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	<title>Reginald GOODALL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>Coffret &#034;Great Performances&#034; au Royal Opera House</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2015 15:21:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’histoire du temps qui passe, des âges d’or, des débuts d’une future star, d’une soirée mémorable fortuitement captée. Ce sont des techniques de chant, des modes d’expressions que l’on n&#8217;entend plus, ou rarement. C’est un public aux goûts et aux attitudes différentes. En somme, la vie d’un théâtre de sa refondation jusqu’à l’orée du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’histoire du temps qui passe, des âges d’or, des débuts d’une future star, d’une soirée mémorable fortuitement captée. Ce sont des techniques de chant, des modes d’expressions que l’on n&rsquo;entend plus, ou rarement. C’est un public aux goûts et aux attitudes différentes. En somme, la vie d’un théâtre de sa refondation jusqu’à l’orée du XXe siècle que le Royal Opera House réunit au sein d’un coffret de 12 opéras en 32 CDs.</p>
<p>	Pas de raretés dans les titres choisis, seules des valeurs sûres du répertoire sont présentes : <em style="line-height: 1.5">Don Carlo</em>, <em style="line-height: 1.5">Don Giovanni</em>, <em style="line-height: 1.5">Parsifal</em>, <em style="line-height: 1.5">Lucia di Lammermoor</em>, <em style="line-height: 1.5">Madama Butterfly</em>… Toutes ont d’ailleurs déjà été publiées de manière indépendante par le Royal Opera House.  Et puis il y a les grands soirs, ceux qui sont entrés dans la légende. Récemment Christophe Rizoud écrivait <a href="http://www.forumopera.com/cd/donizetti-lucia-di-lammermoor-en-quete-dideal">que la version studio de 1961 (rééditée par Alto) de </a><a href="http://www.forumopera.com/cd/donizetti-lucia-di-lammermoor-en-quete-dideal"><em style="line-height: 1.5">Lucia Di Lammermoor</em></a><a href="http://www.forumopera.com/cd/donizetti-lucia-di-lammermoor-en-quete-dideal"> « possède tous les atouts pour rafler la mise » de la version de référence</a>. La piste gravée dans ce coffret en serait la version live. Nous sommes deux ans plus tôt en 1959, et ce soir-là, <strong style="line-height: 1.5">Joan Sutherland</strong> atteint la stratosphère des belcantistes, devant Maria Callas présente dans le public ; <a href="http://www.forumopera.com/actu/royal-opera-house-londres">nous le racontions dans notre dossier consacré aux Opéras du Monde</a>. La soprano australienne est époustouflante : vocalises superlatives, trilles variés, et personnage très bien caractérisé. Seuls quelques aigus extrêmes sonnent acides.</p>
<p>Peut-être est-ce dû à la qualité de la prise de son. Le <em>live</em> ne trahit pas et si le chant, les modes et les techniques évoluent,  ce coffret témoigne en premier lieu des progrès manifestes de la prise de son en une cinquantaine d’années. Il est émouvant, cet <em style="line-height: 1.5">Otello</em> (1955) au son ouaté où surnage le Maure éruptif de <strong style="line-height: 1.5">Ramon Vinay</strong> et la moelleuse Desdémone de <strong style="line-height: 1.5">Gré Brouwenstijn</strong>, tous deux portés aux nues par la baguette de <strong style="line-height: 1.5">Rafael Kubelik</strong>. Mais combien il est loin de la précision cristalline de la captation de ce <em style="line-height: 1.5">Cosi fan Tutte</em> de 1981 qui réunissait la crème du chant mozartien : <strong style="line-height: 1.5">Kiri Te Kanawa</strong>, qui de beautés vocales fait fondre les plus durs métaux ; <strong style="line-height: 1.5">Agnes Baltsa</strong> tout aussi belle mais plus prosaïque ; <strong style="line-height: 1.5">Stuart Burrows</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Thomas Allen</strong> chantant avec panache les deux amoureux. Quand on ajoute <strong style="line-height: 1.5">Colin Davis</strong> en fosse on tient un <em style="line-height: 1.5">giocoso</em> électrisant. Il y a toutefois quelques ratés. Quel dommage que <em style="line-height: 1.5">Don Giovanni</em> (1962) dirigé par <strong style="line-height: 1.5">Georg Solti</strong> soit plus problématique dans sa prise de son : les soprani en pâtissent et notamment l’Anna impériale de <strong>Leyla </strong><strong style="line-height: 1.5"><strong>G</strong>encer</strong> qui fait saturer les aigus très rapidement. Aucun problème en revanche pour jouir du sens inné du théâtre de <strong style="line-height: 1.5">Cesare Siepi</strong> (Don Giovanni), <strong style="line-height: 1.5">Geraint Evans</strong> (Leporello) ou encore <strong style="line-height: 1.5">Sena Jurinac</strong> (Elvire) et la jeune <strong>Mirella</strong> <strong style="line-height: 1.5">Freni </strong>(Zerline).</p>
<p>	Autre problème de taille, ces <em>lives</em> sont le fruit de leur époque et certaines manies de se servir du ciseau ne sont pas encore passées aux oubliettes. Ainsi le <em style="line-height: 1.5">Don Carlo</em> de 1958 avec <strong style="line-height: 1.5">Carlo Maria Giulini</strong> en fosse est dépecé de nombreuses mesures (il est bien en italien et en 5 actes, contrairement à ce que suggère le livret du coffret qui ajoute un « s » à Carlo) . Pas le temps de s’ennuyer à Fontainebleau expédié en quelques minutes, pas de <em style="line-height: 1.5">lacrimosa</em> pour le Posa de<strong style="line-height: 1.5"> Tito Gobbi</strong>… C’est d&rsquo;autant plus discutable quand la serpette est maniée par les techniciens et réalisateurs du présent coffret : ainsi une fort belle soirée de répertoire autour d’un <em style="line-height: 1.5">ballo in maschera</em> réunissant <strong style="line-height: 1.5">Jon Vickers</strong>, <strong>Ettore </strong><strong style="line-height: 1.5"><strong>B</strong>astianini</strong>, <strong style="line-height: 1.5">Amy Shuard</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Regina Resnik</strong> se trouve proprement tronçonnée quand certains finals ne sont pas purement et simplement assourdis comme de vulgaires morceaux pop. Fallait-il donc gagner quelques secondes pour réduire le nombre de galettes du coffret ?</p>
<p>	Mais passons, ce qui se fait jour en filigrane au fil des décennies, c’est la volonté de « <em>restaurer Covent Garden comme centre d’opéra et de ballet digne des plus grandes traditions musicales</em> », comme l&rsquo;écrivaient les pères fondateurs au sortir de la guerre. Condition sine qua non : une troupe et un orchestre fixe. Là encore on mesure combien Londres aura bataillé. Le <em style="line-height: 1.5">Parsifal </em>de 1971 qui réunit <strong style="line-height: 1.5">Jon Vickers</strong>, <strong style="line-height: 1.5">Donald McIntyre</strong>, <strong>Amy </strong><strong style="line-height: 1.5">Shuard</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Norman Bailey</strong> ne donne pas autre chose à entendre qu’une belle soirée wagnérienne alors que va commencer la décennie dite de crise de chant wagnérien. Le chef ce soir-là, <strong>Reginald Goodall</strong>, est notoirement connu pour avoir enregistré la version la plus lente de l&rsquo;oeuvre. Même démonstration en 1997 avec <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em>, même si la crise est passée, pour le Sachs de <strong style="line-height: 1.5">John Tomlinson</strong> accompagné par les artistes maison.  Plus que la Butterfly de <strong style="line-height: 1.5">Victoria de los Angeles</strong>, que les « Vittoria » glorieux de <strong style="line-height: 1.5">Franco Corelli</strong> (dans <em style="line-height: 1.5">Tosca</em> en 1957) ou qu’un <em style="line-height: 1.5">Rosenkavalier</em> de luxe en 1995 (Baron Ochs de <strong style="line-height: 1.5">Kurt Moll</strong>, <strong style="line-height: 1.5">Anna Tomowa-Sintow</strong> en Maréchale), le florilège ici capté de soirées de répertoire de grande qualité montre ce théâtre qui se réinvente, s’affirme et triomphe.</p>
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