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	<title>Christiane HARBELL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Christiane HARBELL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Pâris ou le bon juge</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jan 2016 06:43:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant que l’opérette trouve sur France Musique un défenseur en la personne de Benoît Duteurtre, les titres les plus rares avaient leur chance d’être redécouverts grâce à la Radiodiffusion française. Au milieu des années 1950, l’émission hebdomadaire « Un peu… beaucoup… passionnément », animée par Dominique Plessis et Ange Gilles, donna ainsi à entendre quantité d’œuvres légères &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant que l’opérette trouve sur France Musique un défenseur en la personne de Benoît Duteurtre, les titres les plus rares avaient leur chance d’être redécouverts grâce à la Radiodiffusion française. Au milieu des années 1950, l’émission hebdomadaire « Un peu… beaucoup… passionnément », animée par Dominique Plessis et Ange Gilles, donna ainsi à entendre quantité d’œuvres légères qu’on ne jouait plus guère sur les scènes.</p>
<p>Le label Malibran propose en un CD trois de ces émissions, dont deux consacrées à des opérettes de Claude Terrasse, et la dernière à une personnalité infiniment moins connue : Józef Zygmunt Szulc (1875-1956), compositeur polonais venu étudier à Paris auprès de Massenet. C’est surtout dans l’entre-deux-guerres qu’il fit carrière, avec toute une série de comédies musicales. Avec <em>La Victoire de Samothrace</em>, nous sommes dans une comédie musicale typique des années 1920 : le titre ne renvoie pas à la statuaire antique mais se déroule dans une maison de couture, et conte sur des rythmes influencés par le jazz les amours du trottin Rirette et de Freddy. Józef Szulc venait de mourir un an auparavant quand <em>La Victoire de Samothrace</em> fut diffusé en 1957. En dehors des duos entre les deux amoureux, on mentionnera le chœur des huissiers, « Saisissons les caleçons des garçons », mais on glissera sur l’air du couturier Stilligman, dont les paroles embaument un certain humour xénophobe et antisémite qui ne gagne pas forcément à être ranimé. Heureusement, <strong>Denise Duval</strong> et <strong>Jean Giraudeau</strong> sont de tels artistes qu’ils parviennent à transcender les limites de cette musique.</p>
<p>On retrouve le même couple avec beaucoup de plaisir dans <em>Au temps des croisades</em> de Claude Terrasse, œuvre infiniment plus savoureuse, qui avait permis à la troupe des Brigands de faire les beaux soirs du théâtre de l’Athénée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/rires-et-chansons">en décembre 2009</a>. En 1901, le livret troussé par Franc-Nohain ayant été interdit par la censure, le Théâtre des Mathurins dut se contenter d’une série de représentations privées, mais il n’en survécut pas moins la valse en duo qui donna son nom à la version révisée de l’œuvre, <em>Péché véniel</em>. Pour le reste, le livret est truffé d’absurdités joyeusement anachroniques, comme le jeu du Pal (consistant à trouver des mots commençant par cette joyeuse syllabe chère à Verlaine et à Chabrier).</p>
<p>Perle de la plus belle eau, enfin, avec <em>Pâris ou le bon juge</em>, sur un livret dû au tandem Caillavet-de Flers, régal de cet esprit boulevardier parisien des années 1900, et dont la gauloiserie suscita les foudres de l’abbé Louis Bethléem, incarnation de la conscience morale sous la Troisième République. Diffusé en 1957, redonné à la Radiodiffusion française en février 1968 avec une distribution différente, <em>Pâris ou le bon juge</em> vient d’être ressuscité en septembre 2015 dans le cadre de la première édition du Festival angevin d’opéra-bouffe, manifestation à suivre. Hélas, de « cet ouvrage dont maints passages sont purement abjects », il manque évidemment ici tous les dialogues, remplacés par l’intervention des deux animateurs de l’émission, mais aussi beaucoup de musique : le final du premier acte, par exemple, et plusieurs airs, dont le très grivois « Par un soir du printemps dernier » où Vénus explique avoir été conquise par le « panache » de Mars. Enregistré dans les années 1930 par Edmée Favart, il ne fait aucun doute que <strong>Freda Betti </strong>y aurait brillé, à en juger par la pertinence de sa composition. Fils du grand Samson de l’Opéra de Paris, <strong>Jacques Luccioni</strong> est impayable dans le rôle de Sylvain, le satire-rosière. <strong>Joseph Peyron </strong>est un Pâris plus niais que possible, comme il convient. <strong>Christiane Harbell </strong>est une charmante Glycère, jusque dans la parodie du grand genre avec l’invocation de la déesse Discorde. Plutôt que de pratiquer la réanimation artificielle sur les partitions désormais inertes d’Hervé, ne vaudrait-il pas mieux monter plus souvent Claude Terrasse ?</p>
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		<title>Le Voyage dans la lune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-voyage-dans-la-lune-un-petit-pas-pour-lhomme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jan 2016 06:19:11 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela paraît incroyable, mais il n’existe toujours aucune enregistrement intégral de l’une des plus belles partitions d’Offenbach, celle où Raoul Gunsbourg emprunta en 1905 « Scintille, diamant » pour élaborer sa propre version des <em>Contes d’Hoffmann</em>. L’ouverture et le Ballet des flocons de neige ont souvent retenu l’attention des orchestres ou des pianistes, mais <em>Le Voyage dans la lune</em> reste une rareté. En 2007, des extraits ont été enregistrés dans le disque <em>Entre nous – Celebrating Offenbach, excerpts from the forgotten operas</em>, chez Opera Rara. Par ailleurs, on n’en dénombre guère qu’une poignée de productions ces dernières décennies, notamment celle qu’avait proposée Jérôme Savary en 1979 au Komische Oper de Berlin, puis en décembre 1987 à Genève (diffusée par France 3 pour le réveillon de 1988, disponible en sept morceaux sur YouTube), et celle d’Olivier Desbordes pour Opéra Eclaté, créée à Clermont-Ferrand au printemps 2014 et qui tournait encore récemment.</p>
<p>Le disque que publie Malibran vient donc combler une lacune, mais le vide est loin d’être rempli. <em>Le Voyage dans la lune</em> fut créé en 1875, à l’époque où Offenbach était devenu directeur du Théâtre de la Gaîté et offrait donc aux Parisiens des opérettes à grand spectacle : pas moins de 23 tableaux pour cet Opéra-féerie vaguement inspiré par Jules Verne. Sans aller jusqu’à exiger une version musicologiquement intégrale, avec les quatre chansons ajoutées en 1876 quand le rôle de la reine Popotte fut repris par l’illustre Thérésa, il faut bien signaler que le concert donné en 1961 par la RTF ne donne qu’une image très partielle de la partition : loin des fastes de la Gaîté-Lyrique, il faut ici se contenter de quatre chanteurs en plus de l’orchestre. Il manque donc tous les morceaux où interviennent les chœurs. Tout le final du premier acte passe à la trappe, comme tous les ensembles, les ballets. Et tout l’acte IV a disparu. Par ailleurs, selon une détestable tradition (encore en vigueur à Genève en 1987), le rôle du prince Caprice, créé par Zulma Bouffar, échoit ici à <strong>Joseph Peyron</strong>. Le ténor a toute la verve qu’on peut souhaiter, même s’il parle parfois plus qu’il ne chante, mais sa présence modifie évidemment l’effet du duo des pommes, conçu pour deux voix de femme (charmante Fantasia de <strong>Claudine Collart</strong>). Curieusement, après le concert de 1961, trois airs supplémentaires, d’origine mystérieuse, rétablissent l’identité vocale du prince, puisque c’est <strong>Christiane Harbell</strong> qui y chante Caprice dans le trio « Dans un obus » et dans l’air « Ohé, les badauds », avec même un chœur à l’arrière-plan. Ces trois plages, où l’on retrouve Joseph Peyron et le toujours inimitable <strong>André Balbon</strong>, viendraient-elles d’une version plus complète ? Mystère.</p>
<p>Avec <em>Le Voyage de MM. Dunanan père et fils</em>, on revient à une tout autre esthétique, celle de l’Offenbach des Bouffes-Parisiens, des années 1860, entre <em>Orphée </em>et <em>La Belle Hélène</em>. Il s’agit là d’un de ces opéras-bouffes délicieusement absurdes, dont la compagnie Les Brigands pourrait aujourd’hui assurer la résurrection. Et la partition inclut même une barcarolle avec accompagnement de moulin à café. Là aussi, l’enregistrement se dispense d’une bonne partie de la musique : cinq chanteurs, mais pas de chœur, donc beaucoup de morceaux supprimés. <strong>Jean Giraudeau</strong> y excelle néanmoins, ainsi que Christiane Harbell et <strong>Nicole Broissin</strong>.</p>
<p>Autrement dit, ce disque est un pas dans le bon sens, mais un petit pas seulement, et il y a place pour un véritable enregistrement, audio ou vidéo, du <em>Voyage dans la lune.</em></p>
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