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	<title>Joshua GUERRERO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<link>https://www.forumopera.com/artiste/guerrero-joshua/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 03 May 2025 07:46:01 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Joshua GUERRERO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>PUCCINI, Il Trittico &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le&#160;Triptyque&#160;de Puccini n&#8217;est pas joué si souvent dans nos contrées, et encore moins dans le désordre : à rebours d&#8217;une tradition plaçant la farce après les drames, Christoph Loy a préféré commencer son spectacle, déjà présenté à l’été 2022 au Festival de Salzbourg, par&#160;Gianni Schicchi, avant de poursuivre avec le mélodrame naturaliste du&#160;Tabarro et de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le&nbsp;Triptyque</em>&nbsp;de Puccini n&rsquo;est pas joué si souvent dans nos contrées, et encore moins dans le désordre : à rebours d&rsquo;une tradition plaçant la farce après les drames, <strong>Christoph Loy</strong> a préféré commencer son spectacle, déjà présenté à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-salzbourg-le-triomphe-dasmik-grigorian/">l’été 2022 au Festival de Salzbourg</a>, par&nbsp;<em>Gianni Schicchi</em>, avant de poursuivre avec le mélodrame naturaliste du&nbsp;<em>Tabarro</em> et de conclure par la tragique et <em>mystique Suor Angelica</em>. Pourquoi ? Imaginer, au prix de quelques licences avec les livrets, un fil rouge faisant de la principale figure féminine de chaque pièce une seule et même héroïne ? Proposer une continuité dramaturgique ou esthétique justifiant ce renversement ? Même pas. Les décors, d&rsquo;une pièce à l&rsquo;autre, jouent la carte d&rsquo;un réalisme contemporain de bon aloi, et le metteur en scène règle une direction d&rsquo;acteurs à l&rsquo;avenant, habile et cohérente, sans excès d&rsquo;imagination. Tournant le dos à l&rsquo;absurde et au fantasque, <em>Gianni Schicchi</em>&nbsp;paraîtra presque timide, pour ceux qui gardent en mémoire le spectacle très fellinien proposé dans la même maison par Laurent Pelly. <em>Il Tabarro</em> s&rsquo;affirme davantage, qui distille une atmosphère à la fois poisseuse et familière de film noir. <em>Suor Angelica</em>, pour finir, évacue avec subtilité ce que la dernière scène peut avoir de grandiloquent, braque un projecteur sur la protagoniste, qui nous montre sans artifice son infinie douleur et bouleverse d&rsquo;autant plus. Le rideau baissé, une question nous vient : et si Christophe Loy avait décidé de l&rsquo;ordre des pièces après avoir réglé sa mise en scène, tout simplement pour finir par ce qu&rsquo;elle propose de plus fort, à l&rsquo;issue d&rsquo;un long crescendo émotionnel ?</p>
<p>Crescendo aussi va la triple prestation d&rsquo;<strong>Asmik Grigorian</strong>. Non qu&rsquo;elle commence en retrait : sa Lauretta est d&rsquo;un naturel confondant, et offre, de sa voix iridescente, un «&nbsp;Babbino caro&nbsp;» si lyrique et si intense qu&rsquo;on en oublierait presque qu&rsquo;on l&rsquo;entend pour la dix-millième fois. Mais à cette frêle jeune fille succède une Giorgetta sensuelle, qui s’enracine dans son Paris laborieux comme elle enlace son amant, corps et âme. Et vient <em>Suor Angelica</em>, où la soprano lituanienne réussit une interprétation qu’on peut qualifier d’historique&nbsp;; des accents de renoncement apparemment bienheureux qui émanent de ses premières répliques à la rage qui la pousse à affronter sa tante, jusqu’à la détresse terrifiante de la mère qui, au moment de son suicide, croit revoir son enfant, tout sonne juste dans cette incarnation qui tire les larmes et fait rendre les armes. «&nbsp;Senza mamma&nbsp;» semble murmuré du bout des lèvres, mais quelle projection&nbsp;! On croit n’y entendre que l’expression de l’humanité dans ce qu’elle a de plus essentiel et de plus simple, et pourtant quels trésors de nuances, de phrasé, de <em>legato&nbsp;</em>! La clarté du timbre est de celles qu’on destine aux héroïnes juvéniles, mais quelle capacité à le moduler, à l’ombrer, à le parer de teintes pourpres ou noires. En somme, tout au long de ces trois opéras&nbsp;: quelle chanteuse, et quelle actrice&nbsp;!</p>
<p>Le plus beau est qu’autour d’elle, personne ne joue les faire-valoir. Au milieu d’une impeccable bande de cousins et de neveux, <strong>Misha Kiria</strong> impose, de sa voix percutante et de sa vaste silhouette, un Schicchi qui amuse et séduit autant qu’il inquiète. Si l’instrument d’<strong>Alexey Neklyudov</strong> semble encore mal chauffé dans «&nbsp;Firenze è come un albero&nbsp;», il gagne en puissance dans de beaux duos enamourés, et l’autre ténor de la soirée, <strong>Joshua Guerrero</strong>, dessine, dès un «&nbsp;Hai ben ragione&nbsp;» prêt à exploser de colère, un Luigi hargneux, qui vaut à peine mieux que Michele dans cet univers de violence. Michele, justement, trouve en <strong>Roman Burdenko</strong> un interprète idéalement rocailleux, muré dans des silences que viennent taillader de terrifiants éclats de voix. Couple abîmé par la vie et relié par une étonnante tendresse,<strong> Scott Wilde</strong> (Talpa) et <strong>Enkelejda Shkosa</strong> (La Frugola) offrent un répit d’humanité bienvenu. Le casting entièrement féminin de <em>Suor Angelica </em>permet, enfin, d’entendre la Genovieffa ductile et gracieuse de <strong>Margarita Polonskaya</strong>, de scruter avec émotion la silhouette de <strong>Hanna Schwarz</strong>, figure wagnérienne et straussienne bien connue des années 1970-1980, qui garde en Badessa une belle présence vocale, et d’attendre en frémissant la confrontation entre Asmik Grigorian et <strong>Karita Mattila</strong>&nbsp;: certes, celle-ci n’a jamais été contralto et ne peut se permettre, à ce stade de sa carrière, les graves qu’elle n’avait déjà pas il y a trente ans. Mais les reflets moirés du timbre, la présence féline, l’agressivité rentrée sont autant de coups de griffes qui, en déchiquetant un peu plus l’héroïne, achèvent de nous la rendre poignante.</p>
<p>Les Chœurs de l’Opéra, en grande forme, et l’Orchestre, d’une précision perfectible en début de soirée, auraient certes gagné à la présence d’une baguette plus alerte et plus impliquée que celle de <strong>Carlo Rizzi</strong>&nbsp;; au fil des représentations, ils devraient tous se laisser contaminer par la fièvre théâtrale qui émane de la scène.</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-vienne-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De Londres où elle fut créée en 2005 jusqu’à Vienne une nouvelle fois cette saison, Madama Butterfly mise en scène par Antony Minghella poursuit son parcours triomphal. En témoigne l’enthousiasme du public du Staatsoper à l’issue de la représentation. « Sold out » avertissait préalablement un panonceau devant la billetterie. Il est encore des pays où l’opéra &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De Londres où elle fut créée en 2005 jusqu’à Vienne une nouvelle fois cette saison, <em>Madama Butterfly</em> mise en scène par <strong>Antony Minghella</strong> poursuit son parcours triomphal. En témoigne l’enthousiasme du public du Staatsoper à l’issue de la représentation. « <em>Sold out</em> » avertissait préalablement un panonceau devant la billetterie. Il est encore des pays où l’opéra est roi.</p>
<p>Le temps ne semble pas avoir de prise sur cette production maintes fois commentée, où une recherche esthétique de chaque instant engendre des images d&rsquo;une grande force poétique, y compris au moment des saluts, lorsque l&rsquo;interprète de Cio-Cio-San surgissant du fond de la scène s&rsquo;avance vers le public, flanquée de deux longs rubans d&rsquo;étoffe rouge comme des ailes de papillon ensanglantées. Éclairages en accord avec les situations (<strong>Peter Mumford</strong>), costumes étourdissants de couleurs à la frontière du kitsch sans en outrepasser néanmoins la ligne de démarcation (<strong>Han Feng</strong>), chorégraphie en apesanteur (<strong>Carolyn Choa</strong>) : tout concourt à une impression permanente de beauté. Rythmé par des panneaux coulissants, le récit suit son cours implacable, fidèle au livret, entre réalisme et onirisme. Sa seule originalité est d&rsquo;user d&rsquo;une marionnette pour représenter le fils de Cio-Cio-San, avec pour conséquence une distance avec une réalité sinon insupportable. Les mouchoirs n&rsquo;en sont pas moins de sortie ; le retour de la lumière dans la salle à la fin de la représentation surprend bon nombre de paires d’yeux rougis.</p>
<p>L&rsquo;orchestre du Staatsoper, un des meilleurs au monde, trouve dans une partition prodigue matière à démonstration de sa luxuriance. Les timbres poudroient ; les cordes s’épanchent en un ruban ininterrompu ; les percussions scintillent, frissonnent ou assomment (ah ! Le grondement obsédant des timbales lorsque Cio-Cio-San prend conscience de la fatalité de son destin). L&rsquo;oreille parvient à saisir dans le même temps l&rsquo;ensemble et le détail. Ce serait prodigieux <em>si Madama Butterfly</em> était une symphonie et non un opéra. <strong>Giampaolo Bisanti</strong> peine à contrôler l&rsquo;équilibre des volumes, au détriment des voix. Ivresse de la puissance ou difficulté pour imposer sa volonté au pur-sang viennois ?</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Madama-Butterfly_2_SUSHKOVA_REBEKA_GUERRERO-1294x600.jpg" />© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn</pre>
<p>De l’éblouissement instrumental jaillissent des bribes de conversation dont on s’évertue en vain à suivre le fil. Ce n’est donc pas à travers l’estampe – l’attention portée au mot et à la couleur – que s’impose la geisha de <strong>Marina Rebeka</strong>, mais par la maîtrise du legato lorsque la voix franchissant la barrière orchestrale, éploie des ailes d’acier : « Un bel di vedremo » évidemment, avec ses attaques si délicates résolues sans défaut d’intonation, mais aussi l’air d’entrée bien que privé de Ré bémol, un duo d’amour sur charbons ardents et à la fin de l’opéra « Tu, tu, piccolo iddio ! », giflé d’aigus, transpercé de traits tel le Saint Sébastien de Mantegna que l’on peut admirer au Kunsthistorisches Muséum, non loin de l’opéra. Autant de raisons de déplorer de n’entrevoir que voilé par l’orchestre le visage de cette Butterfly moins vulnérable que d’autres mais vibrante et sincère.</p>
<p>La tourmente sonore n’épargne pas davantage les autres protagonistes. C’est regrettable pour <strong>Daria Sushkova</strong> (Suzuki) et <strong>Stefan Astakhov </strong>(Sharpless) dont la lumineuse jeunesse rince l’empois tutélaire qui souvent engourdit leur personnage. Ce l’est moins pour <strong>Matthäus Schmidlechner</strong>, Goro en mal de perfidie, et pour <strong>Joshua Guerrero</strong>, Pinkerton batailleur qui achoppe sur une partition trop large le contraignant à violenter la ligne pour résoudre les tensions de l’écriture et ouvrir les sons à la limite du cri afin de surmonter les notes exposées.</p>
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		<title>PUCCINI, La Bohème &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-boheme-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 May 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le parfait lyricophile doit pouvoir se targuer d’avoir assisté à des prestations vocalement exceptionnelles, de connaître un certain nombre de raretés anciennes, d’être au fait de la création contemporaine, d’avoir le premier pressenti de grandes carrières. Il doit également avoir une théorie sur les différentes périodes vocales d’une ou deux idoles, fréquenter les festivals et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Le parfait lyricophile doit pouvoir se targuer d’avoir assisté à des prestations vocalement exceptionnelles, de connaître un certain nombre de raretés anciennes, d’être au fait de la création contemporaine, d’avoir le premier pressenti de grandes carrières. Il doit également avoir une théorie sur les différentes périodes vocales d’une ou deux idoles, fréquenter les festivals et avoir assisté à une bonne cinquantaine de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Flûte enchantée</em>. Et à au moins deux fois plus de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Bohème</em>. À sa soixante-quinzième, d’un air suffisant, il déclarera avoir fait le tour de cette intrigue somme toute un peu niaise et se focalisera sur la seule question qui, au fond, l’intéresse vraiment&nbsp;: peut-on encore chanter Mimì après la Callas&nbsp;?</p>
</div>
<div>
<p>Et puis, le parfait lyricophile assistera, sidéré, à ce qu’il croyait être, au mieux, une bonne<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Bohème</em><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>de plus&nbsp;: celle de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Claus Guth</strong>.</p>
</div>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Guergana_Damianova___OnP-La-Boheme-22-23-Guergana-Damianova-OnP-13--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-130884" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Guergania Damianova &#8211; ONP</sup></figcaption></figure>


<div>
<p>La lecture proposée par le metteur en scène allemand est aux antipodes – ou, plus précisément, à des années lumières – de tout ce qu’il a vu. Pourtant, sans jamais déformer le livret, elle donne à l’œuvre une nouvelle dimension, une profondeur qui, dans les mises en scène traditionnelles (et toute autre mise en scène paraît traditionnelle désormais), n’apparaît pas. Ce qui semblait n’être qu’une histoire d’amour touchante devient une vaste réflexion sur le temps, l’amour et le souvenir, la mort, la finitude.</p>
</div>
<div>
<p>Il ne s’agit pas seulement de reprendre le procédé des<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Scènes de la vie de Bohème</em><span class="apple-converted-space"><i>&nbsp;</i></span>de Mürger où, à la fin de l’ouvrage, les protagonistes se rappellent leur propre vie de bohème, mais de pousser plus loin cette explosion du temps linéaire et, en dernière instance, de montrer comment l’amour met en crise le temps, l’espace, la séparation entre morts et vivants. On n’est pas très loin de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>La Jetée</em><span class="apple-converted-space"><i>&nbsp;</i></span>de Chris Marker.</p>
</div>
<div>
<p>Comment cette brèche spatio-temporelle est-elle ouverte&nbsp;? En cherchant à établir la plus grande distance concrète entre les protagonistes et le lieu de leurs souvenirs. Rodolfo, Marcello, Schaunard et Colline sont encore survivants dans une fusée à la dérive. Mimì, elle, est morte depuis longtemps et n’a jamais embarqué pour la lune. L’oxygène manque, la mort n’est pas l’aboutissement de l’opéra &nbsp;mais bien son point de départ. C’est à l’aune d’une mort certaine et imminente que toute l’action peut désormais être relue. Et, comme pour donner un sens à la lutte pour la vie, les souvenirs &nbsp;– agréables d’abord – ressurgissent. Plus généralement, cette relecture du passé à l’aube de la mort n’est peut-être rien d’autre qu’une expérience de mort imminente, un moment où toute la vie défile en un éclair. Comme une comète, comme une autre crise de la temporalité.</p>
</div>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Guergana_Damianova___OnP-La-Boheme-22-23-Guergana-Damianova-OnP-28--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-130892" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Guergania Damianova &#8211; ONP</sup></figcaption></figure>


<div>
<p>La vie passe comme une comète, elle est une flamme fragile, un éclair fugitif. Lorsque Mimì surgit pour la première fois, elle n’est est déjà plus qu’un souvenir. Et dans le livret, n’apparaît-elle pas précisément parce que sa chandelle est éteinte&nbsp;? Notre lyricophile, amateur des madrigaux de Monteverdi, le savait pourtant&nbsp;:<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=sL_TloWhsRk"><em>È questa vita un lampo, ch’all’apparir dispare in questo mortal campo</em></a>. Il n’empêche que l’œuvre prend une profondeur inédite à cet instant précis. La chandelle – dont la flamme peut s’éteindre à tout moment et qui, même dans les circonstances les plus favorables, finira inéluctablement par se consumer – &nbsp;reviendra de manière récurrente dans le spectacle. À la toute fin, la mort de Mimì n’existe que parce que Rodolfo la revit à travers sa propre agonie, au moment où la frontière entre le monde des morts et celui des vivants est la plus floue, au moment où le souvenir de la mort de l’aimée est charnellement incarné. Lorsque la flamme s’éteint pour Rodolfo, toutes les imbrications spatio-temporelles, toutes les incursions du passé terrestre dans le présent extraterrestre, se résolvent&nbsp;dans une mort certaine. Mimì, qui n’était déjà plus qu’un souvenir, meurt une seconde fois avec Rodolfo qui continuait de la faire exister.</p>
</div>
<div>
<p>Le propos est servi par une scénographie convaincante. La transposition de l’intrigue dans l’espace est aussi prétexte à un décor (<strong>Étienne Pluss</strong>) et un éclairage (<strong>Fabrice Kebour</strong>) sobres mais, à la fois, somptueux. Lorsqu’une grosse planète frôle le vaisseau, on ne peut s’empêcher de songer à<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Melancholia</em>, le film de Lars von Trier où l’espace permet aussi le rappel de l’imminence de la mort et de la finitude de toute chose. La scénographie rappelle subtilement la mansarde par un trait lumineux horizontal incliné, le café Momus par des décors plus explicites – c’est alors le souvenir qui agit – &nbsp;ou encore la barrière d’Enfer par deux traits verticaux qui coupent l’espace infini.<sup>© Guergania Damianova &#8211; ONP</sup></p>
</div>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Guergana_Damianova___OnP-La-Boheme-22-23-Guergana-Damianova-OnP-11--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-130883" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Guergania Damianova &#8211; ONP</sup></figcaption></figure>


<div>
<p>Une distribution de qualité achève de convaincre, à quelques réserves près. La Mimì d’<strong>Ailyn Pérez</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>offre un timbre riche et chaleureux. La voix est ronde et charnue, tous les éléments sont là pour offrir une magnifique incarnation. On regrette toutefois un souffle souvent trop court, en particulier dans les longs<span class="apple-converted-space"> </span><em>decrescendos</em><span class="apple-converted-space"><i> </i></span>qui ne sont jamais aussi touchants que lorsqu’ils semblent faciles, ce qu’ils ne sont assurément pas. Les graves sont peu soignés et les intervalles larges sont prétexte à des ports de voix qui donnent l’impression de ne pas être maîtrisés tans ils sont marqués.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Slávka</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span><strong>Zámečníková </strong>est une Musetta flamboyante, comme il se doit. Son « Quando me’n vo’ » est idéal jusqu’au si aigu, mal accroché et un peu bas mais qui fait néanmoins l’objet d’un point d’orgue généreux (c’est un problème de placement avant d’être un problème de justesse).<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Joshua Guerrero</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>(Rodolfo) brille ce soir peut-être davantage pour ses indéniables qualités d’acteur que pour sa performance vocale. La voix est large, le timbre chaleureux mais la projection trop limitée pour une salle comme Bastille. Certains des élans les plus lyriques de la partition lui étant dévolus, l’orchestre prendra plusieurs fois le dessus, couvrant franchement le chanteur. Souvent, il semble très loin derrière un orchestre trop présent. Si cet effet trouve finalement un écho intéressant dans la mise en scène, il est certain que l’équilibre est à revoir. Dans le « O soave fanciulla » et, plus généralement dans l’opéra, ses attaques sont souvent prises par le bas, ce qui est toujours regrettable. Le Marcello d’<strong>Andrzej Filończyk</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>offre quant à lui une très belle projection, un timbre large et une interprétation toujours sûre et présente.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Simone Del Savio</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>est un Schaunard très convaincant, aux graves bien appuyés et au jeu toujours efficace, tandis que le Colline de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Gianluca Buratto</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>offre à son personnage un relief que tous les interprètes ne parviennent pas à donner. C’est une très belle basse, présente, aux graves parfois un peu rocailleux.</p>
</div>
<div>
<p>Dans les rôles secondaires,<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Franck Leguérinel</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>(Alcindoro),<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Luca Sannai</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>(Parpignol),<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Bernard Arrieta</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>(Sergente dei doganari),<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Pierpaolo Palloni</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>(un doganiere) et<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Paolo Bondi</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>(un venditore ambulente) complètent idéalement la distribution.</p>
</div>
<div>
<p>Sous la baguette de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Michele Mariotti</strong>, l’Orchestre de l’Opéra National de Paris évite les excès de pathos, offrant ainsi une interprétation équilibrée, ce qui n’exclut pas quelques traits un peu plus caricaturaux, comme des<span class="apple-converted-space"> </span><em>glissandos</em><span class="apple-converted-space"> </span>très marqués (mais pas pour autant malvenus)  aux cordes. L’équilibre sonore entre la fosse et la plateau n’est pas toujours idéal mais, musicalement, la symbiose est réelle.</p>
</div>
<div>
<p>Au terme de la représentation, notre lyricophile rejoindra ses amis lyricophiles et, laissant la question de la Callas de côté pour un temps, ils conviendront que la grande richesse d’une bonne mise en scène est certes de jeter un regard neuf sur ce qu’on pensait connaître, mais qu’une mise en scène géniale, elle, se saisit d’une œuvre et, sans la trahir, lui pose les questions qui n’ont cessé d’inquiéter la réflexion philosophique, ces questions dont l’urgence et l’acuité ne sont jamais aussi intenses que lorsqu’on fait face aux deux seules certitudes qui vaillent : la mort des autres et, par conséquent, notre propre mort à venir.</p>
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		<title>PUCCINI, Il trittico — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-salzbourg-le-triomphe-dasmik-grigorian/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Aug 2022 15:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Plusieurs partis s’offrent au metteur en scène qui aborde Il Trittico. Faut-il chercher des ponts entre les trois œuvres – elles ont pourtant été écrites séparément, sans intention d’unité de la part du compositeur – ou au contraire, en faite trois tableaux contrastés ? Et dans quel ordre faut-il les présenter ? On est en présence de deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs partis s’offrent au metteur en scène qui aborde <em>Il Trittico</em>. Faut-il chercher des ponts entre les trois œuvres – elles ont pourtant été écrites séparément, sans intention d’unité de la part du compositeur – ou au contraire, en faite trois tableaux contrastés ? Et dans quel ordre faut-il les présenter ? On est en présence de deux drames affreux et d’une comédie burlesque ; par quoi faut-il commencer ? La tradition veut qu’on place <em>Il Tabarro</em> en premier, <em>Suor Angelica</em> au milieu et <em>Gianni Schicchi</em> à la fin, mais rien n’y oblige.</p>
<p><strong>Christof Loy</strong>, qui signe la mise en scène de Salzbourg, a choisi la voie de la simplicité : pas de lien, et un ordre différent, qui commence par la comédie pour finir dans le drame. Il nous présente donc <em>Gianni Schicchi</em> pour ce qu’elle est, une grosse farce burlesque où les personnages sont caricaturés, les affects exagérés, poussés à l’extrême, sans chercher ni message social (l’œuvre qui montre la cupidité et la malhonnêteté des puissants contient pourtant une évidente satire des classes dominantes) ni actualisation d’aucune sorte. Une grande chambre vide où trône le lit du défunt, une porte et une fenêtre pour tout décor, et des performances d’acteurs bien conduites suffiront à montrer l’action. Sur le plan scénique, on reste un peu sur sa faim : peu d’originalité, une mise en scène certes efficace mais qui colle au texte, où l’abondance des personnages secondaires, très peu caractérisés, semble plus une contrainte qu’une opportunité, le tout dans une esthétique très standardisée, il n’y a pas la de quoi susciter un réel enthousiasme.</p>
<p>Au plan vocal, c’est <strong>Misha Kiria</strong> dans le rôle titre qui évidemment tire la couverture à lui et recueille tous les suffrages. La voix est forte, chaude, sonore à souhaits, le personnage est truculent, hâbleur et terriblement sympathique, tous les éléments sont réunis pour un grand succès personnel. A ses côtés, la Lauretta d’<strong>Asmik Grigorian</strong>, émouvante et magnifique dans son air <em>Il mio babbino caro, </em>d’ailleurs dûment applaudi, et le Rinuccio du jeune ténor <strong>Alexey Neklyudov</strong>, viril et très bien timbré, ne déparent pas. Belle satisfaction aussi pour le Simone de <strong>Scott Wilde</strong>. Déception en revanche du côté d’<strong>Enkelejda Shkosa </strong>(Zita), mezzo albanaise riche déjà d’une longue carrière, au vibrato bien trop large à mon goût, et qu’on retrouvera hélas dans les trois tableaux.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/il-trittico-2022-c-sf-gianni-schicchi-008.jpg?itok=JRBlAE0j" title="Iurii Samoilov (Marco), Caterina Piva (La Ciesca), Lavinia Bini (Nella), Scott Wilde (Simone), Misha Kiria (Gianni Schicchi), Dean Power (Gherardo), Enkelejda Shkosa (Zita) © SF / Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Iurii Samoilov (Marco), Caterina Piva (La Ciesca), Lavinia Bini (Nella), Scott Wilde (Simone), Misha Kiria (Gianni Schicchi), Dean Power (Gherardo), Enkelejda Shkosa (Zita) © SF / Monika Rittershaus</p>
<p>Décor et mise en scène sont un peu plus élaborés dans <em>Il Tabarro</em>, mais toujours dans la même veine réaliste collant au texte. La péniche amarrée à quai, c’est obligatoire, les réverbères de Paris, c’est un cliché, et une sorte de grand escalier métallique pour figurer le côté prolétaire, industriel du quartier, ça c’est plus original, emplissent le plateau. Les personnages évoluent dans un quotidien sans charme et sans couleur. La tension du désaccord entre Michele et Giorgetta n’est pas visible, pas plus que la tension érotique entre Giorgetta et Luigi, qui sont pourtant les deux éléments explicatifs du drame à venir, et autant de pistes à explorer pour une élaboration plus poussée de la mise en scène.</p>
<p>L’abondance des personnages secondaires, ici aussi, chacun vaquant à ses occupations inconscient du drame qui se noue, semble faite pour détourner l’attention, donner l’apparence de la neutralité des jours et par contraste, permettre de créer un effet dramatique saisissant au moment du crime. Sauf que cette stratégie n’opère pas, faute d’élément marquant lorsque survient le drame. La méprise de Luigi, trompé par une allumette, la trop courte bagarre nocturne entres les deux rivaux, le désarroi de Giorgetta qui comprend que quelque chose tourne mal, le coup de couteau fatal, le corps dissimulé sous le manteau, puis révélé aux yeux effarés de Giorgetta, tous ces éléments qui relèvent de la meilleure tradition des romans (ou des films) noirs et qui devraient stimuler la créativité du metteur en scène, tout cela est réglé en quelques gestes froids peu démonstratifs et surtout peu compatibles avec le paroxysme musical de la partition.</p>
<p>Ici aussi, les chanteurs sont excellents : le baryton russe <strong>Roman Burdenko</strong> est particulièrement émouvant dans le rôle de Michele, avec un timbre très riche, une voix puissante et un jeu plutôt retenu, très convainquant. On retrouve avec plaisir Asmik Grigorian dans le rôle de Giorgetta, où elle semble cependant se ménager un peu (un troisième rôle l’attend…). Le Luigi de <strong>Joshua Guerrero</strong>, jeune ténor américain, est tout à fait satisfaisant lui aussi, sans excès de puissance mais avec une très belle homogénéité de la voix et des couleurs chaudes, des accents de sincérité propres à susciter l’émotion et l’empathie. Le jeune ténor irlandais <strong>Dean Power</strong>, qu’on avait déjà remarqué en première partie dans le petit rôle de Gherardo, trouve ici en marchand de chansonnette un second emploi qui lui convient bien ; l’intervention est brève mais lui permet de faire remarquer une voix au timbre très rond, pleine de charme et d’ardeur juvénile, et une belle présence scénique.</p>
<p>	Asmik Grigorian (Giorgetta), Roman Burdenko (Michele) © SF / Monika Rittershaus</p>
<p>Troisième volet du triptyque, <em>Suor Angelica</em> est certainement aussi le plus réussi de la soirée. Si la conception du metteur en scène reste toujours aussi élémentaire, la performance exceptionnelle d’Asmik Grigorian dans le rôle titre est d’une telle intensité qu’elle emporte tout sur son passage.</p>
<p>Le décor reprend le fond neutre et la porte monumentale qu’on avait déjà vus dans le premier tableau, sans pour autant que cela constitue un pont entre les deux scènes. Au-devant, côté jardin, un petit ensemble de plantes médicinales en pot figure le minuscule domaine de Suor Angelica ; ailleurs, dispersées sur le plateau, on trouve des tables et des chaises, mobilier usuel des couvents. Les chœurs, une fois de plus, sont relégués dans les coulisses sans qu’on en comprenne la nécessité, le très large plateau du <em>Großes Festspielhaus</em> étant par ailleurs sans cesse encombré des nombreux rôles secondaires dont Puccini a systématiquement rempli les trois œuvres du triptyque. Le metteur en scène va ici jouer sur le décalage chronologique entre la règle du couvent, hors du temps, et les éléments extérieurs à lui, contemporains, qui interviennent comme par irruption, la venue de la Princesse très élégante dans son smoking pantalon de femme d’affaire, et la petite robe noire sexy que Suor Angelica enfile, cigarette au bec, lorsqu’elle quitte le voile dans son accès de révolte pensant rejoindre la vie civile. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/il-trittico-2022-c-sf-suor_angelica_035.jpg?itok=B0ikycH-" title="Karita Mattila (La Zia Principessa), Asmik Grigorian (Suor Angelica) © SF / Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Karita Mattila (La Zia Principessa), Asmik Grigorian (Suor Angelica) © SF / Monika Rittershaus</p>
<p>C’est bien entendu Asmik Grigorian qui tient ici la vedette, avec un engagement vocal et scénique totalement au service du rôle, éblouissant d’intensité émotionnelle, à la mesure de ses moyens vocaux qui sont considérables. Sa prestation va aller crescendo jusqu’au climax final des retrouvailles avec son petit garçon, d’une concentration dramatique hors du commun, très émouvante, et qui lui vaudra, au moment où tombe le rideau, une standing ovation bien méritée. Pour lui donner la réplique, on a fait venir deux très grandes pointures de la génération précédente, l’inoubliable <strong>Karita Mattila</strong> qui chante le rôle de la Princesse, et la grande wagnérienne <strong>Hanna Schwarz</strong> dans celui de la Badessa, deux rôles en définitive restreints, secondaires, circonscrits, mais qui évidemment gagnent beaucoup a être tenus par de telles artistes, même si les voix, ni d’un côté ni de l’autre, ne sont plus tout à fait au sommet de ce qu’elles ont été.</p>
<p>A la tête du Philharmonique de Vienne, <strong>Franz Welser-Möst</strong> a un peu de mal à passer de Strauss (son répertoire de prédilection et dans lequel il excelle) à Puccini. L’orchestre en recherche de lyrisme et d’expressivité vériste est sans cesse tenté de jouer trop fort, de couvrir les chanteurs, qui luttent pourtant vaillamment. Mais les qualités de l’orchestre sont bien entendu globalement au rendez-vous, exceptionnelle homogénéité des cordes, individualisation et couleurs des vents, enthousiasme et professionnalisme de tous.</p>
<p> </p>
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		<title>Madama Butterfly</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madama-butterfly-sordide-sitcom/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Aug 2019 06:55:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1998, le Grand Théatre de Genève confiait à Francesca Zambello le soin de mettre en scène Madame Butterfly : il en était résulté une production dont le japonisme haibituel était largement absent, tout le premier acte se déroulant dans une sorte de bureau consulaire majoritairement peuplé d’Occidentaux. Vingt ans après, Glyndebourne demande à Annilese Miskimmon &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1998, le Grand Théatre de Genève confiait à Francesca Zambello le soin de mettre en scène <em>Madame Butterfly</em> : il en était résulté une production dont le japonisme haibituel était largement absent, tout le premier acte se déroulant dans une sorte de bureau consulaire majoritairement peuplé d’Occidentaux. Vingt ans après, Glyndebourne demande à <strong>Annilese Miskimmon</strong> de monter <em>Madame Butterfly</em>, pour la première fois dans l’histoire du festival : là aussi, tout commence dans un décor semblable, « Goro’s Marriage Bureau ». Nous ne sommes plus en 1900, mais peu après la Seconde Guerre mondiale. Et derrière cette même volonté de resituer l’action dans son contexte le plus banal, loin du pittoresque des maisons traditionnelles, des tatamis et des cloisons de papier, sans doute faut-il lire un regard féminin sur une intrigue où le masculin n’apparaît vraiment pas sous son meilleur jour (on n’ose imaginer ce qu’en ferait Katie Mitchell, par exemple). Plus que de banal, c’est même de sordide qu’il faudrait parler : malgré l’optimisme affiché par des images d’archives diffusées dans ce bureau même – <em>Japanese Bride in America</em>, authentique film produit en 1952 par l’armée des Etats-Unis –, on comprend vite que ces mariages en série qu’organise Goro n’auront qu’une durée extrêmement limitée, et Cio-Cio-San est bien la seule à s’y tromper, à moins que toutes ses compatriotes ne soient dans le même cas. Quand la musique de Puccini devient d’un romantisme irrésistible, il faut bien faire une entorse au réalisme et laisser les jeunes mariés passer tout le début de leur première nuit dans le fameux Marriage Bureau. Le reste de l’opéra se déroule bien chez madame Pinkerton, dans un salon <em>fifties</em> installé au milieu d’une maison japonaise. Et c’est là que l’entreprise déraille un peu, à nouveau : du fait de la disposition frontale du mobilier et d’éclairages assez pauvres (peut-être modifiés en vue de la captation), on croirait assister à une de ces sitcom telles que les chaînes américaines en ont tant produit. Et durant sa très longue attente, Butterfly s’endort… devant son poste de télévision allumé.</p>
<p>Dans ce cadre peu enthousiasmant, si le drame parvient à reprendre ses droits, c’est donc grâce à la musique plutôt qu’au théâtre. A la tête d’un London Philharmonic Orchestra qui soigne les détails, le chef israélien <strong>Omer Meir Wellber </strong>dirige avec raffinement cette partition qui en est si pleine, comme si Puccini avait à tout prix tenu à transcender l’anecdote par une musique qui emporte encore l’auditeur malgré toutes les réserves que peut lui inspirer, aujourd&rsquo;hui plus que jamais, cet « Evangile de la facilité » que prêche le principal personnage masculin. Avantage d’un festival qui possède son propre chœur et sa troupe de Young Artists, la famille de Butterfly est particulièrement présente dans la scène du mariage, et fait bien tout le vacarme que Pinkerton a un peu de mal à supporter.</p>
<p>Dès que les seconds rôles se font plus importants, c’est néanmoins à des artistes extérieurs qu’il est fait appel, comme <strong>Simon Mechlinski</strong>, Yamadori aux allures de jeune empereur Hirohito, ou le bonze d’<strong>Oleg Budaratskiy</strong>, qui réussit à être impressionnant alors que la production se refuse logiquement à lui conférer une allure quasi surnaturelle comme c’est souvent le cas. Pour Goro, Glyndebourne s’est tout simplement adressé à l’un des spécialistes actuels du rôle, <strong>Carlo Bosi</strong>, nakodo devenu un véritable homme d’affaires en costume trois pièces.</p>
<p>Pour les quatre personnages principaux, pas véritablement de star internationale, mais de bonnes surprises. Rarement Sharpless se sera montré aussi ému et émouvant que <strong>Michael Sumuel</strong>, jeune consul pris bien malgré lui ans un fait divers qui lui répugne ; dotée d’une belle assiste dans le grave, la voix confirme les promesses du Thésée du <em>Songe d’une nuit d’été</em>. Malgré une voix ensoleillée, <strong>Joshua Guerrero</strong> ne fait rien pour rendre Pinkerton moins antipathique : la mise en scène souligne forcément le côté suffisant et inconscient de cet anti-héros. Engager <strong>Elizabeth DeShong</strong> pour Suzuki relève presque du luxe insolent, tant la mezzo américaine possède l’ampleur qui lui permettrait de n’interpréter que des rôles de tout premier plan, comme Rinaldo ou Arsace, où elle se montre éblouissante. Avec <strong>Olga Busuioc</strong>, enfin, Glyndebourne a su trouver une héroïne qui ne surjoue à aucun moment la « petite femme » : cette Butterfly conserve longtemps une naïveté quasi enfantine, mais pour mieux laisser éclater la force de sa résolution dans la deuxième partie de l’œuvre, avec une voix miraculeusement exempte de ce vibrato qui, souvent, gagne trop vite les voix dramatiques. Souhaitons à cette soprano, en troupe à Stuttgart, de préserver longtemps la pureté de son organe.</p>
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		<title>VERDI, Simon Boccanegra — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/simon-boccanegra-bordeaux-la-revanche-des-barytons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jan 2016 05:49:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la question de savoir pourquoi Simon Boccanegra est moins populaire que d&#8217;autres opéras de Verdi, on incrimine souvent le ténor et la soprano, relégués au second plan d&#8217;une histoire d&#8217;abord politique. Qu&#8217;il s&#8217;agisse de la version initiale de 1857, ou de sa révision un quart de siècle après, la réflexion porte avant tout sur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la question de savoir pourquoi <em>Simon Boccanegra</em> est moins populaire que d&rsquo;autres opéras de Verdi, on incrimine souvent le ténor et la soprano, relégués au second plan d&rsquo;une histoire d&rsquo;abord politique. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la version initiale de 1857, ou de sa révision un quart de siècle après, la réflexion porte avant tout sur le pouvoir incarné par le personnage de Simon, synthèse quasi parfaite du baryton verdien, idéaliste comme Posa, père comme Rigoletto ou Germont, doge comme Foscari&#8230; A lui et à ses rivaux, le patricien Fiesco et le plébéien Paolo, les temps forts de l&rsquo;ouvrage : les duos terribles en forme de bras de fer, les ensembles monumentaux que leurs voix graves coulent dans un bronze magistral, rendant anecdotiques des sentiments amoureux débités en des numéros plus conventionnels par deux jeunes premiers sans grand relief. Radamès excepté, peu de ténors verdiens semblent aussi limités que Gabriele Adorno, gentilhomme génois qui de toute évidence n&rsquo;a pas inventé la poudre. Amelia, si elle parait plus dégourdie, sert avant tout de faire valoir. Est-ce à dire que des interprètes de deuxième zone suffisent à « faire le job » ? C&rsquo;est plus ou moins l&rsquo;option prise par l&rsquo;Opéra national de Bordeaux dans cette nouvelle production.</p>
<p>Appelés à remplacer Nicole Car et Charles Castronovo, <strong>Rena Harms</strong> et <strong>Joshua Guerrero</strong> s&rsquo;avèrent trop inexpérimentés pour deux rôles aussi difficiles vocalement que sommaires psychologiquement. Elle, d&rsquo;une jeunesse mutine en adéquation avec l’âge supposé d&rsquo;Amelia, désavantagée cependant par un timbre ingrat et d&rsquo;innombrables stridences ; lui, d&rsquo;une élégance aristocratique qui tombe sous le sens pour un fils de bonne famille, dépassé cependant par les coups de boutoir d&rsquo;une écriture souvent musclée. Adorno n&rsquo;est pas Alfredo dans<em> La traviata</em>, rôle qui semble aujourd&rsquo;hui mieux correspondre aux moyens lyriques et légers d&rsquo;un chanteur dont les débuts ne datent que de 2013.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/sb4.jpg?itok=eb176w-H" title="© Frédéric Desmesure" width="468" /><br />
	© Frédéric Desmesure</p>
<p>Le pari de la jeunesse est-il d’ailleurs le mieux adapté à une œuvre aussi complexe que <em>Simon Boccanegra</em> ? <strong>Solomon Howard</strong> a beaucoup à apprendre scéniquement et beaucoup à développer aux extrémités de sa tessiture avant que le manteau patriarcal de Fiesco tombe sans un pli sur des épaules encore raides. A l&rsquo;inverse, <strong>Alexandre Duhamel</strong> se glisse avec une aisance confondante dans le costume de Paolo, montrant après <a href="http://www.forumopera.com/le-roi-arthus-paris-bastille-bronca-et-ola">Mordred dans <em>Le Roi Arthus</em></a> quel félon il peut être, d&rsquo;autant plus inquiétant qu&rsquo;il inspire naturellement la sympathie, d&rsquo;autant plus dangereux que le timbre est séduisant, le style châtié et la voix longue. N&rsquo;étaient quelques sanglots superflus, qui supposerait tant de noirceur derrière cet usage approprié de la nuance et de la couleur ? Les méchants ne sont jamais aussi redoutables que lorsqu&rsquo;ils savent cacher leur jeu.</p>
<p>Si <strong>Tassis Christoyannis</strong> a davantage de maturité, Simon Boccanegra est également une prise de rôle. A presque cinquante ans, le baryton grec peut désormais envisager une partition exigeant de son interprète tout ou presque : la sensualité trouble des effusions paternelles, une scène du conseil jupitérienne, les teintes crépusculaires d&rsquo;une des morts les plus poignantes de l&rsquo;opéra verdien (qui en compte pourtant un certain nombre). Dire le panorama complet serait exagéré. « Plebe ! Patrizi ! Popolo » touche aux limites d&rsquo;un chant moins héroïque que noble. Mais on admire la manière dont le chanteur déroule un troisième acte sur le souffle et révèle en un savant mélange de murmure et d&rsquo;éclat l&rsquo;humanité que laissaient pressentir les deux actes précédents. Couché à terre, le doge est nu et c&rsquo;est nu qu&rsquo;il est grand.</p>
<p>Pour sa première mise en scène d&rsquo;opéra, <strong>Catherine Marnas </strong>hésite, entre classicisme et modernisme, entre esthétisme et réalisme, entre tradition et transposition. Et comme toujours quand on hésite, le résultat s&rsquo;avère mitigé. L&rsquo;usage de rideaux et de vidéos masquent la pauvreté d&rsquo;un décor unique en forme d&rsquo;hémicycle, tout à la fois piscine dans laquelle Amelia s&rsquo;ébat au début du premier acte et salle du conseil. C&rsquo;est dire si l&rsquo;écart est grand.</p>
<p><strong>Paul Daniel</strong> enfin mène à bon port une partition à cheval sur deux époques sans que les coutures n&rsquo;en paraissent trop apparentes. Mais le chœur autant que l&rsquo;orchestre se heurtent aux multiples difficultés d&rsquo;une œuvre impitoyable. Trop de limites d&rsquo;un côté en termes de puissance, d&rsquo;imprécisions de l&rsquo;autre les empêchent d&rsquo;occuper une place voulue prépondérante par Verdi, laissant les deux barytons dominer la représentation.</p>
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