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	<title>Nils GUSTÉN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nils GUSTÉN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lenlevement-au-serail-rouen-une-option-culottee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Apr 2018 22:26:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Clermont-Ferrand et Avignon, L&#8217;Enlèvement au sérail chamboulé par Emanuelle Cordoliani — qui vient de débarquer à Rouen — a forcément suscité la controverse. Si la première escale en Auvergne a fait mouche dans nos colonnes, le rapt dramatique opéré par cette spécialiste de projets atypiques sur une œuvre charnière préfigurant les grands opéras de Mozart, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Clermont-Ferrand et Avignon, <em>L&rsquo;Enlèvement au sérail</em> chamboulé par <strong>Emanuelle Cordoliani</strong> — qui vient de débarquer à Rouen — a forcément suscité la controverse. Si la première escale en Auvergne a fait mouche<a href="https://www.forumopera.com/die-entfuhrung-aus-dem-serail-clermont-ferrand-le-serail-sencanaille-au-cabaret"> dans nos colonnes</a>, le rapt dramatique opéré par cette spécialiste de projets atypiques sur une œuvre charnière préfigurant les grands opéras de Mozart, a évidemment gêné d’autres experts.</p>
<p>Incontestablement, cette transposition dans un cabaret viennois interlope de années 1930, adoptant une esthétique de bande dessinée haute en couleurs, apporte une modernité qui séduit les spectateurs d’aujourd’hui. Tout en regrettant que les exigences du scénario et les dialogues supplémentaires en diverses langues que Cordoliani a superposés au livret aient pour conséquence d’étirer la représentation en longueur, on ne peut qu’admirer l’inventivité de sa mise en scène fluide, pleine de surprises, ainsi que sa caractérisation des personnages finement analysée. Particulièrement remarquables : une direction d’acteurs étudiée qui privilégie l’interaction des protagonistes en fonction de la dramaturgie ; des costumes mémorables ; des lumières subtiles produisant des jeux d’ombres très réussis — sans oublier l’engagement des artistes du <strong>Chœur de l’Opéra Grand Avignon </strong>qui participent pleinement à l’action dramatique.</p>
<p>Fort heureusement, compte tenu de cette option théâtrale, <strong>Antony Hermus</strong>, chef néerlandais de stature internationale, familier des opéras de Mozart, dirige en souplesse l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie. </strong>Grâce à son attention à soutenir les jeunes chanteurs dans leurs airs <em>seria</em> ou <em>buffa</em>, toujours délectables et parfois périlleux, la musique  de ce singspiel chanté en allemand, émaillé de turqueries, porteur de vives tensions et teinté de poésie se déploie dans une expressivité contrastée. Dommage que la profondeur de la fosse ne nous ait pas permis d’observer sa gestuelle.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="290" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_4934.jpeg?itok=t8-aLIHN" title="© Ludovic Combe" width="468" /><br />
	© Ludovic Combe</p>
<p>La soprano américaine  <strong>Katharine Dain </strong>ne déçoit pas les espérances que son « Martern aller Arten » au concours de Clermont-Ferrand avait fait naître. Avec son chant aérien aux aigus faciles et ses vocalises précises, elle remplit toutes les exigences vocales du rôle sans toutefois l’incarner pleinement sur le plan dramatique. En revanche, la soprano colorature <strong>Pauline Texier</strong> qui interprète Blonde d’une voix charmante, légère et agile, vêtue d’une courte jupette écossaise se trémousse sans cesse exagérément ­— sans doute pour obéir aux consignes de la mise en scène.</p>
<p>Le charme, la capacité à émouvoir et la générosité sont les atouts du ténor malgache <strong>Blaise Rantoanina </strong> (entendu à Orange au concert des lauréats de l’Adami). Dans le rôle de Belmonte, il nous a semblé (sauf au dernier acte où il fait merveille) un peu en-dessous de ses possibilités. Bien que le gigantesque <strong>Nils Gustén</strong> soit d’ores et déjà un impressionnant Osmin, sa technique et sa maturité vocale sont sans nul doute encore en devenir. Dans le rôle non chanté du Pacha Selim (hypertrophié pour les besoins de cette production), <strong>Stéphane Mercoyrol </strong>se montre un acteur de premier ordre, capable d’alterner l’allemand et l’espagnol en passant par le français et le persan. Enfin, la palme de la distribution masculine revient au Pedrillo du ténor vénézuelien <strong>César Arrieta</strong>. Sa vis comica, son art des mimiques, son chant vaillant et son timbre lumineux font de ce second rôle le personnage de premier plan qui correspond à son importance dans le déroulement de l’action dramatique.</p>
<p>A la fin de ce spectacle plus que surprenant, le public rouennais — présent depuis plus de trois heures au Théâtre des Arts — applaudit chaleureusement tous les artistes qui restent groupés durant des saluts qui semblent ne pas vouloir s’éterniser</p>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-entfuhrung-aus-dem-serail-clermont-ferrand-le-serail-sencanaille-au-cabaret/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jan 2018 04:02:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mozart au cabaret ! Belle exploit de migration spatiotemporelle que cet Entführung aus dem Serail, nouvelle coproduction du Centre lyrique d&#8217;Auvergne à l&#8217;Opéra de Clermont-Ferrand. Dans un parti pris dramaturgique qui de prime abord interpelle, Emmanuelle Cordoliani touche à travers sa mise en scène au plus près de la grande problématique mozartienne : la réflexion sur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mozart au cabaret ! Belle exploit de migration spatiotemporelle que cet <em>Entführung aus dem Serail</em>, nouvelle coproduction du Centre lyrique d&rsquo;Auvergne à l&rsquo;Opéra de Clermont-Ferrand. Dans un parti pris dramaturgique qui de prime abord interpelle, <strong>Emmanuelle Cordoliani</strong> touche à travers sa mise en scène au plus près de la grande problématique mozartienne : la réflexion sur la mort. En prenant sans dérailler le train d&rsquo;une modernité vintage années 30, son <em>« </em>Sérail Cabaret <em>» </em>redistribue les rôles et affine les profils psychologiques des protagonistes avec une rectitude sans complaisance et non moins d’à propos. Son tripot crapuleusement sélect devient l’espace métaphorique où se croisent et se confondent  la tragédie de la solitude la plus noire et la parodie bouffe la plus débridée. On est donc bien chez Mozart !<em> </em>Loin d’être factice, l’édifice imaginé par Emmanuelle Cordoliani évite l&rsquo;écueil d&rsquo;un anachronisme réducteur quant au fond. Au-delà du pur plaisir d&rsquo;articuler un comique de situation où la cocasserie le dispute à l&rsquo;impertinence, la metteuse en scène ne perd jamais de vue la tension inhérente à l&rsquo;intrigue. Entre brio des arias et réparties cinglantes se glisse l&rsquo;omniprésence du drame. Par la magie des lumières, le vernis des couleurs vives du décor de ce lieu de plaisir vire peu à peu jusqu’à s’estomper sous la grisaille.</p>
<p>Dans le même temps au gré des situations, l’allemand des récitatifs se colore d’espagnol, de français, d’anglais, d’italien et de persan ! On se laisse emporter dans le tourbillon de cette tour de Babel, gagné par le rythme, la vivacité et l’inventivité des tableaux : l’inénarrable trio de marionnettes de l’acte I, ou sur le pathétique « Traurigkeit ward mir zum Lose » de Konstanze les yeux bandés tel un ange de justice, ou encore cette insolite pantomime entre Pedrillo et Belmonte au dernier acte.</p>
<p>En redonnant à Selim Bassa la dimension centrale qui est la sienne, la metteuse en scène résoud l’énigme du seul rôle non chanté de l’ouvrage : le tyran se métamorphose en chantre de la liberté. Incarné par <strong>Stephane Mercoyrol</strong>, impressionnant comédien, mi-tenancier glauque mi-grand seigneur mafieux, ce clone glaçant de Danny Trejo à la voix de rogomme porte la tragédie à un haut degré de tension jusque-là souvent occultée. Noblesse de caractère et grandeur d’âme en font l’archétype du héros antique, bafoué en amour et perdu dans sa solitude. Il devient le personnage clef de cette « Passion » au point que les autres protagonistes font presque pâle figure tout occupés qu’ils sont par la vacuité presque infantile de leurs egos amoureux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/serail-006_c._ludovic_combeweb.jpg?itok=Mh4ib5R5" title="© Ludovic Combe" width="468" /><br />
	 © Ludovic Combe</p>
<p>Pour légitimer cette métaphysique de la solitude qui fait la grandeur du personnage, Emmanuelle Cordoliani fait appel à des classiques de la poésie mystique turque et persane de l’âge d’or de l’Islam. Traversent ainsi l&rsquo;espace mozartien, une déploration du turc Yunus Emre sur la douloureuse solitude existentielle, un mélancolique et long monologue de Djalal ad-Din Rûmi sur le sommeil et l&rsquo;amour, et plus près de nous un sonnet sur <em>Les Mille et une Nuits</em> du nicaraguayen Ruben Dario. Mercoyrol s’offre le luxe polyglotte de jongler du français à l’allemand, et de l’espagnol au persan.</p>
<p>Quant à Osmin, chatouilleux gardien du Sérail il se reconvertit en videur-prestidigitateur sous l’impressionnante carrure de <strong>Nils Gustén.</strong> Basse éloquente, cet ogre vocal traduit avec un rare bonheur tous les chromatismes et les nuances du redoutable « Solche hergelaufne Laffen » dont il ne fait qu’une bouchée. Il joue à ravir des multiples facettes d’un personnage partagé entre violence, cruauté et duplicité qu’il pousse jusqu’à l’androgynie du travestissement. Dans la fameuse scène de l’ivresse, on le surprend très inspiré par les vers iconoclastes d&rsquo;Omar Khayyam.</p>
<p>Dans ce temple du double-jeu et des situations interlopes le chaplinesque Pedrillo de <strong>Cesar Arrieta</strong> règne en maître. Factotum-illusionniste au timbre jubilatoire et malicieusement théâtral, ce lauréat du 25<sup>e</sup> Concours International de Chant de Clermont, va bien au-delà de la caricature de l’histrion dont on pénalise souvent son personnage. Arrieta le gratifie d’un bon sens non dénué de panache lorsqu’il lance un héroïque « frisch zum Kampf ». La ligne est souple et conquérante et rayonnante de vaillance.</p>
<p>Meneuse de revue boudeuse côté théâtre, Konstanze reprend vite ses droits côté lyrique avec une <strong>Katharine Dain</strong> hyper technicienne et flamboyante de passion vécue pour un « Martern alle Arten » de haute volée. Cette autre lauréate du 25<sup>e</sup> Concours de Chant déploie une projection radieuse, qu’elle sublime dans un <em>« </em>Ach, ich liebte <em>» </em>aux fins aigus vertigineux d’une noblesse désespérée qui n&rsquo;a d&rsquo;égal que l&rsquo;admirable puissance dramatique du « Welcher Wechsel ».</p>
<p><strong>Elisa Cenni</strong> lui oppose une Blondchen émoustillante en entraîneuse hyperactive. Difficile d’imaginer plus impérieusement enjôleur que son « Durch Zärlichkeit » ou délicieusement séducteur que son virevoltant « Welche Wonne, welche Lust » ! Le Belmonte de <strong>Blaise Rantoanina</strong> est en conformité avec l’hypothétique crooner qu’il incarne. Il remplit son rôle plus qu’avantageusement mais sans toutefois aller jusqu’à véritablement l’ennoblir. Exception faite de l’émouvant aria de la scène 5 de l’acte I où il libère un « O wie ängstlich » aux aigus lumineux de franchise.</p>
<p>Innervant l’intelligence scénique, l’âme de cette production revient à la direction vive et à la perspicacité théâtrale de <strong>Roberto Forés Veses</strong>. Il est la musicalité incarnée, toujours sur le qui-vive, totalement réactif aux tensions dramatiques comme aux transparences poétiques du Singspiel. Il suit les voix et les portent avec éloquence en faisant montre d’une science des contrastes toujours fluide. Il réussit l’exploit tant convoité dans L’Enlèvement, d’être omniprésent en jouant de légèreté et d’élégance. L’Orchestre d’Auvergne ultra sensible et réactif aux plus infimes inflexions de son chef, irradie d’enthousiasme.</p>
<p>En tournée à l&rsquo;Opéra du Grand Avignon les 18 et 20 février ; à l&rsquo;Opéra de Rouen Normandie les , 6, 8 et 10 avril ; à l&rsquo;Opéra de Massy les 25 et 27 mai ; à l&rsquo;Opéra de Reims les 13 et 15 janvier.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-entfuhrung-aus-dem-serail-clermont-ferrand-le-serail-sencanaille-au-cabaret/">MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Clermont-Ferrand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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