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	<title>Emmanuelle GOIZÉ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Emmanuelle GOIZÉ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>YVAIN, Yes ! — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/yes-saint-cere-yes-but/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Aug 2022 13:30:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au Festival de Saint-Céré, en alternance avec Un soir de réveillon, de Moretti (Quand on est vraiment amoureux&#8230;), les Brigands proposent Yes !, dont le succès, en 1928, ne fut pas moindre. Maurice Yvain, dans ses souvenirs rassemblés sous le titre « Une belle opérette », rappelle les circonstances de création de l’ouvrage : « René Pujol, sympathique Bordelais déjà &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au Festival de Saint-Céré, en alternance avec <em>Un soir de réveillon</em>, de Moretti (<a href="/un-soir-de-reveillon-saint-cere-quand-on-est-vraiment-amoureux">Quand on est vraiment amoureux&#8230;</a>), les Brigands proposent <em>Yes !</em>, dont le succès, en 1928, ne fut pas moindre. Maurice Yvain, dans ses souvenirs rassemblés sous le titre « Une belle opérette », rappelle les circonstances de création de l’ouvrage : « René Pujol, sympathique Bordelais déjà très connu en tant que scénariste de films, avait, avec Willemetz, tiré une comédie musicale d’un roman de Pierre Soulaine : <em>Totte et sa chance</em>. On me proposa d’en composer la musique. La commande était pressée ; nous étions en novembre 1927, un tour était prévu dans les premiers jours de janvier 1928. L’ouvrage fut terminé en un mois. L’originalité de cette partition résidait dans son écriture. Elle était conçue pour deux pianos. Wiener et Doucet m’avaient convaincu de la possibilité de remplacer l’orchestre par un tel attelage. Deux virtuoses : Léon Kartun et Raffit furent les artisans du grand succès de <em>Yes !</em>, nouveau titre de la pièce ». Après la seconde guerre mondiale, <em>Yes !</em> tomba dans l’oubli, jusqu’à ce que Tours, il y a vingt ans, ose la reprogrammer. En fonction des destinations, des salles et des publics, Yvain l’avait orchestrée, retravaillée, ajoutant ici et là tel ou tel numéro, ce qui justifierait si besoin était la réécriture qui nous est offerte par les Brigands. La version de ce soir a été donnée à L’Athénée en novembre 2019, et Jean-Marcel Humbert nous en a laissé le compte-rendu (<a href="/yes-puteaux-oui-ou-non">Oui ou non ?</a>), auquel chacun pourra se référer, d’autant que la distribution vocale en est rigoureusement semblable. La tournée fut annulée à la suite de la pandémie, mais renaît maintenant.</p>
<p>Une pièce de boulevard, emblématique des années-folles, où l’action rebondit sans cesse, que pimentent généreusement le swing et des couleurs exotiques, tout est réuni pour une soirée réussie. Gavard, parvenu roi du vermicelle, impose à son rejeton, tout aussi débauché que son père, d’épouser une riche héritière du Pérou. Avec la complicité de sa maîtresse et de son cocu de mari, le jeune Maxime y échappe en entraînant à Londres, puis au Touquet, sa manucure pour un mariage blanc. Mais les tourtereaux se prennent au jeu et rien ne se passe comme prévu.</p>
<p>Avec ce vaudeville déjanté, on est déjà dans l’esprit de la comédie musicale, en conjuguant l’énergie du swing au parfum de Paris. Honegger aimait « l’invention spontanée et l’allure de cette musique », précisant : « un finale d’Yvain, c’est ficelé comme une finale de Haydn. Ce petit musicien est un maître ». En effet, en dehors de la trame de l’histoire, ce sont les lyrics d’Albert Willemetz et les ensembles de Maurice Yvain qui font le prix de l’opérette. Les chansons sont incroyablement variées, idéalement adaptées aux personnages et aux situations, faussement simples, entendons par là d’une subtilité et d’une richesse harmonique peu communes (*). Le sextuor et les finales, amplement développés, participent à l’action où chacun, avec une verve joyeuse, développe sa ligne ou se joint aux tutti.</p>
<p>On comprend mal la sonorisation avant le spectacle (échos d’un orage assorti de chute de pluie) si ce n’est sa fonction rafraîchissante en ce temps caniculaire. En fond de scène sur des affiches résumant l’époque (Ballets russes au TCE, Mussolini, publicité de compagnie aérienne) sont suspendus des sous-vêtements féminins, colorés, en  relation avec la débauche triste des corps plus ou moins dénudés, épuisés, où Totte, la manucure, et Roger, le coiffeur, vont chercher leur client, Maxime. La mise en scène s’organise autour d’un podium circulaire où trône un piano, cachant un autre instrument, rendu visible au second acte, puisque le praticable se scinde alors en deux, entre lesquels un hamac est suspendu, où Totte et Maxime filent le parfait amour au Touquet, face à la mer. Le dernier acte nous ramène dans un décor comparable à celui du premier. N’étaient la laideur et la vulgarité du premier acte, la réalisation visuelle et dramatique n’appelle que des éloges. Accessoires, costumes, maquillages, direction d’acteurs, chorégraphies (y compris un numéro de claquettes du coiffeur-artiste de music-hall) participent pleinement à la réussite du spectacle. Cependant, on était en droit d’attendre davantage de la « grâce gouailleuse » et leste qui fit le succès de l’ouvrage. Si des gags sont réussis (dès le début, lorsque le pianiste quitte son clavier, et que l’accompagnement se poursuit, joué par son alter ego sur l’autre piano, qui lui fait dos), nombre de jeux de mots tombent à plat, et c’est bien dommage car le texte en fourmille, et la qualité des acteurs, réelle. La légèreté, la poésie et l’émotion sont chichement mesurées.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/yes-de-maurice-yvain-compagnie-les-brigands-festival-de-saint-cere-saint-cere.jpg?itok=YsbNiWM_" title="Eric Boucher (Gavard père, le despote, roi du vermicelle) © DR" width="468" /><br />
	© DR</p>
<p>Outre l’équipe technique, on retrouve <strong>Paul-Marie Barbier</strong>, qui dirige ses complices musiciens, et trois des principaux chanteurs d’<em>Un soir de réveillon</em>. Commençons donc par eux. Ce soir, l’excellent ténor <strong>Flannan Obé</strong> incarne avec brio Roger, le coiffeur-chanteur. Le comédien n’est pas en reste. Gavard père, le roi des pâtes alimentaires, est <strong>Eric Boucher</strong>, voix solide (« le roi du vermicelle »), comédien talentueux. Enfin, <strong>Emmanuelle Goizé</strong> se métamorphose en Marquita Negri, fabuleuse comédienne, danseuse, à la voix aussi exotique que sa tenue, à l’incroyable tessiture d’une oubliée Yma Sumac. Dès son apparition au deuxième acte, elle enflammera l’action et les cœurs, d’un tempérament hors normes.</p>
<p>Seul personnage à conserver sa fraîcheur dans ce monde dépravé, Totte, la manucure est confiée à<strong> Clarisse Dalles. </strong>Elle est servie par une voix réjouissante, remarquablement conduite. Ses trois chansons et deux duos (particulièrement « A Londres », avec Maxime) sont autant de moments de bonheur. Autre excellent chanteur, le baryton <strong>Mathieu Dubroca</strong>, qui nous vaut César, le valet  de chambre stylé qui se double d’un ardent militant communiste, candidat à la députation dans le XVIe… Une voix (belle « Valse de l’Adieu ») et un jeu exemplaires. Maxime, l’héritier noceur, est <strong>Célian d’Aubigny</strong>, outre sa tenue le plus souvent dénudée, on se souviendra de son « Ou, ou » du deuxième acte. Des Saint-Aiglefin, Lucette, amante de Maxime , est confiée à <strong>Anne-Emmanuelle Davy</strong>, dont le mari naïf et complaisant est le beau baryton <strong>Gilles Bugeaud</strong>. En automobilistes, avec Maxime, le trio « Il faut chercher » est un bijou. On préfère <strong>Caroline Binder</strong> en Lady Winchester qu’en Clémentine, la bonne en recherche d’emploi, composée vulgaire et repoussante, avant de se faire journaliste, annonciatrice du krach boursier (Arletty avait créé le rôle). Dans tous les cas une capacité singulière à camper des personnalités si différentes.</p>
<p>Rire et sourire sont souvent sollicités. Signalons ainsi l’introduction de Loulou, devenue Lady Winchester poussant le fauteuil roulant de sa momie de mari, moment qui nous vaut une parodie savoureuse du <em>God save the King</em>… Le renouvellement de l’instrumentation, étroitement liée à chaque situation, n’appelle que des éloges. « Ainsi, charmantes choses », que chante Totte, est accompagné par une, puis deux guitares, avec la contrebasse, à laquelle s’ajoute la flûte. Plus singulier et rare, encore, l’emploi du thérémine, inventé peu auparavant (**).</p>
<p>N’étaient les réserves relatives à la vulgarité délibérée du premier acte comme à l’incarnation outrée de Clémentine dans son premier emploi – encore qu’elle en recherche un – le spectacle, rondement mené, est un divertissement de qualité, servi par des comédiens-chanteurs-instrumentistes talentueux, qui ravira bien des publics.</p>
<p> </p>
<p>(*) Dame Felicity Lott n&rsquo;hésite pas à les insérer dans ses récitals<br />
(**) le tout premier instrument de musique électronique, de 1920.</p>
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		<title>MORETTI, Un soir de réveillon — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-soir-de-reveillon-saint-cere-quand-on-est-vraiment-amoureux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Aug 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le titre d’une des plus célèbres chansons de l’opérette, que chante le premier rôle, industriel provincial débarqué à Paris dans le but d’y faire des conquêtes. La re-création parisienne d’Un soir de réveillon avait été saluée par Laurent Bury (Aux Brigands, les mélomanes reconnaissants). L’ouvrage est repris par la compagnie au Festival de Saint-Céré, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le titre d’une des plus célèbres chansons de l’opérette, que chante le premier rôle, industriel provincial débarqué à Paris dans le but d’y faire des conquêtes. La re-création parisienne d’<em>Un soir de réveillon</em> avait été saluée par Laurent Bury (<a href="/un-soir-de-reveillon-paris-aux-brigands-les-melomanes-reconnaissants">Aux Brigands, les mélomanes reconnaissants</a>). L’ouvrage est repris par la compagnie au Festival de Saint-Céré, où elle est basée. C’est donc au Théâtre de l’Usine, salle du Bistrot, pour être précis, que le public est convié. Dans l’alignement de la grande salle (où se déroule en alternance <em>Yes</em>, de Maurice Yvain, que nous verrons très prochainement), ce qui d’ordinaire doit constituer la scène et l’arrière scène est ainsi le cabaret d’un soir, où, de façon conviviale, le public est installé autour de tables entre lesquelles les acteurs pourront circuler.</p>
<p>Savoureuse et drôle, riche en rebondissements, en gags et quiproquos, en clins d’œil et en bons mots, l’opérette que signe Raoul Moretti vaut surtout par sa vingtaine de chansons, d’Albert Willemetz, orfèvre en la matière, qui ponctuent le déroulement de l’action. Tous les ingrédients du théâtre de boulevard et du caf’conc sont réunis pour la circonstance, à l’exception du cocu de service. La jeune et chaste Monique va s’inviter à la soirée de réveillon d’une demi-mondaine – durant laquelle tout est permis et orchestré – pour favoriser les rencontres et les amours passagères, force champagne. Sauf qu’elle et un fêtard, jeune, riche et séduisant, vont se prendre au jeu… L’opérette rencontra un tel écho que le cinéma s’en empare un an après. La Paramount sortit son film en 1933, qui connut un succès durable, avec une distribution éblouissante (Henri Garat, Dranem, Arletty…).</p>
<p>L’opérette française jette alors ses derniers feux, épuisée, concurrencée par sa rivale d’Outre-Rhin et la comédie musicale américaine. Les Brigands, dont on apprécie le travail original permettant la redécouverte de tant de petits bijoux, fussent-ils en toc, ont tiré parti de ce matériau daté pour en adapter l’intrigue – resserrée – et la musique à la dimension d’un cabaret. Pratiquement pas de décor, quelques accessoires, des costumes bien conçus, assortis  d’éclairages appropriés suffisent.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/un_soir_7901.jpg?itok=LJvAsAAq" title="Un soir de  réveillon © Lorran Chourrau" width="468" /><br />
	Un soir de  réveillon © Lorran Chourrau</p>
<p>Ce soir, <strong>Paul-Marie Barbier</strong>, présenté comme pianiste, ce qu’il est effectivement, mais de fait arrangeur vraisemblable de la partition, passera de son instrument au vibraphone comme à la guitare au fil des numéros. Secondé par un acteur violoncelliste de talent et quelques petites percussions, nous aurons là ce qu’il faut pour recréer les atmosphères de chacune des scènes et accompagner les nombreux airs et ensembles qu’entonne la troupe. Aucune sonorisation, ni instrumentale, ni vocale n&rsquo;est nécessaire. Cependant, tout le substrat de danses animées, jazziques ou non, manque de relief, malgré le brio du musicien. Un pauvre piano droit (et un autre puisqu’il y aura transfert de la scène au second acte) ne suffit pas, quel que soit son talent.</p>
<p>La distribution de 2017 a été conservée pour l’essentiel. Seule nouvelle, <strong>Sarah Charles</strong> se substitue à Marie Oppert, et rien dans son chant comme dans son jeu ne trahit cette prise de rôle. Malgré les qualités individuelles de chacun et leur investissement, on reste quelque peu sur notre faim, nous prenant à imaginer ce que tel ou tel aurait pu nous valoir au niveau de la direction d’acteur, du rythme, et des quelques chorégraphies (ici fort brouillonnes). Car chanteurs-comédiens, ou comédiens-chanteurs sont à la hauteur des enjeux. Aucun ne démérite.</p>
<p>De <strong>Gilles Bugeaud</strong>, solide baryton, excellent acteur, on retiendra surtout Carbonnier et ses chansons, et l’architecte, père de l’héroïne, dont il ignore la conduite. Sans omettre son numéro de comédien du théâtre Kabuki (au restaurant), d’une drôlerie incroyable. <strong>Sarah Charles</strong> est Monique, alias Ninon, pseudo cousine de Viviane, l’émancipée organisatrice  de la soirée. Dès son premier air (« Un’ p’tite poule »), la voix bien timbrée sait se faire piquante comme charnue, de vierge peu farouche. <strong>Romain Dayez</strong>, baryton que l’on retrouvera avec plaisir à Metz et Clermont-Ferrand la saison prochaine pour <em>Il mondo della luna</em>, de Haydn, campe un Gérard Cardoval, riche et séduisant industriel en mal d’aventures. Son « J’aime les femmes » est irrésistible. C’est vraiment le premier rôle, servi par une voix superbe et un jeu convaincant. Viviane, la demi-mondaine, est <strong>Emmanuelle Goizé</strong>, artiste complète, séduisante par son chant comme par son physique. La scène de la baignoire (une brouette peinte en blanc), introduite par le violoncelle et le piano, est savoureuse. <strong>Flannan Obé</strong>, baryton martin ou ténor, est Honoré, chauffeur et chaperon de l’héroïne. Nous retiendons son époustouflant « Quand on perd la tête », entre autres. Les ensembles sont réussis, mais pas toujours parfaitement synchonisés.</p>
<p>Malgré sa bonne humeur, cet aimable divertissement laisse donc un certain goût d’inachevé. Usure d’une production déjà ancienne, ou défaut d’origine, lié à une exigence insuffisante de la mise en scène ? Nous l’ignorons. Toujours est-il que tel ou tel professionnel reconnu du genre serait en mesure de corriger aisément ces fâcheux travers. C’est ce que nous souhaitons, car l’ouvrage et ses interprètes le méritent pleinement.  </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>MORETTI, Un soir de réveillon — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-soir-de-reveillon-paris-aux-brigands-les-melomanes-reconnaissants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Nov 2017 06:51:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Où se trouve le monument à Albert Willemetz ? Sans doute pas à Paris, où il naquit en 1887 ; peut-être à Marnes-la-Coquette, où il mourut en 1964. S’il n’y en a pas, les mélomanes devraient se cotiser pour rendre hommage à ce librettiste sans lequel l’opérette française de l’entre-deux-guerres n’aurait pas la même saveur. Ayant commencé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Où se trouve le monument à Albert Willemetz ? Sans doute pas à Paris, où il naquit en 1887 ; peut-être à Marnes-la-Coquette, où il mourut en 1964. S’il n’y en a pas, les mélomanes devraient se cotiser pour rendre hommage à ce librettiste sans lequel l’opérette française de l’entre-deux-guerres n’aurait pas la même saveur. Ayant commencé à œuvrer peu avant la Première Guerre mondiale, auteur des textes d’<em>Andalousie </em>pour Francis Lopez, Willemetz fait le lien entre deux époques, mais il reste attaché aux années 1920 et 1930.</p>
<p>Les « lyrics » qu’il écrivit contiennent bien sûr leur dose obligée de jeux de mots – parfois un peu démodés – mais jouent aussi avec le genre opéra : dans <em>Un soir de réveillon</em>, opportunément ressuscité par <strong>Les Brigands</strong>, on trouve une citation du récit de Micaëla qui ouvre son duo avec José, mais aussi et surtout ce qui est quasiment une parodie de la ballade du Roi de Thulé chez Gounod : l’air « Dans ma baignoire » entrelace une narration (« C’était deux amoureux très économes ») et des considérations intempestives (« J’aime beaucoup mon nombril »), évidemment sur un mode moins noble que ce chante Marguerite.</p>
<p>Si son art est un peu plus daté, Raoul Moretti (1893-1954) n’en était pas moins un compositeur doué et qui connut en son temps de grands succès qui n’ont pas encore revu le jour. Merci donc aux Brigands qui, loin de nous dépouiller, nous enrichissent au contraire en remettant sous le feu des projecteurs des titres oubliés. <em>Un soir de réveillon</em> (1932) avait néanmoins une raison de rester dans les mémoires : le susdit « Dans ma baignoire », chanté par… Arletty à la création, puis dans le film réalisé en 1933 par Karl Anton, avec entre autres l’immense Dranem.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/2197-16.jpg?itok=eHMjFF1O" title="M. Oppert, F. Obé, E. Goizé © Claire Besse" width="468" /><br />
	M. Oppert, F. Obé, E. Goizé © Claire Besse</p>
<p>Autant dire qu’il y avait à lutter contre d’illustres ancêtres, mais ce n’est pas la première fois que Les Brigands relèvent ce genre de défi. <em>Un soir de réveillon</em> est donné dans le cadre inhabituel du cabaret parisien La Nouvelle Eve, mais la troupe est habituée aux spectacles « légers », au décor constitué de quelques accessoires, avec lesquels compose habilement la mise en scène signée <strong>Vladislav Galard</strong>, et à la partition arrangée (par qui ?) pour un orchestre moins fourni – deux instrumentistes seulement, mais <strong>Rémi Oswald</strong> à la guitare et <strong>Rodrigue Fernandes</strong> à l&rsquo;accordéon sont épatants et savent se mêler à l’action autant qu’il faut (même si le rôle de Bob s’en trouve fortement réduit). Car le nombre de chanteurs est lui aussi très limité : cinq seulement pour tenir tous les rôles indispensables.</p>
<p>Vétéran de la briganderie, <strong>Gilles Bugeaud</strong> en cumule quatre avec son brio habituel, parmi lesquels on distinguera le clerc de notaire Landier et l’architecte Lepage ; et même si c’est en Carbonnier qu’il a, au premier acte, le plus à chanter, on rend les armes devant son extraordinaire parodie de théâtre japonais lors de la scène située au restaurant. <strong>Emmanuelle Goizé </strong>compte elle aussi pas mal de spectacles brigandesques à son actif, mais le personnage de Viviane, qu’elle campe fort bien scéniquement, ne lui laisse finalement que peu à chanter, en dehors du fameux air de la baignoire, qu’elle a l’intelligence d’interpréter à sa manière, sans chercher le moins du monde à imiter Arletty. <strong>Flannan Obé</strong> est également un Brigand reconnu, et il assume sans faiblir la lourde succession de Dranem : dans le rôle du vieux domestique Honoré, chaperon de la jeune héroïne, il est aussi irrésistible qu’il pouvait l’être, par exemple, dans <em>Croquefer</em> et <em>L’Ile de Tulipatan</em>. Sa formation d’acteur s’avère ici un atout précieux, mais le chanteur n’est pas en reste, et il fait de ses deux grands airs (« Quand on perd la tête » et « C’est fini ») deux sommets de la représentation.</p>
<p>Deux nouveau-venus complètent la distribution. Le baryton <strong>Romain Dayez </strong>est tout à fait à l’aise dans son rôle de jeune premier fêtard, et l’on guette avec intérêt son retour dans <em>Les P’tites Michu</em> de Messager, monté prochainement par les mêmes Brigands. Quant à <strong>Marie Oppert</strong>, révélée dans <em>Les Parapluies de Cherbourg</em> au Châtelet, elle apporte une grande fraîcheur à son personnage d’ingénue : non sonorisée, cette fois, sa voix possède de belles qualités, même si l’aigu semble souvent encore fragile, mais on pardonnera volontiers à une interprète de 20 ans tout rond.</p>
<p>Nouvelle réussite, donc, à mettre à l’actif des Brigands, à voir pour encore six représentations, les lundi de novembre et les mardi de décembre.</p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, La Grande-duchesse de Gérolstein — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-grande-duchesse-paris-athenee-offenbach-pour-tous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2014 07:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De La Grande-duchesse de Gerolstein, opéra bouffe créé à Paris en 1867, à la Grande-duchesse tout court, spectacle proposé par la Compagnie Les Brigands en cette période de fêtes, il y a un tripatouillage dont Laurent Bury l&#8217;an passé s&#8217;employait précisément à démonter le mécanisme (voir son compte rendu). A l&#8217;opposé de la démarche scrupuleuse &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-grande-duchesse-paris-athenee-offenbach-pour-tous/"> <span class="screen-reader-text">OFFENBACH, La Grande-duchesse de Gérolstein — Paris (Athénée)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De <em>La Grande-duchesse de Gerolstein</em>, opéra bouffe créé à Paris en 1867, à la <em>Grande-duchesse</em> tout court, spectacle proposé par la Compagnie Les Brigands en cette période de fêtes, il y a un tripatouillage dont Laurent Bury l&rsquo;an passé s&#8217;employait précisément à démonter le mécanisme (voir <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/ah-que-jaime-tripatouiller-les-militaires">son compte rendu</a>). A l&rsquo;opposé de la démarche scrupuleuse de Marc Minkowski en 2004, la réorchestration de la partition pour neuf instruments, la modification de l&rsquo;ordre des numéros, la suppression pure et simple de plusieurs d&rsquo;entre eux, les libertés prises avec le livret changent radicalement le profil de l&rsquo;œuvre. Fritz a viré sa cutie ; Wanda, sa fiancée, devient le soldat Krak. C&rsquo;est amusant. La confusion des sexes est forcément savoureuse en ces  temps de manif pour tous. Si au départ l&rsquo;idée fonctionne, expliquant de manière pertinente l&#8217;embarras du beau militaire face aux tentatives de séduction de sa souveraine, elle s&#8217;emmêle rapidement avec les autres ficelles de l&rsquo;intrigue. Quid de la jalousie du Général Boum qui, au contraire de son subalterne n&rsquo;est pas plus gay que la moyenne ? A quoi rime la nuit de noces puisque de mariage entre Fritz et son compagnon, il n&rsquo;est jamais question ? Tant qu&rsquo;à modifier radicalement la donne amoureuse, n&rsquo;aurait-il pas fallu pousser la logique jusqu&rsquo;au bout ? Le principal inconvénient de cet étourdissant mic-mac reste musical. On a beau être ouvert d&rsquo;esprit, un ténor ne peut sans conséquence se substituer à une soprano, dans les duos comme dans les ensembles. La remarque vaut aussi pour le baron Grog, rôle masculin confié ici à la très féminine <strong>Emmanuelle Goizé</strong>. Offenbach pour tous ? Nous avouons ne pas être encore prêt.</p>
<p>Pourquoi alors (re)voir ce spectacle somme toute anecdotique dans le corpus des Brigands, qui compte d&rsquo;autre réalisations plus abouties : <em>Ta bouche</em>, <em>Toi, c&rsquo;est moi</em> &#8230; ? La réponse tient en un nom :<strong> Isabelle Druet</strong>. Dans le rôle-titre, la mezzo-soprano réunit toutes les conditions requises, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de longueur, de couleur de voix ou de cet art de dire qui est une des clés de l&rsquo;interprétation d&rsquo;Offenbach. La fantaisie n&rsquo;a rien de forcé et, la mélancolie, inhérente autant que le rire à la musique du compositeur des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, coule elle aussi de source. A la crise de nerfs, inénarrable parodie de Meyerbeer, succède un air du sabre ciselé comme une mélodie de Fauré. « Dites-lui » baigne dans la même eau limpide sans que l&rsquo;écriture, inconfortable pour beaucoup, ne semble jamais la mettre en difficulté. L&rsquo;aisance scénique, enfin, la candeur de cette Grande-duchesse, ses élans, ses enthousiasmes achèvent de la rendre bougrement attachante.</p>
<p>Sans atteindre ce même niveau d&rsquo;interprétation – mais leurs personnages sont moins complexes –, les autres chanteurs se glissent dans leurs rôles avec un naturel réjouissant. Si l&rsquo;on peut aimer voix plus opulentes, même dans Offenbach, tous possèdent une diction irréprochable qui permet de ne pas perdre un seul des nombreux calembours glissés par Meilhac et Halevy, le plus drôle étant cette prémonitoire « gazette de Hollande » que le Prince Paul lit, tenant à la main un numéro de<em> Closer</em> avec en couverture l&rsquo;actuel président de la République Française. Pour le passage en revue des interprètes, on se reportera de nouveau à l&rsquo;analyse de Laurent Bury dont nous partageons en tous points l&rsquo;avis. Seul élément nouveau, <strong>Arnaud Marzorati</strong>, qui chante le Baron Puck, s&rsquo;intègre comme s&rsquo;il avait toujours fait partie de la troupe aux nombreux ensembles, d&rsquo;une voix aussi égale que sonore. La mise en scène de <strong>Philippe Béziat</strong> a le mérite avec peu de moyens de rendre compréhensible une intrigue somme toute alambiquée sans verser dans la gaudriole, voire le scabreux. Christophe Grapperon, de cet air pince sans rire que l&rsquo;on a plaisir à retrouver, essaie de gonfler du mieux qu&rsquo;il peut le le soufflé instrumental. Mais un orchestre réduit à 8 musiciens, comparé aux formations auxquelles on est habitué, paraît régime sévère en cette période d‛agapes.</p>
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		<title>CHRISTINÉ, Phi-Phi — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ainsi-font-font-font/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 06:55:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Traduit en douze langues, joué 40 000 fois, Phi-Phi est l’exemple même d’un succès dû davantage à une conjonction de facteurs qu’à la valeur intrinsèque de l’œuvre. Sa création en 1918, un mois après la signature de l’armistice, tomba à point nommé pour divertir un public parisien qui cherchait avant tout à oublier les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>Traduit en douze langues, joué 40 000 fois, <em>Phi-Phi</em> est l’exemple même d’un succès dû davantage à une conjonction de facteurs qu’à la valeur intrinsèque de l’œuvre. Sa création en 1918, un mois après la signature de l’armistice, tomba à point nommé pour divertir un public parisien qui cherchait avant tout à oublier les horreurs de la guerre. Le livret, subtilement grivois, copie la recette élaborée par Offenbach. A Jupiter rebaptisé Jupin dans <em>Orphée aux enfers</em>, succède Phidias, surnommé Phi-Phi par une épouse dont la vertu ne résistera pas aux ardeurs du bel éphèbe Ardimédon. Périclès et Aspasie, elle-même maîtresse de Phi-Phi, forment avec ce trio de vaudeville « <em>le quintette de l’équilibre parfait du bonheur conjugal</em> ». Situé dans une antiquité idéalisée, ce sont les anachronismes et l’érotisme des situations qui séduisent, bien plus qu’une intrigue dont les auteurs étirent sur trois actes le fil déjà ténu. La musique ne s’embarrasse pas plus de science. Des rythmes à la mode – fox-trot, one step –, des mélodies entêtantes, peu d’ensemble et des airs qui s’apparentent à des chansons. Christiné pose les fondements de la comédie musicale avec suffisamment de charme pour que le spectateur d’aujourd’hui y trouve à moitié son compte.</p>
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<p>A moitié seulement car pour ranimer cette délicieuse pochade, Les Brigands ont peut-être péché par excès d’ambition. Musicalement, il n’y a rien à redire. La révision par <strong>Thibault Perrine</strong> de la partition pour 5 solistes, un chœur de 9 femmes et 10 musiciens fonctionne parfaitement. Quand il ne donne pas la réplique en Périclès, <strong>Christophe Grapperon</strong> communique à l’orchestre cet enjouement qui est nécessaire à l’opérette. Nouvelle venue dans la troupe, <strong>Lara Neumann</strong> tient en Aspasie la corde d’une distribution qui comme à chaque fois privilégie l’esprit d’équipe. <strong>Emmanuelle Goizé</strong> (Madame Phidias), toujours musicale, n’hésite pas à dévoiler la rondeur de ses charmes et, projeté au premier plan, <strong>Olivier Hernandez</strong> (Ardimédon) fait valoir un talent vocal que les productions des années précédentes ne lui avaient pas permis d’exposer. Dans le rôle titre, <strong>Gilles Bugeaud</strong> joue mieux qu’il ne chante mais là n’est pas le problème.</p>
<p>Pour stimuler un scénario dont on a dit l’insuffisance, <strong>Johanny Bert</strong> a bâti sa mise en scène autour de cinq marionnettes qui représentent les cinq personnages de l’œuvre. Constituées de morceaux détachés (tête, buste, bras, jambe), dans une « <em>esthétique contemporaine inspirée de la statuaire grecque</em> », ces marionnettes se chargent de mimer les répliques que les artistes, placés sur le côté, disent dans le noir. Dès qu’intervient la musique, ils se replacent sur le devant de la scène pour pousser la chansonnette. Chaque marionnette<em> « est manipulée à vue par trois comédiennes au prix d’une coordination et d’une écoute indispensables à la crédibilité physique du personnage</em> » explique Johanny Bert dans la note d’intention. Des comédiennes qui sont aussi les choristes et dont il faut saluer la dextérité. Aucun faux pas, une synchronisation parfaite dans la manipulation des éléments, une habileté qui tient de la chorégraphie. Du grand art. Mais le procédé, en accentuant la frontière entre musique et parole, brise l’élan de la pièce. Placés hors champ, réduits à une voix quand ils sont aussi geste et visage, les comédiens peinent à habiter leur personnage. On les sent emprisonnés dans un système qui « <em>permet de mettre en confrontation le présent et l’esthétique du passé, de confronter corps de chair et corps de pierre</em> » (C’est encore Johanny Bert qui explique). Est-on sûr que l’on parle bien là de <em>Phi-Phi</em> ? L’opérette de Christiné est comme Aspasie, une « gamine charmante » qui ne demande pas tant d’intelligence. </p>
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		<title>TERRASSE, Au temps des croisades — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rires-et-chansons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 06:22:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parce qu’en temps de crise le rire est le meilleur des remèdes, les Brigands ont décidé cette année d’être encore plus drôles que les années précédentes en faisant équipe avec 26000 couverts, une compagnie théâtrale tellement déjantée qu’elle ferait presque passer nos joyeux compères pour de dignes philologues.   Par leur fantaisie conjuguée, Au temps &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Parce qu’en temps de crise le rire est le meilleur des remèdes, les Brigands ont décidé cette année d’être encore plus drôles que les années précédentes en faisant équipe avec 26000 couverts, une compagnie théâtrale tellement déjantée qu’elle ferait presque passer nos joyeux compères pour de dignes philologues. </p>
<p> </p>
<p>Par leur fantaisie conjuguée, <em>Au temps des croisades</em>, un opéra bouffe de Claude Terrasse et de Franc-Nohain (le librettiste de <em>L’heure espagnole</em>), un peu bancal tant musicalement que dramatiquement, se transforme en un vaste délire qui n’est pas sans évoquer Les Deschiens (dans <em>Les Brigands</em> d’Offenbach précisément) et encore plus les Monthy Python. <em>Sacré Graal</em> ou plutôt ici « sacré pal » en référence à <em>L’Etoile</em> de Chabrier, l’un des nombreux clins d’œil dispensés par un spectacle qui n’hésite pas à multiplier les effets de paupières. L’histoire de Dame Bertrade, jeune châtelaine attendant fébrilement depuis trois ans le retour de son époux parti pour la croisade le lendemain de ses noces, n’est en fait que prétexte à une succession de gags. Les exposer serait les déflorer. Il suffit de savoir que l’on rit souvent et fort durant les deux heures que dure la pièce. Avec peu de moyens – une toile peinte en guise de décor unique – mais beaucoup d’idées, <strong>Philippe Nicolle</strong>, le metteur en scène et fondateur de 26 000 couverts, trouve le rythme et le ton, se jouant des conventions avec un humour décapant, souvent proche de l’absurde, dont la première des qualités est de ne jamais prêter flanc à la vulgarité et ce, malgré un sujet on ne peut plus scabreux (l’essentiel de l’intrigue repose sur le droit de cuissage avec en guise d’accessoire, l’inévitable ceinture de chasteté et, plus original, l’oliphant – désopilant – de Roland). Mieux, entre les éclats de rire parviennent à se glisser des bouffées de poésie bienvenues, notamment un bel effet d’ombre chinoise pour raconter une histoire de chat, d’oiseau, de cage et de clé, qui là encore, n’était l’intelligence de la mise en scène, aurait pu flirter avec le mauvais goût. </p>
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<p>Ainsi revigorés, les Brigands plongent avec délectation dans un univers médiéval qui leur est familier, depuis <em>Geneviève de Brabant</em> en 2002 jusqu’à <em><a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=625&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">La cour du roi Pétaud</a></em> l’an passé<em>, </em>même si musicalement l’on est un peu moins à la fête que d’habitude. L’œuvre d’une part comprend plus de texte que de notes. Les mélodies, délicieuses au demeurant dans leur facture belle-époque, ne sont pas légion. Tout au plus retient-on la chanson du faucon (tontaine tonton), les refrains de la Palestine, une valse des pêchés savoureuses et un duo du sommeil d’une tendre délicatesse. D’autre part, l’équipe, dont l’esprit souffle allègrement tout au long de la représentation, se préoccupe davantage de théâtre que de chant. Exception faite d’<strong>Emmanuelle Goizé</strong>, toujours excellente dans un rôle qui met en valeur sa musicalité, et de <strong>Flannan Obé</strong>, dont l’impact vocal n’a rien à envier à la présence scénique. <strong>Christophe Grapperon</strong> fait sonner la musique de Claude Terrasse, même réduite à dix musiciens, avec un entrain communicatif, nous rappelant quel baryton il sait être, le temps d’un air parodique délicieusement boulevardier (un allegro qui souhaite « gloire et victoire » à un onguent destiné à la toilette intime des dames, « le Coaltar saponiné Leboeuf »). Francis Poulenc et Pierre Bernac ne sont pas loin. Mais, une fois n’est pas coutume, c’est un musicien-percussionniste, <strong>Christophe Arnulf,</strong> aussi talentueux qu’imaginatif, qui vole la vedette à tout ce petit monde, parachevant, de grognements en borborygmes, une impayable croisade contre la morosité.</p>
<p> </p>
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