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	<title>Pet HALMEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pet HALMEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>FÉNELON, Faust — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monolithique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 12:44:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composer un Faust en 2007 (Philippe Fénelon honorait, à l’époque, la commande du Capitole de Toulouse alors dirigé par un certain Nicolas Joel)… Voilà qui relève de la gageure, tant l’œuvre de Gounod, toute critiquable et critiquée qu’elle soit, a indéniablement marqué l’univers lyrique. On ne peut pourtant pas reprocher à Fénelon de s’isoler en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Composer un <em>Faust </em>en 2007 (Philippe Fénelon honorait, à l’époque, la commande du Capitole de Toulouse alors dirigé par un certain Nicolas Joel)… Voilà qui relève de la gageure, tant l’œuvre de Gounod, toute critiquable et critiquée qu’elle soit, a indéniablement marqué l’univers lyrique. On ne peut pourtant pas reprocher à Fénelon de s’isoler en son entêtement : Dusapin a également écrit en 2006 <em>Faustus the last night</em>, et a par ailleurs composé une <em>Medea, </em>se confrontant de ce fait à une des figures les plus fortes de l’Histoire de l’opéra. Les grands thèmes littéraires ou philosophiques, jugés, avec raison, immensément profonds et puissamment intemporels, ne cessent d’être repris, réactualisés, réappropriés. Mauvais départ pour Fénelon : son <em>Faust </em>est celui de Nikolaus Lenau, 24 scènes au verbe abondant, support difficile pour une œuvre vouée à la représentation scénique. Et mauvais détour, au bout du compte : car en définitive, qu’apprenons-nous sur Faust que nous ne sachions déjà ? Donner de ce mythe célébrissime un visage clairement pessimiste (et du reste tout-à-fait pertinent, là n’est pas le problème) ne suffit pas à le réinterpréter de manière suffisamment originale pour nous convaincre que ce <em>Faust </em>surnuméraire était absolument nécessaire. Egalement librettiste, Fénelon adapte considérablement l’œuvre de Lenau pour la ré-architecturer en deux actes, mais ces derniers nous ont semblé déséquilibrés. Le premier impressionne par son implacable cruauté (Faust rejette la science, puis la religion, puis le sexe, puis l’amour, et fait au total l’amère expérience que rien ne lui apporte jamais satisfaction). Mais le deuxième échoue dans sa volonté de paraître moins successif, plus progressif et révélateur de l’évolution psychologique dévastatrice du personnage. Le premier se souvient de <em>Wozzeck, </em>le deuxième voudrait évoquer <em>Elektra. </em>Partant d’un matériau initial très difficile à réorganiser pour la scène, Fénelon tire un livret brillant mais dont l’hétérogénéité rebute.</p>
<p>Paradoxe : alors que la dramaturgie nous apparaît inégale, presque éclatée, la musique sonne étonnamment monolithique. L’orchestre n’endosse que bien rarement le costume d’un protagoniste, ou même d’un commentateur ; il accompagne, sans faire de vagues, les voix dont Fénelon dit, dans le programme, que « <em>ce sont elles, sans doute, qui sont l’essentiel</em> ». Mais même pour ces dernières, le compositeur peine à varier les modes d’expression, les couleurs, les techniques. Engoncé <em>fortissimo </em>dans un <em>Sprechgesang</em> entêtant, le personnage de Faust aurait tout de même pu s’exprimer dans une langue (musicale, s’entend) plus élaborée… Systématiquement, les lignes vocales s’en vont vers le haut pour culminer dans des stridences toutes en forces. Le vrai amoureux des voix qu’est Philippe Fénelon ne parvient pas à explorer toutes les subtilités qu’il aurait été possible de tirer des chanteurs. </p>
<p>Dance ces conditions, ceux-ci ne montrent pas toujours la foi et l’enthousiasme qu’il faudrait aux protagonistes défendant une œuvre contemporaine. Dans le rôle-titre, <strong>Arnold Bezuyen</strong> se montre ainsi toujours un peu trop en retrait, de même que les femmes ainsi que l’excellent <strong>Eric Huchet</strong>, dont les apparitions sont peut-être trop brèves pour qu’ils développent de vrais personnages. Restent <strong>Robert Bork</strong>, Méphistophélès très percutant, et <strong>Gilles Ragon</strong>, idéal d’éloquence et de hauteur de vue dans le rôle bizarre de l’Homme-Görg, sorte de narrateur qui finit par devenir contradicteur puis double de Faust. L’Orchestre et les Chœurs de l’ONP, sous la direction experte mais quelque peu distancée, elle aussi, de <strong>Bernhard Kontarsky</strong>, mettent au service de l’œuvre une excellence qui frappe toujours l’oreille avec évidence.</p>
<p>Quant à la mise en scène de <strong>Pet Halmen</strong>, elle laisse aussi un souvenir mitigé. Le décor, composé essentiellement d’un gigantesque crâne humain qui figure autant le rocher où travaille Faust que l’abri sordide du diable, peut se mouvoir aisément d’une scène à l’autre grâce à des panneaux qui forment soit le cadre de scène soit, pendant une longue partie de l’acte II, une sorte d’échafaudage. Les lumières, volontiers crues, voire carrément éblouissantes, ajoutent à l’atmosphère glauque que dégage d’emblée la scénographie. Mais la direction d’acteur (symptôme, en cette première saison de Nicolas Joel ?) est décidément très peu fouillée, laissant trop souvent les chanteurs livrés à eux-mêmes, plantés sur le devant de la scène, faisant quelques pas par-ci ou par-là pour tromper l’ennui. On en bénirait presque le problème technique assez tenace qui a forcé les techniciens, au II, à pousser eux-mêmes un panneau récalcitrant : enfin un peu d’animation !<br />
Le spectacle de Pet Halmen, en somme, est comme un avatar de l’œuvre de Philippe Fénelon : les ambiances assez frappantes qui s’en dégagent ne suffisent pas, les minutes aidant, à compenser une monotonie qui, peu à peu, s’installe dans l’assistance aussi sûrement que la désillusion prend possession de ce pauvre Faust…</p>
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		<title>STRAUSS, Salome — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/surcharge-expressive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2009 08:23:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des spectateurs se sont émus de la vision de la Salomé de Strauss donnée par Pet Halmen, maître d’œuvre global de la réalisation scénique. Sans partager leur indignation nous nous sommes interrogé sur le bien-fondé de certains partis pris. Libéré des entraves que la censure imposait à l’époque de la création, Pet Halmen illustre avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des spectateurs se sont émus de la vision de la <em>Salomé</em> de Strauss donnée par Pet Halmen, maître d’œuvre global de la réalisation scénique. Sans partager leur indignation nous nous sommes interrogé sur le bien-fondé de certains partis pris. Libéré des entraves que la censure imposait à l’époque de la création, <strong>Pet Halmen</strong> illustre avec minutie une lecture qui semble destinée à en renouveler le fumet de scandale, avec par exemple Jochanaan en inclusion dans un phallus géant ou les cunnilingus dont des Juifs libidineux gratifient Salomé.</p>
<p>Ce choix de matérialiser plutôt que de suggérer les prolongements du texte s’accomplit malheureusement dans une esthétique de bande dessinée qui donne plus d’une fois une impression de déjà vu malgré la beauté des images. Le décor est noir, évidemment. Le ciel qu’emplit une lune immense se découpe entre deux bâtiments concaves dont les surfaces polies renvoient des reflets, suggérant dureté et narcissisme, et la citerne centrale est un vaste cylindre d’un noir luisant, à la fois caverne et podium. Avec les costumes – cuir noir &#8211; des soldats et les amoncellements de prisonniers, l’univers sadique et morbide est installé ; de gros pistolets pointés et c’est la violence institutionnalisée. Hérodias en tenue de maîtresse sadique, Hérode en sous vêtements féminins, des chiennes tenues en laisse qui sont des femmes presque nues, un siège de chair formé par des esclaves nègres, un Anubis énigmatique qui hante la terrasse, un page qui aura la gorge tranchée par Salomé, des Juifs cherchant des réponses sur leurs ordinateurs portables, tout cela a sa cohérence et, il faut le souligner, n’entre pas en conflit avec la musique, mais finit par créer une surcharge expressive dont elle ne profite pas.</p>
<p>	Nulle réserve, en revanche, pour ce qui est de la direction d’acteurs, à laquelle tous les intervenants participent avec une grande conscience professionnelle. Tous sont dignes d’éloges, du plus petit aux premiers rôles ; mais nous tressons une guirlande spéciale à <strong>Camilla Nylund</strong>, nymphette en robe de mousseline semblant à peine pubère, qui maîtrise superbement ce personnage d’adolescente en conflit avec son beau-père et sourde à tout ce qui n’est pas son désir. Vocalement impressionnante par la sûreté de sa technique, qui lui permet de chanter le rôle avec une souplesse admirable et d’affronter les extrêmes de la tessiture victorieusement, elle donne une évidence confondante à son incarnation de cette figure de l’éternel féminin. Non moins impressionnante l’Herodias de <strong>Doris Soffel</strong>, sans rien à voir avec les chanteuses fatiguées qui en héritent trop souvent, et dont la prestance s’accorde avec la réputation sulfureuse de séductrice du personnage. Son Hérode est le vaillant <strong>Thomas Moser</strong>, qui suggère sans lourdeur l’ambiguïté plus tard dévoilée, et dans la voix duquel passent les nuances autoritaires, insinuantes ou lasses du rôle. La plastique de <strong>Morten Frank Larsen</strong> n’est pas, fort heureusement, incompatible avec l’accès de désir qui enfièvre Salomé, mais quand il était en scène sa voix nous a semblé moins prenante que dans les prophéties souterraines ; résonance créée par le dispositif de la citerne ou légère sonorisation ? En tout cas il est bien l’être enfermé dans son destin ou l’idée qu’il s’en fait. Mentionnons encore <strong>Martin Mühle</strong>, le trop sensible, le trop sincère Narraboth.</p>
<p>	Cette distribution sans faille a été soutenue magnifiquement par <strong>Pinchas Steinberg</strong>, qui a contrôlé l’intensité sonore pour la délivrer opportunément et sans contraindre les chanteurs à s’égosiller pour passer l’orchestre. Cette retenue ne nuit en rien aux couleurs expressives et sensuelles qui s’élèvent de la fosse, dont cette prestation est vraiment excellente. Dommage enfin que Pet Halmen nous ait privés de l’image du meurtre final ; s’il voulait nous frustrer c’est réussi mais les splendeurs vocales et musicales nous ont comblé.</p>
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