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	<title>Brenden GUNNELL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 19 Feb 2026 22:33:39 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Brenden GUNNELL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>WAGNER, Der fliegende Holländer &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-der-fliegende-hollander-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Toulon aura dû attendre trente ans avant que le Hollandais revienne. Cette fois, c’est au port, ou presque, au Palais Neptune, qu’il accoste, puisque l’opéra est en pleine rénovation. Comme à l’accoutumée, la version de concert dans laquelle il nous est proposé appelle des conditions particulières d’écoute : si d’imperceptibles détails sont mis en valeur, généralement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Toulon aura dû attendre trente ans avant que le Hollandais revienne. Cette fois, c’est au port, ou presque, au Palais Neptune, qu’il accoste, puisque l’opéra est en pleine rénovation. Comme à l’accoutumée, la version de concert dans laquelle il nous est proposé appelle des conditions particulières d’écoute : si d’imperceptibles détails sont mis en valeur, généralement étouffés en fosse, les équilibres internes comme avec les voix sont sensiblement modifiés. <strong>Victorien Vanoosten</strong>, dont les qualités de chef lyrique sont reconnues, revient à Wagner, après un programme donné ici même il y a un an. Toujours attentive au chant et à la continuité des enchaînements, sa direction ménage de beaux moments. Certainement lui est-on redevable de l’esprit qui anime cette lecture, car point ne suffit de juxtaposer d’excellents interprètes pour constituer une équipe cohérente. Cependant, l’ouverture et les passages tumultueux ou paroxystiques nous laissent perplexes. En effet, le placement traditionnel des cuivres sur scène leur confère une puissance, une agressivité singulière, les bois paraissent acides, dépourvus de rondeur et d’articulation, le tout au détriment des cordes, qui séduiront seulement lorsqu’elles seront libérées de l’oppression des vents. La pâte orchestrale manque de tension et les progressions, pourtant bien conduites, ne nous emportent pas toujours. La complexe alchimie de la version de concert est un exercice redoutable. Mais, ne boudons pas notre plaisir : la dynamique, la cohésion des chœurs et de l’orchestre sont au rendez-vous, les atmosphères restituées avec justesse (la fête, les moments intimes&#8230;). Nul doute que la seconde aura tiré les leçons de cette première.</p>
<p>Ce soir, si les premiers rôles sont familiers de l’ouvrage, Mary et le pilote, tous deux français, l’abordent pour la première fois. Comme signalé, on pouvait redouter un assemblage éphémère de voix, et, miraculeusement, il n’en fut rien. Si les trois moments lyriques (1) au cœur de l’ouvrage sont superbement servis, nous nous situons à un niveau d’excellence rare. Aucun ne démérite, du plus humble choriste ou instrumentiste aux premiers rôles.</p>
<p><strong>Anton Keremidtchiev</strong>, rarissime en France, connaît bien <em>Der fliegende Holländer</em> pour en avoir chanté les deux rôles de baryton basse (Le Hollandais et Daland). Damné perpétuel, intense sans jamais tomber dans la grandiloquence, dont l’autorité impérieuse et la noblesse se conjuguent avec la douceur d’âme et la détresse, voici un très grand Hollandais. Noir, impassible, accablé et terrifiant, son air d’entrée est un moment d’exception, qui ne peut conduire qu’à la compassion de l’auditeur. Attentif à donner à chaque mot son poids juste, toujours intelligible, son chant, généreux, trouve les couleurs – de l’airain au velours sombre – pour traduire son tourment comme sa rédemption. Son duo avec Senta, peut-être le sommet de subtilité et d’émotion du drame, est conduit magistralement, soutenu par une direction complice. La progression depuis la mélodie entonnée a cappella jusqu’à la plénitude extatique, où les voix s’unissent idéalement, restera gravée dans les mémoires. Wagnérienne accomplie,<strong> Dorothea Herbert</strong> campe une Senta idéale d’éloquence lyrique, juste, vraie, émouvante. Il est vrai qu’elle s’est pleinement approprié le rôle (2). La palette expressive, la voix ductile qui trouve la pureté et la justesse d’émission pour traduire son évolution emportent pleinement l’adhésion. La ballade, évidemment attendue, est une magistrale leçon : l’intense progression des trois couplets, soulignée par un orchestre attentif, nous émeut profondément. <strong>Tobias Schabel </strong>est familier de Daland, souvent chanté. La roublardise du maquignon, son appât du gain sont justes, sans excès. Son sens de la mélodie, son legato, une égale maîtrise de toute la tessiture, lui permettent de donner une vie singulière au Norvégien, dont la personnalité et le caractère font le pendant négatif du Hollandais. Seule relative faiblesse de cette brillante distribution, <strong>Brenden Gunnell</strong>, dont la voix conserve de réelles qualités de <em>heldentenor</em>, a passé l’âge d’incarner un Erik juvénile, même en version de concert. Sa cavatine est techniquement irréprochable, d’un engagement constant, mais où sont l’énergie, la jeunesse du timbre du bon garçon, désespéré, qui n’a pas compris la fascination qu’exerce sur Senta le fantastique héros byronnien ? La mezzo franco-marocaine <strong>Ahlima Mhamdi</strong>, que l’on ne connaissait que dans un répertoire français de toute autre nature, retrouve Wagner (3) pour notre grand bonheur. Sa Mary est exceptionnelle de vérité vocale et dramatique. Elle a la puissance attendue pour ne jamais être couverte par l’orchestre et les chœurs, qui ne la ménagent pas. La voix est non seulement ample et égale, elle a la tessiture, les couleurs et la projection que requiert le rôle. Son élocution est irréprochable. Lors de son dialogue avec les fileuses et Senta, elle fait jeu égal avec cette dernière. Après Stanislas de Berbeyrac (récent Siegmund), voici qu’un autre de nos excellents ténors ose un nouveau défi, sorte de grand écart, en passant de Belmonte au Steuermann. <strong>Matthieu Justine</strong> aborde Wagner pour la première fois en prenant le gouvernail. Vigueur et poésie caractérisent chacune de ses interventions, et notre chanteur parvient à donner à son personnage une réalité qui dépasse son air, fort bien conduit au demeurant, y compris dans sa seconde strophe où, après les coups de boutoir de la tempête, son chant se morcèle sous l’effet de la fatigue. Nul doute que cette première approche ne conduise notre valeureux ténor vers des emplois plus conséquents.</p>
<p>Les chœurs fusionnés avec ceux de l’Opéra national de Montpellier, riches d’une cinquantaine de chanteurs pleinement engagés, forcent l’admiration, par leur cohésion, leur précision et leur élocution allemande, exigeante et parfois d’un débit très rapide. Depuis les matelots – exemplaires – qui ouvrent et ferment le premier acte, jusqu’au célèbre « Steuermann, lasst die Wacht », en passant par le chœur des fileuses, c’est remarquable.</p>
<p>Une soirée d’où l’on ne sort pas indemne tant les émotions vous poursuivent longuement après la fin du concert. Peut-on espérer que Montpellier, qui a participé à cette incontestable réussite au travers des chœurs que dirige Noëlle Gény, offre à son public, au Corum, ce chef-d’œuvre servi avec de telles voix et un tel engagement ?</p>
<ul>
<li>
<pre>1. Le récit du Hollandais au I, la ballade de Senta et leur duo au II. 
2. Elle l’a chanté récemment à Wiesbaden et Linz, auparavant. De Bayreuth aux plus grandes scènes, sauf en France, elle chante les grands rôles wagnériens. Nous avions eu le bonheur de l’apprécier à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Besanço</a>n, dans les <em>Quatre derniers lieder</em> de Strauss. 
3. Elle avait chanté Flosshilde dans <em>Götterdämmerung</em> à Genève en 2019.</pre>
</li>
</ul>
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		<title>RhineGold plein d&#8217;émotion à Birmingham</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/rhinegold-plein-demotion-a-birmingham/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoît Jacques de Dixmude]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jul 2021 22:09:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un an de fermeture et trente ans après que la Birmingham Opera Company, fraîchement créée par Graham Vick, ait monté un premier Ring, le premier volet de la tétralogie sera donné dans une version anglaise – d&#8217;où le titre RhineGold – ce samedi 31 juillet et lundi 2 août. Nul doute que l&#8217;émotion sera au rendez-vous, deux semaines après le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un an de fermeture et trente ans après que la Birmingham Opera Company, fraîchement créée par <strong>Graham Vick</strong>, ait monté un premier <em>Ring, </em>le premier volet de la tétralogie sera donné dans une version anglaise – d&rsquo;où le titre <em>RhineGold</em> – ce samedi 31 juillet et lundi 2 août. Nul doute que l&rsquo;émotion sera au rendez-vous, deux semaines après le décès de l&#8217;emblématique directeur artistique de cette turbulente compagnie, toujours prête à sortir des sentiers battus.</p>
<p>Ce projet a reçu le Prix « Education et Participation » de FEDORA en 2020.</p>
<p><strong>Alpesh Chauhan</strong>, révélation des <em>International Opera Awards 2021</em> dirigera le Symphonique de la Ville de Birmingham dans leur propre salle, le <em>Symphony Hall</em>. La distribution réunit des artistes de renoms ainsi que des volontaires locaux. </p>
<table border="1">
<tbody>
<tr></tr>
<tr>
<td><strong>Wotan </strong></td>
<td>Eric Greene </td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Loge</strong></td>
<td>Brenden Gunnell</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Fricka </strong></td>
<td>Chrystal E Williams</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Freia </strong></td>
<td>Francesca Chiejina</td>
</tr>
<tr></tr>
</tbody>
</table>
<p>Tous les détails sur<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.birminghamopera.org.uk/wagners-rhinegold"> le site de la Birmingham Opera Company</a></p>
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		<title>Die Entführung aus dem Serail</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-entfuhrung-aus-dem-serail-et-des-esclaves-nus-tout-impregnes-dodeurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2016 06:38:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a désormais au moins deux façons de monter L’Enlèvement au sérail : soit on réécrit entièrement le livret, comme l’ont fait Stefan Herheim à Salzbourg, ou tout récemment Majdi Mouawad à Lyon, avec des résultats plus ou moins effarants, soit on respecte les données de l’intrigue, avec des degrés de kitsch variable, le pire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a désormais au moins deux façons de monter <em>L’Enlèvement au sérail </em>: soit on réécrit entièrement le livret, comme l’ont fait Stefan Herheim à Salzbourg, ou tout récemment Majdi Mouawad à Lyon, avec des résultats plus ou moins effarants, soit on respecte les données de l’intrigue, avec des degrés de kitsch variable, le pire ayant semble-t-il été atteint par Zabou Breitman à l’Opéra de Paris. Au festival de Glyndebourne, le public est à peu près sûr, quoi qu’il arrive, qu’on lui proposera toujours un spectacle de bon goût. Et comme nous sommes en Angleterre, l’équipe artistique a eu la bonne idée de s’inspirer des œuvres du plus célèbre peintre orientaliste britannique, John Frederick Lewis (1804-1876), grand pourvoyeur de scènes de harem aux couleurs chatoyantes. Très loin des cases qu’elle avait dû concevoir pour <em>Alcina</em> à Aix à la demande de Katie Mitchell, <strong>Vicki Mortimer</strong> a conçu un décor tout en arches mauresques, moucharabiehs et arbustes sortis tout droit d’une miniature persane, et de somptueux costumes reprenant toute la gamme de nuances et de motifs de Lewis. Avec ses eunuques et ses sultanes, cet écrin est superbe à regarder, et renvoie à tout un imaginaire propre aux XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècles, mais qu’y place <strong>David McVicar</strong> ? Eh bien, il propose une agréable comédie aux personnages clairement caractérisés, avec quelques moments franchements drôles – une scène Pedrillo/Blonde assez irrésistible, notamment – et quelques moments plus graves – loin de suspendre l’action, « Martern von aller Arten » devient presque un tournant dramatique qui résume et éclaire les relations entre Konstanze et le pacha. Tout cela se regarde avec plaisir, et respecte les données du livret ; ceux qui attendent un regard neuf et personnel, une réflexion aiguë sur les relations entre Orient et Occident iront voir ailleurs.</p>
<p>Si ce côté traditionnel sera diversement perçu selon les attentes des uns et des autres, cet <em>Enlèvement </em>en provenance de Glyndebourne n’en possède pas moins, par ailleurs, d’extrêmement solides atouts sur le plan musical. Citons d’abord la direction alerte et aérée de <strong>Robin Ticciati</strong>, même si cette vivacité ne permet pas toujours aux chanteurs d’exécuter leurs vocalises avec toute la netteté espérée. L’orchestre de l’Age des Lumières assume pleinement la turquerie de l’ouverture et de l’entrée des janissaires ; sans doute est-ce sur les conseils du chef que plusieurs solistes vocaux ornementent les reprises de leurs airs.</p>
<p>Sur scène, la distribution s’appuie sur cinq personnalités intéressantes et heureusement contrastées. Osmin roux, <strong>Tobias Kehrer</strong> est une valeur montant du Deutsche Oper de Berlin, où il est Fafner, Sparafucile, Hunding, le prince Grémine ou Daland ; si les ingénieurs du son n’ont rien truqué pour ce DVD, il devrait sans peine impressionner les spectateurs de Bastille lorsqu’il sera Sarastro en janvier-février, en alternance avec son aîné René Pape. Les deux ténors présentent un contraste judicieux, alors même que Pedrillo n’est, pour une fois, pas un chanteur de seconde catégorie, loin de là : après un long séjour en troupe à Innsbruck, <strong>Brenden Gunnell </strong>commence à interpréter de grands rôles (il sera Huon dans <em>Obéron</em> à Munich en juillet 2017), et ce n’est que justice car son timbre a les couleurs et la vaillance nécessaires. Face à lui, on découvre en Belmonte un chanteur connu dans un tout autre répertoire : après <em>La Traviata </em>à Reims ou <em>Rigoletto </em>à Limoges, après <em>Les Barbares</em>, <em>Herculanum </em>ou <em>Dante </em>pour le Palazzetto Bru Zane, <strong>Edgaras Montvidas</strong> montre de quoi il est capable dans Mozart. Loin d’une certaine approche allemande, défendue notamment par Daniel Behle à Aix l’été dernier, le ténor lituanien aborde cette musique d’une voix puissante et vibrante, dans un style extroverti qui n’a rien d’éthéré. Quant aux dames, aux côtés de <strong>Mari Eriksmoen</strong>, dont le suraigu semble arraché de façon fort peu orthodoxe, au contraire d’un extrême grave plus facilement atteint, on est ravi d’entendre enfin une Konstanze qui n’est pas une soubrette hâtivement reconvertie : <strong>Sally Matthews</strong> est la perle rare qui unit à l’indispensable maîtrise de la colorature un timbre riche de grande dame, qui lui vaut d’être régulièrement invitée à La Monnaie, où elle devrait être en novembre prochain une somptueuse Comtesse de <em>Capriccio</em>. On pourrait s’étonner de voir que le rôle parlé de Selim a été confié à un acteur français, le Toulousain <strong>Franck Saurel</strong> : si son allemand évoque parfois davantage Francis Blanche que Curd Jürgens, son interprétation sensible et sa virile prestance rendent plus que jamais compréhensible la tentation de Konstanze. Ce n&rsquo;est peut-être pas un hasard si le boîtier du DVD nous le montre embrassant la belle Espagnole&#8230;</p>
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		<title>MOZART, Idomeneo — Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/idomeneo-venise-actualite-de-mozart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Nov 2015 07:17:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des goûts et des couleurs…Selon un ami à qui nous exprimions nos réserves sur la mise en scène d’Anna Bolena à Bergame, le pire nous attendait à La Fenice, où  le même Alessandro Talevi s’en prenait à Idomeneo. Or il n’en fut rien ! Sans doute aurions-nous aimé çà et là plus de retenue, et quelques &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des goûts et des couleurs…Selon un ami à qui nous exprimions nos réserves sur la mise en scène d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/anna-bolena-bergame-bienfaisant-retour-aux-sources"><em>Anna Bolena</em> à Bergame</a>, le pire nous attendait à La Fenice, où  le même <strong>Alessandro Talevi</strong> s’en prenait à <em>Idomeneo</em>. Or il n’en fut rien ! Sans doute aurions-nous aimé çà et là plus de retenue, et quelques idées nous ont semblé plus convenues ou saugrenues qu’éclairantes – par exemple les images initiales qui ont évoqué pour nous <em>Le bal des Vampires, </em>où le comportement prêté à Arbace dans l’intimité royale, si efféminé qu’il suggère fortement que son dévouement envers Idomeneo a d’autres racines qu’une fidélité absolue à son souverain – mais dans l’ensemble la proposition fonctionne et accompagne sans hiatus la proposition musicale. Donnée en intégralité dans la version établie pour les éditions Barenreiter l’œuvre retrouve, par la direction constamment inspirée de <strong>Jeffrey</strong> <strong>Tate</strong>, la dimension monumentale qu’un jeune homme de vingt-cinq ans, bien décidé à montrer de quoi il était capable, avait voulue, et le raffinement orchestral que le compositeur prodigue à foison.</p>
<p>Les décors de <strong>Justin Arienti</strong> doivent s’adapter aux nombreux changements de lieu ; la difficulté est résolue par le jeu de panneaux noirs dont l’agencement ménage des focalisations différentes, et permet ainsi, avec le concours des lumières de <strong>Giuseppe Calabro</strong>, de passer de l’intimité aux scènes d’ensemble et du dedans au dehors. L’intérieur est celui du palais, où une longue galerie abrite un cabinet de curiosités, avec niches et vitrines, qui pourrait être celui d’un grand seigneur au XVIIIe siècle mais que l’omniprésence de trophées marins rattache à Idomeneo et à sa relation tourmentée avec Neptune, présent en effigie. Cette indécision temporelle, visible aussi sur les costumes de <strong>Manuel Pedretti,</strong> n’a aucun effet pervers sur la réception du texte et de la musique, car ce spectacle ne vise pas à un réalisme impossible mais à une vraisemblance suffisante pour que le spectateur croie aux personnages et s’intéresse à leur devenir. Ainsi les costumes et les coiffures différencient les Grecs et les Troyens, et même si l’on peut ne pas adhérer à l’esthétique on ne perçoit aucune intention provocatrice qui détournerait l’attention de l’essentiel, ce que transmettent la musique et le chant. L’extérieur est ce rivage où les flots en furie disent assez le courroux de Neptune, et les rouleaux qui les agitent jusqu’à l’horizon ont le charme suranné des machines en usage à l’époque de Mozart. Leur disparition, au dernier acte, confirmera que le Dieu s’est apaisé. Sur le sable où les dépouilles des victimes du monstre marin avaient reçu la bénédiction du Grand Prêtre sera célébré l’avènement d’Idamante, point de départ d’une ère nouvelle consacrée à la paix. Comment ne s’émouvoir d’entendre, dans cet éloge de la clémence que désormais il reprendra sans relâche jusqu’à son dernier souffle, la voix même de Mozart ?</p>
<p>Mais pour nous parvenir elle passe au prisme des interprètes. La distribution réunie, d’une grande homogénéité, démontre une fois de plus la compétence de l’équipe artistique de La Fenice. Dans le rôle-titre <strong>Brenden Gunnell</strong> est impeccable en aventurier qui rentre au bercail et ne découvre que peu à peu qui est qui et qui aime qui, quand il se prend à caresser l’esclave troyenne. Il exprime clairement le désarroi du père et l’accablement du souverain, aussi bien vocalement que scéniquement. La tessiture ne lui pose pas de problème particulier et son chant, exempt de traces d’effort ou de malaise, est d’une belle souplesse. Interprète aguerrie du rôle d’Idamante, <strong>Monica Bacelli  </strong>est vraisemblablement plus à son aise qu’en 2005 à La Scala, car sur toute l’étendue la voix semble d’une homogénéité sans faille. Elle crée l’illusion de la spontanéité, de l’innocence, de la douleur, avec une maestria qui subjugue. Son Ilia donne aussi cette impression de fraîcheur et de sincérité : <strong>Ekaterina Sadovnika</strong>, naguère Pamina sur la même scène, est jeune et conduit impeccablement une voix perlée en la colorant à point nommé de pudeur ou d’émotion ou en la chargeant d’intensité pour exprimer sa détermination. La voix de <strong>Michaela Kaune </strong>ne donne pas la même impression de souplesse qui coule de source, mais Elettra n’est pas souple, ses appels amoureux sont pressants et son désespoir s’exhale violemment. Est-ce par une baisse de tension personnelle que son air de fureur final nous a semblé moins fort que celui du premier acte ? A Arbace est dévolu un air « à l’ancienne », sans influence directe sur ce qui suit alors qu’une des richesses de l’œuvre est l’intrication des airs dans la continuité dramatique grâce aux subtilités de la composition. Le ténor <strong>Anicio Zorzi Giustiniani</strong> s’acquitte brillamment, avec l’élégante aisance et la musicalité qui le caractérisent, des reprises ornementées de ce morceau de consolation. Pour le Grand prêtre de Neptune, on a fait appel à <strong>Krystian Adam</strong>, dont la voix bien projetée prend l’autorité nécessaire. Spécialisé dans la musique contemporaine mais chantant l’Orateur dans la récente <em>Die </em><em>Zauberflöte</em> la basse <strong>Michael Leibundgut</strong>, sonorisée ad hoc, retentit comme il faut en Voix surnaturelle. Aux côtés de ces solistes de talent les choristes ne sont pas en reste et impressionnent par la qualité constante de leurs interventions.</p>
<p>Dans la fosse, c’est jour de fête. Les pupitres rivalisent de brio pour plaire à <strong>Jeffrey Tate</strong>, avec qui les musiciens de La Fenice ont une longue et riche relation. On resterait volontiers sans voix, à béer d’admiration, tant la sûreté de la direction révèle d’intimité entre le chef et la partition, dont il connaît et fait apparaître les moindres raffinements, ces liaisons audacieuses inventées par le jeune compositeur pour renouveler l’opera seria, ces trouvailles harmoniques ou mélodiques qui annoncent déjà les chefs d’œuvres ultérieurs. D’autant que cette battue d’une clarté constante cisèle chaque séquence mais fait avancer simultanément la grandiose architecture. Meilleure preuve de cette réussite, l’œuvre a beau être longue on ne voit pas le temps passer. Dans cette interprétation la scène finale du couronnement devient un moment empreint de la plus haute élévation spirituelle, duquel on ne peut être simplement spectateur. Eveiller le désir de faire le bien en agissant pour la concorde et la paix entre les anciens adversaires, c’est le legs de Mozart qui nous est ici intégralement transmis. Y a-t-il actualité plus brûlante et plus nécessaire ? </p>
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