />
	S. Vaysset, L. Lombardo, I. Orlov, A. Gazale, E. Cassian, A. PIrozzi © Pierre Poupet</p>
<p>L’Abigaille d’<strong>Anna Pirozzi</strong> domine clairement la distribution, et on n’hésitera pas à parler à son sujet de véritable révélation. A l’occasion de ses débuts en France, cette jeune soprano napolitaine livre une prestation éblouissante dans un rôle pourtant inhumain, mais dont elle maîtrise tant la dimension virtuose que les écarts, avec un timbre séduisant et une authentique présence scénique. Elle fut en 2013 Abigaille, puis Elvira d’<em>Ernani </em>pour Riccardo Muti, et il est à parier qu’elle fera parler d’elle dans les années à venir. Le titulaire de Nabucco est moins enthousiasmant : <strong>Alberto Gazale</strong> dispose d’un matériau vocal certain, mais son émission fruste manque par trop de noblesse, avec des sons souvent laids et des notes aboyées. Il n’a par bonheur, et paradoxalement, pas tant que ça à chanter, et son unique air, « Dio di Giuda », lui impose des demi-teintes bienvenues. L’excellente basse Giorgio Giuseppini aurait dû être Zaccaria, mais il a finalement été remplacé par l’Ukrainien <strong>Ievgen Orlov</strong>, qui a entrepris des études de chant il y a tout juste dix ans et a été récompensé lors du concours Operalia en 2010. L’air du deuxième acte livre de superbes pianissimi, mais l’aigu a parfois tendance à plafonner et le chanteur gagnerait peut-être à ménager davantage sa voix ; son italien, caractérisé par des voyelles un peu trop slaves, est encore perfectible. Dans un rôle sans air, peut-être mieux adapté à ses moyens que certains emplois trop lourds récemment abordés, <strong>Luca Lombardo</strong>, en pleine forme, fait une excellente impression en Ismaele (il n’était qu’Abdallo à Orange le mois dernier) ; déjà présente dans le <em>Nabucco </em>donné à Sanxay en 2003, <strong>Elena Cassian</strong> est une Fenena sonore mais émouvante. Quant aux personnages plus secondaires, ils assurent très dignement leur partie. Reste maintenant à répondre à une autre question : Sanxay osera-t-il <em>Lucia di Lammermoor</em> l’an prochain ?</p>
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