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	<title>Claire GIBAULT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Claire GIBAULT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SCHUBERT, La jeune fille et la mort &#8211; La Côte Saint-André</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-la-jeune-fille-et-la-mort-la-cote-saint-andre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour mettre au goût du jour les œuvres anciennes, pour les adapter aux dimensions des salles de son temps, Mahler, après bien d’autres, orchestra ou réorchestra avec un succès inégal Bach, Beethoven, Schubert, Schumann pour n’évoquer que les plus célèbres. On connaît les amples effectifs que requiert son œuvre, comme ses talents d’orchestrateur.  Plusieurs quatuors &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour mettre au goût du jour les œuvres anciennes, pour les adapter aux dimensions des salles de son temps, Mahler, après bien d’autres, orchestra ou réorchestra avec un succès inégal Bach, Beethoven, Schubert, Schumann pour n’évoquer que les plus célèbres. On connaît les amples effectifs que requiert son œuvre, comme ses talents d’orchestrateur.  Plusieurs quatuors sont ainsi réécrits pour prendre une dimension symphonique, dont le célèbre « La jeune fille et la mort ». Cet impressionnant hommage à Schubert, sincère, paraîtra bien trivial dans son amplification à celles et ceux qui chérissent l’original. La dimension symphonique confère une puissance indéniable, assortie d’un expressionnisme fort, mais y gagne-t-on ? Schubert, y compris celui des symphonies, est loin, très loin. C’est du Mahler, et pas forcément le meilleur.</p>
<p>Heureusement, la direction que <strong>Claire Gibault</strong> imprime au Paris Mozart Orchestra estompe pour l’essentiel les boursouflures que lui donnent certains chefs. Son orchestre, avec lequel elle entretient une familiarité filiale, se montre ductile, précis, engagé. Les basses, nourries (3 contrebasses et 5 violoncelles), impérieuses et virtuoses, tirent un peu la couverture à elles, au détriment des autres parties. L’<em>allegro</em> initial, tour à tour lyrique, vigoureux voire fiévreux, mêle tendresse et rage. La dynamique en est exemplaire. L’<em>andante con moto</em>, dont la douloureuse émotion des variations est connue, trouve une grande et tragique beauté, là où, trop souvent, les orchestres et leur chef oublient l’essence du quatuor pour tomber dans le sanglot. Repris en bis, l’émotion est ici intacte, retenue, jamais larmoyante. Tout juste est-on surpris de l’alternance soli – tutti, imposée par Mahler, si bien gérée soit-elle. Le <em>scherzo</em> proprement symphonique, est tendu, haletant, accentué, vigoureux et plein. Etonnamment, le finale <em>presto</em> n’est pas enchaîné. Frémissant, animé et transparent, aux contrastes accusés, ce sera le seul mouvement propre à faire oublier la version originale. Si la démonstration des qualités de l’orchestre est renouvelée, cette version laisse partagé.</p>
<p>Au cœur du programme – c’en est la justification – quatre mélodies avec orchestre de Berlioz, confiées à <strong>Valérie Bunel</strong>, dont le beau mezzo est remarquable, lumineux et flexible. Elle vit son texte avec intensité, et la pureté d’émission sert chacune avec un art consommé. On avait écouté <em>Le belle voyageuse</em> quelques heures auparavant, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-melodies-3-4-la-cote-saint-andre/">dans sa version pour ténor et piano, avec Mathias Vidal</a> (1). Les bois par deux, les cors et les percussions se sont ajoutés pour la circonstance. La leçon d’orchestration est magistrale, illustrée par des musiciens au mieux de leur forme. C’est toujours transparent, toujours soucieux du chant, pour notre bonheur. <em>La mort d’Ophélie</em>, pathétique, servie par une voix de velours sombre comme par un très bel orchestre, aux cordes graves frémissantes, nous émeut. <em>La captive</em>, mélancolique, dont les séquences contrastées alternent, est savoureuse.  Le boléro<em> Zaïde</em>, avec ses spectaculaires castagnettes, couronne ce programme vocal. Même si tel fidèle habitué du Festival évoque Karine Deshayes dans le même répertoire, force est de reconnaître les couleurs et la clarté du timbre, une maîtrise technique sans faille, à défaut des graves capiteux de la référence citée. Le style est irréprochable et la santé vocale évidente. Les qualités de phrasé, la longueur de voix sont bien au rendez-vous. Ce sera le sommet de cette soirée.</p>
<p>Il ne manquait que deux trompettes à la formation pour aborder Beethoven. Discrètement, elles prennent place. Claire Gibault dirige mains nues, par cœur. L’<em>allegro</em> initial surprend par son côté incisif, au détriment de la jovialité. La pâte orchestrale est fort belle, cependant la légèreté, l’humour de l’<em>allegretto</em>, comme l’élégance du <em>minuetto</em> sont étouffés par les ponctuations véhémentes des bois, dont il faut souligner la qualité, comme celle des cors. L’ample <em>allegro vivace </em>oublie vite le vivace (1) pour une course effrénée, contrastée à souhait, qui mobilise chacun. Les instruments modernes, particulièrement les timbales, virtuoses et éclatantes, déséquilibrent les masses sonores. Une lecture marquée par l’élément rythmique, omniprésent, mais au détriment du caractère lyrique, souriant et enjoué. Pourquoi pas, même si cela dérange nos habitudes ?</p>
<ul>
<li>
<pre>(1) Et on connaît l’obsession métronomique de Beethoven, l’<em>allegretto</em> nous le rappelle.</pre>
</li>
</ul>
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		<title>BEETHOVEN / BERLIOZ , Héroïques &#8211; La Côte Saint-André</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-berlioz-heroiques-la-cote-saint-andre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Sep 2023 06:19:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Association bienvenue à La Côte Saint-André que l’encadrement des Nuits d’été par deux des œuvres les plus populaires de Beethoven. L’ouverture de la musique de scène que ce dernier écrivit pour l’Egmont de Goethe traduit à la fois son enthousiasme pour la pièce, comme son adhésion aux valeurs qui en sont le ressort. L’histoire est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Association bienvenue à La Côte Saint-André que l’encadrement des <em>Nuits d’été</em> par deux des œuvres les plus populaires de Beethoven. L’ouverture de la musique de scène que ce dernier écrivit pour l’<em>Egmont</em> de Goethe traduit à la fois son enthousiasme pour la pièce, comme son adhésion aux valeurs qui en sont le ressort. L’histoire est connue, de la révolte des Hollandais contre l’oppresseur espagnol, ainsi que le sacrifice d’Egmont, sur l’échafaud, qui les conduira à la victoire. Même en ignorant le fil conducteur, le drame que traduit la musique ne peut laisser personne insensible.</p>
<p><strong>Claire Gibault</strong> dirige par cœur. Sa gestique sobre, efficace, puissante comme retenue, fondée sur la métrique, les périodes, plus que sur la pulsation, communique à chacun l’énergie, la dynamique, et sculpte les phrasés. Pour sa première venue au Festival, le <em>Paris Mozart Orchestra</em>, qu’elle a forgé à son image, généreuse, chaleureuse, donne le meilleur de lui-même. L’articulation, les équilibres comme les couleurs et une dynamique rare n’appellent que des éloges. L’orchestre claque, tranchant mais chante avec un égal bonheur. Le discours, toujours clair et vivant, est conduit avec engagement. On en apprécie aussi les respirations, les suspensions, essentielles,</p>
<p>Rayonnante dans une magnifique robe bouton d’or, <strong>Véronique Gens </strong>apparaît, pour <em>les Nuits d’été</em>, qui lui sont ô combien familières. La <em>Villanelle</em> surprend, la voix paraît neutre. L’orchestration renouvelée des trois couplets toujours séduit, avec un beau pupitre de basses, qui articule, sans jamais forcer le trait. Cette première impression sera heureusement corrigée dès <em>le Spectre de la rose</em>, grand air lyrique, pris très retenu, où le chant s’épanouit, sensuel, chaud, avec un tissu orchestral diaphane, délicat et magnifié : cordes en sourdines, qui tissent leur cocon, pour un enlacement final, avant que la mélodie s’évanouisse. La fluidité pleine des instruments, pour une voix longue et soutenue, nous vaut un réel bonheur. Tout fait sens, d’autant que la diction de la grande tragédienne sert la poésie autant que la ligne, rendant les surtitrages redondants.  Les trois déplorations centrales, de <em>la Chanson du pêcheur</em> au <em>Cimetière</em>, seront autant de moments d’émotion vraie. La détresse (« que mon sort est amer ») du premier lamento, son animation passionnée, la douleur d’<em>Absence</em>, ses silences, son exaltation progressive, pour retrouver le triple piano de la confidence (« Reviens, reviens, ma bien-aimée »), la retenue de la fin, tout nous captive. Apaisé, résigné, recueilli, <em>Au cimetière</em>, n’est pas moins émouvant, où flûtes et clarinettes subliment le chant. La barcarolle finale &#8211; <em>L’île inconnue</em> – claire, lumineuse, légère et désabusée (« on ne la connait guère au pays des amours ») est d’un égal bonheur : les bois et les cors parviennent à colorer (triple piano) l’écrin où la voix dialogue avec elle-même. La fusion des lignes de chant avec un orchestre absolument chambriste est idéale, traduction de l’entente entre la cheffe et la soliste. Le romantisme à l’état pur, jamais démonstratif, sans sentimentalisme ni mièvrerie. Véronique Gens, Claire Gibault et ses amis sont longuement ovationnés par un public conquis.</p>
<p>« <em>La Symphonie héroïque est tellement forte de pensée et d’exécution, le style en est si nerveux, si constamment élevé, et la forme si poétique, que son rang est égal à celui des plus hautes conceptions de son auteur. Un sentiment de tristesse grave et pour ainsi dire antique me domine toujours pendant l’exécution de cette symphonie</em> » écrivait Berlioz à propos de l’<em>Eroica </em>(1). La lecture qu’en donnent les musiciens du Paris Mozart Orchestra, conduits par Claire Gibault traduit le plus fidèlement cette opinion. Même très familiers de l’ouvrage, nous sommes captivés, jamais l’attention ne se distrait. Energique, dégraissée, tendue comme rêveuse et lumineuse, la lecture nous comble. Les transitions, les progressions, les contrastes sont merveilleusement conduits. Avec le soin des lignes, la souplesse des phrasés, la vie de chacun des pupitres, toujours cela respire et chante. Le flux de la marche funèbre, dépourvue de pathos ajouté, émeut par sa retenue, avec une fin morcelée, palpitante. Le scherzo et le finale, dionysiaques, jubilatoires, vont soulever le public qui acclamera la cheffe et les musiciens, avant que Véronique Gens les rejoigne pour recevoir les bouquets.</p>
<pre>(1) <em>A travers chants</em>.</pre>
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		<title>Natalie Dessay chante Carmen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/natalie-dessay-chante-carmen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2016 08:14:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Non, ce n&#8217;est pas un poisson d&#8217;avril en novembre, comme vous le comprendrez si vous lisez cette brève jusqu&#8217;au bout. Certes, la comédie musicale est désormais le terrain d’élection de Natalie Dessay, c’est officiel, et cela sera encore confirmé par une série de concerts et par un disque que la soprano a enregistré avec le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Non, ce n&rsquo;est pas un poisson d&rsquo;avril en novembre, comme vous le comprendrez si vous lisez cette brève jusqu&rsquo;au bout. Certes, la comédie musicale est désormais le terrain d’élection de <strong>Natalie Dessay</strong>, c’est officiel, et cela sera encore confirmé par une série de concerts et par un disque que la soprano a enregistré avec le <strong>Paris Mozart Orchestra</strong> dirigé par <strong>Claire Gibault</strong> : <em>Pictures of America</em>, à paraître le 2 décembre, fait la part belle à Leonard Bernstein, mais aussi à Frank Sinatra, Duke Ellington et Irving Berlin. Pourtant, lors de la tournée de concerts, Natalie Dessay pratiquera aussi le mélologue, genre qui s’apparente au mélodrame dans la mesure où il associe texte parlé et musique, mais sans aucune volonté dramatique. En l’occurrence, il s’agira de dire des textes sur une musique de Graciane Finzi, <em>Scénographies d’Edward Hopper</em> pour récitant et orchestre. A la création de cette pièce, en mars 2014 à Lyon, c’était Claudia Stavisky qui lisait les extraits du roman <em>Soleil dans une pièce vide</em>, de Claude Esteban. Cette fois, ces quarante minutes de musique et de parole seront accompagnées par la projection de dix tableaux de Hopper conçue par Pierre Dupouey. Et comme le morceau correspondant à la toile <em>Deuxième rang d’orchestre à droite</em> (peinte en 1927 par Hopper) inclut une citation de la Habanera, vous entendrez donc Natalie Dessay chanter Carmen, rôle qu’elle-même n’aurait jamais osé incarner en scène. CQFD.</p>
<p><em>Pictures of America</em>, le 26 novembre à l&rsquo;Arsenal de Metz, le 15 décembre au Palais des Congrès du Mans, le 19 décembre au Théâtre du Châtelet à Paris, puis en tournée en 2017 dans plusieurs villes de France<br />
 <br />
P.S. : Suite à la publication de cette brève, Claire Gibault nous signale que la partition de Graciane Finzi a « évolué » et que la Habanera, incluse en 2014 pour être reprise en chœur par le jeune public, ainsi qu&rsquo;en 2015 à la Philharmonie de Paris, en a finalement été supprimée. Inutiles regrets&#8230;</p>
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		<item>
		<title>Karine Deshayes, sur le chemin de Régine Crespin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/karine-deshayes-sur-le-chemin-de-regine-crespin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Nov 2016 13:20:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bon plan : un dimanche par mois, la Mairie du neuf à Paris et le Paris Mozart Orchestra, sous la direction de Claire Gibault proposent, avec le soutien des Galeries Lafayette, un concert gratuit en guise d&#8217;afternoon tea. Le programme de dimanche dernier, 6 novembre, prétextait le mariage d&#8217;Hector Berlioz avec Harriet Smithson, un autre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Bon plan : un dimanche par mois, la Mairie du neuf à Paris et le Paris Mozart Orchestra, sous la direction de <strong>Claire Gibault</strong> proposent, avec le soutien des Galeries Lafayette, un concert gratuit en guise d&rsquo;<em>afternoon tea</em>. Le programme de dimanche dernier, 6 novembre, prétextait le mariage d&rsquo;Hector Berlioz avec Harriet Smithson, un autre jour – le 3 octobre 1833 –, dans un autre lieu – l&rsquo;hôtel de Charrost, aujourd&rsquo;hui ambassade de Grande-Bretagne, dans le 8<sup>e</sup> arrondissement – pour insérer entre <em>Lachrymae</em> de Benjamin Britten, sorte de concerto chambriste pour alto interprété par <strong>Arnaud Thorette</strong> et la <em>Symphonie pour cordes no 10</em> de Félix Mendelssohn, quatre pages inspirées par l&rsquo;amour du compositeur français pour celle qui fut une des meilleures Ophélie de son temps (dans <em>Hamlet</em> de Shakespeare).</p>
<p>Il revient à <strong>Karine Deshayes</strong>, à peine sortie des représentations de <em>Norma</em> à Madrid – dans lesquelles elle interprétait le rôle d&rsquo;Adalgise – de rendre justice à ces partitions dont les incertitudes mélodiques ont longtemps laissé croire qu&rsquo;elles n&rsquo;étaient pas vocales. Idée reçue que la mezzo-soprano, avec une musicalité propre à éviter toute erreur d&rsquo;intonation, parvient à écarter définitivement. Outre l&rsquo;indispensable effort de diction, Karine Deshayes possède deux qualités essentielles à ce répertoire : une maîtrise du chant rossinien auquel Berlioz dut faire allégeance, la majorité des chanteurs à son époque se référant à cette école ; une voix idéalement placée, suffisamment haute pour ne pas peiner sur les sommets de la portée et en même temps assise sur un médium confortable qui servit d&rsquo;étalon aux rôles de Marguerite dans <em>La Damnation de Faust</em> ou de Didon et Cassandre dans <em>Les Troyens</em>. « L&rsquo;île inconnue », dernière des six <em>Nuits d&rsquo;été</em>, réalisait en fin de concert les promesses contenues par les trois mélodies précédentes – « La Belle Voyageuse », op. 4 n°2 ; « La Captive », op. 12 ; « La mort d&rsquo;Ophélie » n°2. Dans cette partition extraite d&rsquo;un des cycles fondateurs du genre, la voix, délicatement drapée dans une étoffe somptueuse, évoquait rien moins que Régine Crespin. Il n&rsquo;y a pas de hasard. C&rsquo;est auprès de la « Lionne française » que Karine  Deshayes a appris en 2002 ses <em>Nuits d&rsquo;été</em>. Qu&rsquo;attendent les maisons de disques pour l&rsquo;enregistrer ?</p>
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		<item>
		<title>Singulier récital de Myrto Papatanasiu à Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/singulier-recital-de-myrto-papatanasiu-a-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jun 2016 10:48:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Singulier récital que celui proposé jeudi dernier, 2 juin, dans le péristyle du Conseil Economique, Social et Environnemental : quelques centaines de collégiens et lycéens de quartiers défavorisés pour un programme Mozart commenté avec humour et pertinence par un rappeur… Accompagnée par le Paris Mozart Orchestra, Myrto Papatanasiu leur offre trois airs de Mitridate, de Cosi &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Singulier récital que celui proposé jeudi dernier, 2 juin, dans le péristyle du Conseil Economique, Social et Environnemental : quelques centaines de collégiens et lycéens de quartiers défavorisés pour un programme Mozart commenté avec humour et pertinence par un rappeur… Accompagnée par le Paris Mozart Orchestra, <strong>Myrto Papatanasiu</strong> leur offre trois airs de <em>Mitridate</em>, de <em>Cosi fan tutte</em> et de <em>Don Giovanni</em>. Familière de Sifare, avec « Lungi da te », sa voix chaude, colorée, longue et agile, dialoguant avec le cor, séduit d’emblée un public suspendu à ses lèvres. Du très grand art, comme pour le « Per pietà », où nous retrouvons une Fiordiligi d’anthologie : une grande leçon de chant où tout est juste, lumineux, animé à souhait. Donna Anna – « Non mi dir » – est servie par une technique infaillible au service d’une expression dramatique parfaite. La direction complice de <strong>Claire Gibault</strong> fait planer l’ombre de Claudio Abbado sur la quintessence du chant mozartien. La qualité d’écoute d’un public peu familier de cette musique traduit la pleine réussite d’un projet ambitieux, que complétait la 40<sup>e</sup> symphonie en sol mineur. </p>
<p>Mozart Wolfgang Amadeus : Mitridate, K 87, air de Sifare « Lungi da te » ; Cosi fan tutte, K 588, récitatif et air de Fiordiligi « Per pietà » ; Don Giovanni, K 527, air de Donna Anna « Non mi dir » ; Myrto Papatanasiu, soprano ; Mozart Paris Orchestra ; direction musicale : Claire Gibault. Conseil Economique, Social et Environnemental. ; jeudi 2 juin 2016, 16 h</p>
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		<item>
		<title>Saveur et couleurs — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/saveur-et-couleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 May 2014 03:45:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/saveur-et-couleurs/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Nous y allions, avouons-le, pour Julie Fuchs. Elle fut bien, et même très bien. Un air de Suzanne dans Les Noces et le « Ah se in ciel benigne stelle » (KV 538) la qualifient résolument pour le répertoire mozartien. Elle en a la netteté et le rayonnement. En bis, « Alma grande e &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Nous y allions, avouons-le, pour <strong>Julie Fuchs</strong>. Elle fut bien, et même très bien. Un air de Suzanne dans <em>Les Noces</em> et le « Ah se in ciel benigne stelle » (KV 538) la qualifient résolument pour le répertoire mozartien. Elle en a la netteté et le rayonnement. En bis, « Alma grande e nobil cor » (K 578) et l’air de Barberine confirment amplement ce répertoire. La voix ici rappelle la vibration prude de Lucia Popp ou de la beaucoup trop oubliée Edith Mathis. Voilà, pense-t-on, qui nous vaudra un <em>Pâtre</em> idéal. Las, Julie Fuchs nous comble pour ce qui est du son et de la ligne ; et nous frustre atrocement de toute consonne : or la consonne allemande n’est pas seulement l’armature du sens, elle est aussi sa substance et son parfum, d’autant que les allitérations ici sont une clef poétique. De là quelque chose d’inabouti dont on espère que l’Opéra studio de Zurich la guérira promptement – sans quoi c’est tout un pan de son répertoire le plus naturel qui lui restera fermé. Ce très léger bémol a trouvé une large compensation dans la performance du <strong>Paris Mozart Orchestra</strong> dirigé par <strong>Claire Gibault</strong>. Dans la « Paris » de Mozart comme dans la 5ème de Schubert, on est frappé par la clarté de la texture et la fluidité de la lecture ; les pupitres se répondent sans jamais perdre leur sonorité propre ; c’est là un orchestre plein de saveur et de couleurs. Il y a là une alacrité et une précision réjouissantes. Claire Gibault dirige cela avec une parfaite économie de moyens, et ses jeunes musiciens répondent avec enthousiasme. Le Paris Mozart Orchestra a une vocation sociale (partenariats avec des rectorats, concerts dans les prisons…) mais attire des jeunes musiciens de premier plan – on reconnaît ainsi Eric Lecrouts, Arnaud Thorette ou Laurène Durantel… La clarinettiste Romy Bischoff en fait partie, avec une exécution exemplaire du « Pâtre ».</p>
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		<title>PETIT, Colomba — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/creation-en-demi-teintes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Mar 2014 22:57:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  En 1839, à son retour d’une mission d’inspection des monuments historiques en Corse, Prosper Mérimée séjourne à l’Hôtel Beauvau de Marseille, à quelques dizaines de mètres du Vieux Port et de l’Opéra. Dix ans plus tôt, sans s’y être encore rendu, il a consacré à l’Ile de Beauté une nouvelle intitulée Matteo Falcone et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			En 1839, à son retour d’une mission d’inspection des monuments historiques en Corse, Prosper Mérimée séjourne à l’Hôtel Beauvau de Marseille, à quelques dizaines de mètres du Vieux Port et de l’Opéra. Dix ans plus tôt, sans s’y être encore rendu, il a consacré à l’Ile de Beauté une nouvelle intitulée<em> Matteo Falcone </em>et sous-titrée « Mœurs de la Corse » car il est fasciné par l’attachement farouche à des coutumes archaïques, telle la vengeance privée, que révèlent des faits divers sanglants. <em>Colomba</em>, nouvelle publiée en 1840, n’a pas d’autre sujet. Des personnages étrangers, soit par leur origine soit par leur éducation, à cette mentalité y sont confrontés et pour certains impliqués, à des degrés divers. L’un d’eux, Corse de naissance mais élevé au loin, condamne la vendetta au nom du légalisme dont on lui a appris la valeur sociale. Sa sœur, persuadée que l’assassin de leur père est resté impuni, mettra toute sa ruse en œuvre pour l’y pousser. En somme, Electre et Némésis ne sont pas loin. Les ingrédients d’une belle tragédie semblent réunis. Et pourtant…</p>
<p>			D’abord la nouvelle de Mérimée n’est pas tragique, car elle ne se referme pas sur une catastrophe, bien au contraire. La mort violente des frères Barricini et celle de leur père, hâtée par le librettiste, qui le fait mourir peut-être d’épouvante sur les paroles du vocero que lui susurre Colomba, ne sont que la juste rétribution de leur traîtrise et de leur crime, et le retour à l’ordre visible des arcades pisanes met le point d’orgue à la <em>happy end</em>. Ensuite <strong>Benito Pelegrin</strong> a pris le parti de suivre pas à pas l’organisation de la nouvelle. Sans doute l’a-t-il récrite, effectuant, cela doit être dit, un superbe travail de versificateur, sans doute y a-t-il introduit le personnage de Miss Victoria, supprimé ceux de la petite Chilina et de Brandolaccio, raccourci çà et là certains épisodes, prêté à Lydia une sensibilité d’Irlandaise rebelle étrangère à l’original&#8230; Mais pour la progression la fidélité est scrupuleuse. Or la stratégie de Mérimée est de retarder sans cesse la réponse à la question posée : Orso vengera-t-il la mort de son père ? Ce n’est qu’aux trois quart de la nouvelle qu’il se produit enfin quelque chose. Jusque-là, réflexions du jeune homme, description de Pietranera, interventions du préfet, histoire de l’enfant porteuse de messages ou des bandits picaresques, évocation du conflit ancestral entre les Della Rebbia et les Barricini ont distrait le lecteur. Ainsi conduit, il n’éprouve pas d’impatience. Mais un spectateur peut-il se satisfaire d’une série de scènes où la situation piétine sans évoluer ? C’était le problème de l’opéra seria. ! En outre le dispositif scénique entraine de nombreux précipités pour les changements de décor et ces passages au noir effectués sans musique font retomber la tension, si bien qu’il n’y a pas de montée vers le tragique. A suivre d’aussi près son modèle, Benito Pelegrin n’a pas réussi à créer une dramaturgie efficace.</p>
<p>			D’une certaine façon, ce constat concerne aussi la musique, dans la mesure où <strong>Jean-Claude Petit </strong>a écrit sa partition en plein accord avec le librettiste. Bien que conçue pour grand orchestre elle ne cesse d’impressionner par un raffinement constant. D’une grande richesse dans l’emploi des timbres elle contrôle avec soin leur ampleur, au moins dans l’interprétation qu’en donne ce soir <strong>Claire Gibault</strong>. Parcimonieuse de<em> tutti </em>éclatants l’écriture refuse les effets racoleurs. Elle se déploie dans un miroitement défini par le compositeur comme polytonal, jouant subtilement des couleurs et des tonalités, évitant les redites sauf à des fins expressives – la <em>ballata</em> comme thème de Colomba -, d’une souplesse formelle traversée d’échos debussystes ou ravéliens, voire de rythmes rapsodiques, elle démontre de façon superlative l’étendue du métier et du talent de musicien de Jean-Claude Petit. En revanche on est moins convaincu du traitement des voix, en particulier au premier et au troisième acte, tant certaines lignes répétitives poussent les interprètes à leurs limites dans l’aigu (soprano et ténor) sans nécessité dramatique évidente. C’est d’autant plus surprenant que le rôle-titre semble écrit sur mesure pour la voix de son interprète et que certains mélismes fugaces exhalent le parfum des chants du terroir. On les retrouve en partie dans les interventions des chœurs inventées par le librettiste, qui font entendre cette voix collective inaudible dans la nouvelle et qui se manifeste ici avec la cohésion et la hargne requises. En définitive les interruptions liées aux précipités font naître l’impression d’une suite dont on savoure les mouvements successifs sans être emporté par une réelle charpente dramatique. A saluer cependant sans réserve l’engagement et la discipline de l’orchestre, que la nouveauté et la difficulté ont semblé stimuler.<br />
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<p>			On ne saurait trop louer non plus les chanteurs qui ont accepté de tenter l’aventure, même si pour certains l’usure patente de leurs moyens met mal à l’aise. Benito Pelegrin voulait faire de Sir Nevil, ce passionné de chasse, une sorte de Tartarin de Tarascon.<strong> Jean-Philippe Laffont </strong>s’y essaie sans convaincre, dans un Prologue situé sur le pont du bateau l’amenant en Corse avec sa fille et la suivante de celle-ci. Bastingage, voile, pont, ce premier décor d’<strong>Emmanuelle Favre</strong> est d’un réalisme épuré et chic. A l’approche du port des matelots replient la voile et au-delà du flot qu’elles font miroiter les vidéos de <strong>Julien Ribes</strong> dévoilent la forteresse d’Ajaccio se découpant sur le ciel traversé de mouettes. De la même manière des projections sur des panneaux montreront une chapelle proche de Pietranera puis le lieu de l’embuscade fatale, défilé rocheux bien peu évocateur du maquis. L’intérieur des Della Rebbia devrait être orné de symboles des cultes familiaux ; il est d’une nudité au-delà de l’austérité. Le temps a-t-il manqué pour ces « finitions » ? Sans doute une création n’est pas une partie de plaisir, et la représentation que l’on découvre n’a peut-être que peu à voir avec le visage futur de l’œuvre. Les costumes de Katia Duflot ne devraient pas changer ; ils habillent les protagonistes à la mode Restauration, à l’exception de Nevil, colonel anglais. Colomba, comme quasiment toutes les femmes, est en grand deuil jusqu’à l’épilogue où elle arbore le blanc éclatant de la renaissance. Charles Roubaud règle au mieux les évolutions des personnages et la position des chœurs – suggestive scène de la veillée funèbre au second acte bellement éclairée par <strong>Marc Delamézière</strong> – avec le savoir-faire qu’on lui connait. Si <strong>Pauline Courtin</strong> et<strong> Jean-Noël Briend </strong>paraissent par instant gênés aux entournures au premier acte leurs duos sont aussi suaves que le genre le requiert. On regrette que leurs rôles ne donnent pas davantage d’occasion aux timbres profonds de<strong> Lucie Roche</strong> et de <strong>Cécile Galois</strong> de s’épanouir. En revanche le rôle de Colomba offre à<strong> Marie-Ange Todorovitch </strong>une de ces occasions qu’apprécie tout interprète ; l’écriture ne la pousse que rarement dans ses retranchements et sans solliciter outrageusement les graves lui permet de jouer avec ses beaux aigus en modulant les sons sans jamais sacrifier à un épaississement vériste. Cette relative sobriété, liée à la forme arioso qui domine dans l’opéra, est accompagnée par l’interprète, dont on connaît le généreux tempérament, d’une retenue d’actrice du meilleur aloi. Les autres protagonistes vont du remarquable (<strong>Cyril Rovery</strong>) à l’oubliable (<strong>Jacques Lemaire</strong>) en passant par l’honorable (<strong>Francis Dudziak</strong>).</p>
<p>			Commande de la Ville de Marseille, qui s’honore en continuant à maintenir vivante une forme artistique dont on annonce régulièrement la mort, même si l’on peut regretter que son premier magistrat n’ait pas assisté à la première, cette œuvre se veut un hommage à l’Ile de Beauté. On ne peut douter de la sincérité des auteurs, dont l’un d’eux a épousé successivement deux Corses. On peut toutefois se demander si le choix de l’œuvre de Mérimée était judicieux : une œuvre, même ancienne, où un <em>pinzutto</em> critique la mentalité corse, n’est-ce pas un étrange hommage ? Quoi qu’il en soit, s’il est difficile de prédire l’avenir d’une création, on souhaite à celle-ci, probablement au prix de quelques retouches musicales et d’une restructuration du livret, la vie future que justifieraient ses indéniables qualités.</p>
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