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	<title>Christophe GRAPPERON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Christophe GRAPPERON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>À LA LUMIERE  / ACCENTUS</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/a-la-lumiere-accentus-de-la-nuit-a-la-lumiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On se rappelle la fameuse apostrophe du tout nouveau ministre de la Culture, Jack Lang, après l&rsquo;accession de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981: « Les Français ont franchi le 10 mai la frontière qui sépare la nuit de la lumière ».  Quarante ans plus tard, en octobre 2021, on soupçonne le Chœur de Radio France d&rsquo;avoir subliminalement voulu rendre hommage à l&rsquo;éternel ministre de la Culture, en invitant le chœur <strong>Accentus</strong> à donner, sous la houlette de <strong>Christophe Grapperon</strong>,  à l&rsquo;Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique à Paris, un programme qui évolue explicitement de la nuit à la lumière !</p>
<p>Un programme exceptionnel par son contenu : cinq pages <em>a cappella</em> de <strong>Saint-Saëns –</strong> dont on commémorait l&rsquo;an passé le centenaire de la mort – et huit partitions chorales de <strong>Reynaldo Hahn</strong>. Pour qui cherche l&rsquo;inédit, on est servi !</p>
<p><strong>Saint-Saëns ou la virtuosité des ascètes</strong></p>
<p>D&rsquo;abord Saint-Saëns, un compositeur souvent taxé d&rsquo;académisme, dont on n&rsquo;a pas fini de mesurer l&rsquo;incroyable versatilité, capable d&rsquo;épouser tous les genres, tous les styles, avec une facilité qui a sans doute desservi son image pour la postérité. J&rsquo;avoue que je ne connaissais aucune des pièces présentées ici. Comme le dit Christophe Grapperon, « à l&rsquo;inverse de sa virtuosité pianistique volubile, la musique chorale de Saint-Saëns nécessite une autre virtuosité, celle des ascètes ».</p>
<p>Le disque s&rsquo;ouvre par <em>La romance du soir</em>, un opus tardif sur un poème de Jean-Louis Croze (1865-1955), vers bien académiques mais chromatismes envoûtants dans l&rsquo;entremêlement des voix. Suit <em>Calme des nuits, </em>le premier numéro de son opus 68 une séquence de longs unissons extatiques qu&rsquo;on mettrait en tête de ce disque si l&rsquo;on devait exprimer ses préférences. Le second numéro par contraste paraît plus banal, frivole, avec ses rimes de mirliton dues au compositeur lui-même (<em>Les fleurs et les arbres</em>). Dans <em>Des pas dans l&rsquo;allée, </em>la mélancolie s&#8217;empare de l&rsquo;auditeur comme elle l&rsquo;avait fait du compositeur et de son poète Maurice Boukay (1866-1917) : <em>Tombez souvenirs, tombez feuille à feuille&#8230;</em></p>
<p>Quant à la <em>Saltarelle </em>sur un poème d&rsquo;Emile Deschamps (1791-1871) chantée par les seuls hommes du chœur – plage 5 du disque – elle fait irrésistiblement penser à certains épisodes de la <em>Carmen</em> de Bizet. </p>
<p><strong>Reynaldo Hahn ou le style français</strong></p>
<p>Si le Saint-Saëns choral nous était inconnu, que dire alors des pages de Reynaldo Hahn (1874-1947) rassemblées ici ?  Une complète découverte. Impressions contrastées, avec une très belle surprise.</p>
<p>Reynaldo Hahn qui séjourne à Dieppe avec Marcel Proust durant l&rsquo;été 1895 rencontre chez sa logeuse Madeleine Lemaire un autre habitué des lieux, Camille Saint-Saëns. Hahn a 21 ans, Saint-Saëns 60, et le jeune homme déjà habitué des salons parisiens ne va pas manquer d&rsquo;entreprendre son illustre aîné. Dans les cercles mondains de la Belle Epoque où ils vont se retrouver, comme tous les musiciens, acteurs, écrivains, danseurs qui comptent, il n&rsquo;est pas rare qu&rsquo;autour d&rsquo;un piano on entonne en chœur partitions anciennes ou créations de circonstance (l&rsquo;auteur de ces lignes a eu la chance de connaître <strong>Hugues Cuénod </strong>(1902-2010) dans la dernière décennie du XXe siècle, qui aimait à raconter de très joyeux et chantants dimanches après-midi de l&rsquo;entre-deux-guerres à Paris – il y en a même quelques très belles  traces au disque).</p>
<p>Reynaldo Hahn qui, comme Saint-Saëns, aime et connaît le répertoire français de la Renaissance et du Grand Siècle, se livre à de charmantes recompositions de chansons, madrigaux et rondels. Les chanteurs d&rsquo;Accentus et Christophe Grapperon en ont choisi cinq, où Hahn convoque les mânes de Lully, Agrippa d&rsquo;Aubigné, Charles d&rsquo;Orléans, ou encore Théodore de Banville pour illustrer <em>Le Jour</em> et <em>La Nuit. L&rsquo;Aubade athénienne </em>qui conclut le programme est de la même veine légère et frivole. </p>
<p>Et voici – on avait promis la surprise ! – qu&rsquo;après une brève <em>Obscurité </em>(vers de Victor Hugo tout de même<i>) </i>nous sommes saisis, plage 10 de l&rsquo;album, par la pièce la plus longue (10&rsquo;19) qui donne son titre au disque – <em>A la lumière – </em>sur un poème d&rsquo;Anatole France (1844-1924). L&rsquo;oeuvre impressionne par son éloquence, ses audaces harmoniques, sa puissance évocatrice,</p>
<p>Cet hymne à la lumière, tour à tour contemplatif et triomphal, est sans conteste le fleuron de ce programme si original, malheureusement un peu court pour un disque.</p>
<p>On doit redire ici l&rsquo;admiration qu&rsquo;on porte à l&rsquo;ensemble vocal Accentus, chœur de chambre fondé en 1991 par Laurence Equilbey. Homogénéité de l&rsquo;ensemble et de chaque pupitre, sûreté de l&rsquo;intonation, diction affûtée, Accentus ajoute ici une pierre très précieuse à un édifice discographique impressionnant, et pour tout dire unique dans le paysage musical français.</p>
<p> </p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=2lsFBC6rjYY">https://www.youtube.com/watch?v=2lsFBC6rjYY</a></p>
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		<title>, V’lan dans l’œil — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vlan-dans-loeil-bordeaux-tout-tourne-tourne-tourne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Claude Meymerit]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Feb 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Initialement intitulé l’Œil crevé, cet opéra-bouffe change de nom et devient à sa création en 1867, V’lan dans l’œil. Du compositeur Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé, cet ouvrage fut à l’époque un énorme succès. Peu à peu oublié du répertoire, il nous revient sur la scène du Grand Théâtre grâce à une coproduction de Bru Zane &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Initialement intitulé l’<em>Œil crevé</em>, cet opéra-bouffe change de nom et devient à sa création en 1867, <em>V’lan dans l’œil.</em> Du compositeur Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé, cet ouvrage fut à l’époque un énorme succès. Peu à peu oublié du répertoire, il nous revient sur la scène du Grand Théâtre grâce à une coproduction de Bru Zane France, de l’Opéra national de Bordeaux et de l’Opéra de Limoges. Auteur d’une centaine d’ouvrages, seule une petite poignée d’œuvres d’Hervé est régulièrement montée sur les scènes françaises. Aussi, la programmation de <em>V’lan dans l’œil</em> était très attendue du public.</p>
<p>Malheureusement la situation actuelle liée à la pandémie sanitaire a interdit toutes les représentations prévues ces jours-ci sur la scène bordelaise. Les répétitions des artistes et le travail des équipes techniques étant très avancés, les coproducteurs ont décidé de réaliser une captation d’une représentation donnée à huis clos pour une diffusion prochaine sur France 3. C’est la Société Oxymore Productions qui est chargée de la réalisation.</p>
<p>L’intrigue et le dénouement de cet ouvrage sont pratiquement inexplicables. Plongé dans un tourbillon de couplets légers et endiablés, d’imposants décors mobiles, de costumes loufoques et de lumières aux néons colorés, le tout dans une mise en scène déjantée de <strong>Pierre-André Weitz</strong>, le spectacle est sûr de plaire aux téléspectateurs. On peut vraiment parler de travail d’équipe ou de troupe. Tous les protagonistes se connaissent très bien et ont déjà travaillé ensemble dans d’autres productions lyriques. En occupant tout l’espace, les artistes habités par leur personnage,  semblent fonctionner comme des piles électriques vivantes. Ce rythme effréné se prête vraiment à l’œuvre qui demande une communion de surréalisme et de bouffonnerie. Le metteur en scène a su utiliser toutes les ficelles du visuel et cela fonctionne. Tout tourne, tourne, tourne… tout danse, danse, danse… comme dirait Jacques Offenbach, le rival et ami d’Hervé.</p>
<p>Les chanteurs-acteurs offrent des moments savoureux pleins d’humour comme l’air de la « langouste » ou de la « menuiserie » ou encore celui de l’entrée de la Marquise. Les textes de ces couplets surréalistes gardent toujours leur modernité. Conditions sanitaires obligent, les artistes du Chœur ont pris place dans la salle, sur les premières hauteurs. Cette disposition apporte une dimension assez exceptionnelle à l’harmonie musicale de l’ouvrage et à la théâtralité de l’action scénique. Leurs voix forment une enveloppe globale efficace et séduisante. On finirait presque par rêver de représentations lyriques avec les chœurs répartis dans les hauteurs du théâtre. Le seul bémol de cet opéra-bouffe est celui du livret parlé. Quelques grandes coupes auraient été les bienvenues surtout sur certains monologues assez fastidieux à l’écoute. Il est dommage que le rythme endiablé soit brusquement coupé par des interventions de textes assez usés et criés. Dans la fosse avec sa quarantaine de musiciens, <strong>Christophe Grapperon</strong> à la tête de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine apporte toute l’énergie aux galops musicaux rappelant l’esprit et la légèreté de l’époque. On aurait bien tapé des mains et des pieds avec lui.</p>
<p> </p>
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		<title>, Mam’zelle Nitouche — Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mamzelle-nitouche-rouen-denise-et-les-mauvais-garcons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Dec 2018 07:28:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Denise est une fausse ingénue qui, la nuit venue, va escalader le mur du couvent des hirondelles où elle poursuit ses études, pour rejoindre le lieu le plus sulfureux qui soit : le théâtre local où le hasard va la consacrer vedette sous le nom de « Mam’zelle Nitouche ». Qu’il est vilain de désobéir ! Denise est ainsi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Denise est une fausse ingénue qui, la nuit venue, va escalader le mur du couvent des hirondelles où elle poursuit ses études, pour rejoindre le lieu le plus sulfureux qui soit : le théâtre local où le hasard va la consacrer vedette sous le nom de « Mam’zelle Nitouche ». Qu’il est vilain de désobéir ! Denise est ainsi entraînée sur la pente glissante du vice et de la débauche, vers le monde dissolu du théâtre. Est-ce ce que veut nous faire croire le metteur en scène <strong>Pierre-André Weitz</strong> en sous-titrant l’œuvre, sur le rideau de scène, « Opéra révolutionnaire », et en tentant de transformer la bluette qui ravissait nos grands-parents (et qui continue une étonnante carrière dans sa version « originale », notamment en Russie et en Europe centrale) en une satyre sociale peuplée de mauvais garçons ? En réalité, tout cela reste plus gentillet que subversif, d’autant qu’à la fin tout rentre dans l’ordre bourgeois. Ouf.</p>
<p>	La représentation se déroule sur un rythme effréné grâce notamment à un dispositif scénique à tournette très efficace qui fait s’enchaîner les scènes avec rapidité. Le public, un peu renfrogné au début (contexte général oblige) finit par se laisser entraîner. Il faut dire que certaines scènes dérideraient un macchabée, comme le démarrage au quart de tour pendant l’ouverture, le faux premier entracte, et le délire du Major qui voit défiler à vitesse accélérée toute l’action. Quant à « l’invocation à sainte Nitouche », c’est un morceau d’anthologie qui à lui seul vaut le voyage. La religion gentiment brocardée dans la version d’origine dépasse ici le kitsch saint-sulpicien pour rejoindre les Madones et religieuses troubles de Pierre et Gilles. Pour le reste, on peut tout juste parler parfois de transposition, sans que l’œuvre soit jamais trahie. Ainsi en est-il de choix souvent drôles, comme les apaches qui dansent la java, ou les soldats en tutu. D’autres sont plus étranges, tel le personnage typiquement germanique (et berlinois) de l’homme-femme de l’ouverture, bien gratuit puisqu’il n’y a dans cette œuvre aucun travestissement autre que ceux imposés par le metteur en scène. Passons aussi sur le clown blanc-régisseur, car c’est fort bien fait.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/img_2097_pressebd.jpg?itok=lwNcGIu0" width="468" /><br />
	© Photo Frédéric Stéphan</p>
<p>
	Ce serait donc plutôt bien s’il n’y avait malheureusement de véritables contresens, dont les moindres sont les élèves de l’institution transformées en nonnes, et le maître de musique portant une soutane. Mais le plus ennuyeux, c’est la distribution du rôle de Célestin/Floridor à un chanteur de type « jeune premier », là où le compositeur avait prévu l’homme mûr seul envisageable au milieu des sœurs et demoiselles de l’institution. Après beaucoup d’autres (on se souvient notamment de Raimu, Fernandel et Jean-Marie Proslier), et malgré ses grandes qualités de présence, de jeu et de chant, <strong>Damien Bigourdan</strong> n’arrive pas à imposer ce personnage qui n’a pas été conçu pour un jeune homme séduisant. Car dès lors, pourquoi Denise n’aurait-elle pas eu immédiatement le béguin pour lui ? Ce qui aurait bien évidemment été une tout autre histoire.</p>
<p>	En dehors de ce parti pris qui plombe un peu la représentation, on reste partagé devant les démonstrations délirantes d’<strong>Olivier Py</strong>. On sait ses compétences multiples d’homme de théâtre, d’acteur et de chanteur. Mais si son Loriot-comique troupier est en tous points remarquable, sa résurrection de Miss Knife pour jouer Corinne, et surtout la Mère supérieure, ne s’imposait peut-être pas. C’est drôle au début, encore que sa Corinne soit bien vulgaire sans avoir le charme canaille d’Ona Munson en Belle Watling. Mais au dernier acte, la Mère supérieure qui devient frénétique façon Guignol, comme si elle avait un train à prendre, est tout simplement insupportable, avec ses provocations excessives et bien inutiles.</p>
<p>	<strong>Lara Neumann</strong> est une actrice que l’on a toujours aimée dans <em>Lucienne et les Garçons</em> aux côtés de Flannan Obé, en même temps qu’une cantatrice rompue comme Flannan au style des opérettes classiques. Elle entraîne tout son monde avec un entrain communicatif, en privilégiant le côté roué de Denise et en la tirant vers le monde d’Anne-Élisabeth Blateau, plus que vers une simple ingénue même un peu libertine. Côté vocal, elle assure avec brio, même si donner trois représentations en trois jours ne peut pas ne pas avoir de répercussions physiques. Ainsi, alors que dans le disque d’extraits qui accompagne la tournée* elle offre une très bonne prestation chantée, on remarque ce soir sur scène des baisses de tonus qui dès le duo du « soldat de plomb » la mettent vocalement très en retrait de son partenaire au niveau du médium et font craindre pour la suite. Fort heureusement, tout rendre rapidement dans l’ordre et son « Babet et Cadet », notamment, est éblouissant.</p>
<p>	<strong>Samy Camps</strong> (Fernand de Champlâtreux) est à l’unisson, même si sa prononciation est quasi incompréhensible. <strong>Philippe Gérard</strong> en major est bien dans la tradition, le reste de la distribution est tout à fait excellent, et les comparses épatants. On regrette que les chœurs ne soient pas plus étoffés (c’est un euphémisme) car dès lors, l’œuvre prendrait une tout autre dimension. L’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie fait merveille sous la baguette vive et précise de <strong>Christophe Grapperon</strong>, qui nous fait redécouvrir avec sa verve musicale habituelle les finesses de cette belle partition. Le public aussi a été conquis, et le manifeste chaleureusement, suscitant de nombreux saluts et deux reprises d’un des tubes de l’œuvre, « La Légende de la Grosse-caisse ».</p>
<p>* CD (extraits) édité par le Palazetto Bru Zane</p>
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		<title>, Mam’zelle Nitouche — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mamzelle-nitouche-montpellier-question-de-priorite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Nov 2018 07:14:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Prenez un couvent où des jeunes filles portant des noms à particule sont préparées à leur vie future d’épouses, de mères et de femmes du monde par l’exercice de la piété et l’apprentissage de la musique. A sa tête une aristocrate qui veille à la permanence de cette éducation pour assurer celle de sa caste. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Prenez un couvent où des jeunes filles portant des noms à particule sont préparées à leur vie future d’épouses, de mères et de femmes du monde par l’exercice de la piété et l’apprentissage de la musique. A sa tête une aristocrate qui veille à la permanence de cette éducation pour assurer celle de sa caste. Une des pensionnaires, Denise de Flavigny, observatrice et déterminée, a découvert le secret du maître de musique : il mène une double vie. Organiste asexué le jour dans le saint lieu , il fréquente le soir le lieu profane de toutes les débauches, un théâtre. Les circonstances aidant, elle s’y rendra de son plein gré, sera amenée à remplacer au pied levé une diva capricieuse, et remportera un vif succès. Est-ce le début d’une nouvelle vie, en rupture éclatante avec son milieu ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/mg2_5503_nitouche.jpg?itok=wPeEqphi" title="Philippe Girard (le major) et Lara Neumann (Denise / Mam'zelle Nitouche) © dr" width="468" /><br />
	Philippe Girard (le major) et Lara Neumann (Denise / Mam&rsquo;zelle Nitouche) © dr</p>
<p>On pourrait le croire, à prendre à la lettre le panneau qui accueille les spectateurs : il représente <em>La Liberté guidant le peuple</em> d’après Delacroix et une inscription affirme que <em>Mam’zelle Nitouche</em> est une œuvre révolutionnaire. Mais si les ingrédients précités relèvent d’abord des conventions en usage chez la comtesse de Ségur pour bifurquer ensuite chez Balzac, la conclusion nous ramène au statu quo : l’aventure sera sans lendemain. Revenue au couvent, l’héroïne se jette dans les bras du beau militaire qu’elle a conquis : non seulement il est lui aussi issu de la caste mais de surcroît  il n’est autre que celui que ses parents avaient choisi ! N’est-il pas abusif de parler de révolution ?</p>
<p>Ce penchant à l’approximation outrancière, nous le percevons aussi dans la mise en scène. En faisant succéder l’univers sulfureux du théâtre à l’ambiance collet monté du couvent, le livret organise un contraste piquant. Mais si le couvent est peuplé, comme on nous le montre, de pensionnaires dissipées qu’une chorégraphie répétitive à l’air de déjà-vu fait se trémousser en gesticulant au moindre prétexte rythmique, l’effet de contraste est raté et la singularité de Denise est noyée dans la masse. On a évité la représentation conventionnelle du monde conventuel mais on l’a remplacée par une autre convention : le Couvent des Hirondelles est devenu celui de Sister Act. Pourtant le livret est clair : la référence, c’est Molière, que Célestin/Florimond invoque quand la présence d’esprit de Denise les sauve de l’inquisition de la Mère Supérieure.</p>
<p>Ainsi, la mise en scène de <strong>Pierre-André Weitz</strong> grossit le trait et alourdit inutilement l’œuvre. <strong>Olivier Py</strong> tombe dans ce travers quand son avatar, Miss Knife, campe une Mère Supérieure dont les vociférations semblent laborieusement et vainement chercher à être drôles. Du coup, sa Corinne semblera presque sobre, et au moins les citations d’opéra dont elle truffe son discours font mouche et provoquent le sourire. Même son Loriot évite intelligemment la caricature du comique troupier. Le spectacle porte du reste sa marque, avec l’aspect cabaret et la thématique de l’ambigüité du genre par la présence de travestis et de transformistes, mais Pierre-André Weitz est un de ses collaborateurs attitrés.</p>
<p>Les autres personnages, par bonheur, ne sont pas trop chargés. Si la gouaille de Denise ne nous semble pas nécessaire, même dans les chansons à onomatopées, elle reste supportable et le talent de <strong>Lara</strong> <strong>Neumann</strong> lui permet de passer de l’espièglerie du couvent à l’abattage du corps de garde avec une voix remarquable de fraîcheur. <strong>Damien Bigourdan</strong> s’acquitte avec brio du rôle de l’homme à la double vie, saint homme le jour et débauché le soir. <strong>Philippe Girard</strong> campe la complexité de la baderne sensible que Corinne cocufie.  Silhouettes plus que personnages, <strong>Antoine Philippot</strong>, <strong>Clémentine Bourgoin</strong>, <strong>Ivanka Moisan</strong> – remarquable danseuse – <strong>Pierre Lebon</strong> et <strong>David Ghilardi</strong> se montrent infatigables, bien qu’ayant enchaîné les représentations. Le comique de la sœur tourière est exploité par <strong>Sandrine Sutter. Samy Camps</strong>, enfin, incarne avec élégance l’impatience d’un jeune homme sentimental à qui le cynisme est étranger.</p>
<p>Dans la fosse <strong>Christophe Grapperon</strong> dirige l’orchestre dans une optique plus favorable, par l’éclat des cuivres et les tempi adoptés, à l’ambiance tapageuse d’un café-concert qu’au lyrisme que l’ouverture semblait promettre. L’impact sur le public est indéniable et déclenche au final les applaudissements rythmés, qui entraînent un bis, et ainsi de suite. Peut-on pour autant parler de réussite ? Cette représentation inflige à une œuvre peu connue le prisme des préoccupations du metteur en scène et d’Olivier Py. Etait-ce une priorité ?   </p>
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		<item>
		<title>, Mam’zelle Nitouche — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mamzelle-nitouche-nantes-janus-power/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Dec 2017 09:25:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Après le succès des Chevaliers de la Table Ronde qui tournent depuis deux ans, le Palazetto Bru Zane continue sa redécouverte des opérettes d’Hervé avec les mêmes artistes. Après Toulon, c’est Angers-Nantes Opéra qui accueille cette nouvelle création. Le « compositeur toqué » propose ici une fantaisie autobiographique : comme lui, Célestin, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Après le succès des <em>Chevaliers de la Table Ronde</em> qui tournent depuis deux ans, le <strong>Palazetto Bru Zane</strong> continue sa redécouverte des opérettes d’Hervé avec les mêmes artistes. Après Toulon, c’est Angers-Nantes Opéra qui accueille cette nouvelle création.</p>
<p>Le « compositeur toqué » propose ici une fantaisie autobiographique : comme lui, Célestin, son héros est organiste le jour avant de se transformer la nuit en Floridor, compositeur de musique légère. Hervé, titulaire de l’orgue de St Eustache se prénomme Louis-Auguste-Florimond, le clin d’oeil est donc assumé. Dans un registre plus souterrain, le livret évoque également sous des oripeaux légers ce qui a toutes les apparences d’un détournement de mineure. Or, en 1856, Hervé passa justement un an en prison pour des faits similaires, bien qu’il ait toujours clamé son innocence.</p>
<p>C’est sur cette ambivalence du sérieux et du léger que s’appuie la mise en scène endiablée de <strong>Pierre-André Weitz</strong>. Le titre même de la pièce l’indique bien : une « Mam’zelle Nitouche », c’est une demoiselle apparemment bien sous tout rapport, mais qui est bien moins respectable qu’elle n’y paraît. Le metteur en scène décline le thème de Janus de la manière la plus fantaisiste avec un personnage composite au costume mi-homme mi-femme à la Stromae, des bonnes sœurs montées sur cuissardes à talons aiguilles… La plupart des personnages secondaires d’ailleurs, tout comme Célestin/Floridor, sont incarnés successivement par les mêmes artistes qui passent de la bonne sœur à la danseuse de cabaret. Le cas le plus frappant est celui d’<strong>Olivier Py</strong>, brillant et survolté, qui incarne avec le même panache une mère supérieure onctueuse et arrangeante, une divette sur le retour fort dépoitraillée et un militaire branquignole à tutu. La voix de tête bien posée, il offre une prestation aussi loufoque que maitrisée avec des incursions crédibles dans le registre lyrique et surtout le formidable talent de comédien qu’on lui connait.</p>
<p>Le jeu d’inversion se poursuit jusque dans la distribution puisque Pierre-André Weitz est un scénographe récurrent des spectacles d’Olivier Py. Ici, c’est lui qui prend les commandes et on le retrouve partout ! En charge de la mise en scène, de la scénographie, des costumes, du maquillage, il incarne également le régisseur sous des oripeaux de clown !</p>
<p>Un clown qui a travaillé dur sans doute, soutenu par des assistants tous nommés à la distribution. Le fait est assez rare pour être souligné. Comme il se doit pour ce type de programme, sa mise en scène travaille le rythme de manière très précise et avec grande efficacité, même si cette hystérie perpétuelle donne un peu le tournis. A ce sujet, un plateau tournant divisé en trois zones permet de passer d’un lieu à l’autre, créant une fois encore un jeu sur les multiples facettes du réel. Le manège fini par s’emballer dans un final délirant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="321" src="/sites/default/files/styles/large/public/nitouche-69480_0.jpg?itok=KhwqSbwv" title="© Jef Rabillon" width="468" /><br />
	© Jef Rabillon</p>
<p>Si les chorégraphies participent de cette cadence effrénée, celles du début du spectacle souffrent d’un rien de raideur. Elles sont d’ailleurs un peu inégales allant du vu et revu au drôle et à l’inventif. L’on regrettera également le recours excessif aux blagues visuelles potaches ou graveleuses qui alourdissent le propos, est-ce vraiment la loi du genre ? De même, le travail visuel époustouflant des <em>Chevaliers de la Table Ronde </em>a cédé la place ici à des choix plus convenus et moins esthétiques, notamment la vulgarité de certains costumes dont les couleurs jurent inutilement.</p>
<p>En revanche, la direction d’acteur est épatante. L’équipe est composé d’une magnifique brochette de comédiens-chanteurs très engagés physiquement et dont la diction s’avère particulièrement claire, dans les scènes parlées comme chantées. On aurait voulu, d’ailleurs, que la partition offre à certains plus d’occasions de nous faire profiter de leurs qualités vocales. <strong>Sandrine Sutter</strong> et <strong>Clémentine Bourgoin</strong>, par exemple, ne méritent que des éloges. La seconde allie un timbre piquant à un bel abattage. <strong>Samy Camps</strong>, quant à lui, est un amoureux charmant, dont les différents registres sont joliment lumineux. Il donne la réplique à une <strong>Lara Neumann</strong> éblouissante, dont la Denise craquante, délicieusement canaille est vocalement sensationnelle. La voix s’affirme sans peine, parfaitement projetée, forte d’un timbre rond, chaud et de graves sensuels qui se teintent d’humour lorsqu’elle se transforme en diva jazz. <strong>Damien Bigourdan</strong> est au diapason ; qu’il incarne Célestin ou Florimond, il joue toujours parfaitement juste, insufflant même à son personnage une élégance détachée qui fait merveille.</p>
<p>Le plateau est idéalement connecté à la fosse où <strong>Christophe Grapperon</strong> officie à la tête de l’<strong>Orchestre National des Pays de la Loire</strong> avec autant de précision que d’entrain. Il est le chef rêvé de ce répertoire dont il est spécialiste.</p>
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		<title>, Les Chevaliers de la Table ronde — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-chevaliers-de-la-table-ronde-paris-athenee-cavalleria-clownescana/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Dec 2016 20:15:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Selon Meilhac et Halévy, « Les charbonniers sont tout noirs, tout noirs, et les fariniers sont tout blancs, tout blancs », mais pour Pierre-André Weitz, les chevaliers sont noirs et blancs. Pour sa première mise en scène lyrique, réalisée à la demande du Palazzetto Bru Zane, le décorateur attitré d’Olivier Py s&#8217;est pris pour Buren et a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Selon Meilhac et Halévy, « Les charbonniers sont tout noirs, tout noirs, et les fariniers sont tout blancs, tout blancs », mais pour <strong>Pierre-André Weitz</strong>, les chevaliers sont noirs et blancs. Pour sa première mise en scène lyrique, réalisée à la demande du Palazzetto Bru Zane, le décorateur attitré d’Olivier Py s&rsquo;est pris pour Buren et a choisi un décor et des costumes alternant des rayures de ces deux non-couleurs, pour un effet qui combine l’ambiance du cinéma muet (plutôt Mack Sennett que Murnau) et un hommage à certaine « marque aux trois bandes », les chevaliers étant devenus des sportifs comme dans l’<em>Armida</em> de Mariame Clément qu’on reverra bientôt à Montpellier.</p>
<p>Tout aussi tranché s’avère l’accueil fait à ce spectacle, qui tourne depuis déjà près d’un an, après son inauguration <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/les-chevaliers-de-la-table-ronde-bordeaux-opera-bouffe-lourd-a-digerer">au Grand Théâtre de Bordeaux</a>. Au fil des représentations, la distribution a pu varier, mais l’impression générale reste la même que celle qu’ont pu ressentir nos collègues Christophe Rizoud pour la première, ou Jean-Marcel Humbert pour la reprise <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/les-chevaliers-de-la-table-ronde-massy-un-peu-trop-copieux">à Massy</a>. Le jugement est tranché entre un public hilare et une critique parfois plus réservée. Tranché aussi entre l’admiration qu’inspirent certains aspects et l’irritation suscitée par d’autres.</p>
<p>Irritante, l’agitation constante et gratuite, les cris et les grimaces perpétuels, le caractère systématiquement outré du jeu scénique. Irritante, la tendance à faire passer les gags les plus lourds avant la musique, parce qu’elle semble trahir un certain manque de confiance en l’œuvre. Certes, les opérettes d’Hervé ont jusqu’ici eu du mal à convaincre, en grande partie à cause de l’amateurisme avec lequel elles ont été remontées. Cette fois, les moyens artistiques et financiers sont bien là : fallait-il vraiment rajouter une épaisse couche de clownerie par-dessus ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/chevaliers_table_ronde_3-_mariagejpg-2ed69.jpg?itok=RotD1JF7" title=" © DR" width="468" /><br />
	 © DR</p>
<p>Admirable, la distribution réunie, qui fait notamment appel à des chanteurs habitués à des partitions exigeantes. Magnifique interprète d’Iphigénie en concert à Versailles, <strong>Chantal Santon </strong>a prouvé ses affinités avec la grosse rigolade en participant aux spectacles montés par Shirley et Dino, et l’on ne s’étonnera donc pas de la retrouver un maîtresse dominatrice dans <em>Les Chevaliers de la table ronde</em>, le rôle de Mélusine exigeant une voix à laquelle les vocalises ne font pas peur. Superbe dans les reines de tragédie lyrique de Lully mais également familière du monde de l’opérette, <strong>Ingrid Perruche</strong> s’est avec les années construit une autorité scénique et vocale qui fait merveille dans le rôle de la Duchesse. Après avoir vu <strong>Manuel Nuñez Camelino</strong> en nourrice dans <em>Le Couronnement de Poppée</em>, on savait déjà qu’il pouvait faire rire. Quant à <strong>Samy Camps</strong>, nouveau venu en Roland, il se tire ici très bien ce qu&rsquo;on lui impose. Dommage que chez telle ou tel, le texte soit parfois peu intelligible, à cause du bruit ambiant, de tempos trop enlevés ou d’une diction pas toujours aussi incisive qu’on le voudrait. De toute la troupe, celui qui laisse pantois, c’est incontestablement <strong>Damien Bigourdan</strong>, comédien ahurissant, chanteur-acteur total : il est le seul auquel il est permis d&rsquo;incarner un personnage, malgré tous les niveaux de dérision appliqués à l’œuvre.</p>
<p>Autant la transcription de Thibault Perrine avait déçu pour <em>L’Ile du rêve</em> de Reynaldo Hahn, autant elle s’avère efficace pour ces <em>Chevaliers</em>. <strong>Christophe Grapperon</strong> entraîne les douze instrumentistes des <strong>Brigands </strong>avec beaucoup d’énergie, trop parfois. Néanmoins, l’essentiel est qu’il soit ainsi prouvé qu’Hervé peut revivre ; d’autres viendront peut-être, qui le prouveront de façon moins violente mais tout aussi convaincante.</p>
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		<title>Les Chevaliers de la table ronde, suite et fin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-chevaliers-de-la-table-ronde-suite-et-fin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2016 06:36:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ces chevaliers de la table ronde arrivent de Venise et achèvent à Rennes une tournée extrêmement dense de près de 40 représentations dans l&#8217;Hexagone. Il en a déjà été rendu compte à deux reprises dans nos colonnes, inutile donc de revenir sur les éléments évoqués par Christophe Rizoud et Jean-Marcel Humbert. Précisons simplement que si le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ces <em>chevaliers de la table ronde</em> arrivent de Venise et achèvent à Rennes une tournée extrêmement dense de près de 40 représentations dans l&rsquo;Hexagone. Il en a déjà été rendu compte à deux reprises dans nos colonnes, inutile donc de revenir sur les éléments évoqués par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/les-chevaliers-de-la-table-ronde-bordeaux-opera-bouffe-lourd-a-digerer">Christophe Rizoud </a>et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/les-chevaliers-de-la-table-ronde-massy-un-peu-trop-copieux">Jean-Marcel Humbert</a>.</p>
<p>Précisons simplement que si le spectacle est désormais parfaitement huilé, si l&rsquo;adaptation respire la fantaisie, la perpétuelle hystérie qui règne sur scène fini par fatiguer quelque peu et l&rsquo;énergie que met <b>Christophe Grapperon</b> à diriger 12 instrumentistes de l&rsquo;<b>Orchestre symphonique de Bretagne</b> ne suffit pas à masquer tout à fait les faiblesses de l&rsquo;arrangement. Ceci dit, la maestria des chanteurs comédiens fait tout de même merveille tout au long de la soirée : belles énergies, maitrise de la diction, du rythme, jeux des couleurs vocales, bonne projections&#8230; Tous se livrent avec jubilation à un concours de pitreries potaches dont la compagnie des Brigands maitrise parfaitement les codes. Mention spéciale à <b>Mathias Vidal </b>et <b>Flannan Obé</b>, nouveaux venus dans le show, et qui sont parfaitement au diapason tant vocalement que scéniquement. </p>
<p>Opéra de Rennes, dimanche 20 mars 2016, 16h</p>
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		<title>A Rouen, devenez spect&#8217;acteur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-rouen-devenez-spectacteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jan 2016 11:18:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Rouen est l’une des rares établissements français à pratiquer assidument, depuis plusieurs saisons, l’opéra participatif. Nous avons à plusieurs reprises salué cette initiative, qui n’a rien à voir, ou presque, avec le mécénat participatif puisqu’il s’agit de faire chanter sur scène des membres du public, directement impliqués dans la réalisation artistique du spectacle. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Rouen est l’une des rares établissements français à pratiquer assidument, depuis plusieurs saisons, l’opéra participatif. Nous avons à plusieurs reprises <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/devenez-chanteur-le-temps-dun-opera-a-rouen">salué cette initiative</a>, qui n’a rien à voir, ou presque, avec le mécénat participatif puisqu’il s’agit de faire chanter sur scène des membres du public, directement impliqués dans la réalisation artistique du spectacle. Pour faire le point sur cette pratique relativement neuve dans le monde lyrique, l’Opéra de Rouen organise les 14 et 15 janvier des « rencontres professionnelles » autour de l’opéra participatif. Conférences, tables rondes et ateliers sont au programme de cette manifestation parrainée par Reseo (réseau européen pour la sensibilisation à l&rsquo;opéra et à la danse) et la ROF (réunion des opéras de France) ; parmi les intervenants figurent entre autres Christophe Grapperon, bien connu comme chef d’orchestre pour Les Brigands ou chef de chœur avec accentus, et la metteuse en scène Marie-Eve Signeyrole. Vous pourrez également danser grâce à une chorégraphie participative et, bien entendu, être les « spect’acteurs » d’un opéra participatif, <em>Milo et Maya</em>, de Matteo Franceschini. Plus de renseignements sur le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operaderouen.fr/rencontres-professionnelles-temps-participatif/14-et-15-janvier-2016/">site de l’Opéra de Rouen</a>.</p>
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		<item>
		<title>, Les Chevaliers de la Table ronde — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-chevaliers-de-la-table-ronde-massy-un-peu-trop-copieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Dec 2015 06:56:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/un-peu-trop-copieux/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Opéra bouffe où l’on ne mange pas », annonce le rideau de scène, « Opéra-bouffe lourd à digérer » analyse Christophe Rizoud dans sa récente critique, « Nous avons pris beaucoup de plaisir et cela est bien l&#8217;essentiel » précise un couple de lecteurs de Forum Opéra… Nous ne reviendrons sur la querelle entre puristes et adaptateurs que pour préciser &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Opéra bouffe où l’on ne mange pas</em> », annonce le rideau de scène, « <em>Opéra-bouffe lourd à digére</em>r » analyse Christophe Rizoud dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/les-chevaliers-de-la-table-ronde-bordeaux-opera-bouffe-lourd-a-digerer">sa récente critique</a>, « <em>Nous avons pris beaucoup de plaisir et cela est bien l&rsquo;essentiel</em> » précise un couple de lecteurs de Forum Opéra… Nous ne reviendrons sur la querelle entre puristes et adaptateurs que pour préciser trois choses. Tout d’abord, qu&rsquo;il est regrettable que la délicieuse ouverture soit occultée par l’agitation frénétique qui se déroule sur scène. Ensuite que les réductions d’orchestre – souvent de meilleure qualité que celle-ci –, sont monnaie courante pour Offenbach sans que quiconque s’en formalise. Enfin que le public, qui rit de bon cœur tout au long du spectacle et applaudit tous les airs, fait un triomphe aux interprètes au rideau final, avec plus d’une douzaine de rappels.</p>
<p>Parler de « chef d’œuvre » à propos des <em>Chevaliers de la table ronde</em> n’est-il pas un peu exagéré ? Car malgré quelques airs entraînants (« Quand le vin pétille… »), de savantes roucoulades et des pastiches du grand opéra, on n’arrive jamais au niveau d’originalité, de variété et de la science du public d’un Offenbach. Le livret, fait de saynettes collées bout à bout, n’a en fait, comme il est souligné dans le programme, que peu d’importance, et là aussi constitue une des grandes différences avec son illustre rival. De fait, il s’agit plus d’une opérette que d’un opéra bouffe dans le sens offenbachien. Le « Soldat de plomb » de Mam’zelle Nitouche apparaît déjà en plusieurs endroits de la partition (notamment dans l’air « Le plus joli métier du monde… »), et un clin d’œil supplémentaire y est ajouté ici avec le pensionnat de jeunes filles que dirige Merlin. Quant au non sens d’Hervé qui ravit tant les Anglais lors de la période londonienne du compositeur, il est très certainement à la base de certaines des idées musicales de Sullivan, comme par exemple l’air ultra rapide « Si l’existence est de ces choses ». Les deux danseurs épisodiquement présents font penser aux Anglais Wilson &amp; Keppel (and Betty), encore une référence britannique laissant à penser que cette production ferait un tabac Outre-Manche.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/330.jpg?itok=Cego5o3h" width="468" /><br />
	© Guillaume Bonnaud</p>
<p>Sans doute le spectacle, qui reste toutefois bien long à se mettre en route, s’est-il bonifié depuis sa première représentation à Bordeaux. La diction tant parlée que chantée n’appelle que peu de critiques, et l’ensemble paraît plutôt uniforme, sans trop d’effets ni de dérapages sonores. Il n’en reste pas moins qu’au bout d’une heure, on a fait le tour des procédés de mise en scène de <strong>Pierre-André Weitz</strong>, et tout paraît limite ennuyeux. Mais l’ensemble est sauvé par des chanteurs acteurs de grand talent, qui composent une galerie de personnages irrésistibles. La duchesse Totoche d’<strong>Ingrid Perruche</strong> est merveilleusement délirante et ce soir vocalement tout à fait convaincante,  sa fille <strong>Lara Neumann</strong> (que l’on a déjà appréciée par le passé, comme beaucoup d’autres, dans la troupe des Brigands) fofolle à souhait, et <strong>Damien Bigourdan</strong> (le duc) à la fois fort drôle et pivot de la distribution. On ne peut citer tous les interprètes, mais ceux-ci montrent qu’avec ces voix habituées aux grandes salles et au grand opéra, ce spectacle peut prétendre s’adapter aux espaces les plus divers. <strong>Antoine Philippot</strong> (Sacripant) et <strong>Manuel Nuñez Camelino</strong> (Médor) sont également excellents, mais il ne faudra pas manquer, en 2016, deux prises de rôle qui promettent : respectivement Flannan Obé et Mathias Vidal.</p>
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		<title>, Les Chevaliers de la Table ronde — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-chevaliers-de-la-table-ronde-bordeaux-opera-bouffe-lourd-a-digerer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Nov 2015 07:39:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Ali-Baba de Lecoq (en 2014 à l&#8217;Opéra Comique, repris l&#8217;an prochain à Rouen), le Palazzetto Bru Zane fait équipe avec la compagnie Les Brigands pour redonner vie à un autre des chefs d&#8217;œuvre du répertoire lyrique léger, Les Chevaliers de la Table ronde, opéra-bouffe de Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé, véritable père de l&#8217;opérette dont &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Ali-Baba</em> de Lecoq (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/largent-fait-tout">en 2014 à l&rsquo;Opéra Comique</a>, repris l&rsquo;an prochain à Rouen), le Palazzetto Bru Zane fait équipe avec la compagnie Les Brigands pour redonner vie à un autre des chefs d&rsquo;œuvre du répertoire lyrique léger, <em>Les Chevaliers de la Table ronde, </em>opéra-bouffe de Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé, véritable père de l&rsquo;opérette dont le génie aujourd&rsquo;hui encore est occulté par la popularité de Jacques Offenbach.</p>
<p>Créés en 1866 aux Bouffes-Parisiens, le théâtre de son rival heureux, ces <em>Chevaliers de la Table ronde</em> furent un demi-échec. La raison en tient moins aux ambitions de la partition qu&rsquo;à un malheureux concours de circonstances. Le livret, en brocardant <em>Roland Furieux</em> de L&rsquo;Arioste, comportait trop de similitudes avec <em>Barbe-Bleue</em> créé quelques mois auparavant. Offenbach encore&#8230; Surtout la concurrence est rude en ce mois de novembre 1866. <em>Mignon</em> triomphe à l&rsquo;Opéra-Comique. Le Théâtre lyrique affiche <em>Der Freischütz</em> et ne désemplit pas. <em>La Vie parisienne</em> continue de faire courir les foules. Offenbach toujours&#8230;</p>
<p>De fait, la comparaison entre les deux compositeurs s&rsquo;imposerait si cette exhumation ne reposait sur une adaptation pour douze instruments d&rsquo;une version de l&rsquo;ouvrage dont on ne sait s&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;originale ou de celle augmentée par Hervé de huit numéros en 1872. De la part d&rsquo;une institution aussi vénérable que le Palazzetto Bru Zane (et aussi nécessaire à un répertoire souvent méjugé et aujourd&rsquo;hui sinistré), on aurait pu espérer reconstitution plus scrupuleuse. Le genre léger doit-il forcément être traité à la légère ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="247" src="/sites/default/files/styles/large/public/chevaliers2.jpg?itok=povpgVLG" title="© Opéra national de Bordeaux" width="468" /><br />
	© Guillaume Bonnaud</p>
<p>Amputée de la moitié de ses instruments, l&rsquo;orchestration, limpide paraît-il, devient grinçante et la mélodie, que le programme décrit « <em>simple et efficace</em> », se charge d&rsquo;aigreurs auxquels les chanteurs réunis pour l&rsquo;occasion ne sont pas tous étrangers. Assoiffé de reconnaissance, désireux de prouver son habileté, Hervé a  multiplié tout au long des trois actes les difficultés vocales et musicales. Si <strong>Christophe Grapperon</strong> veille à l&rsquo;entrain et à la précision des ensembles, si la diction reste à peu près correcte, le chant se montre parfois à la peine y compris chez des artistes aussi confirmés qu&rsquo;<strong>Ingrid Perruche</strong>. Il faut préciser que le rôle de la duchesse Totoche ne fut écrit pas à l&rsquo;intention d&rsquo;un soprano mais de Delphine Ugalde, contralto émérite capable d&rsquo;atteindre le contre-ré bémol. Tout aussi redoutables s&rsquo;avèrent les couplets de Médor et les vocalises de Mélusine dont certains traits auraient pu être imaginés par Rossini. Distribuer les bons et les mauvais points importe alors moins que de saluer un travail d&rsquo;équipe, car tous chantent ici de concert même si chanter n&rsquo;est pas tout, il faut également parler. C&rsquo;est là surtout que le spectacle pèche. Est-ce, à la demande de <strong>Pierre-André Weitz</strong>, que le parti unanimement pris est d&rsquo;user d&rsquo;une déclamation outrée ? Est-ce parce qu&rsquo;Hervé est surnommé « le compositeur toqué » qu&rsquo;il faut donner l&rsquo;impression que ses personnages sont pris de folie ? Le débit précipité de la parole, les mots hurlés, grognés, jappés, gueulés au point d&rsquo;en devenir incompréhensibles font régner sur le plateau une impression d&rsquo;hystérie, vite éprouvante.</p>
<p>« <em>Opéra-bouffe où on ne mange pas</em> » affiche selon un procédé comique cher à Hervé le rideau rayé noir et blanc. Noirs et blancs sont aussi les costumes et les éléments du décor simple mais habilement pensé pour permettre l&rsquo;enchaînement ininterrompu des scènes. Que Roland ait l&rsquo;accent des banlieues et que le palais de Mélusine soit un lupanar n&rsquo;ajoute rien à la réhabilitation de l&rsquo;ouvrage. Ainsi actualisés, orchestralement réduits, scéniquement modulables, ces <em>Chevaliers de la Table ronde</em> vont pouvoir voyager un peu partout en France. Après avoir fait les riches heures d&rsquo;un théâtre de poche comme l&rsquo;Athénée, Les Brigands peuvent-ils prétendre à des scènes lyriques d&rsquo;envergure supérieure ? Les applaudissements enthousiastes du public bordelais à l&rsquo;issue de la représentation semblent répondre oui.</p>
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