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	<title>Andrew GREENWOOD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Andrew GREENWOOD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Maria de Rudenz — Wexford</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/maria-de-rudenz-wexford-plus-vivante-que-morte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Oct 2016 03:34:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel meilleur opéra le soir d&#8217;Halloween – fête irlandaise s&#8217;il en est – que Maria de Rudenz, melodramma tragico aujourd&#8217;hui oublié de Donizetti dont l&#8217;héroïne, en deux coups de théâtre dignes des plus mauvais films d&#8217;horreur, renaît deux fois des morts avant enfin de mourir pour de bon ? Chargé par le Wexford Festival Opera &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel meilleur opéra le soir d&rsquo;Halloween – fête irlandaise s&rsquo;il en est – que <em>Maria de Rudenz</em>, <em>melodramma tragico</em> aujourd&rsquo;hui oublié de Donizetti dont l&rsquo;héroïne, en deux coups de théâtre dignes des plus mauvais films d&rsquo;horreur, renaît deux fois des morts avant enfin de mourir pour de bon ? Chargé par le Wexford Festival Opera de mettre en scène ce drame improbable, <strong>Fabio Ceresa</strong> opte – inconsciemment ou non – pour une approche gothique avec des costumes et maquillages empruntés à un bal de vampires excentriques. Comme souvent l&rsquo;idée de départ – ici des marionnettes chargées de doubler les personnages – corsète l&rsquo;approche jusqu&rsquo;à étrangler une intrigue déjà asphyxiée par de multiples invraisemblances. Dans une logique malheureusement assumée, le décor consiste en une maison de poupées labyrinthique aux cases étroites dont l&rsquo;intérieur pivotant est actionné par des choristes et figurants grimés en sorcière. Terrifiant, sclérosant mais somme toute pas dérangeant compte tenu de la faiblesse du livret, qui n&rsquo;a pas été sans influer sur la postérité de l&rsquo;opéra. Créée à Venise sans succès en 1840, <em>Maria de Rudenz</em> fut reprise sporadiquement en Italie jusqu&rsquo;en 1870 puis disparut de l&rsquo;affiche pour ne réapparaître qu&rsquo;un siècle après, à la faveur d&rsquo;une <em>Donizetti Renaissance</em> dont elle ne constitue définitivement pas le fleuron.</p>
<p>La partition comprend pourtant certains numéros inspirés, le plus appréciable d&rsquo;entre eux étant l&rsquo;air final de Maria, « Al misfatto énorme e rio », agonie sublime posée sur le fil de la voix comme seul le belcanto romantique sait en dispenser. Autre point remarquable – n&rsquo;en déplaise à George Bernard Shaw* –, ce sont la soprano (Maria) et le ténor (Enrico) qui font tout pour empêcher le baryton (le fourbe Corrado), de coucher avec l&rsquo;autre soprano (la très secondaire Matilde). Verdi n&rsquo;est pas loin lorsque ce dernier est comme ici interprété par une voix longue et héroïque, d&rsquo;une fierté non dépourvue d&rsquo;arrogance. Giorgio Ronconi, le créateur de Corrado, ne fut-il pas aussi celui de Nabucco deux ans plus tard à Milan ? Jeune chanteur originaire du Corée du Sud, <strong>Joo Won Kang</strong> porte en un chant lié, expressif et puissant les promesses du Luna (<em>Il trovatore</em>) qu&rsquo;il sera sûrement un jour. En attendant, son agenda annonce Germont (<em>La traviata</em>). L&rsquo;avenir semble – bien – tracé.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="319" src="/sites/default/files/styles/large/public/maria5.jpg?itok=_qbsXbeM" title="© Clive Barda/ArenaPAL" width="468" /><br />
	© Clive Barda/ArenaPAL</p>
<p>De Caroline Ungher, cantatrice hongroise pour laquelle fut écrit le rôle de Maria, Gioachino Rossini, jamais à court de formules, disait qu&rsquo;elle avait « <em>l&rsquo;ardeur du sud, l&rsquo;énergie du nord, des poumons d&rsquo;airain, une voix d&rsquo;argent et un talent d&rsquo;or</em> ». Avalanche de métaphores ne sauraient pareillement nuire à <strong>Gilda Fiume</strong>, chanteuse italienne qui se glisse dans une partition truffée de difficultés avec une aisance admirable. Non pas soprano légère montée en épingle comme on rencontre trop souvent dans ce répertoire mais authentique <em>lirico d’agilità</em> au médium épanoui, virtuose, capable de varier les reprises autant que les couleurs et de canaliser son émission pour dessiner à sa guise le trait fin ou épais. Du style, du tempérament – suffisamment du moins pour affronter bravement les numéros les plus furieux (finale du premier acte et duo avec Corrado) , de l&rsquo;audace dans l&rsquo;aigu qu&rsquo;elle n&rsquo;hésite pas à aller chercher haut. Seul le trille pourrait être affirmé davantage dans un air d&rsquo;entrée particulièrement adapté à ce type d&rsquo;ornementation. Pourquoi une chanteuse douée de telles qualités dans un répertoire où les vraies titulaires ne courent pas les rues n&rsquo;est-elle pas davantage sollicitée en dehors d&rsquo;Italie. Patience ?</p>
<p>Le ténor, on l&rsquo;a dit, n&rsquo;est pas favorisé par la partition et <strong>Jesus Garcia</strong> semble effectivement contraint par le peu de latitudes expressives que lui laisse ce rôle d&rsquo;amant délaissé, insuffisamment amoureux pour mettre en valeur la beauté d&rsquo;une voix à l&rsquo;émission naturellement haute, insuffisamment courageux pour rivaliser de vaillance – si tant est que le chanteur en soit capable face à un rival aussi musclé – brave cependant d&rsquo;une de ces bravoures obstinées qui nous vaut à la fin du duo avec Corrado un suraigu malheureusement écrasé par le fracas du chœur et de l&rsquo;orchestre. Les autres seconds rôles – <strong>Michele Patti</strong> (Rambaldo), <strong>Sophie Gordeladze</strong> (Matilde) et <strong>Richard Shaffrey</strong> (Cancelliere) – ont été choisis à la dimension de leurs interventions. À la tête d’un chœur – encore une fois admirable – et d’un orchestre moins assuré – les cuivres ! – <strong>Andrew Greenwood</strong> entre dans le drame avec précaution avant de gagner en assurance dans la deuxième partie, par la poésie d&rsquo;un prélude inhabituellement développé, jusqu&rsquo;à l&rsquo;aria conclusive où le bras rejoint la voix, dans un de ces gestes marquants qui nous font courir le monde à la recherche assoiffée d&rsquo;émotions lyriques.</p>
<p>* D&rsquo;après George Bernard Shaw (1856-1950), critique musical, dramaturge, essayiste, auteur de pièces de théâtre et scénariste irlandais, « <em>un opéra, c’est une histoire où un baryton fait tout pour empêcher un ténor de coucher avec une soprano</em> »</p>
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		<title>Récital Joseph Calleja — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-joseph-calleja-paris-tce-du-soleil-plein-la-voix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2015 06:10:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Invité régulièrement sur les plus grandes scènes du monde, notamment le Metropolitan Opera de New-York, le Bayerische Staatsoper de Munich ou le Royal Opera House de Londres où il vient de triompher dans La Bohème aux côtés d’Anna Netrebko, Joseph Calleja n’a curieusement (ou devrait-on dire scandaleusement ?) jamais été engagé à l’Opéra de Paris. C’est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Invité régulièrement sur les plus grandes scènes du monde, notamment le Metropolitan Opera de New-York, le Bayerische Staatsoper de Munich ou le Royal Opera House de Londres où il vient de triompher dans <em>La Bohème</em> aux côtés d’Anna Netrebko, <strong>Joseph Calleja</strong> n’a curieusement (ou devrait-on dire scandaleusement ?) jamais été engagé à l’Opéra de Paris. C’est pourquoi son unique concert de la saison dans la capitale fait figure d’événement et même si le Théâtre des Champs-Élysées n’affichait pas salle comble, une foule nombreuse d’admirateurs se pressait avenue Montaigne pour écouter le ténor maltais.</p>
<p>Annoncé souffrant à cause d’une allergie au pollen, celui-ci n’en a pas moins proposé l’une des soirées les plus excitantes de la saison.</p>
<p>Grand, les épaules carrées, le visage avenant, Joseph Calleja captive l’auditoire dès son entrée en scène et s’il ne ressemble pas à ces bellâtres qui font se pâmer les midinettes, son sourire chaleureux et son enthousiasme communicatif sont bien plus authentiquement séduisants.</p>
<p>Le programme, sans être d’une grande originalité, aligne quelques « tubes » fameux du répertoire qu’on était finalement ravis d’entendre interprétés avec d’aussi grands moyens et des raretés bienvenues, comme cette mélodie de Tchaïkovski qui permet au chanteur d’ouvrir en douceur son récital. C’est à peine d’ailleurs, si quelques graillons dans le registre aigu trahissaient, dans l’extrait de <em>Rigoletto</em>, le problème dont il souffrait. « Vaghissima sembianza », mélodie du compositeur franco-sicilien Stefano Danaudy, est chantée avec un gout exquis tandis que « Ah ! Lève-toi soleil ! » s’achève avec un impeccable diminuendo sur l’aigu final qui soulève l’enthousiasme du public. Voilà un Roméo à la voix ample, au timbre clair, reconnaissable entre mille grâce à son délicat vibratello, qui fait chavirer les foules. Ajoutons à cela que son français, sans être absolument impeccable -les « e » ressemblent parfois à des « é »- est tout à fait intelligible.</p>
<p>La première partie se termine avec une « Légende de Kleinzach » électrisante, que le ténor mime avec beaucoup d’humour.</p>
<p>Après l’entracte le programme est essentiellement dédié à la musique italienne de la fin du dix-neuvième siècle, Macbeth excépté. L’air d’<em>Adriana Lecouvreur</em> montre que Calleja a pleinement recouvré ses moyens : le son est plein et rond et l’aigu rayonnant porte en lui tout le soleil de la Méditerranée. « Ideale » de Tosti est un véritable bonheur et la déploration de Macduff tout en émotion contenue, est chantée dans un silence quasi religieux qui fait place, dès la dernière note, à un tonnerre d’applaudissements. Mais c’est le lamento de Federico, extrait de <em>L’arlesiana</em> de Cilea, interprété avec un raffinement inouï, un luxe de nuances et une parfaite maîtrise de la voix mixte, qui met la salle littéralement à genoux plus encore que l’air de Cavaradossi, parsemé de demi-teintes, qui conclut la deuxième partie.</p>
<p>Hélas, au pupitre, on est moins à la fête : à la tête d’ un Orchestre National d’Île-de-France en petite forme, <strong>Andrew Greenwood</strong> ne fait pas, lui, dans la nuance. La raideur de sa direction dans les airs plomberait l’ambiance si elle n’était compensée par le style impeccable du chanteur. Jetons un voile pudique sur le tintamarre qui nous est servi dans les pages orchestrales, auquel n’échappent ni la polonaise d’<em>Eugène Onéguine</em>, particulièrement indigeste, ni le ballet de <em>Faust</em> aussi aérien qu’un troupeau de pachydermes, ni surtout l’ouverture des <em>Vêpres siciliennes</em> dans laquelle le chef britannique s’en donne à cœur-joie au grand dam de nos tympans.</p>
<p>Fort heureusement, la soirée s’achève en beauté avec rien moins que sept bis au lieu des trois initialement prévus, à la suite desquels, porté par l’enthousiasme de la salle, le ténor  repropose l’air de la <em>Tosca</em> puis demande aux spectateurs s’ils préfèrent « O sole mio » ou « La solita storia » avant de finalement décider de chanter les deux et pour faire bonne mesure, termine en bissant son premier bis « No puede ser » dans une salle en délire. Comment résister à tant de générosité, de spontanéité dénuée d’afféterie, de chaleur communicative de la part d’un artiste visiblement heureux d’être là ? Formons des vœux pour que Joseph Calleja revienne très vite nous enchanter sur une scène parisienne.   </p>
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