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	<title>Jeanne GÉRARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jeanne GÉRARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>ESCAICH, Shirine — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/shirine-lyon-bouche-cousue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 May 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par les temps qui courent, rares sont les opéras qui proposent des créations mondiales. Lyon est de ceux-là. Quoi qu’on ait pu penser du spectacle, la création de Shirine qui vient d’avoir lieu est à mettre à l’actif de cet opéra, de son directeur Richard Brunel qui a assuré la mise en scène et d’un de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par les temps qui courent, rares sont les opéras qui proposent des créations mondiales. Lyon est de ceux-là. Quoi qu’on ait pu penser du spectacle, la création de<em> Shirine</em> qui vient d’avoir lieu est à mettre à l’actif de cet opéra, de son directeur <strong>Richard Brunel </strong>qui a assuré la mise en scène et d’un de nos meilleurs compositeurs contemporains, Thierry Escaich. Louons l’audace lyonnaise. Encourageons le « made in Lyon ».</p>
<p>Bouche cousue : c’est sur cette image d’une femme aux lèvres méchamment closes que s’ouvre le spectacle. Le sujet est l’émancipation de la femme vue par le poète perse&#8230; du XIIe siècle Nizami, reprise par le romancier contemporain afghan Atiq Rahimi. Un sujet en or pour cet écrivain qui a été chassé de son pays par les troupes soviétiques et s’est réfugié en France, où il obtint un prix Goncourt ! L’histoire est celle de l’amour impossible entre le souverain iranien Khosrow et de la princesse arménienne chrétienne Shirine. Le romancier, d’ailleurs, ne dit pas « amour » mais « aimance ». « L’ aimance est une errance » dit-il joliment.</p>
<p>C’est lui qui a écrit le livret de l’opéra. Et c’est là que le bât blesse. Car on peut être excellent romancier et librettiste moins habile. Par moments, le spectacle traîne. Les dialogues manquent d’efficacité. Rahimi met dans la bouche de ses personnages des commentaires là où on aimerait voir de l’action. La reine Chamira dit par exemple : « Koshrow revient de la guerre. Il demandera la main de Shirine, certes, me délaissant dans la douleur et la perte ». On est ici dans le commentaire, pas dans l’action. Plus loin le chœur chante (à la manière des chœurs antiques) : « Shirine se consume dans sa solitude, elle ne s’occupe plus de son royaume, ses terres sont devenues arides&#8230; » Là encore on est dans la narration. Or la scène a besoin d’action.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/shirine_2.jpg?itok=KOZDCV0K" title="Des belles images d'enluminures persanes (Photo Jean-Louis Fernandez)" width="468" /><br />
	Des belles images d&rsquo;enluminures persanes © Jean-Louis Fernandez</p>
<p>La mise en scène s’en ressent. Douze tableaux se succèdent sur un plateau tournant. Malgré la beauté de quelques images d’enluminures persanes projetées çà et là, il y a beaucoup de murs blancs et de portent qui claquent. On aurait imaginé quelque chose de plus poétique pour illustrer un conte oriental. Le ballet central correspond bien peu à l’opulence de la musique qui le porte.</p>
<p>La musique de Thierry Escaich, excellemment mise en valeur par l’orchestre et le chœur sous la direction de <strong>Franck Ollu</strong>, est le point fort du spectacle. Le traitement de la voix chantée est souvent proche de la déclamation parlée. Tout en utilisant un langage moderne, Thierry Escaich ne renie pas son sens de la mélodie. Son orchestre est souple, équilibré entre vents et cordes. Il évoque l’Orient en utilisant des tournures modales et des intervalles augmentés et faisant appel à des instruments à vent orientaux ainsi que des percussions digitales.</p>
<p><strong>Jeanne Gérard </strong>s’investit à fond dans son personnage de Shirine, faisant notamment briller ses aigus. A ses côtés, on applaudit l’assurance et le timbre velouté de <strong>Majdouline Zerari</strong> en reine d’Arménie.</p>
<p><strong>Julien Behr</strong> domine la distribution. Voix intense, solide, généreuse, il incarne puissamment le rôle de Koshrow. A ses côtés, <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> assume avec fermeté le rôle de Chapour, son confident. Il est particulièrement à l’aise dans le parlé-chanté .</p>
<p>Deux autres barytons méritent des éloges en Barbad – le conteur et Fahrad – le sculpteur : <strong>Laurent Albaro </strong>et <strong>Florent Karrer.</strong></p>
<p>Le ténor <strong>Stephen Mills</strong>, issu de l’Opéra Studio de Lyon, à la voix non encore affirmée, n’intervient pas pour rien dans l’histoire : c’est lui qui, à la fin, tue le héros !</p>
<p>Quant au contre-ténor <strong>Théophile Alexandre</strong>, bien investi dans son rôle de messager mais dont le timbre manque de rondeur, il s’avance vers le public à la fin et pose cette question : « Vous qui avez entendu cette histoire, croyez-vous l’avoir seulement perçue ? »</p>
<p>Comme dirait Shakespeare : « That is the question ! »</p>
<p> </p>
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		<title>BIZET, Carmen — Boulogne-Billancourt</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-vous-trouvez-ca-classique-boulogne-billancourt-trouvez-vous-carmen-classique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bouctot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Mar 2022 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Animé de la volonté de « casser les codes avec des concerts pédagogiques pour les grands », le chef Mathieu Herzog a lancé depuis 2021 à la Seine Musicale une série de concerts sur mesure « Vous trouvez ça classique ». Au cours de ces représentations supposées durer 1h15, le chef alterne des extraits de l’œuvre avec des explications sur la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Animé de la volonté de « casser les codes avec des concerts pédagogiques pour les grands », le chef <strong>Mathieu Herzog</strong> a lancé depuis 2021 à la Seine Musicale une série de concerts sur mesure « Vous trouvez ça classique ». Au cours de ces représentations supposées durer 1h15, le chef alterne des extraits de l’œuvre avec des explications sur la partition ou la vie du compositeur afin que le public néophyte s’en imprègne plus aisément, sans rien céder à l’exigence artistique d’un concert classique. Samedi dernier, ce fut au tour de <em>Carmen</em> d’être ainsi décortiquée, pour la plus grande joie des grands mais aussi des enfants qui étaient nombreux à être venus découvrir la célèbre Bohémienne, même si le spectacle dura presque 2h. Et Mathieu Herzog ne dérogea pas à la règle de l’excellence, tant du point de vue de sa direction que par la performance vocale du plateau d’une très grande homogénéité, très grande qualité, servi par la génération des étoiles montantes de l’art lyrique.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="377" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_4232.jpg?itok=47H-dO-w" width="468" /><br />
	© DR</p>
<p>La direction du chef impressionne par la fougue qu’il insuffle dès l’ouverture à son ensemble <strong>Appassionnato</strong> qui sonne merveilleusement dans la salle de l’auditorium, révélant la grande complicité qui les lie. Très attentif à l’équilibre sonore avec les chanteurs, il ralentit ensuite les tempi, ciselant avec délicatesse les <em>ppp</em> de la partition. Mathieu Herzog a tenu magistralement la tension et l’attention des spectateurs tout au long de la représentation jonchée d’explications limpides sur les thèmes principaux, la définition d’un tremolo et d’une seconde diminuée illustrée par l’orchestre, ou encore sur la vie de <strong>Georges Bizet</strong> et surtout sur la personnalité des différents protagonistes qu’il prenait soin de présenter avant leur entrée.</p>
<p>Disons-le d’emblée, <strong>Adèle Charvet</strong> est née pour être Carmen. Son port altier, sa démarche, son regard précédèrent la beauté de son timbre cuivré sensuel et chaud qui se déploya avec grâce dans la « Habanera ». Vêtue d’une robe rouge éclatante, elle ne fit qu’une bouchée de Don José près des remparts de Séville où la jeune mezzo-soprano fit preuve d’une belle homogénéité de registres avec ses graves colorés, envoûtants sans être poitrinés. C’est avec le même charme, la même élégance et toujours la même justesse qu’elle déploiera toute sa musicalité dans l’acte II, aussi bien dans les « Tringles des Cistres tintaient » que dans le quintette. Si l’extrême tessiture du dernier acte ne lui permet pas encore d’y déployer pleinement la puissance démontrée précédemment (elle n’a que 28 ans et toute la vie devant elle pour que ce soit le cas), son engagement scénique, son incarnation et son interprétation font du duo final l’un des grands moments de la soirée. Elle sera dans un proche avenir l’une des plus grandes interprètes du rôle. Le brigadier était interprété par le jeune ténor chilien de tout juste 29 ans, <strong>Diego Godoy,</strong> qui apprenait le rôle depuis seulement…10 jours. Indépendamment de cette prouesse, on ne peut qu’être sous le charme de cette voix déjà puissante et colorée, capable de beaucoup de nuances. Diego Godoy eut même la délicatesse de respecter le <em>ppp</em> à la fin de l’Air de la fleur. Son autre prétendante n’eut rien à envier à sa rivale. <strong>Jeanne Gérard</strong> est une somptueuse Micaela. Dans le duo « Parle-moi de ma mère » de l’acte I, la pureté de son timbre délicieux régala l’audience d’aigus aériens. Puis elle se métamorphosa pour son grand air, où une colère puissante l’emporta sur la peur avec une grande détermination qui se traduisit par des aigus puissants et glaçants.</p>
<p>A noter aussi l’excellente performance <strong>d’Eleonore Pancrazi</strong> et <strong>d’Amélie Raison</strong>, respectivement Mercédès et Frasquita. Le grand air du Toréador ne fut pas présenté pendant le spectacle en lui-même mais entonné vaillamment par <strong>Sergio Villegas-Galvain</strong> (qui interprétait aussi le Dancaïre face au tout aussi vaillant Remendado <strong>d’Arnaud Rostin-Magnin</strong>) et repris en chœur par la salle pour clôturer en beauté cette belle représentation.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>VERDI, Rigoletto — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-rigoletto-paris-tce-abrege-mais-equilibre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bouctot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est toujours un plaisir infini de découvrir les adaptations pour enfants proposées par le Théâtre des Champs Elysées. Chaque année, un opéra est adapté pour le jeune public en version participative : le livret est traduit en français et raccourci afin de maintenir la concentration des plus petits, qui peuvent à plusieurs reprises, entonner certains passages &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est toujours un plaisir infini de découvrir les adaptations pour enfants proposées par le Théâtre des Champs Elysées. Chaque année, un opéra est adapté pour le jeune public en version participative : le livret est traduit en français et raccourci afin de maintenir la concentration des plus petits, qui peuvent à plusieurs reprises, entonner certains passages avec les artistes. Malheureusement, la partition est souvent aussi allègrement tronquée au milieu-même des airs et ensembles, quasiment jamais donnés dans leur intégralité. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cette simplification en apparence s’avère redoutable pour les chanteurs qui perdent ainsi les appuis nécessaires pour atteindre les aigus/suraigus exigés quelques mesures plus loin. Malgré ces désagréments, la magie a encore opéré sur les enfants qui sont tous ressortis des étoiles dans les yeux et un sourire indescriptible sur les lèvres.</p>
<p>L’intrigue de ce <em>Rigoletto</em> écourté, fidèle au livret original, est présentée aux enfants pendant l’ouverture comme une pièce de théâtre donnée par la Compagnie du Duc, se déplaçant de ville en ville avec ses malles de costumes et s’achève sur une reprise inattendue de « la Donna è mobile » pendant laquelle les comédiens remballent leur matériel à l’issue de cette histoire « pour de faux qui donne cependant à ressentir les mêmes émotions que dans la vie réelle », permettant ainsi de « dédramatiser » la mort de Gilda pour les plus petits. <strong>Manuel Renga </strong>leur offrira également une heure de gags scéniques au milieu de tableaux construits aussi pour les grands.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="360" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_1736.jpg?itok=YoSK_Jka" title="(c) Marion Kerno" width="468" /><br />
	© Marion Kerno</p>
<p>Vocalement, le plateau, fort équilibré, fut dominé par la Gilda de la jeune soprano <strong>Jeanne Gérard</strong>, qui illumina de bout en bout la représentation de son timbre solaire et de son legato, aussi bien dans ce qu’il restait du « Caro Nome » que dans les ensembles (trio et quatuor) aux tempi très enlevés. Ses aigus somptueux et naturels ont littéralement subjugué l’auditoire. Face au bouillonnant Duc de <strong>Diego Godoy</strong> tout en puissance et fort charmeur, <strong>Ivan Thirion</strong> campe un RIgoletto complexe, sombre, rongé par une colère sourde, presque à bout de souffle dans « Cortigiani, vil razza dannata ».</p>
<p>Sans oublier le timbre somptueux du prometteur Sparafucile de <strong>Nathanaël Tavernier</strong> (qui interprétait également superbement Monterone) dont les graves électrisants se mêlaient à ceux tout aussi sensuels et saisissants de <strong>Marion Lebègue</strong>.</p>
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		<item>
		<title>Lovescapes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lovescapes-antidote-a-latonalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Contempteurs de musique contemporaine, ne passez pas votre chemin ! Pianiste, chef d’orchestre, jazzman, co-directeur de l’Ensemble Contraste et aussi compositeur, Johan Farjot avoue rester « un pur produit du Conservatoire de Paris marqué par une école française héritée de Fauré, Ravel ou Nadia Boulanger ». Un album intitulé Lovescapes le confirme. Deux cycles de mélodies sur des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Contempteurs de musique contemporaine, ne passez pas votre chemin ! Pianiste, chef d’orchestre, jazzman, co-directeur de l’Ensemble Contraste et aussi compositeur, <strong>Johan Farjot</strong> avoue rester « un pur produit du Conservatoire de Paris marqué par une école française héritée de Fauré, Ravel ou Nadia Boulanger ». Un album intitulé <em>Lovescapes</em> le confirme. Deux cycles de mélodies sur des poèmes de David Tepfer – <em>Lovescapes </em>pour soprano et piano ; <em>Shikoku Songs</em> pour ténor et piano –  forment l’essentiel du programme, complété par une poignée de pièces vocales et instrumentales.</p>
<p>Sans s’éloigner des rives d’une réconfortante tonalité, la musique dessine à l’encre de chine des paysages aux reliefs estompés. « Havre de paix pour l’oreille et l’esprit, en accord avec les traditions de l’île de Shikoku, un lieu de méditation et de pèlerinage », explique <strong>David Tepfer</strong> dont la voix – parlée – berce la dernière plage de l’album (« One short moment »).</p>
<p>Une barque glisse sur des arpèges liquides. Affleurent, cachés derrière le brouillard des notes, les visages de Ravel, Britten, Copland et même Wagner dont l’esprit de <em>Tristan </em>hante certaines des mélodies de <em>Lovescapes, </em>recueil présenté par Johan Farjot, comme « la première pierre d’une tétralogie » ambitionnant à terme de devenir un opéra « dans un style à définir, qui soit digne du XXIe siècle ».</p>
<p>Pour l’heure, le compositeur dit avoir voulu « mettre en musique ce que l’amour dit du temps qui passe. Le temps qui s’arrête et le temps qui s’accélère vers une fin inéluctable ». Quête proustienne dont l’aboutissement doit beaucoup à l’excellence de ses interprètes. Ainsi, Johann Farjot, lui-même, s’appliquant à démontrer au piano l’adage selon lequel on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Ainsi <strong>Ambroisine Bré</strong> irradiée par les rayons de « Heart to heart », une déclaration amoureuse à un soleil d’hiver. Ainsi<strong> Jeanne Gérard</strong> épaulée par l’alto obsédant d’<strong>Arnaud Thorette</strong>. Ainsi <strong>Delphine Haidan</strong> qui d’une voix brûlante se consume dans le récit hypnotique de <em>Kaguya</em> inspiré par un conte japonais. Ainsi <strong>Stanislas de Barbeyrac </strong>et <strong>David Kadouch</strong> narrateurs inspirés de <em>Shikoku</em>, « l’histoire d’un couple qui se découvre au cours d’une aventure cycliste au Japon ». Puis <strong>Sandrine Piau</strong>, vouivre troublante intaillée en ces paysages d’amour (<em>lovescapes</em>) qui donnent leur nom à l’album.  </p>
<p>A l&rsquo;écart des abimes autant que des sommets, l’écriture vocale sait ne pas mettre en danger des chanteurs assumant leur accent français en cohérence avec une démarche multiculturelle où influences musicales américaines avouées et poèmes en langue anglaise rejoignent une francité originelle. En cette période de <em>dry january</em>, voilà un antidote à l&rsquo;atonalité qu&rsquo;il faut siroter tel un Oolong dont la longue infusion peut révéler des aromes envoûtants.</p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>MASSENET, Werther — Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/werther-nice-sous-des-etoiles-contraires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jun 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle intrigante proposition, que cette nouvelle production de Werther offerte pour la réouverture in extremis de l’Opéra de Nice avant la fin de la saison. Sandra Pocceschi et Giacomo Strada, assistés par Héloïse Sérazin situent l’action dans un temps indéfini, postapocalyptique, où la nature est morte. La communauté réunie autour du Bailli vit dans un bunker &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle intrigante proposition, que cette nouvelle production de <em>Werther</em> offerte pour la réouverture <em>in extremis</em> de l’Opéra de Nice avant la fin de la saison. <strong>Sandra Pocceschi </strong>et<strong> Giacomo Strada, </strong>assistés par <strong>Héloïse Sérazin</strong> situent l’action dans un temps indéfini, postapocalyptique, où la nature est morte. La communauté réunie autour du Bailli vit dans un bunker sous une serre où les personnages cultivent tomates, vin et autres vivres. Les saisons y sont récréées par un astre artificiel niché au sommet de la serre, tantôt soleil, tantôt lune.</p>
<p>Passé la surprise du postulat de départ, cette mise en scène se révèle magistrale par la force de ses symboles et la beauté de certains de ses tableaux. Tout se structure autour de deux thèmes clés, la nature et les corps célestes – chacun rappelant la force destructrice d’un destin implacable. Puisqu&rsquo;elle a disparu, la nature, ravagée en dehors de la serre, et précairement recrée par les personnages sous cloche, prend les atours d’une pulsion de mort : la fascination panthéiste de Werther pour celle-ci n’en est alors que plus mortifère. Ses apparitions ne tiennent d’ailleurs pas du végétal, comme à l&rsquo;accoutumée, car c’est au contraire le motif minéral qui domine. Werther, comme Charlotte, s’agrippent, dans les moments les plus dramatiques, à un rocher, suggérant tout à la fois la rigueur d’une nature inhumaine, le régime sisyphéen de la dépression ou encore l&rsquo;image des héros romantiques de Caspar David Friedrich postés sur les rochers devant une nature folle. A cet égard, référence au romantisme évidente, les symboles cosmiques font sans cesse retour et imprègnent toute la mise en scène, plaçant le couple de Werther et Charlotte sous le régime des amants maudits par les étoiles, qu’il s’agisse de la magnifique promenade nocturne des deux amants à l’acte I qui se perdent parmi les étoiles d’un tableau, de la lente course d&rsquo;une comète traversant la scène durant l’intermezzo vers l’acte IV, ou encore de la mort tragique de Werther percuté non pas tant par une balle de pistolet que par…une météorite fumante – procurant un splendide et désespérant tableau final, sublimé par les lumières de <strong>Giacomo Gorin</strong>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_0923web.jpg?itok=BvkQ8JLx" title="© Dominique Jaussein" width="468" /><br />© Dominique Jaussein</p>
<p>Les étoiles, le plateau vocal n’en manque pas ! <strong>Thomas Bettinger</strong> est un splendide Werther. L’émission et la clarté de la voix, ainsi que sa puissance évidente et facile, lui permettent de camper un Werther plein de jeunesse et de vigueur. Chaque scène est abordée différemment et la prestation n’est jamais monolithique : son Werther est instable, toujours traversé d’émotions différentes d’une scène à l’autre, la déception, la frustration, la passion, et même parfois l’ennui. Son « Pourquoi me réveiller ? » est un des sommets de la soirée, marquant par ses finales pleines de puissance et de souffle, des aigus aussi sonores que solides – le tout avec une aisance déconcertante forçant l’admiration. La Charlotte d’<strong>Anaïk Morel </strong>est de la même teneur car la perfection vocale est sidérante : elle propose, pour ce rôle, une voix dont la puissance est d’une texture sombre et obscure. L’air des lettres, puis des larmes, sont déchirants, mais c’est d’un simple « Dieu ! », lorsqu’Albert la confronte pour confier les pistolets à Werther, qu’elle vous fera suffoquer de larmes. Son jeu d’actrice et sa voix ne font qu’un dans ce lamento inexorable vers le désespoir : c’est une immense Charlotte. Le couple est d’une rare alchimie, et les retrouvailles dans l’acte III, où un simple toucher de main là aussi vous tire les larmes, comme les adieux, dans l’acte IV, trouvant les corps allongés et enlacés, sont de ces tableaux marquants qu’un spectateur gardera avec lui.</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/actu/jeanne-gerard-il-y-a-chez-massenet-une-theatralite-intrinseque-qui-me-bouleverse"><strong>Jeanne Gérard</strong></a> propose une Sophie fascinante par sa justesse humaine très touchante : sans cesse sur un fil, elle oscille entre la sincérité d’un bonheur qu’elle veut partager, la conscience aigüe du drame qui se noue autour d’elle et une forme de déni indispensable à la survie de tous. Cette proposition est servie par une magnifique voix, déployant une subtile palette de nuances, passant habilement de la douceur bouleversante du velours lorsqu’elle console Charlotte à une puissance diaprée et lumineuse, dont le volume est particulièrement généreux, lorsqu’elle resplendit de joie. On retiendra pour longtemps la grâce déchirante de son pianissimo final « Dieu nous permet d’être heureux ! » qui contribue grandement à la beauté poignante des dernières mesures de l’opéra. <strong>Jean-Luc Ballestra</strong> campe de son côté un Albert somptueux traversé par une colère bouillonnante et une amertume toujours contenue. Sans jamais verser dans l’animosité, sa voix d’une force assez extraordinaire traduit tantôt la brutalité, tantôt la frustration impatiente à laquelle il est condamné. La scène de l’acte III durant laquelle il confie les pistolets à Charlotte est d’une intensité effroyable grâce à son jeu d’acteur extrêmement convaincant. In fine, Jean-Luc Ballestra et Anaïk Morel parviennent à tisser entre Charlotte et Albert une forme d’alchimie totalement toxique, qui est le parfait pendant de celle, lumineuse et touchante, entretenue entre Charlotte et Werther. Le Bailli d’<strong>Ugo Rabec </strong>est excellent : sa voix de basse a la profondeur digne de ce chef de clan de survivants, tout comme il en a la très belle stature. Le duo de Schmidt et Johann, servi par <strong>Thomas Morris</strong> et <strong>Laurent Deleuil</strong> est très convaincant, les voix sont radieuses et les jeux d’acteurs ce qu’il faut de comique – sans trop en faire, ce qui est très appréciable. Le duo de Kätchen et Brühlmann de <strong>Victoria Dupuy</strong> et <strong>Philippe Zang</strong> est quant à lui touchant, les deux personnages étant scéniquement bien mobilisés, ce qui doit être souligné.</p>
<p>La direction musicale de <strong>Jacques Lacombe</strong> révèle sa fine connaissance de Massenet. Particulièrement subtil, il met en lumière tous les contrastes de la partition et en fait ressortir les multiples couleurs, de la noirceur totale à la gaité infinitésimale. L’<strong>orchestre philharmonique de Nice</strong> transparaît dans toute sa précision et sa richesse des timbres, sans sacrifier à la belle osmose entretenue par Jacques Lacombe entre la scène et la fosse. De son côté, le <strong>Chœur d’enfants de l’Opéra Nice Côte d’Azur</strong> est tout ce qu’il faut de sautillant et de tendre, grâce à l’efficace direction de <strong>Philippe Négrel</strong>.</p>
<p>Au total cette production est un tour de force. Fascinante mise en scène, perfection du plateau vocal : tout trouve sa place, dans un parfait alignement des&#8230;planètes.</p>
<p> </p>
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		<title>Jeanne Gérard : « Il y a chez Massenet une théâtralité intrinsèque qui me bouleverse »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2021 05:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lauréate du concours de chant lyrique de Mâcon en 2019 et nominée en tant que révélation lyrique aux Victoires de la musique classique 2021, Jeanne Gérard a fait des débuts très remarqués sur la scène lyrique. À la veille de sa prise de rôle en Sophie dans Werther à l’Opéra de Nice, la jeune soprano &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Lauréate du concours de chant lyrique de Mâcon en 2019 et nominée en tant que révélation lyrique aux Victoires de la musique classique 2021, Jeanne Gérard a fait des débuts très remarqués sur la scène lyrique. À la veille de sa prise de rôle en Sophie dans Werther à l’Opéra de Nice, la jeune soprano revient pour nous sur sa vision du rôle de Sophie, le début de sa carrière ainsi que ses nombreux projets à venir.</strong></p>
<hr />
<p> </p>
<p><strong>C’est votre prise de rôle en Sophie dans <em>Werther</em>, à l’Opéra de Nice. Comment avez-vous répété malgré le contexte sanitaire ?</strong> </p>
<p>Les répétitions ont été assez perturbées par la crise sanitaire. Le début de la production a dû être décalé d’une semaine. Jusqu’à la dernière minute, nous ignorions si elle allait voir le jour. Nous attendions fébrilement les annonces gouvernementales et, à notre grande surprise, elles se sont révélées favorables. Je n’avais jamais été aussi heureuse de retrouver mes collègues et l’enthousiasme semblait partagé par tous ! Dix jours après le début des répétitions, un cas de Covid nous a contraints à suspendre les répétitions. Nous nous sommes efforcés de perdre le moins de temps possible en organisant des séances de travail par Zoom pendant lesquelles nos metteurs en scène et la régie nous expliquaient notre parcours scénique des IIIe et IVe actes. C’était une drôle d’expérience ! Heureusement, grâce au protocole sanitaire très strict de l’Opéra, aucun autre membre de l’équipe n’a été contaminé et nous avons pu reprendre les répétitions quelques jours plus tard. Il a alors fallu redoubler d’efficacité. Ce n’est pas chose facile de se voir amputé tant de jours de répétitions pour une création mais Sandra Pocceschi, Giacomo Strada et les équipes techniques de l’Opéra de Nice ont fait preuve de capacités d’adaptation qui forcent l’admiration. </p>
<p><strong>Sophie est particulièrement lumineuse et joyeuse dans un opéra où tous les personnages principaux sont mélancoliques ou amers. Comment avez-vous déterminé le bon positionnement du rôle ?</strong></p>
<p>Sophie est en effet un « personnage » lumineux et joyeux : elle porte le masque de la joie pour que son château de cartes ne s’effondre pas. Je ne signifie pas du tout par là que cette joie soit entièrement feinte ou construite. Elle est très présente chez Sophie mais elle n’en est à la fois que l’épiderme et le noyau. Entre les deux, il y a du jeu. Sophie ressent le divin dans chaque être et chaque chose, et c’est de cette perception que jaillit sa joie première. A cette sorte de panthéisme, proche de l’exaltation werthérienne, s’oppose la foi verticale, transcendante et soumise de Charlotte. Aussi, précisément parce qu’elle est en lien avec cette source dans un monde désolé et endeuillé, devient-elle responsable de la propagation de cette lumière. Dans la production de Sandra Pocceschi et Giacomo Strada, Sophie est la porteuse de lumière au sens figuré et au sens propre : sa tâche, son rôle sont ainsi définis. Elle se doit d’égayer les cœurs assombris de ceux qui l’entourent et tâcher de taire ses états d’âme propres. De la même manière que Charlotte doit jouer le rôle de la bonne mère, Sophie doit jouer le rôle de l’enfant gaie. Mais ni l’une, ni l’autre ne peuvent tenir les rôles respectifs qui leur ont été assignés et sur lesquels repose l’homéostasie de ce microcosme. Le drame de Sophie, c’est que si elle avait été âgée de cinq ans de plus, elle aurait pu être une héroïne romantique. Mais, encore considérée par tous comme une enfant (sauf par Albert), elle reste à la fois l’ombre de Charlotte et le double inversé de Werther, sur qui elle projette tous ses désirs d’amour et de passion.</p>
<p><strong>Vous avez été nominée en tant que révélation lyrique aux Victoires de la musique classique 2021. Que retenez-vous de cette expérience ?</strong></p>
<p>Je garde un excellent souvenir des Victoires de la Musique Classique car elles m’ont permis de chanter mon répertoire de prédilection devant un large public et d’être entendue par de nombreux professionnels. Je me suis sentie particulièrement chanceuse de bénéficier de ce coup de projecteur pendant la période éprouvante que nous traversions. </p>
<p><strong>Concours de Mâcon, Festival de Verbier, Chorégies d’Orange, Victoires de la musique 2021…Votre carrière a démarré sur les chapeaux de roues. Comment abordez-vous ce début de carrière, en termes de choix de répertoire, de rôle et de scènes ?</strong></p>
<p>Je suis longtemps restée devant des portes fermées. Leur ouverture progressive m’est apparue comme un miracle ; j’étais sur le point de perdre courage. Tout semble s’accélérer depuis deux ans, et particulièrement depuis quelques mois… C’est très enthousiasmant ! Pour ce qui est du choix de répertoire, ce sont mes affinités musicales et mes capacités vocales actuelles qui me guident. Je fais confiance à mon intuition, tout en écoutant les conseils avisés de mon chef de chant, de mon professeur et de mon agent. </p>
<p><strong>À ce stade de votre carrière, comment est-ce que vous définissez votre voix de soprano ? Est-ce que vous la travaillez dans une direction particulière ?</strong></p>
<p>Je préfère penser en termes de rôles plutôt que de « Fach* ». Mais si je devais définir le mien, disons que je suis soprano lyrique colorature. Ma direction de travail est précisément de cultiver ces deux caractéristiques : j’aide le lyrisme à se développer tout en continuant à exercer quotidiennement ma souplesse, mon agilité et la finesse de l’émission. C’est en travaillant sur cette polarité de façon équilibrée que ma voix s’épanouit pleinement et que je peux aborder avec confiance des rôles nécessitant à la fois de la densité et de la légèreté.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets pour les prochains mois et pour la saison 2021-2022 ?</strong></p>
<p>Après la production de <em>Werther</em>, je retournerai à différents festivals estivaux qui me tiennent particulièrement à cœur : le Festival de Verbier, les Chorégies d’Orange, le Festival Jeunes Talents&#8230; Je chanterai également à La Scala de Paris, aux Estivales de Musique en Médoc, à la Maison de Colette, au Festival Offenbach d’Etretat&#8230; Beaucoup de musique, de programmes très divers et la joie de faire de la musique avec de magnifiques partenaires tels qu’Irène Kudela, Kaëlig Boché, Karol Beffa, le quatuor Agate, Mathieu Herzog, l’ensemble Appassionato, Adèle Charvet et Ambroisine Bré.</p>
<p>La saison prochaine fera la part belle à la musique de chambre, avec notamment mon premier récital « solo » à Carnegie Hall, le festival Nouveaux Horizons au Grand Théâtre de Provence aux côtés de Renaud Capuçon, une participation à la saison de l’Instant Lyrique&#8230; Mais elle sera également marquée par trois prises de rôle dont je me réjouis beaucoup : Gilda au Théâtre des Champs Elysées et à l’opéra de Rouen (dans une version française), Pamina au Théâtre Scène Nationale de Mâcon (qui avait été reportée à cause de la crise sanitaire) et Micaëla à la Seine Musicale. </p>
<p><strong>Vous affectionnez Massenet, Verdi et Puccini. Quels sont les répertoire et rôles vers lesquels vous souhaiteriez ou rêveriez de vous tourner prochainement et à plus long terme ? </strong></p>
<p>Je suis amoureuse de l’opéra italien et français du XIXème. C’est aussi ce répertoire qui me correspond le mieux vocalement aujourd’hui. Je rêve de Lucia, Violetta, Liù, Giulietta, Juliette, Ophélie… de Manon, bien sûr ! Il y a chez Massenet une adéquation parfaite entre la musique et le texte, une théâtralité intrinsèque qui me bouleverse. J’aime aussi immensément les opéras de Mozart. Donna Anna, la Comtesse, Fiordiliggi sont des rôles que j’adorerais aborder dans un futur proche. Et puis je rêve d’une autre Sophie : celle du <em>Rosenkavalier </em>de Strauss. </p>
<p><em>Propos reccueillis le 1er juin 2021.</em></p>
<p><strong>*</strong>NDLR : le système « Fach » désigne le classement des chanteurs et chanteuses selon leur tessiture.</p>
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		<title>Questionnaire de Proust : Jeanne Gérard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bouctot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Feb 2021 17:08:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après ses années de classes préparatoires littéraires à Henri IV, Jeanne Gérard obtient son master de chant lyrique à la Manhattan School of Music. Artiste polyvalente, elle explore également le théâtre et le jazz, qu’elle chante à Paris et à New-York. Soprano lyrique au timbre cuivré, elle diversifie son répertoire qui s’étend de Mozart (Pamina) &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après ses années de classes préparatoires littéraires à Henri IV, Jeanne Gérard obtient son master de chant lyrique à la Manhattan School of Music. Artiste polyvalente, elle explore également le théâtre et le jazz, qu’elle chante à Paris et à New-York. Soprano lyrique au timbre cuivré, elle diversifie son répertoire qui s’étend de Mozart (Pamina) à Strauss (la Gardienne du Temple dans <em>la Femme sans Ombre</em> – qu’elle interpréta sous la direction de Gergiev) en passant par Sophie (de Werther). Elle a aussi enregistré un disque de mélodies de Karol Beffa. Figure montante du chant français, Jeanne Gérard est nommée cette année dans la catégorie révélations des Victoires de la Musique classique. A quelques jours des résultats, elle nous livre son Questionnaire de Proust.</strong></p>
<p><strong>1. Le principal trait de mon caractère ?</strong></p>
<p>La curiosité</p>
<p><strong>2. La qualité que je préfère chez un ténor ? </strong></p>
<p>La douceur</p>
<p><strong>3. La qualité que je préfère chez une soprano ? </strong></p>
<p>L’alliance de la profondeur et du cristal</p>
<p><strong>4. Ce que j&rsquo;apprécie le plus chez mes collègues sur scène ? </strong></p>
<p>La générosité et l’humilité</p>
<p><strong>5. Mon principal défaut ? </strong></p>
<p>Joker !</p>
<p><strong>6. Mon occupation préférée dix minutes avant de monter sur scène ? </strong></p>
<p>Méditer</p>
<p><strong>7. L’opéra que je préfère ? </strong></p>
<p>Don Giovanni</p>
<p><strong>8. L’opéra qui me casse les oreilles ? </strong></p>
<p>Il a été inspiré d’une pièce de Racine. Je préfère ne pas donner d’autres indices !</p>
<p><strong>9. Le dernier rôle que je voudrais chanter ? </strong></p>
<p>Cio-Cio-San ou l’une des trois reines de Donizetti</p>
<p><strong>10. Le pays où je désirerais vivre ? </strong></p>
<p>L’Italie</p>
<p><strong> 11. La couleur que je préfère ? </strong></p>
<p>Le bleu roi</p>
<p><strong>12. Mon air préféré ? </strong></p>
<p>« E lucevan le stelle » (eh oui, un air de ténor !)</p>
<p><strong>13. Mon disque de chevet ? </strong></p>
<p>« Good night » de Bertrand Chamayou</p>
<p><strong>14. Mes compositeurs favoris à l’opéra ? </strong></p>
<p>Mozart, Bellini, Verdi, Puccini, Massenet, Strauss…</p>
<p><strong>15. Mes Lieder ou mélodies préférées ? </strong></p>
<p>« Pace non trovo » de Liszt, « Morgen » de Strauss, « La chanson perpétuelle » de Chausson, « Paradis » de Fauré, « El mirar de la Maja » de Granados …</p>
<p><strong>16. Mes héros favoris dans l’opéra ? </strong></p>
<p>Werther, Rodolfo, Tamino…</p>
<p><strong>17. Mes héroïnes favorites dans l’opéra ? </strong></p>
<p>Violetta Valéry, Carmen, Susanna…</p>
<p><strong>18. Mes metteurs en scène préférés ? </strong></p>
<p>Damiano Michieletto, Krzysztof Warlikowski, Robert Carsen, Vincent Huguet…</p>
<p><strong>19. Mes peintres favoris ? </strong></p>
<p>Le Caravage, Turner, Kandinsky, Hockney, Soulages…</p>
<p><strong>20. Mes héros dans la vie réelle ? </strong></p>
<p>Gandhi, Nelson Mandela, Aristides de Sousa Mendes…</p>
<p><strong>21. Mes héroïnes dans l&rsquo;Histoire ? </strong></p>
<p>Simone Veil, Rosa Parks, Frida Kahlo, Virginia Hall…</p>
<p><strong>22. Mes prénoms favoris ? </strong></p>
<p>Gabriel, Théo, Clara</p>
<p><strong> 23. Ce que je déteste par-dessus tout ? </strong></p>
<p>L’aigreur et l’égocentrisme</p>
<p><strong>24. Personnages d’opéra que je méprise le plus ?</strong> </p>
<p>Boris Timoféiévitch Ismaïlov, Scarpia, Iago, Jack the Ripper, Gertrude…</p>
<p><strong>25. Mon pire souvenir sur scène ?</strong></p>
<p>Un trou de mémoire lors de mon tout premier concours</p>
<p><strong> 26. Mon meilleur souvenir sur scène ? </strong></p>
<p>Mes débuts à Carnegie Hall</p>
<p><strong>27. Le don de la nature que je voudrais avoir ? </strong></p>
<p>Le don de guérison</p>
<p><strong>28. Comment j&rsquo;aimerais mourir ? </strong></p>
<p>En harmonie</p>
<p><strong> 29. État d&rsquo;esprit actuel ? </strong></p>
<p>Ensommeillé</p>
<p><strong>30. Fautes qui m&rsquo;inspirent le plus d&rsquo;indulgence ? </strong></p>
<p>Les maladresses provoquées par le désir d’être aimé</p>
<p><strong>31. Ma devise ? </strong></p>
<p>Que ton intérêt porte sur l&rsquo;action seulement, jamais sur ses résultats. (Bhagavad Gita) Et… « Aimez-vous, l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour un carcan : Qu’il soit plutôt mer mouvante entre les rives de vos âmes. (…) Chantez et dansez ensemble, et soyez joyeux, mais que chacun demeure isolé, Comme sont isolées les cordes du luth, bien que frémissantes de la même musique » (Le Prophète, Khalil Gibran)</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Révélations des Victoires de la Musique Classique : votez pour votre artiste favori !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/revelations-des-victoires-de-la-musique-classique-votez-pour-votre-artiste-favori/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2021 10:44:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un Académie composée de 350 votants (300 professionnels + 50 auditeurs de France Musique tirés au sort après avoir fait acte de candidature pour intégrer cette Académie) a voté pour élire six jeunes artistes pour la catégorie Révélations des prochaines Victoires de la Musique Classique 2021. Leurs noms ont été révélés le 17 décembre dernier (voir &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un Académie composée de 350 votants (300 professionnels + 50 auditeurs de France Musique tirés au sort après avoir fait acte de candidature pour intégrer cette Académie) a voté pour élire six jeunes artistes pour la catégorie Révélations des prochaines Victoires de la Musique Classique 2021. Leurs noms ont été révélés le 17 décembre dernier (voir ci-dessous).    </p>
<p>Jusqu’au mardi 16 février 2021, 20h, votez pour le ou la soliste instrumental et l&rsquo;artiste lyrique de votre choix, sur<a href="https://www.francetelevisions.fr/et-vous/participer-a-une-emission/victoires-classique-2021-4471"> ftvetvous.fr/victoiresclassique</a></p>
<hr />
<p><strong>Révélation, soliste instrumental</strong></p>
<ul>
<li>Jean-Paul Gasparian, piano</li>
<li>Eva Zavaro, violon</li>
<li>Aurélien Gignoux, percussions</li>
</ul>
<p><strong>Révélation, artiste lyrique</strong></p>
<ul>
<li>Marie Oppert, soprano</li>
<li>Jeanne Gerard, soprano</li>
<li>Marie-Laure Garnier, soprano</li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Révélations des Victoires de la Musique Classique 2021 sont&#8230;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-revelations-des-victoires-de-la-musique-classique-2021-sont/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Dec 2020 09:27:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/les-revelations-des-victoires-de-la-musique-classique-2021-sont/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Décidé par un jury constitué d&#8217;environ 300 professionnels, le nom des trois candidates au titre de Révélation des Victoires de la Musique Classique 2021 dans la catégorie « artiste lyrique » vient d&#8217;être communiqué. Candidates, au féminin donc car il s&#8217;agit de trois sopranos : Marie-Laure Garnier, Jeanne Gérard et Marie Oppert. En parallèle, concourront dans la catégorie « soliste &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/les-revelations-des-victoires-de-la-musique-classique-2021-sont/"> <span class="screen-reader-text">Les Révélations des Victoires de la Musique Classique 2021 sont&#8230;</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Décidé par un jury constitué d&rsquo;environ 300 professionnels, le nom des trois candidates au titre de Révélation des Victoires de la Musique Classique 2021 dans la catégorie « artiste lyrique » vient d&rsquo;être communiqué. Candidates, au féminin donc car il s&rsquo;agit de trois sopranos : <strong>Marie-Laure Garnier</strong>, <strong>Jeanne Gérard</strong> et <strong>Marie Oppert</strong>. En parallèle, concourront dans la catégorie « soliste instrumental »<strong> Jean-Paul Gasparian</strong> (piano), <strong>Aurélien Gignoux</strong> (percussions) et <strong>Eva Zavaro </strong>(violon). Le concert des six nommés aura lieu le mercredi 13 janvier à Paris, Salle Gaveau. Capté et diffusé sur France Musique le lundi 25 janvier à 20h, ce concert sera ouvert au public, sauf annonces gouvernementales contraires en début d&rsquo;année prochaine.</p>
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		<title>Jeanne Gérard illumine Connaissance du Monde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jeanne-gerard-illumine-connaissance-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bouctot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Dec 2020 06:42:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les prochaines semaines s’assombrissent pour les artistes lyriques, un petit rayon de soleil apparaît néanmoins. Neutra Productions, le nouveau propriétaire de la marque « Connaissances du Monde », a en effet entrepris de proposer des programmes audiovisuels consacrés à la musique classique, sous les conseils vigilants de Yann Ollivier, ex-directeur de Deutsche Grammophon. Tout d’abord &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que les prochaines semaines s’assombrissent pour les artistes lyriques, un petit rayon de soleil apparaît néanmoins.</p>
<p>Neutra Productions, le nouveau propriétaire de la marque « Connaissances du Monde », a en effet entrepris de proposer des programmes audiovisuels consacrés à la musique classique, sous les conseils vigilants de Yann Ollivier, ex-directeur de Deutsche Grammophon. Tout d’abord avec « Unique », une série de films à destination des salles de cinéma (en partenariat avec Deutsche Grammophon et les Monuments de France) lancée en janvier dernier avec la captation d’un concert donné par le violoniste <strong>Nemanja Radulovic</strong> et son ensemble Double Sens à Carnac. Puis avec les concerts du Bastille Design Center alternant des programmes de musique de chambre ou des récitals lyriques et diffusés directement sur la chaîne éponyme « Connaissance du Monde ».</p>
<p>L’extrait proposé ici, <em>Ständchen</em> de Schubert, est issu de la captation filmée en juillet 2020 : la soprano <strong>Jeanne Gérard </strong>avait réuni ses complices le pianiste <strong>Paul Montag</strong> et le clarinettiste <strong>Raphaël Sévère</strong> pour un récital parcourant le romantisme allemand (Schubert, Schumann) et le début du XXe siècle (Debussy et Richard Strauss). </p>
<p>Ce concert fait partie d’un ensemble de 20 récitals qui seront diffusés à partir de janvier 2021. Coté vocal, outre Jeanne Gérard, les spectateurs pourront retrouver les sopranos <strong>Tatiana Probst</strong> et <strong>Heather Newhouse</strong> ainsi que la mezzo <strong>Alexia Macbeth</strong>, la chanteuse <strong>Noemi Waysfeld</strong> et les solistes vocaux de l’ensemble <strong>ZENE.</strong></p>
<p><a href="https://vimeo.com/486906806/b2190a6efe">https://vimeo.com/486906806/b2190a6efe</a></p>
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