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	<title>Michael HEIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Michael HEIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ENESCO, Œdipe &#8211; Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/enesco-oedipe-bregenz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis Sophocle, les recréations de l’histoire d’Œdipe sont innombrables, selon chaque époque, en passant par Jean Cocteau, Alfred Hitchcock, Pier Paolo Pasolini ou Steven Spielberg. Le mythe est revisité à l’aune d’acteurs prestigieux, parmi lesquels Jean Mounet-Sully occupe une place particulière, puisque Enesco raconte que c’est après l’avoir vu en 1906 dans le rôle à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis Sophocle, les recréations de l’histoire d’Œdipe sont innombrables, selon chaque époque, en passant par Jean Cocteau, Alfred Hitchcock, Pier Paolo Pasolini ou Steven Spielberg. Le mythe est revisité à l’aune d’acteurs prestigieux, parmi lesquels Jean Mounet-Sully occupe une place particulière, puisque Enesco raconte que c’est après l’avoir vu en 1906 dans le rôle à la Comédie-Française qu’il eut l’idée de faire de ce sujet un opéra. À l’instar de Sarah Bernhardt, dont il avait le style déclamatoire et la gestuelle, il est possible <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=cwoew9L84w4">de voir des images animées</a> (1) et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=LkcFWN9fgRY">d’écouter la voix de Mounet-Sully</a>, un des acteurs français majeurs des années 1880 à 1910. Mais il s’agissait là d’un acteur du siècle précédent, dont le nom était certes encore vivace dans les années 1930, mais dont le jeu était déjà totalement démodé. Le texte du livret d’Edmond Fleg est de même aujourd’hui pour le moins dépassé.</p>
<p>La mezzo finlandaise Lilli Paasikivi, ancienne directrice de l’Opéra national d’Helsinki et nouvelle intendante du festival de Bregenz, promet de continuer à présenter à l’avenir des relectures d’opéras peu connus, à l’instar de cet <em>Œdipe</em>. Mais pour le cas présent, soyons bien clairs&nbsp;: certes, Œdipe tue son père et épouse sa mère, mais en fait il ne connaissait en rien l’identité des gens qu’il rencontrait. <em>Œdipe</em> constitue bien une espèce de quintessence de la tragédie, entre destin, libre arbitre et volonté des dieux, car aveuglé au sens figuré, il devient véritablement aveugle par choix, après s’être crevé les yeux.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/3-20250711_oedipe_302-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-194863"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Paul Gay (Œdipe) et Anna Danik (la Sphinge) © Photos &nbsp;© Bregenzer Festspiele / Daniel Ammann</sup></figcaption></figure>


<p>Tout cela est intéressant d’un point de vue sociologique, historique et pourquoi pas psychanalytique, mais paraît aujourd’hui bien éloigné des préoccupations de la jeune génération, qui n’a pas été nourrie aux textes classiques. Cela peut expliquer que le metteur en scène <strong>Andreas Kriegenburg</strong> n’ait pas voulu s’embarrasser des complexes traditionnels, et ait préféré laisser son décorateur <strong>Harald B. Thor</strong> proposer une esthétique un peu simpliste entre péplum italien de série B et imagerie saint-sulpicienne. Non que cela soit désagréable, car il y a quand même des moments forts, dont le combat dans un brouillard bleu clair évoluant vers le mauve foncé, ainsi que des scènes de foules entre joie et désespoir, toujours bien rendues par les excellents <strong>chœurs de Prague</strong>.</p>
<p>Afin de clarifier le propos – si tant est qu’il en était besoin – les quatre actes sont rebaptisés de façon un peu primaire «&nbsp;le feu, l&rsquo;eau, la cendre et le bois&nbsp;». Les beaux décors monumentaux d’<strong>Harald B. Thor </strong>se succèdent en illustrant ce parti-pris, sans vraiment soulever d’enthousiasme. Mais c’est dans le domaine musical et vocal que le drame éclate véritablement, servi par une équipe de très haut niveau. À commencer par la fosse, où le chef <strong>Hannu Lintu</strong> insuffle au bel orchestre des Wiener Symphoniker, habitués de Bregenz, un élan et une souplesse soulignés par une harmonie soignée des pupitres, et un équilibre parfait entre la fosse et le plateau.</p>
<p>On ne saurait trop se féliciter que ce soit un chanteur français qui assure le rôle-titre. <strong>Paul Gay</strong>, de sa haute stature et d’une voix à la fois puissante, musicale, sans faiblesse et d’une grande expressivité, impose un personnage torturé, dont l’évolution psychologique suit parfaitement celle des évènements. Très à l’écoute de ses partenaires, il est la cheville ouvrière de tout le spectacle, notamment dans les scènes où il est confronté à d’autres fortes personnalités, qu’il s’agisse du Tirésias d’<strong>Ante Jerkunica</strong>, du Créon de <strong>Tuomas Pursio</strong>, du berger de <strong>Mihails Čulpajevs</strong> ou du grand prêtre de <strong>Nika Guliashvili</strong>. Tous sont excellents, aussi bien dans le jeu, dans la projection sonore, que dans la prononciation du français, et contribuent largement à soutenir l’intérêt pour un texte parfois un peu ennuyeux, d’autant que le compositeur a donné la prééminence aux voix de barytons ou de basses (seules deux voix de ténors défendent deux rôles secondaires).</p>
<p>Les trois rôles féminins principaux ont également des voix proches dans la tessiture mezzo. On retrouve avec plaisir <strong>Marina Prudenskaya</strong> (Jocaste), dont on avait beaucoup aimé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/aida-pom-pom-girl/">l’Amnéris de 2008 lorsqu’elle était en troupe à Stuttgart</a>. Elle joue parfaitement le rôle torturé de la reine malheureuse à tous points de vue, d’une voix qui tire plus vers le grand soprano lyrique, quasi falcon. La sphinge, plus admirable esthétiquement que véritablement inquiétante, est défendue très honorablement par <strong>Anna Danik</strong>, ainsi que la Mérope très expressive de <strong>Tone Kummervold</strong>. Tous les autres rôles secondaires sont parfaitement assurés, faisant de cette belle production, certes peu révolutionnaire, un spectacle de bonne tenue.</p>
<p>Prochaines représentations 20 et l28 juillet 2025.</p>
<pre>(1) Films <em>Œdipe-Roi</em> d’André Calmettes pour Film d’Art en 1908, et de Gaston Roudès pour les films Éclipse en 1912, avec Mounet-Sully dans le rôle d’Œdipe.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/enesco-oedipe-bregenz/">ENESCO, Œdipe &#8211; Bregenz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Viktoria und ihr Husar</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/viktoria-und-ihr-husar-viktoria-sans-son-hussard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Sep 2016 05:44:22 +0000</pubDate>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici donc que nous arrive avec cet enregistrement de <em>Viktoria et son hussard </em>le cru 2016 du festival lacustre de Mörbisch, charmante localité du Burgenland autrichien réputée pour son festival consacré à l&rsquo;opérette en langue allemande.</p>
<p>L&rsquo;oeuvre connut un succès assez vif lors de sa création en langue hongroise à Budapest en 1930, suivie peu de temps après d&rsquo;une création en langue allemande à Lepizig en juillet et à Vienne et décembre de la même année. C&rsquo;est dans cette version, présente ici, qu&rsquo;elle fut enregistrée à plusieurs reprises (souvent sous la forme d&rsquo;extraits, rarement de manière intégrale) dans les années 50 et 60 pour divers labels germaniques. On signalera, par souci d&rsquo;exhaustivité, que le festival de Mörbisch avait déjà proposé cette oeuvre lors de son édition 1973 : il en reste un témoignage sous forme de vinyle.</p>
<p>A l&rsquo;écoute, on comprend les raisons de l&rsquo;accueil flatteur réservé à <em>Viktoria et son hussard </em>: Paul Abraham a du métier, et cela s&rsquo;entend. Il sait habilement trousser les numéros de genre, aidé en cela par un livret qui, à travers les pérégrinations d&rsquo;un couple de diplomates du Japon à la Russie, se prête complaisamment à l&rsquo;étalage d&rsquo;un exotisme bon marché&#8230; C&rsquo;est souvent assez rudimentaire, cela ne brille pas par la finesse, mais il faut reconnaître que cela fonctionne bien, grâce notamment à un indéniable talent de mélodiste (« Meine Mama war aus Yokohama », « Reich&rsquo; mir zum Abschied noch mal die Hände », très soigné ici&#8230;) et à un usage habile des ingrédients de base de l&rsquo;opérette austro-hongroise : czardas ébouriffantes, galops endiablés, fox-trots contagieux, valses langoureuses&#8230; rien ne manque à l&rsquo;appel. Plus d&rsquo;une fois, on pense au Lehar de <em>Schön ist die Welt</em>, exactement contemporain, du <em>Zarewistch </em>ou de <em>Zigeunerliebe</em>, en particulier pour la couleur très <em>Mitteleuropa </em>de certains thèmes.</p>
<p>L&rsquo;exécution musicale proposée ici ne manque pas de charme, mais ne parvient pas à convaincre totalement. On retiendra en priorité une cohésion d&rsquo;ensemble qui découle directement de la scène : cela vit, cela jaillit, cela rebondit grâce à cette étincelle précieuse du direct. Mieux : on sent ici une volonté louable de rendre justice à cette musique en adoptant constamment le ton juste, celui qui consiste d&rsquo;abord à éviter les excès. Dans ce répertoire, cette vertu est cardinale et permet d&rsquo;éviter la lourdeur, le kitsch ou la miévrerie, trop souvent de mise. La direction musicale de <strong>Daniel Levi</strong>, vive et attentive y contribue amplement. On aimerait néanmoins que son orchestre soit mieux capté (les voix sont exagérément mises en avant par la prise de son, et les tubas sont déraisonnablement présents dans l&rsquo;image sonore qui parvient de l&rsquo;orchestre&#8230;).</p>
<p><strong>Dagmar Schellenberger</strong> – qui assure par ailleurs la direction artistique du Festival de Mörbisch – campe une comtesse Viktoria très grande dame, vocalement en situation, soucieuse de tirer ce qu&rsquo;elle chante vers le haut. A ses côtés, mis à part peut être la O Lio San délicieuse de <strong>Verena Barth-Jurca</strong>, au timbre agréablement fruité, il faut bien reconnaître qu&rsquo;on ne se situe pas au même niveau. En John Cunllight, <strong>Andreas Steppan</strong> surjoue les phrasés glamoureux, mais le souffle est bien court : un crooner – pas désagréable au demeurant – plus qu&rsquo;un chanteur lyrique, en réalité. La Riquette de <strong>Katrin Fuchs </strong>n&rsquo;a à proposer qu&rsquo;un timbre exagérément nasal et aigrelet : on a hélas l&rsquo;impression d&rsquo;être en présence d&rsquo;une caricature de la soubrette d&rsquo;opérette. Le Ferry de <strong>Peter Lesiak </strong>s&rsquo;écoute sans déplaisir, mais il en fait un peu beaucoup : un peu de retenue n&rsquo;aurait rien gâché. Reste le personnage du hussard, Stefan Koltay, campé par le ténor <strong>Michael Heim </strong>: en dépit d&rsquo;une réelle musicalité, la voix n&rsquo;est pas des plus plaisantes. Captée de trop près, elle donne à entendre par ailleurs quelques fâcheuses erreurs d&rsquo;émission. Surtout, le rôle est réduit à sa plus simple expression (un air et deux duos avec Viktoria). Il faut dire que l&rsquo;opérette est donnée ici dans une version singulièrement condensée : le prologue manque, ainsi que tous les dialogues. Outre que cela déplace de fait le centre de gravité de l&rsquo;ouvrage vers le personnage de Viktoria (est-ce involontaire?), cela ne facilite pas le suivi de l&rsquo;intrigue. A t-on considéré, chez l&rsquo;éditeur, que l&rsquo;on pouvait faire l&rsquo;économie de cette dimension, pour réduire l&rsquo;oeuvre à un pot-pourri de ses principaux numéros musicaux?</p>
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