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	<title>Philippe GÉRARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Philippe GÉRARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ADAMS, I Was Looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-was-looking-at-the-ceiling-and-then-i-saw-the-sky-paris-athenee-un-ciel-ombrage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Feb 2022 05:16:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>I was looking at the ceiling and then I saw the sky est une œuvre à part dans la carrière de Johns Adams puisqu’il s’agit de son incursion dans le monde de la comédie musicale. Si l’orchestre, la durée de l’opus et la technique vocale sont caractéristiques du genre, l’absence totale de dialogues parlés singularise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>I was looking at the ceiling and then I saw the sky</em> est une œuvre à part dans la carrière de Johns Adams puisqu’il s’agit de son incursion dans le monde de la comédie musicale. Si l’orchestre, la durée de l’opus et la technique vocale sont caractéristiques du genre, l’absence totale de dialogues parlés singularise ce que le compositeur a choisi de qualifier de « songplay ».</p>
<p><strong>Marianne Pousseur</strong> et <strong>Enrico Bagnoli</strong> proposent une approche <em>a minima</em> de l’œuvre sans apporter de vision particulièrement percutante. Le dispositif scénique a tout pour intriguer : le décor est en effet la projection sur grand écran d’une série de petites maquettes, filmées dans un coin de la scène. Pourquoi pas ! Le problème réside toutefois dans l’aspect esthétique desdites maquettes, assez grossières, irréalistes, sans être pour autant poétiques ni oniriques. L’approche dramatique en reste là, en l’absence de réelle réflexion sur l’œuvre et sa portée éminemment actuelle – seul un vague t-shirt <em>Black Lives Matter </em>viendra souligner l’actualité du sujet. C’est un peu court. La direction d&rsquo;acteur n&rsquo;est pas toujours inspirée, comme dans la scène d&rsquo;arrestation de Dewain, un peu laborieuse alors qu&rsquo;en principe, elle devrait saisir le spectateur d&rsquo;effroi. </p>
<p>La frustration vient aussi du choix de de ne pas représenter l&rsquo;ensemble de l’ouvrage, dès lors qu&rsquo;un petit tiers des chansons manque à l&rsquo;appel, ce qui peut paraître regrettable, car les personnages n’ont plus l’espace suffisant pour déployer pleinement leur psychologie et leur trajectoire. L’œuvre s’en trouve ramenée à une poignée de chansons, sans que le spectateur ne puisse, en une heure quinze, s’immerger émotionnellement dans ce drame choral. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/iwas10.jpg?itok=FReUi8LF" title="© Hubert Amiel" width="468" /><br />© Hubert Amiel</p>
<p>Le plateau vocal est composé d’anciens étudiants du Conservatoire de Bruxelles, encore assez jeunes mais qui font montre d&rsquo;un bel engagement au service de l’œuvre. <strong>Maria Belen Fos</strong> est très juste et touchante en Consuelo, contrepoint idéal de l’énergique <strong>Natalie Oswald</strong> dont la Leila sait aussi révéler, le moment venu, ses fragilités. <strong>Sonia Shéridan Jacquelin</strong> est une Tiffany très convaincante en journaliste sensationnelle. Si le trio de ces trois chanteuses est un moment très réussi, la scène où tout trouve sa place, en matière d’intention dramatique, de décor et de lumière est certainement le chant de la libération du Dewain de <strong>Lionel Couchard</strong>, dont la voix ample et la sensibilité atteignent un bel équilibre.</p>
<p>Transformée en Rickie pour l’occasion, le personnage de <strong>Marie Juliette Ghazarian</strong> est également doté d’une belle énergie revendicative, notamment lors de la scène de plaidoirie. De son côté, <strong>Lucas Bedecarrax</strong> se défend bien pour un Mike dont les répliques sont malheureusement assez pauvres pour ce livret peu inspiré. Le pasteur de <strong>Marc Fournier</strong> devient un personnage très secondaire en raison du format retenu, mais il occupe admirablement bien la scène lors de son « Crushed by the Rock I Been Standing On ». On peut regretter que les chanteurs ne soient pas sonorisés, comme c’est a priori plutôt l’usage pour le genre, car ils sont quelques rares fois couverts par l’orchestre.</p>
<p>La direction musicale de de <strong>Philippe Gérard</strong> est admirable et sait restituer les ambiguïtés de la partition avec subtilité, notamment lorsqu’affleure le style caractéristique d’Adams, tout en sachant relever avec brio le défi de la multiplicité des genres – jazz, rock, …– qui se succèdent d’une chanson à l’autre.</p>
<p> </p>
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		<title>, Mam’zelle Nitouche — Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mamzelle-nitouche-rouen-denise-et-les-mauvais-garcons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Dec 2018 07:28:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Denise est une fausse ingénue qui, la nuit venue, va escalader le mur du couvent des hirondelles où elle poursuit ses études, pour rejoindre le lieu le plus sulfureux qui soit : le théâtre local où le hasard va la consacrer vedette sous le nom de « Mam’zelle Nitouche ». Qu’il est vilain de désobéir ! Denise est ainsi &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Denise est une fausse ingénue qui, la nuit venue, va escalader le mur du couvent des hirondelles où elle poursuit ses études, pour rejoindre le lieu le plus sulfureux qui soit : le théâtre local où le hasard va la consacrer vedette sous le nom de « Mam’zelle Nitouche ». Qu’il est vilain de désobéir ! Denise est ainsi entraînée sur la pente glissante du vice et de la débauche, vers le monde dissolu du théâtre. Est-ce ce que veut nous faire croire le metteur en scène <strong>Pierre-André Weitz</strong> en sous-titrant l’œuvre, sur le rideau de scène, « Opéra révolutionnaire », et en tentant de transformer la bluette qui ravissait nos grands-parents (et qui continue une étonnante carrière dans sa version « originale », notamment en Russie et en Europe centrale) en une satyre sociale peuplée de mauvais garçons ? En réalité, tout cela reste plus gentillet que subversif, d’autant qu’à la fin tout rentre dans l’ordre bourgeois. Ouf.</p>
<p>	La représentation se déroule sur un rythme effréné grâce notamment à un dispositif scénique à tournette très efficace qui fait s’enchaîner les scènes avec rapidité. Le public, un peu renfrogné au début (contexte général oblige) finit par se laisser entraîner. Il faut dire que certaines scènes dérideraient un macchabée, comme le démarrage au quart de tour pendant l’ouverture, le faux premier entracte, et le délire du Major qui voit défiler à vitesse accélérée toute l’action. Quant à « l’invocation à sainte Nitouche », c’est un morceau d’anthologie qui à lui seul vaut le voyage. La religion gentiment brocardée dans la version d’origine dépasse ici le kitsch saint-sulpicien pour rejoindre les Madones et religieuses troubles de Pierre et Gilles. Pour le reste, on peut tout juste parler parfois de transposition, sans que l’œuvre soit jamais trahie. Ainsi en est-il de choix souvent drôles, comme les apaches qui dansent la java, ou les soldats en tutu. D’autres sont plus étranges, tel le personnage typiquement germanique (et berlinois) de l’homme-femme de l’ouverture, bien gratuit puisqu’il n’y a dans cette œuvre aucun travestissement autre que ceux imposés par le metteur en scène. Passons aussi sur le clown blanc-régisseur, car c’est fort bien fait.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/img_2097_pressebd.jpg?itok=lwNcGIu0" width="468" /><br />
	© Photo Frédéric Stéphan</p>
<p>
	Ce serait donc plutôt bien s’il n’y avait malheureusement de véritables contresens, dont les moindres sont les élèves de l’institution transformées en nonnes, et le maître de musique portant une soutane. Mais le plus ennuyeux, c’est la distribution du rôle de Célestin/Floridor à un chanteur de type « jeune premier », là où le compositeur avait prévu l’homme mûr seul envisageable au milieu des sœurs et demoiselles de l’institution. Après beaucoup d’autres (on se souvient notamment de Raimu, Fernandel et Jean-Marie Proslier), et malgré ses grandes qualités de présence, de jeu et de chant, <strong>Damien Bigourdan</strong> n’arrive pas à imposer ce personnage qui n’a pas été conçu pour un jeune homme séduisant. Car dès lors, pourquoi Denise n’aurait-elle pas eu immédiatement le béguin pour lui ? Ce qui aurait bien évidemment été une tout autre histoire.</p>
<p>	En dehors de ce parti pris qui plombe un peu la représentation, on reste partagé devant les démonstrations délirantes d’<strong>Olivier Py</strong>. On sait ses compétences multiples d’homme de théâtre, d’acteur et de chanteur. Mais si son Loriot-comique troupier est en tous points remarquable, sa résurrection de Miss Knife pour jouer Corinne, et surtout la Mère supérieure, ne s’imposait peut-être pas. C’est drôle au début, encore que sa Corinne soit bien vulgaire sans avoir le charme canaille d’Ona Munson en Belle Watling. Mais au dernier acte, la Mère supérieure qui devient frénétique façon Guignol, comme si elle avait un train à prendre, est tout simplement insupportable, avec ses provocations excessives et bien inutiles.</p>
<p>	<strong>Lara Neumann</strong> est une actrice que l’on a toujours aimée dans <em>Lucienne et les Garçons</em> aux côtés de Flannan Obé, en même temps qu’une cantatrice rompue comme Flannan au style des opérettes classiques. Elle entraîne tout son monde avec un entrain communicatif, en privilégiant le côté roué de Denise et en la tirant vers le monde d’Anne-Élisabeth Blateau, plus que vers une simple ingénue même un peu libertine. Côté vocal, elle assure avec brio, même si donner trois représentations en trois jours ne peut pas ne pas avoir de répercussions physiques. Ainsi, alors que dans le disque d’extraits qui accompagne la tournée* elle offre une très bonne prestation chantée, on remarque ce soir sur scène des baisses de tonus qui dès le duo du « soldat de plomb » la mettent vocalement très en retrait de son partenaire au niveau du médium et font craindre pour la suite. Fort heureusement, tout rendre rapidement dans l’ordre et son « Babet et Cadet », notamment, est éblouissant.</p>
<p>	<strong>Samy Camps</strong> (Fernand de Champlâtreux) est à l’unisson, même si sa prononciation est quasi incompréhensible. <strong>Philippe Gérard</strong> en major est bien dans la tradition, le reste de la distribution est tout à fait excellent, et les comparses épatants. On regrette que les chœurs ne soient pas plus étoffés (c’est un euphémisme) car dès lors, l’œuvre prendrait une tout autre dimension. L’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie fait merveille sous la baguette vive et précise de <strong>Christophe Grapperon</strong>, qui nous fait redécouvrir avec sa verve musicale habituelle les finesses de cette belle partition. Le public aussi a été conquis, et le manifeste chaleureusement, suscitant de nombreux saluts et deux reprises d’un des tubes de l’œuvre, « La Légende de la Grosse-caisse ».</p>
<p>* CD (extraits) édité par le Palazetto Bru Zane</p>
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