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	<title>Gwendoline BLONDEEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>SALIERI, Tarare &#8211; Versailles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 04:01:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé à Paris en 1787 sur un livret de Beaumarchais, Tarare est, avec Les Danaïdes et Les Horaces, l’un des trois opéras que Salieri a composés pour la scène française. Malgré le grand succès de sa création, cette tragédie lyrique n’a été reprise que deux fois depuis : à Schwetzingen en 1988, puis à Strasbourg &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Créé à Paris en 1787 sur un livret de Beaumarchais, </span><i><span style="font-weight: 400;">Tarare</span></i><span style="font-weight: 400;"> est, avec </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Danaïdes</span></i><span style="font-weight: 400;"> et </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Horaces</span></i><span style="font-weight: 400;">, l’un des trois opéras que Salieri a composés pour la scène française. Malgré le grand succès de sa création, cette tragédie lyrique n’a été reprise que deux fois depuis : à Schwetzingen en 1988, puis à Strasbourg en 1991. Au disque, l’ouvrage a heureusement trouvé en Christophe Rousset un défenseur acharné, à qui l’on doit un très bel </span><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/tarare-mieux-vaut-tarare-que-jamais/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">enregistrement</span></a><span style="font-weight: 400;">. Pour son ouverture de saison, l’Opéra Royal de Versailles offre une précieuse rareté, à défaut d&rsquo;une véritable résurrection, en réunissant ses forces vives autour d’un plateau vocal et scénique d’habitués.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comment monter aujourd’hui</span> <a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-tarare-de-salieri/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">une œuvre</span></a><span style="font-weight: 400;"> dont le livret, brillant et un rien rocambolesque, affiche une audace plus feutrée que révolutionnaire ? </span><b>Jean-Romain Vesperini</b><span style="font-weight: 400;"> répond en transformant le prologue en expérience : les génies du feu et de la nature y distribuent les rangs sociaux, puis regardent l’usage qu’en font les personnages. D’où une structure unique de verre et de métal doré, conçue comme un « vivarium » où les chanteurs sont scrutés, et dont les parois, telles une lanterne magique, laissent passer les belles projections d’</span><b>Étienne Guiol</b><span style="font-weight: 400;">, qui débordent jusque dans la salle. Quant au cadre oriental, le metteur en scène le veut composite, de la Perse antique aux années 1930, afin d’en tirer un espace de pensée où la question de Beaumarchais, la naissance ou le mérite, reste entière. Le décor de </span><b>Bruno de Lavenère</b><span style="font-weight: 400;">, au sol-miroir, se renouvelle à chaque tableau, tandis que </span><b>Christophe Chaupin</b><span style="font-weight: 400;"> l’éclaire avec finesse. Les costumes d’</span><b>Alain Blanchot</b><span style="font-weight: 400;"> assument enfin une opulence de music-hall rêvé, bien plus à propos qu’une turquerie illustrative face à l’extravagance de l&rsquo;intrigue.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le pari est tenu : Jean-Romain Vesperini n’impose aucun concept, il puise ses idées au plus profond du livret. Il en résulte une clarté exemplaire : même le spectateur qui découvre l’ouvrage saisit sans peine le fil du drame. Le metteur en scène sait s’effacer derrière son propos, qu’il laisse affleurer sans le souligner, et s’en remet à la dramaturgie de Beaumarchais plutôt qu’à l’effet. Cette retenue sert la déclamation, capitale dans un opéra où le texte prime : les mouvements laissent respirer les chanteurs, ceux du chœur sont millimétrés, et l’équilibre entre passages tragiques, pris au sérieux, et ressorts comiques est subtilement ménagé. Tout juste regrettera-t-on quelques chorégraphies superflues.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Tous les solistes se distinguent par une diction soignée, un réel investissement et une délicatesse dans l’ornementation. Dans le rôle-titre, créé par Étienne Lainez, futur premier Licinius de </span><i><span style="font-weight: 400;">La Vestale</span></i><span style="font-weight: 400;"> (1807), </span><b>Reinoud Van Mechelen</b><span style="font-weight: 400;"> est une nouvelle fois remarquable : timbre lumineux, style français impeccable. Il sait donner toute leur tendresse aux pages intimes, comme « Astasie est une déesse », tout en déployant, quand il le faut, une franche vaillance (« Qui veut la gloire »). Aussi convaincante au jeu qu’au chant, </span><b>Éléonore Pancrazi</b><span style="font-weight: 400;"> restitue avec beaucoup de naturel les émotions d’Astasie. Elle habite chaque mot de « Ô mort ! termine mes douleurs », au début de l’acte IV, scène où elle fait entendre la détresse du personnage. </span><b>Jean-François Lapointe</b><span style="font-weight: 400;"> campe un Atar tyrannique, d’abord sûr de son pouvoir, presque glacial, dont l’assurance se fissure peu à peu. Son articulation tranchante fait mouche, dans « Vertu farouche et fière » (I, 8) comme dans « Fantôme vain ! Idole populaire » (V, 1). </span><b>Alexandre Adra</b><span style="font-weight: 400;">, de l’Académie de l’Opéra Royal, prête à Arthénée, grand prêtre et intriguant, un phrasé onctueux, même si la voix est souvent gênée dans l’aigu.</span></p>
<p><b>Gwendoline Blondeel</b><span style="font-weight: 400;"> brille dans ses deux emplois : la Nature du prologue et Spinette, suivante d’Astasie, qu’elle anime avec esprit dans « Dans nos vergers délicieux » (III, 4). </span><b>Enguerrand de Hys</b><span style="font-weight: 400;">, très applaudi, déjà présent dans l’enregistrement de Rousset, tient en Calpigi, confident de Tarare, un rôle à sa mesure : voix claire et souple dans « Je suis natif de Ferrare » (III, 4), puis plus incisive dans « Va ! L’abus du pouvoir suprême » (IV, 8). </span><b>Jean-Gabriel Saint-Martin</b><span style="font-weight: 400;">, également Génie du Feu, incarne un Urson sobre et efficace dans « Seigneur, c’est ce guerrier » (I, 5). Comme toujours à Versailles, les seconds rôles sont excellemment tenus, </span><b>Alexandre Baldo</b><span style="font-weight: 400;"> en Altamort en tête.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faut savoir passionner dans une œuvre qui alterne continûment récitatifs accompagnés et très courts passages purement musicaux (airs, ensembles). </span><b>Théotime Langlois de Swarte</b><span style="font-weight: 400;">, qui glisse au programme deux extraits orchestraux d’</span><i><span style="font-weight: 400;">Axur, re d’Ormuz</span></i><span style="font-weight: 400;">, la version italienne de </span><i><span style="font-weight: 400;">Tarare</span></i><span style="font-weight: 400;"> remaniée pour Vienne, y parvient avec brio. Il dirige avec sûreté et sens du théâtre, </span><span style="font-weight: 400;">trouve le bon dosage entre</span><span style="font-weight: 400;"> les voix et une fosse de plus de quarante musiciens, trombones inclus, sculpte les récitatifs </span><span style="font-weight: 400;">et</span><span style="font-weight: 400;"> fait ressortir les contrastes de la partition. L’</span><b>Orchestre de l’Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;"> séduit par la vivacité de son jeu et la variété de ses couleurs, et l’on remarquera la virtuosité de </span><b>Gabrielle Rubio</b><span style="font-weight: 400;"> dans une partie de flûte particulièrement sollicitée. </span><span style="font-weight: 400;">Cette réussite augure bien des symphonies de Beethoven que le chef dirigera en 2027 à la tête de cette même phalange.</span><span style="font-weight: 400;"> Le </span><b>Chœur de l&rsquo;Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;">, d’une parfaite cohésion, se montre </span><span style="font-weight: 400;">percutant</span><span style="font-weight: 400;"> dans les nombreux ensembles.</span></p>
<p><em>Photos du spectacle : © Baptiste Lacaze</em></p>
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