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	<title>Pati HELEN-KENT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pati HELEN-KENT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>LEGRAND, Les Parapluies de Cherbourg — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-parapluies-de-cherbourg-massy-du-cinema-au-theatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Heijboer]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Dec 2019 15:00:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Adapter un film au théâtre relève toujours d’une gageure. Palme d’or au Festival de Cannes de 1964, Les Parapluies de Cherbourg est un film à l’identité visuelle et sonore forte. Avant même la levée du rideau, la célèbre mélodie des amoureux est dans tous les esprits, ainsi que l’ambiance grave et mélancolique du long métrage. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Adapter un film au théâtre relève toujours d’une gageure. Palme d’or au Festival de Cannes de 1964, <em>Les Parapluies de Cherbourg</em> est un film à l’identité visuelle et sonore forte. Avant même la levée du rideau, la célèbre mélodie des amoureux est dans tous les esprits, ainsi que l’ambiance grave et mélancolique du long métrage. Si la transposition de la scène vers l’écran est une chose commune et souvent aisée, l’inverse ne coule pas de source. En effet, le cinéma a pu s’émanciper du principe d’unité de temps, de lieu et d’action, mais la règle définie par Boileau reste indispensable dans une mise en scène au théâtre ou à l’opéra. Or, contraint par la partition musicale, le déroulement de l’histoire impose un enchaînement continu et rapide de scènes et d’intrigues. Dès lors, comment donner l’illusion de la simultanéité des actions ? Comment illustrer le temps qui passe ? Quant à la multiplicité des lieux, comment en résoudre les défis logistiques ?</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/lpdc_11.jpg?itok=2eioNk-A" title="© Gaël Bros" width="468" /><br />
	© Gaël Bros</p>
<p>La réponse d’<strong>Emmanuel Dell’erba </strong>est plurielle. D’abord, en découpant savamment le plateau à l’aide de rideaux entre, et parfois pendant les différentes scènes. Puis en recréant un code couleur déjà présent dans le film à travers les décors (<strong>Mohamed Yamani</strong>), les lumières (<strong>Laurent Kaye</strong>), mais aussi les costumes (<strong>Gaël Bros</strong>) : rouge pour la passion de l’amour et le départ inévitable de Guy, vert pour l’absence et la grossesse de Geneviève, et bleu pour le retour et la rencontre après des années de séparations des anciens amants. Enfin, en utilisant une retransmission vidéo en direct (<strong>Federico D’ambrosio</strong>) de certaines actions sur le plateau permettant notamment d’attirer l’attention du spectateur sur une action précise ou bien pour lui donner un nouveau point de vue. Autant de clins d’œil à l’univers du cinéma et qui permettent au « metteur en espace » (comme il se nomme lui-même) de résoudre ce défi scénique. Revers de la médaille, Emmanuel Dell’erba pousse l’auditoire à une certaine distance vis-à-vis de l’histoire racontée, voire à la rendre quelque peu artificielle (distance accentuée par une machinerie parfois trop bruyante et qui avait tendance régulièrement à « sortir » le spectateur du drame). Écueil qui pose une nouvelle fois la question de la transposition d’une histoire créée et pensée pour le grand écran vers le spectacle vivant.</p>
<p>Si la mise en scène n’a pas pu régler tous les problèmes de l’exercice, la direction d’acteur, quant à elle, n’a pas été laissée à l’abandon (comme c’est parfois le cas dans les opéras) et a été pensée jusqu’au moindre déplacement. Forts de leur formation dramatique, les comédiens-chanteurs ont pris la mesure des spécificités du jeu théâtral et n’ont pas fait l’erreur d’une interprétation minimaliste. En effet, une telle interprétation est possible au cinéma grâce aux plans resserrés sur les visages pour être au plus proche des émotions, mais aurait été insuffisante au théâtre à cause de la distance physique entre les spectateurs et les artistes. S’ils ne tombent pas dans le piège d’un jeu inadapté au spectacle vivant, on peut parfois regretter un manque d’intensité dramatique, notamment dans le duo des amants à la fin de la première partie, qui s’explique peut-être par la volonté d’Emmanuel Dell’erba de « laisser place à l’émotion musicale ».</p>
<p>Enfin, hormis quelques approximations techniques (qui ont pu parfois gêner les amateurs du genre), il faut saluer ici le travail des ingénieurs du son. Véritable monde à part, l’univers du <em>musical</em> (ou comédie musicale) exige de ces derniers une compétence toute particulière. La prise de son en direct, qui plus est de voix aussi hétérogènes (certaines lyriques et d’autres plus typées variété), rend compliquée une amplification sonore fidèle des parties vocales. L’équilibre parfait est difficilement atteignable quand des chanteurs lyriques comme <strong>Pati Helen Kent</strong> (tante Élise) ou <strong>Ronan Debois</strong> (Roland Cassard) ne modulent pas la puissance naturelle de leur voix et usent d’un vibrato (pourtant devenu superflu quand leur voix est amplifiée et amenant les micros régulièrement à la limite de la saturation) ; ou bien, à l’inverse, quand des voix plus « variété » comme celle de Monsieur Dubourg (<strong>Kris Belligh</strong>) sont insuffisamment amplifiées (notamment dans les graves de leur tessiture). Côté orchestre, l’amplification des instruments acoustiques et les instruments électriques était bien équilibrée, faisant honneur à la fois à la magnifique musique de Michel Legrand et l’arrangement de <strong>Patrick Leterme</strong>.</p>
<p>De cette distribution, quatre noms sont à retenir. Avec un jeu tout en retenue, Ronan Debois campe un Roland Cassard digne. Quant à <strong>Jérémy Petit</strong> (Guy), il est l’archétype d’un acteur-chanteur. Si son jeu scénique est convaincant et son timbre dans les médiums très séduisant, sa performance vocale pouvait parfois être jugée insuffisante. En effet, à de nombreuses reprises les limites intrinsèques de sa voix étaient mises en lumière : notamment son ambitus très réduit qui l’empêche de pouvoir chanter les notes basses de sa partie vocale et qui rend ses aigus trop serrés. Contrairement à Ronan Debois, la chanteuse lyrique <strong>Marie-Catherine Baclin</strong> adapte avec réussite sa manière de chanter aux spécificités du genre et arrive à mettre en valeur sa belle voix lyrique de mezzo-soprano. Elle incarne avec brio la bourgeoise madame Eméry découvrant avec horreur et douleur les problèmes financiers et leurs conséquences. Mais des quatre rôles principaux, c’est <strong>Camille Nicolas</strong> (Geneviève) qui brille le plus. Sa voix, parfaite pour les comédies musicales, n’a rien à envier à celle de Danielle Licari (qui a prêté sa voix à Catherine Deneuve). Certes, ses aigus étaient parfois un peu poussifs, mais elle a su déployer une belle palette sonore. Quant à son jeu d’actrice, il était très convaincant : passant d’une jeune fille insouciante et naïve, à une jeune mère accomplie, en passant par le désespoir d’une grossesse non désirée.</p>
<p>Comédie musicale oblige, la soirée se termine par un salut mis en scène et en musique. Les artistes ont salué le public, mais aussi les techniciens plateau et les ingénieurs du son. Quant au chef d’orchestre, Patrick Leterme, il semble avoir gardé l’enthousiasme des premiers jours. Quel plaisir de voir sur scène des artistes vibrant toujours autant pour leur art.</p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/candide-liege-limportant-cest-davoir-la-saucisse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2019 09:13:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis que Leonard Bernstein en a enregistré une mémorable version, également disponible en DVD, Candide est parvenu à se frayer un chemin dans les maisons d’opéra de la planète, et il n’est désormais plus si rare que cette œuvre soit programmée pour les fêtes de fin d’année, comme elle l’avait notamment été à Nancy en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que Leonard Bernstein en a enregistré une mémorable version, également disponible en DVD, <i>Candide</i> est parvenu à se frayer un chemin dans les maisons d’opéra de la planète, et il n’est désormais plus si rare que cette œuvre soit programmée pour les fêtes de fin d’année, comme elle l’avait notamment été à Nancy en 2013. En effet, tant par son côté « hommage à l’opérette européenne » que par son ironie ravageuse, l’œuvre est de celles qui mettent les spectateurs en joie, malgré le côté forcément doux-amer de la conclusion.</p>
<p>A Liège, alors que les vitrines des confiseurs s’emplissent de saint Nicolas en chocolat, flotte déjà un avant-goût de Noël, et c’est pour un seul soir, hélas, que <i>Candide </i>est à l’affiche, sous la forme d’un concert mis en espace. Aucun regret à avoir, cependant, tant cette soirée fait mouche par le brio avec lequel elle est menée. Pour cette coproduction, créée fin juin à Flagey, reprise en Wallonie en octobre, et qu’on pourra voir fin novembre à Charleroi, <b>Patrick Leterme</b> cumule deux casquettes : celle de directeur artistique et celle de chef d’orchestre. Son expérience de la comédie musicale lui permet de proposer un dosage idéal d’effets comiques, avec des chanteurs et un chœur qui sont ici aussi acteurs qu’ils devraient l’être dans une vraie production scénique. Un accessoire récurrent : la saucisse, à la fois symbole de la Westphalie et de la philosophie panglossienne. Les bouts tournés vers le bas, la saucisse est une moue face aux maux de ce monde, mais le maître ès-optimisme nous enseigne qu’elle se retourne en sourire, en banane pourrait-on dire (les extrémités tournées vers le haut) si l’on admet que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. La saucisse reviendra plus loin, plus charnellement associée à Pangloss lorsque celui-ci explique comment il a contracté la syphilis, puis sous la forme de chapelets ou de boucles d’oreille. Bien d’autres gags émaillent la soirée, chaque protagoniste se voyant doté d’une véritable personnalité. Le texte parlé est en anglais, mais il inclut aussi quelques ajouts et clins d’œil à l’actualité, notamment en français, sans oublier certains jeux de mots uniquement visibles dans les surtitres, puisque pour « Glitter and Be Gay », le texte projeté fait dire à Cunégonde « C’est Lacroix que je porte », telle une <i>fashion victim</i> sortie d’<i>Absolutely Fabulous. </i></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_-_c_opera_royal_de_wallonie_-_liege-012.jpg?itok=NzI2Mp9-" width="468" /><br />
	© Opéra Royal de Wallonie &#8211; Liège</p>
<p>Avec sa quarantaine d’instrumentistes, le Candide Symphonic Orchestra paraît d’abord un peu léger dans l’Ouverture. Devenu un tube et donc interprété par des formations plus copieuses, ce morceau semble ici moins opulent, moins tonitruant que l’on a pris l’habitude de l’entendre, mais lors de la création de l’œuvre à Broadway, ce n’était évidemment pas un orchestre philharmonique qui se trouvait en fosse. D’ailleurs, cette première impression se dissipe très vite. Composé de jeunes chanteurs, le Candide Symphonic Choir brille par son investissement dramatique et sa participation aux effets comiques. C’est de ses rangs que sortent les interprètes de quelques petits rôles et notamment de Paquette, confié à la pulpeuse <b>Lotte Verstaen</b>.</p>
<p>En gouverneur de Buenos Aires au nom aussi long que sa moustache, <b>Leandro Lopez Garcia </b>représente fort dignement la génération des anciens, par opposition à celle de Candide et de Cunégonde, et montre une belle solidité dans l’aigu. Dans le rôle de la Vieille, <b>Pati Helen-Kent</b> réussit à éviter l’écueil de la vulgarité et ne donne à aucun moment l’impression de devoir forcer ses moyens pour s’imposer dans les superbes pages que Bernstein réserve au personnage. Même si le personnage de Maximilian n’est pas le plus gâté, <b>Samuel Namotte</b> semble quand même un peu en retrait, au risque de déséquilibrer le quatuor initial, où il se fait moins entendre que ses partenaires ; sans doute s&rsquo;agit-il d&rsquo;un problème de réglage des micros, tous les chanteurs étant sonorisés.</p>
<p>Cantonné par la partition au registre élégiaque et doux, et privé de ce second degré que tous les autres peuvent pratiquer autour de lui, <b>Thomas Blondelle</b> campe un fort beau Candide romantique et rêveur. <b>Sarah Defrise</b> est une Cunégonde moins légère et plus active que d’ordinaire, avec un timbre sans doute moins lisse et moins cristallin que bien des coloratures ayant abordé le rôle, mais cela n’en confère que plus de relief à son personnage, déjà fort bien dessiné par son formidable talent d’actrice. Avec <b>Shadi Torbey</b> enfin, on se réjouit d’entendre en Pangloss non pas un acteur qui chante (ou parle) mais une authentique voix de basse et un savoureux récitant aussi à l’aise en anglais qu’en français.</p>
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