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	<title>Gina Gloria TRONEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 03 Mar 2024 23:13:19 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Gina Gloria TRONEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ADÈS, The Exterminating Angel – Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’univers dramatique du compositeur britannique Thomas Adès est pour le moins hétéroclite. Son premier opéra Powder her face, inspiré d’un fait divers mondain des années 1960, était suivi de La Tempête d’après William Shakespeare. L’Opéra de Paris propose actuellement une nouvelle production de sa troisième œuvre lyrique, The Exterminating Angel, d’après le film éponyme de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’univers dramatique du compositeur britannique Thomas Adès est pour le moins hétéroclite. Son premier opéra <i>Powder her face</i>, inspiré d’un fait divers mondain des années 1960, était suivi de <i>La Tempête</i> d’après William Shakespeare. L’Opéra de Paris propose actuellement une nouvelle production de sa troisième œuvre lyrique, <i>The Exterminating Angel</i>, d’après le film éponyme de Luis Buñuel, initialement créée au festival de Salzbourg en 2016. Toutefois, les trois œuvres partagent les sujets de la folie et de la dépendance entre êtres humains.</p>
<p>L’argument de <i>L’Ange exterminateur</i>, chef-d’œuvre du cinéma surréaliste, est aussi simple qu’il est étrange. Après une réception chez l’aristocrate Edmundo de Nobile et son épouse Lucia, les convives n’arrivent plus à sortir de la maison. Se produisent alors de nombreux drames et confrontations entre les protagonistes. Le choix du sujet peut sembler étonnant pour un projet d’opéra : la distribution est nombreuse et les dialogues souvent superficiels. Ce n’est pas le contenu du texte mais sa simple présence et sa forme qui font exister les personnages. Comment Adès et son co-librettiste Tom Cairns se tirent-ils d’affaire ?</p>
<p>L’espace scénique conçu par <strong>Anna-Sofia Kirsch</strong> est moins claustrophobique que celui du film. Un vaste hall blanc avec du stuc au plafond et une rangée de chaises en velours rouge disposées le long des murs ressemblent davantage à l’église qui, chez Buñuel, n’apparait qu’à la toute fin, s’il n’y avait pas aussi une grande table à manger au centre ainsi qu’un piano à queue. Un garçon traverse la scène, portant des ballons en forme d’agneaux et imitant un bêlement. Ce motif, tout aussi liturgique que les décors, reviendra à plusieurs reprises. C’est le garçon qu’on essaiera en vain d’envoyer dans la maison pour vérifier ce qui arrive à l’assemblée et c’est un agneau qui évitera à celle-ci de mourir de faim. Un tintamarre de cloches est mélangé à l’orchestre qui s’accorde et, une fois de plus, on retrouve cette ambiguïté : est-ce le début d’un spectacle profane ou bien celui d’une messe ? Lorsque l’orchestre entre <i>in medias </i>res, différentes structures disparates s’unifient graduellement pour engendrer des effets cadentiels, feignant des centres tonaux a priori incompatibles. Cette écriture aux perspectives multiples, comme cubiste, s’observe souvent dans la musique d’Adès. D’emblée, les ondes Martenot, instrument électronique, se démarquent du timbre instrumental et font office de symbole sonore de l’Ange et de la barrière invisible qui enfermera les personnages. L’orchestre ne donne ni de commentaire ni d’accompagnement, il forme un inquiétant monde parallèle. Adès explique avoir voulu écrire une opérette sombre, une « horreurette ». En effet, la musique semble épouser par moments l’esprit d’une <i>Chauve-Souris </i>grotesque, tournée en dérision. Le compositeur cite Johann Strauss en élaborant des motifs extraits des valses de ce dernier. Superposés les uns aux autres, ils laissent naître une danse macabre, un divertissement devenu menace, à l’image de <i>La Valse</i> de Maurice Ravel. C’est ce sentiment d’une dernière fête avant la catastrophe, d’une joie hystérique et forcée, qui transpire avant tout dans la partition de l’opéra. Le film de Buñuel avait pour toile de fond la guerre froide et le spectre d’une fin du monde proche, ressenti auquel – hélas – notre société contemporaine ne peut que s’identifier. La proposition d’Adès retient cet aspect et le double d’un acte de refoulement, semblable à <i>La Montagne magique</i> de Thomas Mann dont les protagonistes se livrent à une dernière orgie avant que la Grande Guerre n’éclate.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Exterminating-Angel-23-24-©-Agathe-Poupeney-OnP-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-157233"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Neil Rivet, Philippe Sly  © Agathe Poupeney  / OnP &#8211; Opéra national de Paris</sup></figcaption></figure>


<p>Parmi les personnages figurent les deux hôtes ainsi que leurs douze invités d’un côté et six domestiques de l’autre. À l’arrivée des convives, des ensembles se forment, des nœuds polyphoniques opposés aux propos plus articulés du personnel. Après le départ de celui-ci et tout au long de la pièce, de différents constellations, associations et solos émergent au sein du groupe des festoyants. Edmundo (<strong>Nicky Spence</strong>), par exemple, est un puissant ténor non dépourvu d’une pointe de méchanceté. À ses côtés, la Lucía de <strong>Jacquelyn Stucker</strong> brille avec une voix de soprano claire à la diction distincte. Les deux forment un parfait couple d’hôtes légèrement hautains. Le célèbre Docteur Carlos Conde, interprété par <strong>Clive Bayley</strong>, exhorte tout le monde à s’en remettre à la raison. Sa basse distinguée, pleine d’inflexions dignes d’un répertoire de <i>lieder</i>, perd cette caractéristique alors qu’il sombre lui-même dans une sorte de folie. Il se voit accaparé par Leonora, souffrante, amoureuse de lui et prétendument vouée à la mort. <strong>Hilary Summers</strong> incarne ce personnage trouble en couvrant tout le spectre expressif de sa voix de contralto parfois délibérément bouffonesque, notamment lorsqu’elle tombe en proie à un délire de persécution. Le dialogue entre elle et le Docteur est accompagné d’une musique de scène. L’orchestre se tait alors que la pianiste <strong>Blanca Delgado</strong> se met au piano pour jouer un étrange morceau pseudo-impressionniste qui ne semble émouvoir personne bien que tout le monde l’acclame. <strong>Christine Rice</strong> campe une femme ambiguë dont l’esprit pétri de doutes se reflète dans sa voix très ronde entre des aigus lyriques et d’impressionnantes virées dans l’extrême grave de sa tessiture. L’autre musicienne de la soirée, la chanteuse <strong>Leticia Maynar</strong> dont les convives viennent d’apprécier l’interprétation de <i>La Fiancée de Lammermoor </i>– nous restons dans le contexte de la folie –, se voit attribuer une redoutable partie de soprano léger aux aigus scintillants, assumée avec brio par <strong>Gloria Tronel</strong>. Les amants Eduardo (<strong>Filipe Manu</strong>) et Beatriz (<strong>Amina Edris</strong>), tous les deux dotés d’un chaud timbre de <i>bel canto</i>, constituent un élément de vérité et de sincérité porté par trois duos d’amour qui rythment toute l’œuvre et dont le dernier, «&nbsp;Roule ton corps dans le mien&nbsp;», n’est pas sans évoquer l’expressivité de <i>One Hand, One Heart </i>dans <i>West Side Story</i> de Leonard Bernstein.</p>
<p>La situation se dégrade progressivement et lorsque Edmundo se demande «&nbsp; Pourquoi est-ce que personne ne part ?&nbsp;» il est déjà trop tard. Les ondes Martenot décrivent une longue ligne traversant tout l’espace sonore, à la fois signal et anacrouse de la valse macabre. Tout le monde s’apprête à passer la nuit sur place, déclenchant un interlude féroce plongé dans une lumière rouge digne d’un Gustav Holst. C’est à ce moment-là que la musique trahit son origine anglaise, ne pouvant venir que de l’île, à l’image d’un Benjamin Britten ou Peter Maxwell Davies. Au fur et à mesure qu’Adès développe les idées présentées au début de l’œuvre, l’orchestre entre davantage en contact avec le chant, sans toutefois renoncer aux éléments inattendus telle qu’une sauvage mélodie mexicaine aux trompettes ou un solo de guitare espagnole.</p>
<p>Entre-temps, Francisco de Ávila subit une crise nerveuse. Ce rôle de contre-ténor virtuose est maîtrisé à merveille par <strong>Anthony Roth Costanzo</strong>. Son épouse Sylvia (<strong>Claudia Boyle</strong>), soprano burlesque et agile, réclame du sang, soutenue par Leticia et Blanca. Le Colonel, joué par <strong>Jarrett Ott</strong>, à la voix plastique et virile, s’offusque du «&nbsp;camp de gitans&nbsp;» qu’il voit autour de lui. On accuse Edmundo d’être responsable de la situation et veut le sacrifier.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Exterminating-Angel-23-24-©-Agathe-Poupeney-OnP-4-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-157236"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Nicky Spence, Jacquelyn Stucker  © Agathe Poupeney  / OnP &#8211; Opéra national de Paris</sup></figcaption></figure>


<p>La mise en scène s’illustre par une direction, pour ne pas dire une « orchestration » des personnages très habile. Il convient de ne pas oublier qu’au moins 14 chanteurs sont constamment sur scène. <strong>Calixto Bieito</strong> crée des collages vivants, reprenant la combinatoire cubiste de la partition, et ce jeu de dés avec des éléments bien distincts les uns des autres contribue largement au succès de l’œuvre. La constellation des personnages sera d’ailleurs cruciale pour la fin de l’opéra. Les lumières de <strong>Reinhard Traub</strong> fournissent un contrepoint à cela avec des couleurs crues – blanc, rouge, vert – et très peu de mélanges. Si les costumes de d’<strong>Ingo Krügler</strong> ne sont guère surprenants – tenue de gala pour les convives, uniformes de travail pour les domestiques –, cela s’inscrit dans la réalité de l’œuvre dont le surréalisme réside moins dans l’aspect optique que dans la forme et la dramaturgie.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Les scènes à l’extérieur, qui occupent une place importante dans le film, sont réduites à un passage du Padre Sansón qui souhaite envoyer Yoli (le garçon du début) dans la maison. Ils apparaissent sur la table à manger, baignés d’une lumière verte, tandis qu’un chœur est caché dans le public. Celui-ci entraîne un effet d’ouverture de l’espace qui remplace le changement du lieu prévu par Buñuel.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Exterminating-Angel-23-24-©-Agathe-Poupeney-OnP-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-157240"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Jarrett Ott, Anthony Roth Costanzo, Claudia Boyle, Christine Rice  © Agathe Poupeney  / OnP &#8211; Opéra national de Paris</sup></figcaption></figure>


<p>À la fin, tous les personnages se retrouvent dans la même constellation qu’au début et cette coïncidence semble rompre le sort. Ils peuvent finalement sortir, la scène tourne sur son axe, le garçon réapparaît ; chant, orchestre, cloches et ondes Martenot forment une dense masse sonore sur le texte du <i>Lux alterna </i>liturgique. La scène de l’église, où se reproduit le même phénomène d’enferment, est supprimée, car cet espace est dès le début projeté sur la maison de Nobili. Adès et Bieito n’ont pas non plus besoin des images d’émeute sur lesquelles se termine le film. Les personnages jettent un regard ahuri sur les spectateurs. L’épreuve semble finie, mais en vérité c’est la dernière danse qui vient de prendre fin.</p>
<p>Le soir de la première, le public était particulièrement enthousiaste et on entendait entre autres : «&nbsp;C’était mieux que la création à Salzbourg !&nbsp;»</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ades-the-exterminating-angel-paris/">ADÈS, The Exterminating Angel – Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Cinq questions à Gloria Tronel, la reine du contre-la</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-gloria-tronel-la-reine-du-contre-la/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Feb 2024 05:42:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi avez-vous décidé de devenir chanteuse d&#8217;opéra ? J’ai grandi bercée par l’opéra et la musique grâce à ma mère qui est aussi chanteuse lyrique. Elle m’amenait tout le temps à l’Opéra de Bordeaux. J’ai été marquée par ces moments où les artistes répètent sur scène. J’ai été tout de suite complètement éprise de ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi avez-vous décidé de devenir chanteuse d&rsquo;opéra ?</strong></p>
<p>J’ai grandi bercée par l’opéra et la musique grâce à ma mère qui est aussi chanteuse lyrique. Elle m’amenait tout le temps à l’Opéra de Bordeaux. J’ai été marquée par ces moments où les artistes répètent sur scène. J’ai été tout de suite complètement éprise de ce monde, les histoires, les décors, costumes, les lumières, la musique. C’est plus tard que l’envie de chanter est venue. J’ai d’abord intégré le choeur d’enfants de l’Opéra et puis un jour la première professeure de chant de ma mère qui a été toute sa vie soliste à l’Opéra de Bucarest a insisté pour que je travaille ma voix car elle pensait que j’avais un instinct de chanteuse et une grande facilité pour les aigus.</p>
<p><strong>Vous avez remporté plusieurs prix. Lequel a été déterminant pour votre carrière ?</strong></p>
<p>J’ai eu la chance d’être remarquée dans quelques concours. Je dirais que le plus important dans ces concours sont les personnes que j’y ai rencontrées, surtout celles qui ont tout de suite remarqué mon potentiel avant que je sois tout à fait prête vocalement et qui m’ont tendu la main pour me faire avancer. Notamment, le concours Debut en Allemagne même si je n’y ai pas remporté de prix. Plus récemment, il y en a eu trois qui m’ont apporté beaucoup. D’abord, le bonheur de rencontrer la soprano Jessica Pratt et de bénéficier de ses conseils et de son soutien grâce au concours Ottavio Ziino de Rome. Le concours Enesco Paris qui me permet de retourner chanter en Roumanie puisque je vais débuter dans <em>Don Pasquale</em> le mois prochain à Brasov (Norina), et le concours de Manhattan qui m’a offert l’expérience de chanter au Carnegie Hall en juillet dernier.</p>
<p><strong>Comment avez-vous découvert la musique de Thomas Adès ?</strong></p>
<p>J’ai découvert la musique de Thomas Adès assez tôt dans mes études vocales grâce à la soprano Elena Vassilieva qui est spécialisée dans la musique contemporaine. L’air d’Ariel dans <em>The Tempest</em>, m’a-t-elle dit, correspond à ce qu’une vraie colorature doit pouvoir chanter aujourd’hui. En écoutant l’opéra, j’ai tout de suite été fascinée par l’univers musical d’Adès et j’ai voulu développer ma voix de manière à pouvoir chanter sa musique un jour. Son <em>Exterminating Angel</em>, je l’ai découvert grâce à la retransmission du Metropolitan Opera. En voyant Audrey Luna interpréter ce personnage de Leticia, j’étais très admirative et en même temps je me disais : « Oh là là non ! Cela va beaucoup trop haut, je ne vais pas m’en approcher ». C’est plutôt drôle quand on y pense, quelques années plus tard, le compositeur Thomas Adès en personne me remarque et me donne sa confiance pour son personnage de Leticia après avoir écouté un enregistrement de quelques extraits du rôle faits en catastrophe à 9h du matin un dimanche chez le pianiste Antoine Palloc.</p>
<p><strong style="color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-size: 1rem;">Comment vous préparez-vous à interpréter le rôle de Letitia, et notamment ses notes extrêmes – jusqu&rsquo;au contre-<em>la</em>?</strong></p>
<p>La préparation a été intense car j’ai eu deux mois pour travailler ce rôle. Je m’entraîne tous les jours pour habituer mes muscles à cette tessiture. Ressentir l’évolution de ma voix me donne de plus en plus de plaisir et de tranquillité pour chanter le rôle. Le contre-<em>la</em> a toujours fait partie de mon étendue vocale, l’entraînement a été surtout de gagner en flexibilité et muscler toute l’étendue de ma voix, chose sur laquelle je n’insistais pas particulièrement auparavant. Je n’utilisais pas systématiquement la partie la plus haute de mon instrument. Les notes après le contre <em>fa </em>étaient dans ma tête des notes joker. Là, il a fallu que ces notes joker deviennent des notes aussi « normales » que le reste de la tessiture. J’ai dû surtout faire un grand travail mental pour me faire à l’idée de ce début surprise. Je me sens tellement chanceuse de travailler avec un musicien brillant comme Thomas Adès. Sa confiance est un grand honneur et m’a donné le courage dont j’avais besoin pour me lancer dans cette aventure. Je suis aussi extrêmement bien entourée par ma famille et les petites fées qui m’aident à me préparer notamment Alessandro Luciano, mon professeur de chant qui n’a jamais eu aucun doute sur ma capacité à chanter ce rôle très acrobatique lorsque moi-même je me posais des questions. Ils m’ont tous entourée de bienveillance et offert un espace sans jugement pour me donner le temps de m’approprier cette nouvelle palette vocale. Pour les remercier, je leur ai fait cadeau de quelques paires de boules Quies !</p>
<p><strong>L&rsquo;opéra contemporain a la réputation d&rsquo;être difficile d&rsquo;accès. Faut-il avoir peur de <em>The Exterminating Angel ?</em> </strong></p>
<p>Je pense qu’il s’agit d’un opéra à voir absolument. D’abord pour l’univers d’Adès. Sa musique est envoutante, c’est un chef-d’œuvre qu’on pourrait juste écouter sans regarder car toute l’expression du film de Buñuel est déjà pleinement traduite par la seule palette sonore. Si l’on ajoute la vision de Bieito c’est une gifle ! C’est drôle, c’est sordide, c’est dramatique, c’est animal, c’est beau, c’est sauvage, c’est glaçant, c’est pittoresque, c’est vrai, ça brise les règles. Calixto Bieito a l’œuvre de Bunuel dans le sang. Sa mise en scène nous donne une liberté gigantesque et nous pousse à aller plus loin dans nos instincts à chaque instant. Je pense que l’expérience sera inoubliable pour nous tous, mais aussi pour les spectateurs à qui je souhaite de tout cœur de voir souvent des œuvres de cet acabit à l’opéra.</p>
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		<title>Concours international de chant George Enesco 2023 : le palmarès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/concours-international-de-chant-george-enesco-2023-le-palmares/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Oct 2023 07:38:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les lauréats de l&#8217;édition 2023 du concours international de chant Georges Enesco, qui avait lieu ce vendredi, 20 octobre, à Paris sont : Grand Prix Georges Enesco attribué par l’Institut Culturel Roumain : Gina-Gloria Tronel&#160; (soprano, 30 ans, France-Roumanie) Premier Grand Prix Opéra : Alexandra Zamfira (soprano, 26 ans, Roumanie-Espagne) Deuxième Grand Prix Opéra : &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les lauréats de l&rsquo;édition 2023 du concours international de chant Georges Enesco, qui avait lieu ce vendredi, 20 octobre, à Paris sont :</p>
<p>Grand Prix Georges Enesco attribué par l’Institut Culturel Roumain : <strong>Gina-Gloria Tronel&nbsp;</strong> (soprano, 30 ans, France-Roumanie)<br />
Premier Grand Prix Opéra : <strong>Alexandra Zamfira</strong> (soprano, 26 ans, Roumanie-Espagne)<br />
Deuxième Grand Prix Opéra : <strong>Anara Khassenova</strong> (soprano, 32 ans, Kazakhstan)<br />
Troisième Grand Prix Opéra : <strong>Lauriane Trégan-Marcuz </strong>(mezzo-soprano, 31 ans, France)<br />
Grand Prix Musique Contemporaine : <strong>Léotine Maridat-Zimmerlin</strong> (mezzo-soprano, 23 ans, France)<br />
Prix Spécial Génération Opéra : <strong>Léotine Maridat-Zimmerlin</strong><br />
Prix Spécial Henri Nafilyan : <strong>Anaïs Merlin</strong> (soprano, 31 ans, France)<br />
Prix Spécial Jules Massenet : <strong>Annouk Jobic </strong>(mezzo-soprano, 29 ans, France)<br />
Prix Spécial Catalina Cortez : <strong>Alexandra Zamfira</strong><br />
Prix Spécial Leontina Vaduva : <strong>Bianca Manole </strong>(soprano, 18 ans, Roumanie)<br />
Prix Spécial Orchestre Colonne : <strong>Gina-Gloria Tronel</strong><br />
Prix Opéra de Brasov : <strong>Gina-Gloria Tronel</strong><br />
Prix du public : <strong>Alexandra Zamfira</strong></p>
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